‹ Les églises de l'arrondissement d'YvetotChapitre 14 sur 36 · BOURDA IN VILLE · texte numérisé non relu

BOURDA IN VILLE

Aux sourcil de la SuAne, dans le frais village de Dourdainville, fut autrefois un vieux cliAteAu assis sur une motte et entouré de fossés. La butte et la forteresse, détruites depuis cinq aus.oiit légué ii la prairie même le nom de Seiffneitrie, seuloet dernière trace d'une puissance disparue. L'église alors était enfermée dans l'enceinte du château ainsi que les pauvres chaumiiïrcs où vivaient les serfs de la glèbe.

La seigneurie est tellement tombée, que snits la tradition on n'en soupçonnerait pas l'existence. L'église seule est vivante, (it très-vivante, puisque l'édilice vient d'élre renouv«Ié de fond en comble. Ce n'était pas sans motif, car nous l'avons trouvé bien chancelant en 18al . Mais avant de décrire la constrnction nouvelle, racontons les derniers moments de l'ancienne.

Le chœur et In nef étaient modernes en grande partie. Il n'y avait d'ancien qu'une portion en grès, du xm" siècle, et un vieux portail roman en pierre (ufeuse, dont l'arcade était surmontée de fenêtres étroites. Nous regrettons la perte de ce vieux témoin de lu première église, Il fallait le rajeunir et non le renverser.

Disons un mot du mobilier, puisque l'édifice manque. La chaire, comme celle d'Arqués, est ornée de bâtons fleurdelisés, mutilés par la Révolution. On lisait sur l'autel de la Sainte-Vierge : « Cette décoration et contre-table ont été données par noble dame Suzanne de la Noe, en 1702. » Pfous nous gardons bien d'en faire notre compliment de satisfaction It M^^ de la Noe. car pour installer sa boiserie il lui avait fallu cacher une belle Annanciation, peinte sur mur, que l'on a retrouvée toute fraîche en démolissant l'église. Les seigneurs lie Bourdaiuville ont toujours été bienveillants pour I«ur église. Les archives de la fabrique parlent d'une fondatàim faite en iTiH, par messirc Jacques-François de Martin, elievalier seigneur et patron-honoraire de ilourdainville. en faveur de feu son oncle raeasire René-Vulfran Grard, abbé de La Crique, prêtre, curé de la paroisse de TouHrevillo-Esleville

Sur le mur septentrional du chœur était une table de mar-

: blanclx! <■! |iiirtiinl mir

— 97* ■ bre noir, cnradréL' iliiiis une [ik'rrt JDScri))tioii :

■ Cr-gUt le rorp) lie ncililc cl iKtcrcue personne inMtlre McoUi Utu], pcesire, vironl ulOdal lie Feicanip eL curé de Paiilly, Ipquci a fondérn l'égllH de ctant, une mené, change loui Icb vendteillt, suiTini mnirii pesaé par devant JBcquce DoJcIin, ubellîon royal en la vicomié de C»nt. serRenterle de Canrille, en dalle do dimanche i' Jonr d'aousl tfiSO, âttUt le 16° Juur d'octobre, en l'année 1636, et ne Tera la procession ilevanl II dite mette, un cierge da poids de 3 livrea «ur le tombenu, et le joar de son dfcedi trois mestcs ehiniéce h diacre et eous-diacra, cl l'oISce de» Ira*-

En face, dans une fenêtre, triait un vitrail de 1o85, au ba& (iuquul on voyait un chanoine en priîïrcs. Celte même anm^e: Iti fubnque fit l'acquisition d'un plat en cui^TC desliné aus^ <]uâU'^ du trésor, autour duquel on lit : « Sire Jehan Cavi>— lier, trésoriei-de Bourdainvillc, 1385. «

Ce brave trë»}rier avait pour parent un directeur de la mouuaie de Ucnri lU, car en creusant les fondations de 1» nouvdli église, on a trouvé une longue et large pierre recounaut dt squelettes enfermés dans le inème tombeau. On lisait sur couvercle : * Cy-gisl honorable homme Jordan Cavelier, di son vivant monnoyeur de France en lu Monnaye de Rouen lequel décéda le 138..

Les archives du presbytère conservent les statuts d'une ChiM rite nouvellement établie « en l'honneur de Monseigneur saiiL Pierre, patron de la paroisse , de Monsieur saint Fiacre et d' Monsieur saint Clair. » Cette pièce, approuvée par le cardiiiav de Bourbon, porte la date du 28 décembre 1377.

Les fondements de l'église neuve furent creusés au moi de juin 1 H'éi . En pratiquant cette fouille on a trouvé une quan tité considérable de pavés, de tulles k rebords el même un — coupe de verre que les ouvriers ont mise en pièces. Il état évident qu'il y avait eu ici une construction mérovingionti^ dont on reconnaissait les murs construits avec du tuf. 1,'in=° cription suivante, placée dans le chœur, rappelle la pose de ■ première pierre :

' L'en 1S3I, le 30i> joar du moii de juin, M. Alp. Leclerc, cari de cet paroisse; M. Théodore Leplcard, maire; H. Dalue, adjoint, cette premife pierre a éli btnite cl posée par M. l'nbbé Surgis, grnnd>vlcaire du dii eo présence des membres du conseil de fabrique, des membres da o municipal, de M. Boucher, architecte ; de M. Boltard, cnlreprenenr, d'an nombreux concours d'habitants de celle pamfsie.

— iia —

Achevi^e on muins d'une année, la nouvelle église tut bénilit le Si mai t85i, pur M«' l'archevt^que de Rouen, en présence de H. Leruy, préi'et itu département, dans une fête dont le iwys conservent long-temps le souvenir, L'afUuence fut telle, que l'on put quêter, ce jour-là, 1,500 fr. pour l'égHse. Il faut dire aussi qu'à la bénédiction du temple on avait uni celle d'une cloche dont l'inscription indiquera l'importance ;

■ Le 34 tnsi de l'an de grico 1852, j'ai tl6 bénite par Me Blani|iiart <lc Bailleut, archeTénaB de Rouen, primat de NormsnJie, et nommée Char' taïU'ItadeleiiK par meMire Charlea-Gatirlel Lebtfue, comte de Germin), ancien mlniiirc dei Qnances. receveur -général de la Seine- Inférieure, commandeanle la Légion-d'Ronneur, et par noble dnme veuve Maileielne Compolncl da Boulhard, née de Vllermonl, M° Alph. Ledere. curé de cette paroiise, el M. Tbéod. Lepicanf, maire. — Cartenet, Tondeurs, o

L'église, dédiée avec tant de pompe, est une charmante petite construction ogivale , malheureusement étrangère h l'histoire et à l'archéologie. Une date certaine, un style connu n'eussent pas nui îi l'élégance ni à l'économie de la construction, et nous engageons l'architecte, qui a fait preuve de goût, il se livrer à des études sérieuses sur l'art chrétien. Il y gagnera l'eaucoup et nos églises aussi.

L'appareil est en brique rouge, faite à Autfay. les porte^s, les ''endtres et les corniches sont en bonne pierre de Saint-Gervais. Le pignon de l'ouest est heureux, sauf la rose qui n'est f>as assez ouverte. Le pavage de la nef est en pierre et celui tlo chœur en belles dalles de Liais. Nous préférons ce systîinie ctâ pavage k tous les autres, C'est le plus riche et le plus conv-enable pour une église. Les trois fenêtres de l'abside sont Ornées de vitraux représentant saint Pierre, sainte Madeleine et -'Vmw en Croix, dus it la générosité de M. Lepicard. Ces pein- *^tires modernes sont l'œuvre de M. Beaudauin, peintre-verrier «i Rouen.

La construction de cet édifice, parfaitement accommodé h ^^ destination, n'a coûté que 35,000 fr., dont la fabrique n'a ^^ersé que 4,000 fr. Le reste a été payé en grande partie par «ries quêtes et des souscriptions. On cite, parmi les bienfaiteurs. ■R4"" du Boulhard et M"" d'Esclavelles, mais le donateur prin- «^ipal, ou pour mieux dire le fondateur réel, c'est M. Théodore ï^icard, de Rouen, maire de la commune el membre du «conseil d'arrondissement d'Yvetot, Comme magistrat il urempli Viulesles formalités administratives, comme chrétien ila com-

blé le déficit du budget paroissial. Si bien que ion peut appeler cette église l'enfant de sa foi et de sa charité.

L'église de Bourdainville, d'abord seigneuriale comme toutes les autres, fut cédée au xn® siècle à Gautier de Coutances, archevêque de Rouen, par Gautier de Bordenville, seigneur du lieu. Ce gentilhomme l'avait un moment usurpée par le droit de la force. Gautier, qui venait de faire reculer le roi Richard, au Cœur-de-Lion, n'était pas d'humeur à bouquer devant un hobereau de village. Après plusieurs tentatives il amena le sire de Bourdainville à composition. La charte de concession fut signée par Jean Fessart, maire de Rouen i. Gautier ne conserva pas long-temps sa conquête; il en céda immédiatement le patronage et la dîme au chapitre de sa cathédrale. Il y mit pour condition que Ton ferait une honnête pension au prêtre qui desservirait la paroisse, et que Ton tirerait la somme de cent sous pour Tanniversaire de sa mère, et la moitié de ce qui resterait pour celui de Tarchidiacre Richard son neveu 2. Les deux chartes, expédiées pour ce sujet, se voyaient encore dans le chartrier des chanoines au temps de Pommeraye.

Bourdainville est appelé Burdini villa par Gautier de Coutances 5, Bardeville par Eudes Rigaud, Bordinville par Pommeraye, et Bourdinville-la-Chaussée par Duplessis. Ce surnom indiquerait le passage d'une voie romaine. Ce bénéfice valait 30 livres sous saint Louis, et possédait 75 paroissiens. Les prêtres Gauthier et Michel en furent alors les curés successifs. Tous les pouillés, depuis celui de Rigaud jusqu'à celui de Lavergne de Tressan, en attribuent le patronage au chapitre. En 1738 on y comptait 82 feux; aujourd'hui c'est une succursale de 550 habitants.

ECTOT-IiES-BAOIVS.

Nous voici en pleine propriété de Fontenelle, car ce vénérable monastère possédait ici un grand espace de terre. Quatre paroisses dépendaient de sa juridiction pastorale et judiciaire : les Baons, Flamanville, Veauville et Ectot-sur-les- Baons, vieilles donations faites au temps des rois mérovingiens, ravies par les Danois païens et restituées par les Normands

' Duplessis, t. II, p. 470. — ' Hist. de Véglue ccUhéd, de Rouen, par Pommeraye, I. v, c. v, p. 582. — GaU. Christ., l. xi, p. {J8. — ' H., ibid.

chrétiens '. De lims ces villnges E(!lol resta surtout InNs-fUlôli'Rieat uni au grund nionaslcn" fondé par le liii^iiheuroux Wandrillo et illustré par tant de saints puntifes. Les archives (Ir l'abbaye, réfugiées au dépAl de lu Seine-Inférieure, montrent huit liasses de papiers concernant la cure et seigneurie d'Hectot-les-Baons, et tous les pouillés diocésains ont successivement enregistré le droit de présentation monastique.

