CANTON D'YVETOT
Yvetot tout est neuf, sauf le nom et la terre, cnr ici pas une pierre ne compte un si6clc. Le nom , (l'origine germanique ou Scandinave, indii|ue l'ancienne habitation d'un seigneur saxon ou normand '. Quant k la terre, on en connaît les seigneui's des le II' siècle. Leurs noms fi^jurenl sur les listes de ces Iiéros normands qui conquirent l'Angleterre et l'Orient. Plus tard nous les retrouvons, çti et lil, dans les chartes de Fonlenelle et des autres monastères. Vers H63, Gautier d'Yvetot, d'accord avec son fils Richard , donna à Saint-Wandrille les deux tiers de la dtme d'Yvetot. En 1203, Richard d'Yvetot traite avec l'abbé de Saint-Wandrille des intérêts de son francfief d'Yvetot, * de libero feodo suo de Yvetot, » En 1220, Gautier d'Yvetot, son (ils ( Walterus de Yvetot) , signe une charte comme témoin. Enfin en 1287, Jean d'Y'vetot, chevalier (miles), accorde aux moines do Fontenelle un escraqsement de terre pour y asseoir leur grange, s D'autres chartes nous font connaître qu'en 1298, < l'hoir d'Yvetot» était mineur et en curatelle.
Jusqu'ici il est évident que les seigneurs d'Yvetot étaient de nples chevaliers, comme ils s'appellent eux-mâmes, possétm lief libre, c'est-^-dire plus ou moins affranchi de ces
' V»etol, n
it taii Ivelol. signifie liltéraltnient Ir
n rfTiiM
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Jes huit heuri!s iu iiiailri. ™ni»if« ciisuiic le prinii|iHl Balice tlo t'M êcimt ripr^ pour lu ci'rénionip, '^rlHa le> reliques ilusiinf ilnni l'aiiiel lurt lie la cuniftiraiiou. Cpa relique* «mt de tajnt fier sniiil rniil. apBiruB el |iBlrunsi)p U farnitse; rie KSini Mailme ou Miq évoque Pi m«ri)'r ; île saint Vonôrnnd, ton diicre, iUMi nian<rri ' ■leut nianyris^s un tillaee il'Acquian), diocèse >l'Rvreii«. ifoiï H- t» I ■ideiit il'Acqnigiif, seigneur et peiron de GrdmonTille. lei ivail ■ munies tlu leeaa de Mb' l'i^vequc il'Evreui. et de sun aalbenUqM é menl en rarme; pim de saint -TLéortore, murlir, doni le corps a l'aiilel et qui a èlé donné h mondit seigneur el pré«lilent it'AtqtUj par notre Sninl-Pèrc le pape Pie VI, cl enDn îles pnrrelles des nlifi do Baini Charles Borrom^e, de «aini I^ai«, roy de France, et de « Liiui« de GoTiHKue. Ht' l'évesque enferma totilea cet reliquei dan* I boite d'ivoire irtiiiemcnt iravalllfe. qn'll lia d'un ralnn de «oie « maisk et In «cella de son tceau. il U dipo^a etitnlte dint no vas« i pbire placé sur duc table au inllieo du ihceur pour j iue eipoiti vénération publique.
Le samedi, â midi, lu Kic lin Suint-Sacrement fui nnnoncAe par n rharge de canon, et pif le son el le carillon de tonies les clocbn j entimn une heure. On mil un rirHpean nu elorlier qui y cM rtMt t l'Ociavc Le mémt ]«ur, i quatre tieure* du soir ï*pres de la Oédicaec sons le ril solennel ; M. l'abbé Torrirac, day««i ib IfeliMmélropulitalneile Rouen, abbt^ de Saînl-Viclur-en-Caui M l'ancien de MU lesfirandt vlraires oFItclant. Aprt« complies il y «ul Mlut a>lennel du Trèi-Sainl-Sacrement auquel Mp l'jvesque ufflcia tn ponliUcalibus. Au moment de In bénédiction du SaiDl-Sitrremcnt on lira le ctoon.