L'église tpii nous est restée est peu de nature fi honorer les décimateurs et les patrons. Le choeur est une construction «n silex du XVII* sitcle, remaniée au xviii*. D n'y reste do vraiment respectable qu'une belle fonôtre ogivale, placée au chevet, et t|ui, malgré les révolutions architecturales, a conservé ses lancettes et ses roses du xiii' siècle. C'est la sœur des fenêtres terminales de Sainte-Marie-des-Champs et de Saint-Clair-surlt>s-Muuts, ses deux voisines. La nef, eu brique et en silex, dut être reconstruite en t778 ; mais la partie monumentale, celle ijui fait honneur aux paroissiens, c'est le clocher, tour carrée nn pierre placée au portail. On voit que nous approchons ici du bassin de la Seine, car la double influence des carriJ'rcs de pierre et du mouvement |du xvi' siècle s'y fait sentir. Cette tour c^uadrangu taire est surmontée d'une flèche octogone, également en pierre, et flanquée de quatre clochetons qui doivent «luter de 1600 ou environ. Malheureusement le blanc clocher «st tout émaillé de briques rouges, mauvais raccommodage moderne qui déshAnore l'œmTe des anciens. Il semble que Von ait tenu h n'épargner aucun outrage n lu pauvi'e pyramide clirétienne, car, en 1763, on a jugé à propos de percer fc ses pieds une porte carrée qui fait mal avoir; ajoutons que le 10 Tcntâse an n, on descendit la cloche d'Ectot-les-Daonspour *la fonderie nationale.

L'intérieur de l'église ne renferme guères qu'un tableau qui soit digne de notre attention. C'est une toile assez mal entretenue et encadrée dans un rétable du temps de Louis XIV. L'A«srimption de la Sninle-Vir^rge. qui est la fête patronale de la paroisse, y est dramaliquemenl^représentée. Le mystère est complet. Au bas les apAtres regardent dans le tombeau vide- Leur figure est pleine d'expression et de caractère. En haut la Vierge est eidevée par les anges qui semblent se jouer dans

' « Hcslsarat per Oarm (r>ano» saim (lonLe) prrilila : Esquelol aup» Bann* cum rccImM et pcninraniE.» Neasiria pia. p. 107.

les airs. Tous paraissent déjà connaître les joies du ciel vers lequel ils marchent. Bons raarguilliers d'Ectot, entretenez donc ce tableau qui périt d*humidité.

Le cimetière, qui porte et l'église et les tombes, est couvert d*herbe, emblème de la fragilité, et entouré de chênes, symbole de rimmortalité. C*est qu'il y a Tun et Tautre dans les dortoirs chrétiens : la mort et la vie.

Ectot, surnommé les Baons à cause du voisinage de la vieille vicomte des Baons-le-Comte, est appelé dans une charte du XI® siècle Esquetot super Banna, et simplement Esquetot dans un pouillé du xiii®. L'abbé Saas, dans le pouillé de 4738, dit Ectot-sur-leS'Baons ; Frémont et Dezauche, dans leur carte de 1785, Ectot-sur-les-Bancs ; Duplessis, en 1740, reconnaît trois orthographes : Ectot, Hectot et Equetot-sur-lss-Bancs ; aujourd'hui enfin le nom officiel pour l'Église comme pour l'État, est Ectot-les-Baons, Cette paroisse comptait 120 communiants en 1250, 70 feux en 1738 ; à présent c'est une succursale de 600 habitants.

BAOIVS-LB-COMTB.

Baons-le-Comte est une vieille cour royale des temps féodaux, un véritable banc du roi, comme on dirait en Angleterre. Il y avait là prison et haute-justice, plaids et grands jours, foires et marchés. C'était aussi la jonction de plusieurs routes, le centre du mouvement militaire et comjpiercial de l'ancien régime. Les habitants ont encore conservé te souvenir du vieux chemin d'Arqués, de cette voie que suivit, en 1053, Guillaumele-Bâtard, quand il alla comprimer la révolte de son oncle Guillaume de Talou. Cent ans après l'événement, maître Robert Wace, le chapelain du roi d'Angleterre, n'avait pas oublié ce passage du guerrier qu'il a soin de rappeler dans son iliade chevaleresque.

A Semblant fit d'aller à Roenn

Quant il vint à Punt-Audemer,

A Gbaudebec ala passer

De Gbaudebec as Bans-le-Gunte '. »

Le seul nom de Baons indique une publication solennelle qui se faisait ici comme en une haute cour de justice. Le nom et la chose avaient si fortement frappé l'esprit des populations, que dans leur pensée ils l'appliquèrent aux contrées envi-

* Le Roman du Rou et des ducs de Normandie, t. ii, p. 15, édit. Plaqael.

ronnantes, comme celui d'un point central et bien connu. Ainsi l'on dit depuis long-temps Ectot-les-Baons, Vauvilltvles- Baonsi Ecretteville-les-Daons, etc. Quant au surnom de Comte il vient probablement de la dignitiï du bailli qui rendait ici la justice. II n'est pas impossible que les comtes de Caux aient tenu sur cette plaine leurs gages-plîtges et les assises de leur tribunal. Ce qui est très-sûr, c'est qu'après la conquête de Pliilippe- Auguste, les rois de Fruure y tenaient leur lit de justice par eux-môme.s ou par leurs liputenants; témoin cette charte de l'abbaye de Saint-Wandrille, délivrée on 128), dans laquelle il est fait mention de e ta airt du roy noire seigneur aa Baiw « le Comte.

Cette pauvre coitr royale fut borribleuient maltraitée par les Anglais pendant la terrible invasion du xv* siècle et au milieu des déchirements dont le pays de Caux fut le théHIre. A l'appui de cette assertion, nous citerons une quittance du 18 juillet <4S2, extraite d'un manuscrit de la bibliothèque Nationale.

Henry Boudier, garde du scel de la "vicomte de Caudebec, assure que « Jeltan-Thomas ft Guîllemin Denheaulx, liitehierg, dinnourant à Caudebec, ont reçu dit Toy no»tre svre, par les tnavns de honnorabk homme Guy Rabachier, Ticomte de Caudebec, la gomme de liouze livres loumot» qui deabx leur élment pour avoir fait certaines œuvrei de leur meslier de hiuherie, «n la cohue du roy noHre dil teigneur, aux Bans-le-Comie, A luotf ils imi fait et outri certaine bans, sièges, parques, cayre et parquet pour les gens de la justice et pour l'honneur du roy, 7>ouT C't que cttitx qui y estoient eriparatanl avaient esté dimalin e< rompus par les Angloi>t durant la guerre. » L'expertise et le toisé du travail avaionl été faits par Pien'o Braquehaie, rar- JMntiér, et Robin d'Oissel, buchier, d'après les ordres du vioomte et des ofiîciers du roy.

La cure des Baons-le-Couite fut toujours la propriété de l*archevt^que de Rouen. C'est ft lui que l'attribue le pouillé M'Eudes Rigaud, en 1260, Nous sommes porté ft croire que «Se droit lui venait d'une mission apostolique ou d'une donation mérovingienne, faite au temps de saint Romain, car ce Saint évéque est patron de l'église et il l'ut sans doute un des (jrejniers bienfaiteurs temporels et spirituels de ce pays. Aussi î« saint pontife est-il représenté dans le chœur pur une vieille statue de pierre, du xiv" sifccle, vêtu de laube. de la tuni-

celle, de la ptunélo, du manipule ni de lu milte. Ia> préhl à fonce son bflton pastoral dans la bouche béante d'une { gouillc.

Toutefois, comme celte terre des Baons était très-féodale | qu'elle paraissait relever plus immédiatement de la courom de Normandie, elle devint bienlAt le sujet d'une contestation Le pouillé attribué Ji Eudes Rigaud et copié par Ange Godf les archives de l'archevêché de Rouen, nous ont gardé le s venir de cette querelle de 1331 . Le roi, en sa qualité de è de Normandie, ayant jugé k propos de contester au suc< seur lie saint Romain, ses droits sur ce bénélice, l'affaire 1 portée devant l'échiquier de Normandie- Dans sa session m SaintrMichel, ce tribunal décida en faveur du métropolitain. DuplesstE ajoute, d'après de vieilles archives qu'il a consultées, que l'on représenta au duc de Normandie, que l'informalioi qui précédait le jugement de 1 331 , avait été mal faîte et q fallait en ordonner ta révision. Ce qui &it fait, mais en v^ car un nouvel arrêt de l'échiquier, tenu à Rouen, au terme à Pâques 1349, confirma de nouveau les droits archiépiscopaux et éteignit pour toujours les prétentions royales '. Depuis ce temps tous les pouillés diocésains ont constaté les droits c l'archevêque.

De l'église du xiii' siècle, possédée par Rigaud, il ne i que quelques fragments tels que les contreforts de la nef et d chœur et l'arcade du crucifia, dont le tore, soutenu par tics têtes, paraît appartenir fi la transition. Les murailles el les fenêtres du chœur ont été remaniées au xvi* siècle. Ce sièdv du mouvement lit aussi dans le sanctuaire un joli lavabo d'un style fleuri et très-élégant.

La nef, sans caractère, est suivie du clocher, corps-carré en siles avec contre-forts de brique, élevé vers 17i0. Ce clocher, comme tous les autres, perdit ses cloches dans la tourmente révolutionnaire. Mats une touchante cérémonie lui a rendu cette année une soimcrie meilleure. Le 6 août (830 fut un jour I mémorable pour l'église et les habitants de la paroisse deiM Bauns-Ie-Comte. Ce jour-lfi on bénissait une cloche de SStM kdogrammes, fondue à Gueutteville par les frères Cartencl. et I nommée par M. Fessard et M""" Louis Ouesnel.

Baons-le-^omte appelé Uans-le-Comte dans les pouillés Jm I

' Duiikssiii, I. i", p. 3tt-

iltées, aaliq^H

me A^ opaux uis ce >its de—

or fies '

iirc)icvé({ui>â Kigaud lïl ili; Tressaii, comiiluU 70 ftiux en 17;JS. Aujourd'hui c'est une simple chapelle vicarJiilit de 60(1 liiiblUtnls.

Duplessis ineiilioDue h Baons-le-Conite une ancienne liîprosérie sous le nom de Saint-Éloi et de Sainte-Marguerite, (jui étuit à la présentation du seigneur du lieu. Les archives départementales, qui possèdent beaucoup de litres sur ce bénélice, lui donnent le nom de Sainte-Marguerite. Parmi les pièces qui concernent cette chapelle, on voit des collations béiiéficiales qui remontent jus<]u'A 1532.

Bon nombre d'abbayes possédaient des terres, des renies e[ des droits aux Baons-le-Comte. Le nartulaire du Vallusse ' atteste (fue ce monastèi'e y avait reçu des bicHS-fonds pai' des chartes de (S07. \iH, 1Ï29, lâtOet 1245. Le ïV*Ms(m pia cite une ehiirle dt; Saint-Wandrille , par laquelle GuiUaume-le- Conquéraiit rendant aux moines les biens perdus par la fureur des Danois, leur donne la dîme de la coutume du marché des BaoDs et la mouture du moulin du lieu '. Vers 1 1 tO, l'archevâque Hugues d'Amiens leur conlirma, avec la dîme du marché des Baons, la dîme du marché de Dieppe *. ETOUTTEVILLE.

Nous touchons îi une terre céli'bre dont le nom est semé daiis toute uotre liistoire et par U>ut le inonde teodat. Lu France et l'Angleterre, la Normandie et la Sicile, Rome et Jérusalem, l'Etat et l'Église, ont connu de ce nom des prtHres el des chevaliers, des gouverneurs et des diplomates, des abbés el des prélats , des guerriers et des pèlerins. Etoutteville sur la fiter, de l'aveu même du plus docte des Normands *, est le cfaefmois d'une famille illustre qui commence il Rollou pour finir à François I", qui sort de la barque d'un pirate pour se jierdi'e dans la royale famille des Bourbons. Cette race noble traverse avec honneur les siècles glorieux comme les époques défaillantes de notre histoue. Etablis k Valmoitt dès l'origine des temps chevaleresques, les Etoutteville nous appai'aissrail au sommet de cette forteresse normande comme des argli's qui du haut d'un rocher volent à tous les points de l'horizon, remplissant le monde du bruit de leur brillant passage.

' Arch. clfparl., copie itu ivi° siècle. — ' •• Decimom thcloDui de Bun- <eis, • p. 1G7. — ' << Uccimani ihelunci meriiaii lie Uanccis. ■ — Cartulniri' de Saint- Wanilrilli!, p. î,Ooa. — ' M. Aug. Lrprcïosi Jaiis se» iiolcj sur Orteric Vilal.

Mais si Valinont fat le tombeau de cette race guerrière et sacerdotale, Ëtoutteville lui prêta sou nom. Le château, qui représente aujourd'hui ce renommé village, n'est pas digne de son passé. C'est un pavillon en brique orné de tourelles et construit dans le temps où Henri IV traversait le pays à cheval et répée au poing.

Ce castel est situé au Plainbosc, hameau populeux dont le nom indique une récente culture. Nous pensons que si Toq veut trouver à Ëtoutteville la roque-forte qui a donné son nom à toute une légion de chevaliers normands , il faudra diriger SOS recherches vers les antiques et solennels terrassements du Bais des Mottes. Là, sous des halliers, se cachent des douves profondes dont la triple enceinte enserre une motte de 40 mètres de hauteur, vieux donjon couronné de chênes et de sapins d'où la vue plane sur tout le pays d'alentour. A présent les paisibles habitants des campagnes mènent leurs promena-jr^ des et leurs jeux des dimanches, là où les serfs toujours armés donnaient et recevaient la mort. Lorsque nous avons visité le Bois des Mottes (en juin 4851), il a été impossible de nous retracer le plan de ces vieilles fortifications couvertes de taillis et que les renards seuls pouvaient explorer alors.

Quoique retranchés dans leur puissant château de Valmont, les Ëtoutteville durent tenir à honneur de conserver cette propriété, l'origine de leur famille. C'est cette pensée, à défaut de renseignements historiques, qui nous fait attribuer à ces chevaliers chrétiens la fondation du prieuré d'Etouttevîlle. Les fondateurs de l'abbaye ne pouvaient oublier l'église de leur baptême.

Les archives départementales de la Seine-Inférieure, cette grande source de notre histoire locale, renferment un mémoire rédigé en 1610, qui atteste l'obscurité des origines de notre prieuré. Cependant il relate une tradition que nous devons consigner ici pour le plaisir du lecteur. Il est bien entendu que nous citons cet acte simplement et sans contrôle. Nous racontons et nous ne critiquons pas.

« Mémoire pour savoir Torigine du prieuré ou chapelle d'Estoutteville. — Il ne s'est trouvé aucunes lettres, quelques diligences que Ton aient raiies, qui ne laisse en incertitude sur ladite Tondation ou institution.

» Reste par mémoire ce que les viculx et anciens, décédés depuis 80 ans, ont laissé par mémoire ol advrrlissement à leurs successeurs à présent vivants comme par iraditiun et instruction h la postérité, du récit de lears

■yeul) cl bisajculi, Ifîsquvls vroyenl au i nuniué de Esioultvville e^loll uni; sclgne *'wtoU rtrollé arec lous set subieu contre lonfMil rojd'Angielcrre, et renJilnng eu de PÏBti»eiparaî9*BdD EslooMeville, où et

■p dp leur» a r dp grande aulhorilt, lequel 1 duc de Nurmandie, itui pour ibnl eu une campagne ' proclii- 1 IroutK dcirtiiclr,

Ib roj dou eesie chapelle pour ki Ames dct maris en la balaillo ', ei à inojeu wrali célébrée une messe loua Ici dlmances de l'année, aux feilts de Kolrc-Dame et de Salni-Nicola*, et rui lirs augmenté derrière l'autel de la paroiisede EsioaiieTîlle, une Torme de rliipclle en laquelle m célèbre le service divin qui t'y continue encore de présent {t6t0) '. u

Quoi qu'il en soit de cetl£ histoire, le prieuré d'Etoutte ville dut être établi vers l'époiiue de la conquête de l'Angleterre, Cfi temps de la plus haute prospérité normande. Chose certaine, c'est qu'il l'ut conlié à des moines de Cluny, Ji qui les sires de Morteraer et les comtes de Buckiugham venaient de do nner les prieurés de Mortemer et de Longuevillc. Les sires ^^^ffiTarenne les avaient appelés dans le même temps k ta direc- ^^Bk de Saint-Pancrace de Lewes, qu'ils venaient de fonder im

î^^^uplessls *, et apriis lui M. Boniiiii *, font du prieuré d'Btoutte^nllo un membre de l'église métropolitaine de Cantorltéry. Ils prétendent que les puissants fondateurs avaieut fait cette «loiiation au chapitre, à une époque qu'ils ne citent pas, et le Bénédictin va jusqu'à s'autoriser du nom môme de saint Tliomas-le-Marlyr, sous lequel était connue l'église d'Etoutleville. À proprement parler nous n'avons rien de positif h objecter i^ ces assertions d'un religieux qui avait fait sur les églises du diocèse de Kouen une étude toute particulière ".

Venu après une Révolulion qui a tant détruit et tant dispersé, nous ne possédons, sur le prieuré d'Etoutteville. aucun document antérieur au mit" siècle. C'est dans le précieux registre des Vmte« jmstoralea, que nous avons trouvé ce que nous

. savons de mieux sur l'histoire de cette maison ecclésiastique.

{ Hais ici nos renseignements sont complets. Nous allons suivre respectueusement et pas h pas la trace lumineuse que le grand ' Il T i< encore i Etouiieville nne campagne qae l'un appelle U Plaint du Bataillft. — ' Celle Idée est conforme «ui osages du moyen^lfie. Culllaame-le~Conquérant fonda, sur le champ de llaiiin!(ii, l'abbare do .Noire< Dame-de-la-Bai»i1le i Charles Vil fonda, k FormigOT, la chapelle de Salni- Lonli, elc. — ' Arch. dépari, — Chartreui de Rouen. — Lia»» du prieuré d'EMciullevillc. — ' f>ricn))l..elc., i. i<r, p. 162 et 4S2. — ' Rtjittl. vinl.. - UUl. Hit. dt la Congrégation de SaiiU-Ulaur. par dom Tautu.

aerriere lui, aa iravei au moyen-Age, coiamo datis rHiitù|uîti!, couvre \c ^ys que nous explorons.

Peuduiit vingt années de son épiscopat [dt^ I2t8 à 19fi9| Rigîiud visita quatorze fois la maison ou prieuré ''''^'"""■■"■""

<]u'il nomme indifféremment EstoUi-tilla, EstolcHlle, ExUmu

rilla et EatiMlteville . Presque à chaque fois c'était apr^s Ou

ville qu'il faisait cette inspection. Souvent lui-raOme y venai . ^ l'U personnf ; plusieurs fois cepi>ndant il s'est fait apporter 1r i j comptes du fermier chez les chanoines d'Ou\ille. Cela vena^^S^ (le ce que chez les moines dn prieuré d'Etoutteville il ne trot j^^K^ vait ni il coucher ni Jt manger.

Selon toutes les apparences, Rigaud dut visiter Etouttevil~K ^^ di-s la lin de 12i7, mais comme les huit premières pages c^ .^ son journal sont mallieureusement déchirées, nous ne pouvoa-ft. ^s cunnulti-e oi le fait, ni le résultat.

La première visite bieu constatée de ce grand inspecteur d ^lm. iiii' siècle, eut lieu le 10 des calendes d'octobre de l'ann^^s lâiS. Il trouva au prieuré deux moines qui se serraieut *M.^s matelas et qui mangeaient de la viande, double faute contre K ^k. règle, dont il les reprit sévèrement '. Revenu il OuvîUe le -• des nones de décembre 12i9, il ne visita pas Eloutteville parc=^^ que le prieur était absent; il ne s'en fit pas moins payer 1^ droit de visite, qui allait ordinairement de 6 il H livres '.

Le 1 1 des calendes de juin \ i51 , il trouva la situation cm|^~>ârée. Le moine était décédé vers Noël 1330; le prieur restx»-*» seul, mangeait de la viande et jouissait d'un revenu d'envirt> «3 I iO livres. Il lui enjoignit de se procurer un compagnon p»"»-»! l'Assomption ', Le 3 des nones d'octobre 1233 le pontife ét^«-»! de retour et le compagnon était arrivé. Rïgaud leur enjoi""»' iXca faire venu- un troisième pour la Kle de Noél. C'était ■'' nombre canonique voulu par le fondateur. Ils ne jeùnaî»^'"^' point, et ne lisaient jamais les statuts du pape Grégoire I^^^- Higaud les reprend de toutes ses forces. Il constate qu'ils «i«^ vaient Si livres, mais qu'ils jouissaient des dlnu-s do la paroi s-îS'' I çt de 60 acres de terre ^.

Ia ides ides de mars (23i. il trouve ii Etoutteville cl«^«" moines ordinis LerremU; sans rloute des religieux cluniaci**"*

' Hrgril. riiiil imb. Hulh., ]i. î". — " Ibiit , ii. SI. — ' Ibitl.. p. H**.—

de Lewes, Les revenus aa suffisaient point )iour en entretenir trois ; ils diivaieiil 20 livres et n'avaiont pas payé leur douzième îi l'abbaye-raère. Rigaud iiilen-oge le prieur eu présence de Pierre d'Aumale, chanoine de Rouen, et de Guillaume de Denestanville, curé de Doudeville et doyen de Canville. Le prieur prétexta les privilèges de son ordre, (jui, en elfet, est appelé dans un pouiUé de Rouen l'exemption de Cluiuj > ; mais après cette protestation, faite pour la forme, il se soumit k l'enquête, Rigaud ajoute qu'il trouva tout en assez bon état. Cette note est remari[uable chez un homme sévère. L'honoraire de su visite lui fut payé i 04 sols G deniers '.

Deux ans après tout était bien changé, le 16 des calendes de janTier 1256 il trouve un prieur processif, dissipateur, qui ne célébrait jamais, soit par négligence soit par la conscience de son indignité, et qui vivait habituellement dans l'intenlit |pl l'excommunication. Je ne demande pas s'il le chapitra vertement '.

Tour remédier à ce désordre, le prieur de Lewes, qui d'Angleterre pouvait difficilement veiller sur cette maison normande, dans un temps où la guerre était fréquente et où les chemins de fer et les bateaux k vapeur n'existaient pas encore, crut se tirer d'affaire eu affermant la maison d'Etoutteville, d'abord à Jean de Flaiuville, en iiâl, puis ii un clerc nommé Gillebert de Veauville. Mais le remède fut pire que le mal ; au Heu de trois moines exigés par le règlement, Rigaud, dans sa visite du 1 des ides de janner 1339, n'en trouva qu'un seul acïcotnpagné de deux laïques préposés par Gillebert de Veau- ^ilie. Le moine était bien du prieuré de Lewes ; mais tout était en mauvais état. Alors il lit saisir les biens du prieuré par le vicomte de Maulévrier, jusqu'au parfait rétablissement des choses. Sa procure lui fut payée ^0 livres 8 sols *.

Le 8 des calendes de juin 1262, Rigaud trouva deux moines de Lewes et un gardien laïque préposé par Gillebert de Caux, qui avait affermé à vie l'exploitation du prieuré s.

Le 7 des calendes de novembre 1263, Rigaud trouve le prieuré d'Etoutleville dans un misérable état, tant au spii-ituel qu'au temporel. Il y avait toujours deux moines de Lewes et on Anglais nommé Robert, tpii servait les moines aux frais de

' touillé aUribué * Raoul Roussel. — ' Hcgelt. vint., p. 210. — ' Ibiil.

Gillebert de Caux, fermier de la maison. Rigaud ordonna à Robert de faire les réparations ; toutefois, par provision, il fit saisir les biens du prieuré par le doyen de Canville. Déjà dans la visite précédente il avait fait saisir 50 livres. Il ordonna en même temps au curé et au trésorier de la paroisse de réparer et d* orner leur église, qui était en mauvais état ^.