Le saltrt Uni. Mt' l'éiesque, précédé de tout le clergé, fit porter MienncHcraent en procetsion les saintes reliques, pardeui prcsires en etiipa roiigoi mnê le daia et avec encenBcmeni au reposotr qui leur était prépin* dans te oitnellbre Cfitnil dant h «aile d'école dct garçon». Le scienenr du lieu avec «s rsmîlle «nivll la proco(»lon. ainsi que tout le ppople qai était i l'église. Le canon tira encorii [lendanl celte procession. Lei reliqoti étant posées sur l'autel du re])osoir rurenl encensée* par Up l'éTesqur, tanilis que l'on chaolall le« aniJenniM el répons convenables. Le clan» étant retiré, lu salntea reliques ont tte conilnuellement gardéci par an cecléiiailjquo eo turpKs et par le peuple de la paroisse qui «'est surckfe el relevé oonilnitellement depuis six henres du soir )usqu'aii Icndemiia neuf benres du nsatin que lei saintes reliques oni été rapportées a l'étii" par doni prêtres en chapes rouRes, mids le dais, avec cnrcnsemeni, pour élrc placées dans 1» table d'aniel, de sorte que luoie la nuK I! y * sa éa monde en grande qunnlUé 1 prier devant lf« saintes reliques. Le «anirdi, <k henres et demie du toir, nu a chanté maiinea et laudes de la Déillcaïc M l'abbé Papillault. clisnolne cl pénitencier de Rouen, a DlQdé.
>• Le dimanchv 16 novembre, ainni ninq heures du malin, an I .iiiRélut el l'on fll une décharné de canon> Alors un dit des h*mt* aai trois autels de l'éftlise, eontiauellemeni fU!<qti'*«it bcuresn A
I «taoïi Domlirr il
Il lu iterniiirvs iiicms).. K vini) liurcc lie \» DSilirnci;. Me' l'L-riisquv ilil >a bcaru ptictses. et f iIoDna l« sainin curtitm pariHssiei».
■ Un pca amnl npr heure», M. le cur^ relira ie T.-S.-Sotrumujt ihi uiMriuck cl la parla louï le data, ncGoopiigaéd'acoIxlhe!' ci de thuriféraires qat «nccDsaienl raminiiEltetnrnt, il le renrerma ilani le MbeiDRcI» ilo l'anteJ da reiiosoir, itreuË daiis l'éuiln des garçons. A celte heure tout le titrgi fui au clijtuau chemher lU' l'f^veique ei l'amena priiceaslunncllanicat à l'i^lÎM som le <lai>, cliuntnnt le étatique Ilctwdiciat. Laule^ les doehc* toniianles et le cnnan se taisant enleiidrc. M. le présldonl d'Ai^ipinni Boirait la pnicessioD. A 7 heures et demie précises on cominung« lii c^éromie de la ciiiiiéflrntivn par In réciMtioo des sept Psaumes ds la l'ÉiiltCDce, dans le repnsnir nù âlaicnl les saintes reliques. La cérémonie s'est continuée ensuite mnrormâmeiit au poatillcal romain, Après que JUc eut la *a peuple, t la poric de l'église, l'oUacallon marquée dans le pnnlilical au BDJel de la fondalion L't dolalion des «kHscs, el que H. l'abliù Bordier, •rcUdiacre, eut lu teï deui déctels du Concile de Tronic, relatifs eut Jl- Uics, et que Us' eut dit a H. le prbidenl d'Acquigny, sctgueor el fondalear, ces mots : " Scias, charissiine frater, etc., h marqué au putiiilical. I«dil Mlgaeur hindateor deboui et déeoatert tiam sur la troisième niarrhe du perron de le principale porte de l'tstise, <lovant le prélat couvert de sn mitre et assit dans on fauteail , sur le plonuffi dudit perron, lui a rtpundu : - Revcrendissime in Chrislo Pnter,
• Ego conGrma donaiione* deciuarum i^ranorum et frurluum in loU
• parucbiâ ab anlecassuribas meis priii» facias Uuic eurlcsi». Insuper pru- » millD me sempcr et bgeredes meos factures esse sumpliis alendacnpellnni) •• iMceasarios, cnjDs ope lom ea oiaoia qua: Itandala el inetilula suiit a. w a>*loribus meîs liieiim bobeant lidellterqueserventur, lum [eeillùs,»plon- > (lidltiequeparochlaleolliclum perlîdalur, aique bic lieeat e<:clesia, presul » illmtrisaimc, tibi griium, memoremque nnimum lesUri. quippc hane ■• sKlem, riiu Mcru, lum sulemni, lam rellgioai consentaneo, ad summam ■ tandem obsolulinnem lubens el oli«u]ainsus perduieris, in bas er|;a vucus
• juvabit usque erumpcre : hi'ie Iransiit vir apostolicua iHlificando : iu
• oninibus egil episcopum, roi inrorruplA fide, jusiitiA, «enclilal«, qnendi'i B invenias parem ?
« Signt : Leroui d'Esnetal d'AcquIgn]!.
H Ce di$cour« Uni, Ui' l>V0Hiue recoraïuanda aui priËres du peupk le scignear toodateur et loule sa raraiJIc, cl conlinuB la cirémonie de la contteralion, qui a fiol ï midi pai la benCdictlon soleopelle de Mf l'ivesquc, peadu)! laquiillu le canon a lirË. Alors M. le cucÉ a été cbercber le l.-tt.- Sucraineni au rcffosoir el l'a rapparié au chœur dans le luGmo orilie qu'il l'en «rail retiré le malin. Pendant ce lemps-là le* mioUlrei s'halilllaieui puiu la Rranile messe solennelle, qui ai.cemuteactt midi précis, el a tlé i416brée par U. I abbc TercissC] de Saini-Viciur M. lablié de Buiiuiùru, jtfaeilCila calliédiulc d'Etrcui, qui »\»\\ (ail grand cbantre i la cét^i
au II on y Iraiisfëra le district tui-int^mc ijui prit un instant nom (le Caudebec-Yvetol . Apri;s le 18 Urmnnire, iurs de création des sou*-préfectures, Yvetol devint un elief-lieu d' rondissement, formé avec les débris des anciens dîslrîcts Oany et deCaudebec. Cet arrondissement compte aujourd'bl 10 cantons et 169 communes.
Au point de vue ecclésiastique, Yvetol fui élevé, dès 1804, au rang de cure de première classe, avec une population de 9,500 habitants '. En 1833, lorstpie M»' le prince de Croy songeait k ressusciter dans son diooëse les anciens titres ecclésiastiques, il créa d'abord cinq arcliidiaconés, avec les titres et circonscriptions des arrondissements, Cette disposition promulguée par une circulaire du 29 juin 1833, conférait le litre d'archidiacre d'ïvetot h M. l'abbé Libert, vicaire-général. M. l'abbé Surgis en est aujourd'hui lilulaire. L'arcliidiaconé d'Yvetot est composé il'une grande partie de l'arcbidînconé du Petit-Caui, (doyennés de Canville, Brachy et Basqueville , d'une portion du Crand-Archidiacoiié, (doyennés de PaviUyel de Saint-Georges et de Pont-Audemer) ; et de deux portions notables de ceux du Grand-Caux, (doyennés de Fauvîlle et ilc Valmont:. Il renferme 171 églises, dont i sont cures de première classe el 8 de seconde, 117 sont succursales, 8 cbapell vicariales, 13 chapelles communales et 23 aunesi^s. I^ po] lation totale est de 141,606 habitants.
Les doyennés déjà rétablis dans la pensée du prince de ne furent officiellement connus que le 2 février 1837. Yvetol, devenu chef-lieu de doyenné, a pour titulaire M. l'abbé Bubéc, curé de la ville depuis vingt ans. Le doyenné a l'ett'udue do canton, plus la paroisse de Uaulot-le-Vatois, qui relève du canton de Fauvtlle. Ce doyenné, peuplé de 19,299 babitanis, contient 13 églises, dont une est curiale, 9 sont surcursalis. une chapelle vicariale et 2 annexes, plus 4 chapelles consacrées au culte.
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L ÉGUSE I
LOIBSIALE DE SAItCT-PlBKKB.
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L'église paroissiale d'Yvetot est mentionnée, pour la j mièrefoîsau xiu" siècle, dans le premier pouillé du dioc* atlribué il notre grand arrhevèque Eudes Rigaud. IIuink:>\ cl modeste, elle coniplail alors HO paroissiens oii chefs ^
' Annnairf Je 1808. — VOrilo .le 1§52 lui ilaniic «,083 lnbHmtt.
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furailli' soumis u lu liouletu^ pastorale du prêtre Tlioiuas. prôsenté par le seigneur du liiîu l't reçu par le ponlifi) réformateur (lu clorgé de Normamlie. 1^ bénéfice valait alors 50 livres comme Auzebose, ClipouviUe, Yvecrique et Sainto-Marie,
Nous ignorons complètement quelle était cotte église qui a traversé les plus beaux siècles chrétiens et la période la plus menu mentale de notre histoire. Tout porte h croire qu'elle était ancienne comme la paroisse dont le vocable ap05tuli(|U(t indique les premiers Ages du Clirislianisme parmi nous. Ce qui est certain c'est que l'église actuelle occupe la pince de la précédente, à tel point que le cAté nord s'est élevé sur les fondations primitives.