En 1265 la triste situation du prieuré continue, et en janvier 4266 le temps n*avait fait qu'amonceler les ruines. Elles étaient arrivées à un tel point, qu'il fut obligé de se retirer à OuvUle pour trouver une table et un lit. Le curé d'Etoutteville, Robert Lenoisdier, et Guillaume Panlier, fermier de la maison, lui payèrent ses honoraires. Il fit promettre, par serment, aux deux fermiers, de ne pas solder Gilbert de Veauville, et de conserver la nourriture des deux moines, laquelle s'élevait à 20 sols par semaine ^.

En 1268 et en 1269, cette misérable condition continuait Ék toujours 3, et Rigaud n'eut pas la consolation, avant de clore son registre, de montrer en bon état le prieuré d'Etoutteville, cette pauvre colonie anglo-normande que la maison mère laissait végéter dans un état humiliant.

Toutefois je me trompe, le prieur de Saint-Pancrace de Lewes ne perdait pas de vue cet enfant d'outre-mer. Les annales de sa maison en font foi. Guillaume deFauville, normand de nation, cauchois d'origine, n'oublia pas sur la chaire de Saint-Pancrace une maison de sa patrie, voisine de son berceau. Guillaume arrivé comme prieur, en 1257, mourut en 1268. Dans son testament, qui prouve une grande fortune et une haute générosité , il donna 1 00 livres sterlings pour racheter le prieuré d'Etoutteville, qui était engagé *. Il est évident que le bon religieux avait en vue la saisie-arrét de cet établissement, faite à deux reprises par l'archevêque de Rouen s. Malheureusement l'absence de documents historiques ne nous permet pas de dire ce que fit le successeur de Guillaume de Fau ville.

' Regest. visU,, p. 473. — ' Ibid., p K18 et 565. — ' Ibid., p. 601 et 630. — * liera ad reeuperandum prioralum de StuleviUe impignaratum, C. libras sterlingas. — Extrait da mss. intitulé : Annales conseripU a monacho quùdam de Lewes à Christo nalo ad annum 1312. — ^ On Ike early History of Lewes Priory, by W. H. Blaauw, daos les Sussex ArchœolO' gical colleclims, v. n, p. 29 et 32.

Après réclatant sillon de lumière jeté sur l'obscure maison d'Etoutteville, par le Registre des Visites pastorales, cette lampe du xin^ siècle, nous retombons dans une nuit profonde jusqu'au XVI*, où commencent les archives écrites. Le xiv* et le xv* siècle, si agités et si dissolvants, avaient fait perdre la chaîne des traditions, au point qu'en 4540 on ne savait plus qui était le vrai propriétaire du prieuré d'Etoutteville. L'archevêque de Rouen à qui revenait naturellement ce droit, comme le représentant de l'Eglise 1, y pourvut en 4540, en 1562 et en 1575, mais il conférait ce bénéfice à des laïques, ce qui parut irrégulier même à ses yeux. Aussi le cardinal de Bourbon, Charles I^' du nom, revenant sur ces actes consommés dans l'ignorance, réunit le 27 décembre 1575, le fief et le prieuré d'Etoutteville k la Chartreuse de la Rose, située k Rouen, pavé de Saint-IIilaire 2. Cette concession, il est vrai, ne fit pas revivre le pauvTe monastère expirant, mais dans l'intention du pontife elle était faite en considération des biens qu'il avait perdus en Angleterre. « La donation du prince-archevêque^ dit Duplessis, fut ratifiée le 28 janvier 1576, par le chapitre de la cathédrale, et au mois de décembre 1577 parle roi Henri IIL Cependant comme il s'était trouvé quelque défaut dans le décret d'union, le cardinal fit procéder k une union nouvelle, en 1589. Un particulier, homme marié, qui jouissait du bénéfice, intenta procès aux Chartreux, pour y être maintenu. L'atfaire fut renvoyée au Parlement de Paris, où elle fut jugée en faveur des religieux, par arrêt du 29 janvier 1600. Un moine de Cluny se présenta ensuite comme pourvu du même bénéfice ; il perdit son procès au Parlement de Rouen, en 1604, et fut renvoyé par le conseil privé, en 1605, au Parlement de Paris, où il asquiesça enfin.

» Les Chartreux eurent encore dans la suite un autre procès à soutenir sur les droits de leur prieuré, contre les sieurs Raoul Bretel, sieur deGrémonville, président au Parlement de Rouen, et Georges Langlois, sieur du Plainbosc, premier président de la chambre des comptes de la même ville : mais par arrêt du Parlement de Paris, le 2 juin 1646, les Chartreux furent maintenus en possession de la qualité de patrons de l'église d'Etoutteville et de seigneurs hauts-justiciers, dans l'étendue de leur

' Arch. dép. — tChartreui de Rouen. — Liasses d'EtouUeviUe. — ' Duplessis, Ekseripl.j 1. 1«% p 162.

iief ; et défenses furent faites aux sieurs Bretel et Langlois, de s*attribuer dans cette église aucuns droits honorifiques ^ . »

Lorsque la Chartreuse de la Rose fut réunie à celle de Saint- Julien, Ëtoutteville subit le môme sort, et le dernier acte que ce prieuré ait joué dans l'histoire, ce fut la rédaction d'un magnifique terrier in-folio , relié, que Ton voit aux archives départementales, et qui porte ce titre :

« Terrier du prieuré ei haute justice d'Etoutteville, scitaé et ayant uo chef-mois et manoir seigneurial en la paroisse d'EtouttevilIe, ayant ses extensions ès-paroisses de Vauville-les-Baons et Yvecrique, auquel prieuré et haute-justice est attaché les droits de seigneur-patron et nominatenr au bénéGce-cure du dit lieu d'EtouttevilIe, droit de moulin-à-vent, de collomhier, de reliers, treizième, rente seigneuriale et tons autres droits, qu*à te' Gefet haute-justice appartiennent par la coutume et pays de Normandie, et appartient à messieurs les religieux-chartreux de la Chartreuse de Saint' Julien, à cause de Tunion Taite à leur ancienne Chartreuse de la Rose, confirmée, louée et approuvée par Henry, roi de France et de Pologne, en décembre 1577, où Ton voit qu'avant ladite union, ce même prieuré et haute-Justice était prétendu dépendant d'une abbaye ci-devant assise en Angleterre, au diocèse de Cantorberie, et dont le nom était inconnu. »

On voit ici dans quelle ignorance profonde des destinées de notre prieuré étaient tombés, non-seulement les feudistes du siècle dernier, mais encore les moines et les clercs du temps de François P*^ et de Henri IV. Nos archives départementales démontrent clairement que Ton ne savait que balbutier vaguement les noms de monastère, d'Angleterre et de Cantorbéry. Les six liasses de papiers modernes,conservées au dépôt départemental, attestent qu'aux xiv^, xv« et xvi® siècles, les plus profondes ténèbres se répandaient sur le prieuré et que le plus grand désordre régnait dans ses afiaires. Nous l'avouons franchement pour notre compte, il nous aurait été bien diflScile, môme avec Eudes Rigaud, de reconnaître dans le nom barbare de Leaus, qu'il répète si souvent, le prieuré cluniacien de Saint-Pancrace de Lewes. Fort heureusement des relations récentes avec des antiquaires anglais, et notamment avec la Société Archéologique du Sussex, nous ont mis à même de découvrir les rapports de famille qui existaient entre ces deux monastères anglonormands. C'est ainsi que l'archéologie du xix® siècle tend à rétablir des liaisons créées au xi® par la religion et la politique. Les antiquaires, les moines du monde moderne, sont

' Duplessis, DescripL, t. v^, p. 162.

appelés Jt ressusciter les alliiincGs rrntcrnelles , fondées aii moyen-Age pur l'oriln! moiiaslique.

tes pouîtlés du diocèse de Rouen continuèrent k mentionner le prifiiiré d'EtouttPviUe. Ce fut à peu près tout ce qui resta de son existence ; une ligne dans un catalogue. Probablement un cbartreux de Saint-Julien de Rouf^n, continua aussi h porter le titre de prieur d'ElouttmlU, afin de pouvoir nommer k la cure du lieu, car le droit de présentation était attaché à la dignité de prieur. Les Chartreux de Rouen venaient également de temps en temps visiter cette maison et y passer quelques jours, car le peuple se souvient d'eux et d montre dans la sacristie une porte par où ils se rendaient au chœur, ou ptutât k leur chapelle. Lour autel était au fond de l'église, distinct et séparé de celui de la pai'oisse. L'autel curial était au bas du chœur actuel, adossé k une cloison qui a disparu depuis la Révolution. Il existe encore une trace bien minime, mais bien démonstrative, de la propriété religieuse, frêle reliipie qui a survécu k des monuments plus imposants; je veux parler d'un plateau en plomb qui servait pour la quête et sur lequel on lit parfaitement : « Charlreiix rie Saint-Julien rie Rouen. »

Ajoutons «pi'ici, comme dans toutes les paroisses autrefois r^-guli&res, une partie de l'église est contigué h une masure qui n'est autre que le prieuré devenu plus que jamais une exploitation agricole. La maison et les terres, vendues lo 7 ■ février 1791 , furent achetées par N. Lasnon, 61 ,500 fr. Malgré cela la tradition lui conserve toujours son nom monastique.

Quant k l'église, qui servait tout k la fois aux religieux et aux paroissiens, elle est modeste et au-dessous du médiocre. fin disant qu'elle est bien tenue, c'est l'éloge du pasteur que lous faisons, mais eu ajoutant qu'elle est un des plus pauvres *nonuments du pays, c'est la critique des paroissiens que nous entendons faire.

La nef et le clocher ont été rebAtis vers 1 736, pour la somme <ie 8,300 livTcs, ce n'est pas cher, mais il y eu a pour l'argent. C^'est une maçonnerie en brique et en silex et pas autre chose. SL,a tour, au portail, est surmontée d'une mauvaise flèche car- ■»rée. Les archives du département conservent encore l'assiette •«le l'impôt qui fut mis fdors sur les habitants •. Eu 1786, l'é-

glise étant reconnue trop petite, on songea à Tagrandir. Une réunion générale eut lieu le 41 février 4787, tous les propriétaires y étaient représentés, ainsi que les Chartreux et le comte de Germiny, seigneur du Plainbosc ^ On y décida la construction des deux chapelles latérales, pour lesquelles les Chartreux donnèrent le terrain, et la fermière du prieuré une somme de 4,000 livres ^. La sacristie fut construite dans la même campagne. Le chœur, travaillé à diverses reprises, n*a gardé d'ancien que les trois ogives du chevet, rebouchées par l'ignorance de la tradition et du symbolisme chrétien.

La Révolution a dépouillé cette église comme tant d'autres. Il y avait des caveaux, il est probable qu'ils auront été fouillés. Farin, sous Louis XIV, avait connu cette cave sépulcrale, il avait vu, dans le chœur, trois pierres tombales et il en avait copié les inscriptions. Elles n'existent plus aujourd'hui, et nous n'avons trouvé dans la nef qu'une grande dalle sans nom qui provient probablement du sanctuaire. Heureusement le digne prêtre de Saint-Godard a transcrit les trois épitaphes dans son Histoire de Rouen, nous les répétons d'après lui. Sur une tombe, où était gravé un chevalier, on lisait :

« Ichi gist monseigneur Jean de TonneviUe, chevalier qui trépassa Tan de grâce mcggxx. Priez Dieu qu'il ait merci do sarae Amen. » Sur une autre tombe, sans doute historiée de la même manière : « Ici gtt monseiseigneur Jean de Tonneville, chevalier, qui trépassa Tan de grâce mcgcxi, la vegile de Saint-Pierre. Priez que Dieu ait merci de son âme. Ameo. » EnQn sur une troisième tombe, où était gravée Timage d^une dame : « Ichi gtt madame Isabel, dame du Pleinbosc, gui Tut Tame de monseignieur Jehan de Tonneville. Elle trépassa en Tan de grâce mcglxxx, le jour des Ames. Priez Dieu qu'il ait pitié de Tàme d'elle. Amen ^. >

On a pensé, avec raison, que cette église d'Ëtoutteville avait pris le nom de Saint-Thomas de Cantorbéry, en souvenir de ce grand pontife, qui fut par excellence le martyr du xii* siècle ; mais nous ignorons s'il fut le protecteur de la paroisse ou du prieuré. Â présent il est le patron de la paroisse, cela n'est pas douteux, mais un acte du 30 juin 1785, dit Notre-Dame et non Saint-Thomas d'Ëtoutteville. Tout nous porte à croire qu'avant 1175, le nom de la paroisse était Sainte-Marie.