Au milieu du dernier sièclu, Yvetut qui avait vu ses 80 feux grandir Jusqu'il 500 ■, et qui sentait chaque jour croître lichiffre de ses habitants, éprouva le besoin d'agrandir son église devenue trop petite pour sa pupulutioii. En 1752, M. d'Albon, prince d'Yvetot, avait eu la pensée de construire l'église dans cette rue du Calcaire, que son père avait rebâtie en entier aprfes l'incendie du 30 août 1688. Celte rue, en elfet, la plus belle d'Yvetot, était le centre du mouvement et de la vie, avant que le chemin de fer l'eut condamnée au froid de la mort et au silence du tombeau. Il faut dire aussi que cette longue et large rue, accessible k la foule tes jours de fSte. favorable au développement des processions, est échelonner (le grands jardins qui eussent fourni, pour unit égbsc, une as- «îetle pacili<|ue, favorable au recueillement et k la prière.
Hais ces idées si naturelles, ces notions si simples, ne furent pas cumpnscs des marchands et des épiciers qui composaient alors le bourg d'Yvetot. L'épicier, cette aristocratie du trottoir, voulut que l'église restât près de son magasin qu'd croyait compromis par son éloignement. Il fallut que Dieu se rappctissât aux idées mesquines des bouti(|uicrs, et que sa maison patron.1l leur petit commerce et leurs chétifs intérêts. Dans une ville ouverte comme Yvetot, où les jardins et les champs occupent la meilleure partie de la cité," où chaque particulier a sa cour et son jardin, on s'étonne que la maison de Dieu soit étouflei' par la demeure des hommes. Ici tout le monde est li son aise, wcepté Dieu, et comment ne pas s'en indigner lorsqu'on apprend par les archives que les maigres spéculalinns du passé ' JVturoeaupourtW de 173S
ont ainsi compromis l'avenir, et que les intérêts matériels ont enchaîné la religion des générations.
Le projet, conçu en 1752, reçut un commencement d'exécution dix ans après. Vers 1762 on demanda un plan et devis de la nouvelle église h M. Jean-Pierre Defrance, architecte de Rouen. Defrance était un architecte de mérite, connu par de nombreux travaux d'église. Il demeurait rue des Faulx, paroisse Sainte-Croix-Saint-Ouen. Il avait fait les plans et devis des Gloires de l'église de Saint-Vincent de Rouen, de Tabbaye de Fécamp et de Saint-Maclou de Rouen. On lui attribue également la fontaine de la Grosse-Horloge et la partie neuve de l'abbaye de Saint-Ouen qui sert aujourd'hui d'hôtel-de-ville. Son nom * revient à chaque page dans les archives de Saint- Vincent, de Saint-Godard, de Saint-Vivien et de Sainte-Croix de Rouen; il semble qu'il ait travaillé pour toutes les églises de la métropole.
Les plans qu'il donna pour la nouvelle église d'Yvetot nous paraissent égarés et perdus pour toujours. Seulement il nous reste un exemplaire du devis imprimé à Rouen, en 1764, chez Joseph Leboulanger : en voici le titre : « Devis des ouvrages de maçonnerie, chapenterie, couvertures en ardoise et tuile, plomberie, vitrerie, serrurerie, menuiserie et peinture d'impression qu'il convient de faire pour la construction de l'église paroissiale d'Yvetot, en conformité des plans, coupe et élévation qui en ont été dressés par le sieur Defrance, architecte, dont ledit architecte, chargé de la conduite, donnera tous les profils en grand ainsi que tous les développements à ce nécessaires. »
Ce devis portait tout d'abord « qu'il serait premièrement fait la démolition générale de l'église, en ce compris le portail, la nef, le chœur, le corps-carré du clocher et de ses voûtes, en conservant néanmoins les fondations collatérales de l'église actuelle du côté nord, comme aussi de conserver et descendre les cloches, le beffroi et la flèche, et toute la charpenterie de l'ancienne église , celle du chœur, ladite flèche et beffroi, le tout pour être démonté avec soin et mis en lieu de sûreté avant d'être replacé dans le nouveau clocher. »
Pour les fondations, les murs et les piliers, on devait faire des tranchées de six pieds de profondeur. Si dans la fouille on rencontrait des corps nouvellement inhumés, l'entrepreneur
i-'tait k'iiii rti! riilkiri! une uiiuvclli! t'usso ut d'y iléposor le. corps pendant la nuit. On devait i;n user de mCmt> envers les ossements afin d'éviter la clameur publique. Le rond-point devait s'étendre dans 1» cour de M. d'Aibon, prince d'Yvelot, et on se réservait autour de lui un espace de 8 îi 9 pieds pour faire procession et bénédiction. Ce terrain était dû h toutes les églisiis de France, d'après le pontifical romain. M. d'Aibon se céservatt une porte latérale pour l'usage de sa maison.