Nous devons citer encore une bonne action. En 1764,

' Arch. départ., dépôt de la préfecture, Chartreux de Rouen. — Prieuré d'Ëtoutteville. -- ^ Id., ibid. — * Histoire de la viUe de Rouen, par Farin, V* partie, p. 60.

M. Lasnon, curé, de concert avec M. le président deMottevillo, et M"« Cousin, de Rouen, fondèrent une maison d*école, desservie par des religieuses, chargées de fournir aux pauvres les livres et les médicaments nécessaires ^ .

La cure d'Ëtoutteville valait, au curé Simon, 48 livres en 4250, et comptait 443 paroissiens communiants, selon M. Leprevost, ou 143 maisons selon Farin. Il y avait encore 433 feux en 4738. Aujourd'hui c'est une succursale de 4,050 habitants.

Etoutteville n*a plus ni prieur ni châtelain ; .mais il vit par la culture et par l'industrie. Emancipés des mille servitudes féodales qui entravaient la marche des affaires, ses laborieux habitants sont devenus industriels et agriculteurs. Ils ont acquis une aisance inconnue à leurs pères, car le bien-être est le fruit du travail ; aussi c'est k lui, après Dieu, qu'ils demandent le pain de chaque jour. D'une main ils tissent le coton et de l'autre ils labourent la terre, touchante union du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, qui procure aux hommes les biens d'ici-bas, dont la religion, la science et la vertu, leur apprennent k se servir. Le peuple d'£toutteville est bon et religieux, puisse-t-il transmettre k ses enfans ces vertus héréditaires que j'ai admirées chez lui dans ma jeunesse.

Chapelle de Saint-Cosme. — Sur la paroisse d'Etouttevillc, au hameau d'Eteimare, est située, sur le bord du chemin et k l'entrée d'une ferme, une chapelle dédiée k saint Cosme, qui le 47 avril 4795, fut vendue comme bien national, pour le prix de 6,400 livres. Elle doit dater de loin, car un fragment de mur m'a paru très-ancien. Toutefois elle a été remise k neuf vers 4825 par le propriétaire. Le public a conservé pour elle quelque dévotion, on y dit la messe aux Quatre-Temps et le 27 septembre, jour de saint Cosme, il y a affluence de pèlerins.

«RÉnOIVTIIililU

Grémonville est tout moderne. Un homme et un siècle font à peu près son histoire. Lorsque l'on a nommé M. d'Acquigny et le siècle dernier, tout est dit, sous le rapport monumental, car il serait injuste, pour le côté historique, de passer sous silence les Boucherat et les Bretel de Grémon-

• Arch. départ. — Liasses du prieuré d'Etoutteville.

ville, qui ont légué à Téglisc des fondations, des biens» des tombeaux, des inscriptions et de précieux souvenirs.

Mais tous ces noms mêmes, quelque grands qu'ils soient dans rÉglise et dans Thistoire, sont dominés ici par le nom d'Acquigny, dont la piété, les bienfaits et les vertus sont écrits non sur des tables de marbre, mais sur toutes les pierres de l'église et dans le cœur de tous les habitants. Pierre-Robert Leroux d'Esneval , chevalier, baron d'Acquigny et du Bois- Normand, châtelain de Pavilly, vidame de Normandie, marquis de Grémonville, président à mortier honoraire du Parlement de Normandie, était Favant-dernier héritier d'un nom illustre en Normandie, de ces Leroux d'Ësneval qui ont fourni un surnom à plusieurs villages et qui ont construit à Rouen le royal hôtel du Bourg-Theroulde, une des gloires des arts et de la cité. Ce grand seigneur, digne fils des croisés, noble descendant des fondateurs du prieuré de Pavilly et des bienfaiteurs de nos monastères, n'a pas construit moins de sept églises dans le cours de sa longue et honorable carrière. On cite de ce nombre les églises d'Acquigny, du Bois-Normand, de la Villette, d'Yvecrique et par-dessus tout celle de Grémonville, l'enfant de sa vieillesse, qui fut comme le testament de sa vie pieuse et libérale , le résumé de son amour extrême pour la maison de Dieu. Depuis ces chevaliers priants du moyen-âge, que l'on décorait du nom de bâtisseurs d'églises ^ jamais gentilhomme n'aura mieux mérité ce titre au siècle dernier, et si j'en excepte hird Shrewsbury, en Angleterre, jamais personne ne l'aura mieux mérité même dans le nôtre. Au zèle pour la maison de Dieu, à l'amour de la décoration du sanctuaire, M. d'Acquigny joignait une tendre piété envers le Saint-Sacrement de l'autel, ce signe des prédestinés sur la terre, et une dévotion toute particulière pour les saintes reliques, cet autre cachet des élus. Aussi dans le cours de cette histoire nous le verrons, aux jours de fête, prier dès le matin dans les églises d'Yvecrique et de Grémonville, gager des chantres pour célébrer dignement les oiBces du jour et de la nuit, ériger des confréries, acheter des vases sacrés, obtenir des indulgences, et détacher de son garde-meuble les robes daraasées de sa vertueuse épouse, pour en couvrir les ministres des autels. Mais surtout on le voit dépenser des

* Valeran de Mealan est appelé « Struendarum ecclesiarum amaior, •

sommes immenses pour obtenir, des catacîonibes de Rome (;t du trésor des églises, les plus précieux vestiges des saints, puis envelopper ces restes sacrés dans des châsses et dans des reliquaires du plus grand prix. Tous les arts, tous les artistes, étaient mis h contribution par sa piété, pour honorer les amis de Dieu qui étaient aussi les siens. Le bois, la pierre, le marbre, le porphyre, l'or et l'argent furent employés par les sculpteurs, les graveurs, les doreurs, les orfèvres et les bijoutiers.

M. d'Acquîgny, après avoir vécu de la vie des justes, mourut de la mort des saints, en 1790, la veille de la Révolution [ française. Dieu devait a ses vertus de le dérober au spectacle des horreurs qui allaient commencer et à la vue des profiinations qui allaient souiller les sanctuaires construits par ses mains. Il fut inhumé à Pavilly, dans la chapelle du chûteau d'Esneval, qu*il avait bâtie, dotée et embellie. Puisse la terre de Pavilly, tombe et berceau de ses aïeux, ne donner jamais M monde et ne recevoir dans son sein que d'aussi précieux Wsors de grâces et de vertu ! — Après ces préliminaires sur le fondateur parlons de la fondation.

Ce fut en 1774, la première année du règne si prospère et pourtant si tristement terminé du vertueux Louis XVI, que M. d*Acquigny conçut le projet de la reconstruction totale de l'église de Grémonville. Evidemment l'ancienne était misérable et peu digne de Dieu, pour que ce grand ami de Jésus- Christ, au sacrement de l'Autel, conçût le coûteux projet de rel>âlir son temple. Quelles que fussent les idées de ce temps sur l'architecture du moyen-âge, on peut répoudre que M. d'Ac- ^uigny aimait trop la beauté de la maison de Dieu, pour dé- ^niire un monument consacré au Seigneur par la piété de ses aûcôlres. D faut donc écarter à ce propos toute idée monui&entale, tout regret archéologique.

D venait de perdre sa très-chrétienne épouse, Catherine Qwd de Rampen, baronne du Bois-Normand, lorsque en jauger 4774 il voulut consacrer â Dieu ce qui lui restait de pltts précieux de cette sainte femme, en offrant sa robe de '•Wïw pour en faire un ornement d'étoffe d'ar, composé de ^ diapes, d'une chasuble et de deux tuniques. « C'était, ¥wtait-il, pour qu'elle ait part aux prières de l'Eglise. Ledit

oruement devait êlre déposé au château jusqu'à ce cju'il ji une église bâtie avec une sacristie '. •

Le 40 avril de la mÉme année, M. d'Acquigny offrait ft I glise un bénitier d'argent avec son goupillon, ajoutant t promesse de donation : « Je déclare donner k la paroissfti grande horloge avec ses trois timbres, que j'ai achetée à ï baye de Sausseuae. prës Vemon, et que j'ai fait placer fOF% bfltiment de mes écuries, en attendant que j'aie décidé ai ■ pourra trouver place sur l'église que je projette de bâtir, I Dieu m'en accorde le temps elles moyens, s Plus lard, iftl digne baron plaça son horloge sur le front de la tour do \ clocher, où elle se voit encore aujourd'hui.

Nous avons cité ces détails pour montrer que le nouveau Salomon préparait de loin les matériaux du nouveau temple. Il faisait plus encore; il disposait la place même des «ssi9»i après avoir accompli auprès des deux pouvoirs toutes les fcl^ mahlés nécessaires. Sa requeste it M^' l'archevêque, préseoUSe en juin 177i, avait été favorablement accueillie. Le souveran pontife lui-même, par un bref du 8 juin, accorda une indulgence plénière ft la future église, le jour de la féle de siûnt PieiTC et de saint Paul, Tout cela était conforme aux antiques coutumes. Le 21 juillet suivant, M. l'abbé Papillaut. chanoine et grand pénitencier, vint, avec un nombreux clergé, bénir 1« terrain préparé pour recevoir l'église neuve. C'est le cimetière actuel, qui déjh était entouré de murs de briques corano* nous le voyons aujourd'lmi.

Le plan de la nouvelle construction avait été confié ii M. Thibault, architecte de Rouen, frère du curé d'Yvccrique. et protégé de M. d'Acquigny. Il est vraisemblable qu'il étail l'aP' chitecte en titre du pieux président, et qu'il avait dingé 1" [ nombreux travaux d'égtîse entrepris pendant sa longuu caTrière. Ce qui est certain, c'est que son ministère était smivEf"' j réclamé par les églises de Rouen, soit pour des dessins, so'' pour des conlrAles ou réceptions d'ouiTages. C'est ainsi ip»'" nous le voyons figurer k Saint-SIaclou, en 1 746 et en 1780 ; et *

' Registre des compte» et dtlibérallons de In fabrique de GrtinoiitJft*< | ûe 1732 i 1780, déposé au cbAleau el eoigneusemenl coniervi pir H ■aille de Bellegarde, cuiiicillcr-Ki^nirBl. C'esl dam ce pi^Cleui ntin

avons pul»f lous les renseignemenis que doui alloni poUitrif

Saint-Vivien, en 1762 et 1779, en compagnie tie LeLiruniL'iit cl (le Defrancc. M. rt'Acquigny, après avoir arrêté les pliins et devis, voulut assuror, d'une nianièrtt iufàilljble, le succis île son entreprise. Pour cet eflet. le 31 aoAt 1774, il remit au trésorier de Grémonville un acte leslamen taire, par lequel il chargeait ses héritiers d'acbever et de conduire, jusi|u'h su perfection, Tœuvre qu'il avait commencée. Celte sage disposiUoD était prise dans la prévision d'une éventualité qui ne se réalisa pas, car Dieu conserva le bon président, lui montra son œuvre chérie et l'en fit jouir long-temps. Aussi le 15 décembre 1776, toutes choses étant terminées, M. d'Acquiguy repritson paquet cacheté, devenu désormais inutile. Mais Ici on ne sait ce qu'on doit le plus admirer de la prudence ou du séie de cet autre David.