L'entrepreneur devait conserver « au portail des bossages ^r piorre pour y faire les armoiries ou tonte autre chose sembliible; de même que pour deux génies d'anges au-dessus de l'archivolte du portique, groupés sur des nuages et tenant en leurs bras un palmier et un rouleau où seront gravés ces mots: « Stuttu ui palma florebit. »
Le devis de M. Defranre, en 26 pages in-4", subit toutes les épreuv«s voulues par les usages et les lois du temps : ayaot été pleinement agréé par le seigneur-patron , le clergé et les paroissiens réunis en assemblée générale, le 17 juin 176i, et homologué au Parlement le 30 juin 176IS, il fiit soumissionné à Rouen, le 12 décembre 1766, en présence de l'intendant de la province. L'adjudication en fut passée au profil de MM. Dumont'et Brocqueville, entrepreneurs, pour une somme de 112,000 livres. La communauté se chargea des honoraires de l'architecte, qui s'élevèrent fi 5,000 livres. Afin de l'aider dans la direction des travaux, elle nomma douze commissaires chargés de la suneillance locale. Les fonds nécessairtis à l'opération devaient être faits de la manière suivante: un arrêt du conseil d"Etat, du 27 janvier 1767, autorisait pour six ans one somme de 10,000 livres, ft prélever chaque »nnée sur toutes les propriétés du bourg, et un impôt de 5,500 livres à répartir, au marc la livre, sur la capitation des labitants, pendant ce miime laps de temps. Toutes ces sommes rtunies devaient former un capital de 93,000 livres, mais winmi' il se trouvait 3,000 livres de mauvais derniers, il ne [esta liquide que 90,000 liv. A cette somme le roi Louis XVI *jouiait un don gratuit de 8,000 livres, et le trésor offrait, sur s iH»argnes, 14,000 livres, ce qui formait exactement les l'îiOOO livres demandées. Mais malheureusement des liépen- *«impréïues de 12,600 livres vinrent tléranger les calculs de rw^itecte et dos atlministrateurs.
L'église, livrée au culte en 1771, était loin d'être soldée en 1772. La dépense totale s'était élevée h 127,360 livres, sur lesquelles on ne put acquitter que 1 1 0,01 3 livres. Les 1 7,347 livres restant furent un grand embarras pour la fabrique. Afin de couvrir cette dépense inattendue, et pour satisfaire aux exigences d'entrepreneurs affamés d'argent, on tint plusieurs assemblées, de 1770 à 1774. Plus on délibérait, moins on s'entendait. En 1770, la séance fut troublée par des moyens violents, et en 1772, malgré la présence de M. d'Albon, prince d'Yvetot, l'assemblée fut romptie par des voies de fait, disent les archives. M. Grégoire, curé de la paroisse, homme violent et emporté, montrait dans ces circonstances la plus mauvaise grâce du monde. Des ruptures eurent lieu entre lui et les trésoriers , après des séances orageuses. Grâce à Téuergie de MM. Niel et Neveu, trésoriers, qui supportèrent tout le fardeau de la construction nouvelle, on se décida à contracter un emprunt de 20,000 livres. Tout d'abord il ne manqua que des prêteurs, mais enfin quelques personnes se dévouèrent et l'emprunt fut complètement réalisé en 1774. En 1790 la fabrique n'était pas libérée, elle payait encore une forte rente, et il est à craindre que la Révolution n'ait soldé brusquement les créanciers de la pauvre église.