Une église provihoire ayant été préparée, on Jeta les l'ondemente de la nouvelle vers la lin de l'été. Le 29 août , U. d'Acquigny eut la consolation de poser la premîi're pierre du chœur et celle des chapelles latérales. La bénédiction en Alt faite par M. Lefebvre de la Hoclie, nouveau curé de Gi-émonvillc. On observa, dans cette circonstance, un pieux usage des anciens temps et vraiment digne de la primitive Eglise. Dans les pierres, sanctiliées par la prière du prêtre et la main du fondateur, on incrusta des boites de plomb remplies de reliques de saints martyrs, envoyées de Rome. On y ajouta quelques ossements des saints Mauxe et Vénérand, martyrisés h Aequigny. Voilii bien les dignes fondements d'une église chrétienne, et le Dieu de la croix devTa se plaire il descendre dans un sanctuaire pétri avec le sang des martyrs.

Pendant que l'on construisait l'église, M. d'Acquigny s'occupait de régulariser les fondations pieuses faites par les puissants seigneurs qui l'avaient précédé dans la paroisse. Le 4 septembre 1774, il remit dans le coffre du trésor la fondation «le Georges Bretel d'Ëtoutteville, lieutenant d'une compagnie des gardes du roi, qui, en 4654, avait institué une messe journalière pour le repos de son ime. Il y joignit les fonduliotis de M" de Grosmesnil, du président d'Ksneval, son père, et de M" la marquise do Montholon, première présidente du Parlement de Normandie, décédée ca t733. Ll y avait encore à Grémonville la fondation de M°" Madeleine de Canouville, épouse de messire Louis Bouchernt , ihiuicelier de France sous

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Li.uis \\y. l',i-Hi> liiiklatioit ()i! ifuiitrc nii^M^s t>ikssi% par iiinino, qui liuluit ctu 7 septembre I6U7, fat augmHiitte M. d'Acipiigny, en 4778.

Le 35 (lu niénie mois, te bon pn-sidnit fît placer, soi L'iiciiiin lie Grémniiville Ii ïvctot, unn statue île la Sninlo-Viei (|ui fut b^nito par le curé Je la paroisse, et renversée pa Iti^voiulinn.

Pi'ndant qu'on se livrait k ces actes Aa piété, l'œUvre' l'église avançait rapidement. Les caveau\ du cbœur voûtés, on s'occupa d'y transférer les cercueils des préMs' des soigneurs de Grémonville. Du 6 au 9 octobre (774, «1 descendit, avei! les formalités voulues et les prières accoui mées, les corps de nobles et discrètes personnes MM. Snnii de Beaurepaire, décédé en 17t6, et IJgnaud de l.ussac, iléc^ le 19 mars n7i, tous trois ancien» curés de Urémonvitie, I seigneurs y furent transportés en bif-n plus grand nomb». pouvant les citer tous, nous nous contenterons de noran mcssires Raoul Bretel de Grémonville, décédé le 36 mai IM le cœur de Raoul Bretel de Grémonville, président il mi décédé le 15 février lo98; le cœur de Louis Bretel de 6l monville de Lanquetot, président à mortier, décédé le 30 jl 1600; le cœur de Raoul Bretel de (irémon ville, présidenl mortier, mort le 1" juillet 16i9 ; le cœur de Nicolas Bretel Grémonville, décédé en 1677, leurs épouses et plusieurs atil personnages, tels que M™" do Granbonne, religieuse-] de Saint-I>ionard de Dieppe, ordre de Saint-Bonoit.

Lorsque le chceur fut construit et pavé, on plaça aadu caveau une dalle de marbre noir, avec une longue ins^ tion relatant les noms, les titres et les figes des corps et àë cœurs ainsi transférés. A présent on ne pi>ut plus lire qoe CM quatre mots qui suffisent pour dJro au voyageur qu'il fbâleM pieds un peuple de morts: «Hic jaeontcorporael corda, etft La construction de l'église avançait avec une rapidité i connue à cette époque. Déjii on posait la toiture et l'on >'d cupait du pavageet de lameublemeot. H. d'Acquign; M pourvu k toul, il avait acheté le marbre nécessaire {MHt dallage et avait commandé k Gènes l'autel qui devait M comme la couronne du nouveau temple. 11 n'avait pas Olti oublié les cérémonies de la bénédiction et de l« et il avait acheté, pour ces fêles si chères fi son cwiiTt tis

noiueiit complut de velours gaufre cramoisi avec <ies orfrois d*or. Le 28 avril 1776, il le déposa dans le trésor de Téglise, puis en pleine assemblée du peuple il ajouta : « Je déclare donner à l'église, par moi nouvellement liîltie et non encore bénite, Tautel de marbre avec toute la dépendance, marche et marche-pied et pavé de marbre pour le chœur : le tout venu de Marseille et encore à Rouen dans ma maison, en attendant que la décoration que je fais faire à Téglise soit assez avancée pour que Ton y puisse placer ledit autel. »

Étonnés et confus à la vue de tant de bienfaits, les paroissiens réunis s'empressèrent de témoigner respectueusement leur reconnaissance à M. d'Acquigny, pour tous les biens dont il les comblait. « Nous avons ac(M>pté, ajoutèrent-ils, et nous acceptons par le présent acte, ce dernier et perpétuel présent que vous voulez bien faire à notre église, et nous ne cesserons d'ofirir à Dieu nos vœu\ pour la conservation de votre i>ersomie» qui nous est si précieuse, et pour celle de toute votre respectable famille ^ »

BnCn, tout étant prêt, sculptures, paviigo, bancs, stalles, reliquaires, tableaux, contre-tables et autels, on fit la bénédiction de la nouvelle église au milieu ii^uH.' foule inmienso. Nous laissons au registre de la fabri<[ue le soin de nous donner le récit de cette auguste journée.

M I/an 1776 , le dimanche 6 octobre , fête de la Dédicace , nou» Fraoçoif-Chrislophe Terrisse, prêtre docteur de la maison et société de Sorbonne, abbé de Saint-Victor-en-Caui, chanoine et haut doyen de l'eglise métropolitaine de Rouen, vicaire^énéral de M?' de La Rochcroucauld, archetéqoc de Rouen : sur la réiiuîsition de messire IMerre-Robert Lermit d'Esneval d'Acquigny, président à mortier du Parlement do Normaiidie, seignear et patron de Grémon ville et autres lieux, nous sommes trans|Nirtéi audit lieu de Grémonvillc, à reCTetd'y vii»iter et bénir Teulise paroissiale Qouvelltroenl construite par les soins et aux frais de mon dit sieur et prcaideol d'Acquigny ei sur son Tonds ; ayant trouve la dite église .solidement construite, magninquement décorée et abondamment pounue de tout ce qui est nécessaire pour la célébration du service divin, nous l'avons solennellement bénite suivant la forme prescrite par le rituel du diocèse, sou» rinvoettlun de saint Pierre et de saint Paul, a|M^tres, et aprèit y avoir prucctsioDnellemeQt transporté le Très-Saint-Sacrcment, do l'oratoire dans le* quel il était réservé, ainsi que les reliques tics saints^ et notamment le corpa, entier de saint Théodore, martyr, nouvellement envoyé par notre Saînt-Père le Pape à mon dit sieur le président d'Aiquif^ny, v\ |Mr nou<i

' Registre de 1732 h 1780.

(luemcnt vérifié, nous y avons célébré tolennellement la Sainle-Mcfsey le tout en présence de mon dit sieur le président d'Acqaigny, de M. Aodié Marescotf chanoine de Téglise métropolitaine de Roaen; de M. Nieolai- Gharles-Prosper Tissot, prêtre et prieur de Vignoles ; de M. Jeao-BapUste Dunifllé, curé de Saint-Denis d*Evreux ; de M. Guillaume Faaeoo, piètre curé d'Acquigny ; de M. Pierre-Louis Lefebvre de la Roche, preitre, curé de Grémonville ; de M. Charles Thibault, architecte, et de grand nombre d'habitants. »

En attendant le jour de la consécration de son église, qai ne pouvait être faite que par un pontife, M. d'Acqaigny profita des beaux jours de Tété pour y déposer le corps entier de saint Théodore, martyr, tiré des catacombes et accordé an pieux gentilhomme par un rescrit du pape Pie VI, du 31 janvier 1 776. Voici, du reste, le procès-verbal de cette translation :

n L*an 1777, le mardi 24 Juin, fête de saint Jean-Baptiste, a été fiiile, issue de vêpres, par une procession très-solennelle et très-nom breose des deui paroisses de Grémonville et d*Yvecrique, la iranalation de la cfcâite de saint Théodore, martyr, de l'église d*Yvecrique, où elle avait été dépoaéa en celle de Grémonville. où elle a été placée le lendemain 35 da méiM mois, dans le grand autel de marbre, en présence de haut et puissant seigneur messire Pierre-Robert Leroux d'Esneval, chevalier, seigneur, baron d*Acquigny, marquis de Grémonville, président h mortier au Parlement de Normandie, h qui la susdite précieuse relique du corps entier de saint Théodore a été donnée par N. S. P. le pape Pie YI, vérifiée par metâtt François-Christophe Terrisse, abbé de Saint-Victor en Gaox, chanoine el haut doyen de Téglise de Rouen, vic.-gén. de Mr le cardinal de La Rochefoucauld, comme il appert par les authentiques déposées dans ladite cbâiae sous le coussin de la relique, en présence de M. Lemonnier, chanoine de la Ronde de Rouen, qui a célébré dans cette cérémonie ; de M. Boyeldien, vicaire de Saint-Nicolas de Rouen, qui a prononcé le discours de réception; de M. Thibault, architecte de Téglise de Grémonville. »

Enfin, le grand jour approchait où Dieu et TÉglise allaient récompenser, par une journée digne du ciel, les soins, les travaux, les prières, les aumônes et les sacrifices du saint fondateur. Cette journée à jamais mémorable dans l'histoire de Grémonville et du pays de Caux, eut lieu le i 6 novembre 1777, jour de la consécration de Téglise. Nous donnerons d*abord l'acte de consécration, et ensuite le récit touchant etnaif que rédigea le curé de la paroisse sous les yeux mômes de M. le président d'Acquigny.