Une chose pénible à dire, parce que je la crois applicable à presque toutes les églises neuves de notre temps, c'est que l'église d'Yvetot n'était ni solide ni bâtie avec de bons matériaux. Dès 1774 le vaisseau neuf était gêné et avait besoin de réparation, disent les registres. Hélas ! cette nécessité se reproduisit souvent, avant comme depuis la Révolution. Elevées à bon marché et pour ainsi dire par enchantement, les églises de nos jours ont une durée proportionnée h ce qu'elles ont coûté de temps et de peine. Nos pères, au contraire, bâtissaient éternellement des œuvres éternelles.
Maintenant que l'église est terminée, bénite et payée, donnons-en la description.
Elle est entièrement construite avec de la brique rouge, ce qui lui donne un aspect lourd et prosaïque. Fille de l'architecture grecque, ses pilastres sont doriques et ioniques, selon les règles classiques. Un grand embarras pour cette architecture païenne, ce fut de placer la croix et le clocher, choses inconnues aux idolâtres. Le clocher, elle le relégua constam-
miriil au porUiil, lu croiic «Ile la retidit imperceptible et insuitiissable. Le peu de pierre ipii s'est glissé dans l'appareil est au liurtail, dont les pilastres n'ont jamais été sculptés et probablement ne le seront jamais. Au-dessus de la porte principale on avait gravé, sur la pierre, les armes du seigneur-patron, un Jébovah entouré de nuages et des anges tenant d'une main des palmes et de l'autre un rouleau avec ces paroles appliquées à l'âme iîdële : « Juslus ut palma llorebil. » La Révolution qui poursuivait les grands et les saints, a elfacé les armes et les anges, et n'a laissé subsister que cette inscription, gravée au fronton du temple, par la ville féodale : « Deo viventi Caraillus III. » Encore les réformateurs, dans leur amour pour l'égalité, avait-il fait disparaître le nom de M. d'AIbon, dont la modestie aurait bien dû être blessée par une inscription semblable. Pour la postérité, pour l'étranger qui passe, il semblerait que M. Camille d'AIbon serait le seul donateur et fondateur de l'église d'ïvetot, tandis que nous avons vu que tous y avaient contribué selon leun moyens.
A coup sl!u- jamais la Grëce païenne n'aurait consenti à la pose d'une semblable inscription, honorable k un citoyen, mais injurieuse Ji la communauté. On connaît l'héroïque refus que lit la ville d'Ephèse de laisser bfltir son temple de Diane par un particulier qui ne demandait que la permission d'inscrire sou nom au front de cette merveille de l'ancien monde.
Pour ne pas torturer plus long-temps cotte pauvre église, honteuse de poser devant un siècle redevenu chrétien, au moins dans son architecture, disons que les arcades sont des cintres applatis et surbaissés ; que les piliers sont carrés, sans grdce comme sans ornement ; que les pilastres du second ordre sont courts et écrasés ; que le plafond, qui étouJl'e l'église, est d'une platitude désespérante. La seule chose qui nous ait intéressé îi ces murs, c'est, dans la rhapelle de la Sainte- Vierge, une peinture ii fresque, phiine de mérite et de caractère.
Cette peinture, qui recouvrait toutela chapelle, reproduisant la vie de Marie, a été tellement rongée par l'humidité, qu'on a dû en eli'acer une partie par mesure de propreté. Ce qui reste fait regretter ce qui a disparu, Sur le rétable de l'autel devait se trouver une Assomption de la Vierge Marie, dont le plafond reproduit le couronnement dans le ciel. L'auguste Trinité
siège sur un trône de nuages, entourée d'anges qui chantent et jettent des ilaïuines. Le Fils tient dans ses mains une couronne de douze étoiles, qu'il va déposer sur la tète de sa Mère. Dans le fond vaporeux et lumipeux du firmament, se tiennent à distance respectueuse, des groupes de séraphins au milieu desquels le roi David touclie sa harpe prophétique.