« L'an 1777, le dimanche 16* jour de novembre, l'église paroissiale de ce lieu de Grémonville, nouvellement construite, bénite le dlraanelbe 6* Jour du mois d'octobre de l'année dernière, par Tautorité de Mr Tar-

snitii Pierre et taini

tut Mir Gaspard de

vertu du pouvoir

(.hctbiiie, aie cuiiMcri^c tous l'invocalion ile^ ii|fAlrc Ptul, suliODl la rurmc énoncée au pantilicat rumair Trcuemaiie do Drund, ancluii tvesque de GUiidtvF. à lui iliiiinc par Me> Dominique lia La HucLeroiicauld, acctievesque île Rouen, primatde Normandie, suivant l'acte pnstË «lu» le eceau ei ta «ignalore de mondil «uigneur, le 20 du nioii de soplciobre de la pr^nle année. La pr^nle cérémonie Taile do la réquUiLioii cl on présence de tiieuire Pierre-Holwrt Leroui d'Esneval, baron d'AcquIgnf, chevalier, marquis de Grémunville, président t morlicr liunoralre du parlement de Rouen, aux frais et sur le fonda duquel leiliie éKlîse a été construite et décorée; de médire Eipril-Roberi -Mario Leroux d'Esnetil, cbctaller tidanie de Normandie, président i nioriler du parlouicot du Houeu, fiU dudit wigneur fondateur! de me»ire Arntand-Hlcbel de l'oiocreu, chevalier et marquis des Rlccys, président a nïurtier du parlement de Rouen, gendre dudit seigneur fondateur ; et auul en présence de messieurs Fnn- (Dia-Chrlstophe Terrisse, prêtre, docteur de la maison el soeiélé de Sorbonne. abbé de Saint-Victor-en-Coui, el haut-doTea el chanoine de l'éBlise iDétropolitiine de Rouen; Jean-Raptislc-Pierre Bordier, prêtre, doi^teuT de Sorbonne, chanoine de l'église de Rouen, archidiacre du Grand- Caux ; Pierre-Char les-Honoré Rrldelle, prêtre, docteur de la maison et aoclélé de Sorbonne, chanoine et oOlcial de Rouen, tous trois vicaires généraut de mondli seigneur l'archevesque de Rouen ) do M. baac Papillaui, prêtre, cbanoioe, grand pénitencier de l'église de Roucd ) de M. Pierre- Louis Lefebvre de I.a Roche, prêlre, curé de Grémonvillei de M. Pierre - Lou la Poulet, prélre, supérieur du séminaire archiépiscopal de Rouen, et Btttres curés et prêtres, ainsi que plusieurs trésoriers et grand nombre (l'habitants de ladite paroisse.

■ Pour bien entendre Tacle c^-dessus en l'autre part transcrit, il est à remarquer que Us' Gaspard de Tressemane de Rrunei, ancien évbjue de GlandËve, arriva à Grémonville le vendredi quatorze de novembre mil lepl cent soixante et dix-sepi, sur lu cinq heures du soir, accompagaé de M. Chenu, preslre, son aumûoler -, de messieurs Nommel et Ilnre, preslrei, du séminaire de Saint-NicolNs-duChardonnel de Paris, maîtres des cérémonies du clergé do France; et de H. Pottier, supérieur du séminaire ar^ ehléplicopal de Rouen. Uonseigncur, par suite de sa piété ordinaire, descendit à la pwte du parvis devant l'église, pour j faire sa prière el idurar le Trti-Saint'Sacremenl. U. le président d'Acqolgny fut le recevoir i la descente de son carrosse, l'accompagna Jusqu'à l'église où 11 fui reçu loules lea cloches aonnsntes, par le clergé rangé sur le perron de la grande porte. M. le curé lui présenta l'eau bénite et l'encens et le conduisit au pied de l'autelj comme c'était l'henre de la prière du soir, Hr j assista, alnil qu'A l'exhortation qui fut faite par M Pottier ; après laquelle Ui< donna la bénédiction du Saint-Sacrement, ensuite se relira au cbéleau où il fui coTuluit par le seigneur du lieu, accompagné de U. le cure et de plusieurs ecclésiastiques. Il j fut reçu au bruit d'une décharge de canons.

■ Le samedi qulnxe du mois, Hc l'évêiiue vint dire la sainte meiie sur

les huit heures du malin, consacra ensuite le principal calice de l'éfilise, acheté exprès pour la cérémonie, vérifia les reliques destinées à 6lre mises dans l'autel lors de la consécration. Ces reliques sont de saint Pierre et saint Paul, apôtres et patrons de la paroisse; de saint Maxime ou Maaie, évéquc et martyr ; de saint Vénérand, son diacre, aassi martyr, et toos deux martyrisés an village d'Acquigny, diocèse d'Rvreux, d'où M. le Président d'Acquigny, seigneur et patron de Grémonville» les avail apponéaa munies du sceau de Ms' t'évéque d'Evreux, et de son authentique duement en Torme; plus de saint^Théodore, martyr, dont le corps est aoos l'autel et qui a été donné à mondit seigneur et président d'Acquigoy, par notre Saint -Père le pape Pie VI, et enfin des parcelles des reliques de saint Charles Borromée, de saint Louis, roy de France» et de saint Louis de Gonzague. Mv Tévesque enferma toutes ces reliques dans ane botte d'ivoire artistement travaillée, qu'il lia d'un ruban de soie cramoisie et la scella de son sceau, il la déposa ensuite dans un vase de fiorphirc placé sur une table au milieu du chœur pour y être eiposée à la vénération publique.

Le samedi, à midi, la fétc du Saint-Sacrement fut annoncée par une dé* charge de canon, et par le son et le carillon de toutes tes cloches pendant environ une heure. On mit un drapeau au clocher qui y est resté toute rOciavc. Le même jour, à quatre heures du soir, on chanta les premières vêpres de la Dédicace sous le rit solennel ; M. Tabbé Terripse, doyen de réf;lise métropolitaine de Rouen, abbé de Saint-Victor-en-Gaux et l'ancien (le MM. les prrands vicaires oilîciant. Après compiles il y eut salut solennel du Très-Saint-Sacrement auquel Mgr l'évesque officia in pontiÛcalibus. Au moment de la bénédiction du Saint-Sacrement on tira le canon.

Le salut fini, Me^ Tévesque, précédé de tout le clergé, fit porter solennellement en procession les saintes reliques, par deux prestres en chapes rouges sous le dais et avec encensement au reposotr qui leur était préparé dans le cimetière C'était dans la salle d'école des garçons. Le seigneur du lieu avec sa Famille suivit la procession, ainsi que tout le peuple qui était h l'église. Le canon tira encore pendant cette procession. Les reliques étant posées sur l'autel du reposoir furent encensées par Ms** l'évesque, tandis que l'on chantait les antiennes et répons convenables. Le clergé étant retiré, les saintes reliques ont été continuellement gardées par un ecclésiastique en surplis et par le peuple de la paroisse qui s'est succédé et relevé continuellement depuis six heures du soir jusqu'au lendemain neuf heures du matin que les saintes reliques ont été rapportées à l'église par deux prêtres en chapes rouges, sous le dais, avec encensement, pour être placées dans la table d'autel, de sorte que toute la nuit i! y a eu du monde en grande quantité à prier devant les saintes reliques. Le samedi, «ix heures et demie du soir, on a chanté matines et laudes de la Dédicace. M. l'abbé Papillault, chanoine et pénitencier de Rouen, a officié.

» Le dimanche 10 novembre, avant cinq heures du matin, on sonna I Ansélus et l'on fit une décharge de canons. Alors on dit des basses messes aux trois autels de Téslisc, oontinuollemeni jusqu'à six heures et demie que

des confessionnaux de chtVneel deux autels en boîs purÊijtement semblables. Ces autels sont du plus mauvais style qui ait tait invasion dans nos églises, c'est le style de TEmpire par anticipation. Au milieu, à la place du tabernacle, est un reliquaire de bois doré, renfermant: celui du sud, les reliques des saints Aurèle, Déodore et Prosper, martyrs ; celui du nord, celles de saint Boniface'et des saintes Fortunée et Justine, tous martyrs.

Sur ce dernier autel on a placé un Girist en ivoire, attaché sur une croix d'ébëne. C'est un morcitau d'une grande valeur. Les yeux du Sauveur me paraissent bien tournés, et cependant je n'aime pas la tête. Généralement il ne pèche pas par la maigreur.

Nous voici arrivés à la partie capitale de l'église, nous voulons parler du chœur où nous ne pénétrerons pas sans avoir salué les images des saints patrons Pierre et Paul, qui en gardent l'entrée. Ces statues, posées sur des socles bien travaillés, doivent ôtre l'œuvre de JadouUe ou de Michel-Ange Stoldz. Elles sont bonnes pour cette époque classique, plus grecque que chrétienne, et nous regrettons que l'on ait si mal réparé leurs mains cassées à la Révolution.

La forme de ce chœur est circulaire, et l'on peut facilement y reconnaître l'intention du pieux fondateur de ressusciter l'ancienne forme liturgique, forme encore générale en Italie, et qui pour cela est appelée Romaine, Umdis qu'elle serait mieux nommée Catholique, parce qu'autrefois elle était universelle. Elle subsiste encore dans tout le midi de la Finance et dans un grand nombre de cathédrales des bords de la Loire. Le Nord paratt avoir déserté assez généralement cette disposition primitive, qui nous vient de la basilique romaine, et dans le diocèse de Rouen il n'y a plus (lue Grémonville et Montivilliers qui aient gardé cette coutume antique et vénérable. Toutefois les absides circulaires, si fréquents dans nos églises du xi^ et du xii*" siècle, attestent que cet usage était commun dans le pays que nous habitons. Cependant il n'y avait rien d'absolu à cet égard, surtout dans les campagues; les autels de pierre des xii*", xiii® et xiv« siècles, parfois accolés contre le mur du chevet, trahissent au moins de nombreuses exceptions. Nais dans la campagne cela se conçoit. Le clergé au xiii'sièch» ne s'y composait guères que d'un ou d(î deux prêtres:

— IJÛSmiiiiic de la l'ontMraiion, l'e encore Tait i la grtnde meue et a porlt I Mioi) ranloral en rhipc.

u Le mtme }our dimanche, i quatre heures, on ■ cbauté noue, enroil vespres, BUiquclles îif l'évesque constcraleur a afflciéponliiicalcmpnlaitB qq'au ealat. On avoii diipoaé dans le fond du chccnr un ihroaiie pour Ml l'évesque, Il était lurinontË d'on baldaquin de veloort crarootiî, garni i galons et frange) d'or el doublé de lalln cramoisi. Ce Ihroine étoit placAi ta stalle du milieu, au rond point du vhieur. Le prie-Dieu de la stalle £ta| couvert d'un lapU de velours cramoisi, galonné d'or el entouré d'na ttanfe d'or, el en ouire dcuK earreaoi de velours cramoisi avec dei gland en or aux quatre coins. Ce ihroaoe s resté dreisé dons le fond du cban pendant tout le séjour de Me révesque A Grémonvllle. Le Dietme loor d^ dimanehe, aprfcs compiles, il t a en un salut (rès-solennel avec proeeuiM du Trës-Sainl-Sacrement, autour do l'égliie on dedans, auquel aalul Mil l'évesque a oCBirlt, le seigneur du lieu, fondateur, avec toute la flmtllfi, hommes et femmes, ont suivi le Saint-Sacrement avec un cierge â la nialB« Lors de la bénédiction du Saint- Sacrement on a tiré le ca la cérémonie par le Te Deum qu'on a cbanié (louiee les cloches son naotMJ en actions de grices.

■■ On ne peut asseï eiprimer avec quelle dijiniié, quelle majesté, a hlle cette grande cérémonie de la consécration do l'églisB de Gfémonvitl^ lanl lie la part du digne et saint étesque de Glandève. conBéDra(ear,qne W \» part de MM. les vicaires généraux, chanoines, directeurs et supériei des séminaires do Rouen ot de Paris, el autre clergé distingué par ■ wrlus qui T a assiste.