Ces peintures, que nous regardons comme une imitation des fresques de l'Italie, sont pleines d'inspiration et de sentiments religieux. On sent que ces flots d'éther, qui inondent la voûte, sont empruntés à des climats plus heureux que le nôtre. C'est qu'en effet cette création est due à une troupe d'Italiens ambulants, dont le chef, Benoît Pécheux, était un artiste de talent. La fabrique d'Yvetot sut parfaitement apprécier l'homme et son œuvre. Dans sa séance du 27 juin 4841, elle se détermina à voter la décoration des chapelles, surtout : < à cause de la présence d'artistes dont le talent était reconnu suffisant pour diriger ce travail au degré de perfection demandée, » Pécheux et les siens ne trompèrent pas la confiance des marguilliers. Outre la chapelle de la Sainte-Vierge, ils décorèrent encore la chapelle du Calvaire et les fonts baptismaux. Le Baptfme de N,-S, par saint Jean, peint par L. Laurenti, est un bon travail malheureusement un peu négligé et couvert de poussière. Du reste la fabrique fut si contente de toutes ces décorations, que dans la séance du 4 octobre, lorsqu'elle ordonnança le paiement de l'œuvre, « elle reconnut qu'elle avait été dirigée avec art et intelligence. »
Pécheux, en effet, était un peintre de grande valeur et déjà connu en France par de nombreux travaux de son état.Comme cet artiste a travaillé pour les églises de notre diocèse, nous lui consacrerons un article biographique qui sera l'abrégé de celui de M. Hellis.
Benoît Pécheux est né h Rome, où il a fait ses études de peinture à l'école des meilleurs maîtres et des plus grands modèles. La conquête de l'Italie et la prise de Rome le firent émigrer vers Paris, où il ne tarda pas à être apprécié. MM. Perrier et Fontaine, architectes du gouvernement, l'employèrent à peindre les palais de Saint-Cloud et de la Malmaison. Décorateur en titre de l'Empire et de la Restauration, il fit la belle salle du Trône pour le sacre de Napoléon, la salle du Trône à Saint-Cloud, les trophées de la salle des Gardes aux Tuileries,
cl tous Itis décors nom mun(l<^.s pour Iti mariuge du duc de Berry, la naissance du duc de Bordeaux et le sacre de Cliarles X.
Le Grand-Opéra lui doil ses décors les plus estimés, tels que ceux du Triomphe de Tr/ijan, des Danai<Ui3 et de Pharamond. Il orna une foule de maisons et de châteaux, exposa dos tableaux et en composa sur commande, pour les villes de Parme et lUi Turin.
n parait s'être livré surtout k la reproduction des fresques si nombreuses et si riches d'au-delit des Monts. Notre diocèse eut le bonheur d'être visité par lui k la plus belle époque de Bon talent. En 18H et en 1812 il exécuta plusieurs fi-csques pour les églises de Limpiville, de Fécamp, du na\Tc, d'Yvetot et lie Kouen. Au llavre il peignit sur bois, pour la chapelle de la Sain te- Vierge, deux fresques qui furent ensuite appliquées sur le mur; elles représentent la Naissance tie Mnus-Christ et la Présentation au Temple, et ont coûté 1 ,700 fr- ' . Le style en est parfaitement ftnti<|ue et l'on sent que l'auteur est romain, comme David, comme tous les peintres de ce temps-U.
Rouen lui doit la belle coupole de l'église de Saint-Romain, qu'il exécuta en moins de six semaines, et qui depuis quarante ans a conservé sa fraîcheur et son éclat.
L'Académie de Rouen l'ayant, à cette époque, admis au nombre de ses correspondants, M. Pôcheux, qui habite Paris et qui est sur te bord de sa tombe, a envoyé, en 1850, k cette compagnie savante, une magnifique collection de plus de 300 pages in-folio, contenant près de 3,000 modifies exécutés à la plume, avec une netteté et une précision parfaites. Ce bel album, qu'il a intitulé : Iconographie mythologique, est la réunion de tout ce que la tradition, les monuments et les maimscrits nous ont légué sur la mythologie des Grecs, des Romains, des Indiens, des Persans et des Phéniciens '.
Uais revenons il l'église d'Yvetot. Comme cliacun sait tout est k refaire dans une église neuve, rarement te mobilier de l'ancienne peut servir dans la nouvelle. Aussi les délibérations de fabrique se succèdent-elles rapidement; on parle sans cesse d'autels, de bancs, de chaire, de stalles, de confessionnaux, de bannières. Dès le 5 janvier 177S!, on manifesta l'inlention d'acheter un bel autel de marbre, qui se trouvait k
• L'abM Lecomle, JUessire de CIùm, lei igl. tl le eUrgi du llavre. p. isg. — ' Précis aitatyt lits trav ik lAead . de Itotun aniit« 18(10-51, p. 373-78
vendre chez M. Lequeux, architecte à Rouen. Le marché n'ayant pas été conclu, on se servit vingt ans d'un autel de bois, fait par MM. Levesque et Quesnel, qui avaient déjà confectionné quatre confessionnaux.