• Pendant les trois semaines qui ont précédé la consécration de ladiu' église, on a fait tons les soirs, à la lin du jour, la pn>re publique à l'égllM^ m M. le curé du Heu a etpliqué chaque jour, en détail, touiai le« céré< moHies de la consécration de l'église, et ■ la lin on a donné la bénédlctloi du Salnl-Saerement avec le Saint-Ciboiro, par la peruilulon de HU. IM grands vicaires. Il est à obterier que In jnurde 1* «nsécratlon, nonobaUnt la saison déji avancée et souvent irËs-pluvIeusc, Il Ht le plus beau ii possible : un air serein, un Irés-bean soleil et point du tout de froid. Vom avait fait des neuvalnes, tant A Grémonvltte, A l'honneur et invocation da Il Trés-Sainte-Vierge, qu'A Aequign^, en l'honneur et Invocalioo ( saints martyrs dudii lieu, pour obtenir de Dieu un temps beau el [Ai table ce jour-U pour la consécration, et le Toul-Puissanl a daigné eiaoi les prières de ceui el celles qoi se sont adressés ï lui avec confiance.

u Le lundi dlt-sapl novembre mil sept cent soliaate et dii-sepl,Ht* l'aDcien évesque de Glandève s'est rendu i l'église sur les sept heure* d matin cl a dit sa messe au grand autel, consacré à sept heures el demi précises, à laquelle il a donné la sainte Communion, tant k ceux qui ■voient dévotion d'y communier, qu'à ceui qu'il allait confirmer et qol avoient les années précédentes fait leur premij^re communion. A nmt heures la paroisse d'Yvccrtque est arrivée procession nellement en celle àt Grémonvillc, pour i conduire ceux des paroissiens de ladite j

d'VvccrIquf qui Moiciit à confirmer. Hs' TMenque t'est cniul te reodu i l'églUe de Grémanville, Il ; a BdoiiDlstré la iscrtnisal de U ConArmalùin i quatorze perwiinei dci paroisseï de Gr^monTlIle et d'Vvecrlque.

xL'apr^s-Dildi, Hr l'évCEque a eu lu cbarilé d'aller au hameau du Buls-Tlllan, de ladite paroiue de Grâinoniitle, adminiitrer le lacremeDl lie la Conlirniailon i an paurre malade coucbé dam un Tour, qni avait refu le «aini Viatique peu de Jours auparavant- La charité du seigneur évcique dan* cette acllon a ravi l'admirBlfnn et l'édification de tonte la paroisse. Ensuite le saint prélat fut visiler le eolléee, sis au chiteau dudil hameau du fiul«-TilIsn où II Tut re{u au son de la etnchc du la chapelle et aui acclamalian* réiltréfs des toolicri, dont l'un d'enir'eui eut l'hoD- Dcur de le haranguer en latin.

■ Le lendrcdy dii-buit novembre, sur les huit heures du matiu, Uc l'évesque a dit la messe au grand autel conMcrf, et C9t parti sur les midj- avec MU. les presire» avec lesquels il était vcnn. En partant il est retourné à l'ét^IlM faire la prière ri adorer le Trtg-Saint-Saerement, aeeom< pagné du seigneur du Heu, de SI. le curé, qui eniulle l'ont conduit Jusqu't MU carove qui l'attendait t la porte du parvis. iTouiea les cloche* ont ■onné en volée quand Mt' a entré dans l'égliic. •

Maintenant que l'êflitice est terminé et que nous avons tini avec l'histoire et les constructions, décrivons l'église que nous a léguée le vertueux baron d'Acquigny, et montrons-là telle ([u'elle est arrivée j usqu'fi nous.

Aujourd'liui, comme au siècle dernier, elle est encore entouréti de murs en brique et d'un cimetière gazonné, que serrent un peu trop le presbytère et le château- Il lui manque peut-iStre un peu de vordure. Elle présente À l'ouest son cIoch<:r-portail surmonté rl'une flèche gracieuse, entourée de quatre clochetons d'ardoise. A l'angle est la tourelle de l'escalier qui conduit It la cloche, seule survivante des trots filles nobles et purlemeiilaires. Le corps-carré, en briques rouges, a prêté sa rose pour placer l'horloge de Sausseuse qui marqua si long-temps la prière des moines. Cflle-cî au moins ii'apns trop changé de destination, elle marque encore la prière du laboureur.

Le fronton en pierre, décoré selon l'usage des armes du seigneur-patron, montre de plus une sculpture représentant la Péçhe miraculeims, symbole touchant de la moisson de l'Ëglisi; chrétieone, qui traverse les âges en recueillant les Ames.

Le reste de l'église est construit en brique rouge, selon l'nsage de ce temps-là. I.,es bras de croix sont peu prononcés, comme il Bolbec et A Yvetoi, et le ohwur se termine d'une

— :)I18 — nll■ri^fl¥^ finlln-romiiins iIh |mysile Oawx. Pi-ès do poHf r ifalement prprirnse ])iiÛ()ii'pI1)< tait iipprêfiin- l'antre, on' CPS tnotit • « *lrunr snnrti Tlipodori, marlyris. " Du jour où, iju'ii Ui(!U t\e plaJKo, l'iiiipiété triomphante j<?Uernit aux ve la pendFc vénérée des martys, pile cte\Tait i-espccler ce l^n tk's anciens jours Pt le|iUcfirdans un musée, car ce vusep s«ite le double wttàM de la religion et de l'histoire. IVhipiIO rvv8see$[uncautheiiln<fucplus forte quel» lettre de l^e Vl,1 qui lui pr^le la voix des catacombes. C'est un sceau que p sonne ne saurait contrefeire,

Outre le corps de saint Théodore, cet autel renforme i core une foule (Vsotres restes sacrés. Dans la pierre bénit sur Infiuelle on célèbre, réfiSi|ue de Glandèvos a eiitbrniA , - Hi novembre 4777, des reliiiues de saint l.,ouis de Gonzsgu* des patrons saint Pierre et saint Paul (pii y sont encore. Ds le {i;radin en bois, qui supporte les sii chandeliers, il y k toi un trésor : cesoni des restes de saint FranC'Ois de Sales, i saint Maxime ou saint Hauxe et de saint Vénéraad, de sflùl Prancvoise de Chanial, de la Colonne de la flafellRtidn et é Inn^^ de Notre-Seigneur, etc. On compte dans cette ttfçll vingt et une reliques, dont plusiein-s .'«ml doubles. Les autti tiques se conservent soil dans les chftsS)>g, soit ann areliilii de l'église. lé

Malheureusement on ne retrouve plus In prédeuse reliai du lUatiimn de tn Sainte-Vierift!. que M. d'Aequîgny Hvsit êî fermée dans une statuette deU Sainte-Viet^e, en ar^ol mastl que l'on portait ans processions, ha richesse du rcliquaireaul ^té funeste k la rehque. I^s révolkitions, qui i^par)<nent ' bois et le marbre, ne font point grilc« k l'or, ii l'arfeni, uî aux pien-eries. La pauvreté chrétienne protège les sainU jusqu'ap^^B leur mort.

Piiis(|ue nous avons nommé les archives de GrémonTillc, à Bons tout de suite tout ce qui les concerne. Poui' le qiiart-d'ti» elles sont un peu dispersées. Il y en a nu chAteiiu et au prfl bytére. Partout elles sont bien gardées et bien apjirteîA Mais elles seraient plus ré^^iliêrement placées danstachn du trésor, que M. d'Acquigny a fait élever au-dessus ite laa nristie Nous avons tii'é du registre du chfllenu lonies le*!» HttW in itxtetuo dans cet article. Au presbyli-re sont deux «

libérations; dlam de iew'h'W

1675 » (73â ; jiiiis uni! Vutssa du leltrcs curieuses au |)uiiit de vue de lu liturgie et de l'histoire lucale, étoaittïcs do MM. PupiliauU et Terrisse, et de M^' de Reaumoiit, ai'chevéque de Paris. C'est là aussi que nous vivons vu un rescrit de Clémeut XtTI, établissant les Quaraiile-Heurcs fi Grëmonvllle, approuvé le SI janvier 1772, pnr l'archevêque de Rouen et plusieurH brefs de Pie VI, dout l'un du 27 février 1779, accordt^ des indulgences k la confrérie de Noire- Dame- Aux iliatrico, érigée dans ia nouvelle église i.

Malheureusement toutes les archives ne sont pas Ik. Enlevées et dispersées k la Révolution, une partie fui portée au district deCaudebcc etdelh à Rouen, au dépôt départemental. Là se trouve une liasse énorme, contenant tous les titres de rentes du trésor, les contrats, les reçus, les procès, les aveux, les comptes, les mémoires et le.s délibérations. Nous y avons remartiué les statuts de la Charité, approuvés en 1613, par André Cuyon, vic.-gén. du cardinal François de Joyeuse.

Nous faisons des vœux pour que toutes ces pièces soient un jour réunies au cliartHcr du trésor et n'en soii^nt plussi^parées. Hais il est une chose que nous y avons vue et que nous désirerions en voir sortir, c'est une inscription sur marbre, consacrée au plus pieux des Bretel de Grémonville, et qui vient de l'ancienne é^^lise démolie en 1774. Elle est maintenant en morceaux. En attendant qu'elle soit réparée, donnons le texte cte l'inscription tel que nous l'avons lu sur la pierre et dans le Moriri nurmantl, de l'abbé tiuiot.

■ D. 0. H. et mctnoria lllusiriSBiml et rcvcrâiidistimi Eecleti» prineipti D. D. LuduvicI de Brctel, .\quc-Si3iliansi8 archicpiivopi, ci Laitovici Brelel de GreraoDVillB et Franci«c4 Leroui ilo BourgUieruuMe, Rolhoniagl n*l), qui In «uprenil Nnnnnnis curiâ [patro pnnside inrul,) uonBlliarluR, 1.11 . de Alnclo, dein Sanctl-Victorls apiid CAletos abbaii CDiDiUL-ndalorlas, Leti}Tien><«, liim RothoinogeDsis canonlcna et decana; Aqui-Spi- ■Gcepil (donanic Lud'ivIcoXIII", Fraocorum rcge) sndeni anao 1030, (*erè coneocranle Fr, Hatleo 1», Rotbom. arcliiep.) anno 1831: Ince reliquii intrà Pasvalio, aima I04t (ad otcrnim glorin stolsm ' Le mrd de GrémonviJIe éiaii alors M. Lefebvrc de La Roche \ noa» te- '*>■ curieut de savoir si c'est lui ou un de ses Tr^res que, dans son article J nr CaoT.IH. Guilmelii désigne sous le nom do Louis Lefebvra de La EluGhe, [ P**'*«, iraduciear et éditeur, mort à Pari», en 1806. Selun l'écrivain luoderac ■il aaieur d'un petit ouvraife Intitulé : Confrairit o» SoeiiU de ii/otret-Àuxiliainix, éngèe au fiayê de Caux |in-l6, tT7S). Deserfyl. dn , t. Il, p 330,

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tacaiite rrge ccguiii m ]jastaruni (irincipp) ■■■ A {lueru in viriutibut < KrD^isqUf farm.-i tae.'m, non tnmùm In conilii» cicri galltcanl geaeralil itnno 10311, pihîMli tainlnlii 11 Mgaclislo scil ei noius in p*uperci aniB vfi^psternl, In coUtGânilMcsnobilnrum fnmiliss bcncTolenlil non tirrilt^ in reducendln id oviJe ilotuinicum crrsntlIjUB alacti sollÏFUaJine prBMrtiBifl îonoiutl. Jurium lanieo secliE et (ligniiaiLs sua icoai, illa«d scnipcr cari-'r 1*10 i coiitaccrdotcii variai inter ilisiidioruin nubecalas usque illligen» lem- 1 ItLT et ei|ieria9 rcdamaniM, ml magnum et cicro el populo Tccli desid»- , rlum ; parenlibui optinil» hic adjungl il non Hcuit cillncto qui lameD hi aai llllaomiiibu» cl BlngnlIiadaDetur. SIt In [inco locus ejus. n . C'oBt sans doute h la piéti^ dos anciens soigneurs de Grémonville que l'on devait l'exietence, sur cette paroisse, du prieuré de Saint-Blaise-de-Luy, qui dépendait do l'abbaye de Tiron. La chapelle el le terrain furent vendus au district de Cuudebec, te 4 mars 1 791. C"est|dcveiiu aujourd'hui une muisun particulière, au hameau du Gai, sur le bord de lu route départcroenlale i(ui conduit II DoudevJlle et il Saint-Vnlory.

Finissons en disant que Grémouviilo posscdiiit 90 puroissiei sous saint Louis, 80 faux sous Louis \V et iju'^ prrseiit c'a une succursale de liSO habitants.

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