En décembre 1777 on résolut de faire les 48 stalles de chêne qui existent encore aujourd'hui. Elles furent exécutées par Renout, menuisier, pendant l'année 4778, et le 19 juillet, elles furent visitées et reçues par Thibaut, l'aîné, et Ausoux, le jeune, menuisiers. Le prix, qui s'élevait à 1 ,400 livres, fiit payé en partie par une donation de 4,âOO livres, faite par M. de la Bléterie, curé de Rougemontier, et refusée par les chanoines de la Collégiale. Cette même année le serrurier Michel fit la grille du chœur pour 1 ,1 00 livres, et Pileur peignit l'église d'un bout h l'autre.
Pour faire face à toutes les dépenses nécessitées par l'église nouvelle, M. le marquis d'Âlbon, excité par l'exemple de M. d'Acquigny, k Grémonville, eut l'idée de demander à Rome des reliques et des indulgences. Le saint pape Pie VI, la seconde année de son pontificat (1777), envoya à M. d'Albon et à l'église d'Yvetot une relique de la vraie croix enfermée dans une croix de cristal garnie d'argent, laquelle est elle-même incrustée dans une croix de bois; un fragment du corps de saint Victor, martyr, et un ossement de saint Clair, pape et martyr. Toutes ces précieuses reliques, approuvées par l'archevêque de Rouen, furent exposées à la vénération des peuples. Ce sont elles que Ton voit encore dans deux reliquaires de bois sur l'autel de la Sainte-Vierge.
A cet envoi était joint un bref qui est maintenant affiché dans l'église d'Yvetot comme un des titres de l'église. Par cet acte le pape accordait six fois par an les indulgences pléniëres du Jubilé universel à tous les fidèles qui visiteraient l'église de Saint-Pierre d'Yvetot le jour de la fête patronale et cinq autres dimanches désignés par le rescrit apostolique. Ces indulgences, renouvelées au Concordat, subsistent encore aujourd'hui. Mais ce qui n'existe plus c'est le portrait de Pie VI qui avait été envoyé par le pape lui-môme à M. d'Albon. Le pieux marquis en avait fait don à l'église, qui le conservait dans la sacristie. La Révolution, ne pouvant anéantir la réalité, s'est contentée de détruire l'image.
Le 2\ mars 1784, on délibéra pour la première fois sur le
lelle chaire et une richcDSfitflt^S' Pierre. La bannière, aclietce cii 1785, ciiûla 600 fr. La chatrtt ne marcha ni aussi vite, ni aussi aisément. Curamandée eji 1784, h M. Pottier, célèbre sculpteur de Rouen, elle fut placée en 1786. Le < 3 août on effectua le premier paiement, et elle fut entièrement soldée en 1788. Elle avait coûtée 3,552 livres. Elle fut étrennée par le curù, M. Desjardins, qui l'avait fait faire. Ce magnifique morceau de menuiserie et de sculpture est lo plus riche ornement de l't^^lise d'Yvetot, et l'un des plus beaux morceaux que nous possédions en ce genre. Un escalier somptueux et solide conduit k une large tribune dont le devant montre saint Jean dans l'Ile de Patmos, écrivant auec une plitme son Apocalypse. Son aigle porte cette devise, qui devrait être relie de tous les prédicateurs : « quasi aquila ascendet et avolabit. * L'abat-voi\, soutenu par deux superbes palmiers, montre au sommet un pélican nourrissant ses petits avec sa rliair. Triple emblème du Christ, de l'église et du prêtre qui nourrissent les fidèles avec leur parole, leur sueur et leur saiïfc'.
Cette chaire, justement célèbre, fait grand honneur k M . Pottier, son auteur, et nous avons été heoreux de rattacher sou nom aux deux plus belles menuiseries modernes de cet arroniiisseraent, la chaii-e d'Yvetot et les tribunes de Grénionville. M. Pottier a travaillé pour les églises de Rouen. Nous citei-ons parmi ses travaux les plus distingués ia glou-e, le baldaquin et les boiseries de l'église de Sainl-Maclou, qu'il exécuta en 1 775, d'après les dessins de l'architecte Defrance. U fut aidé pour les travaux de sculpture pur Cahais, seulpteur célÈbre de ce temps-1£i, qui a travaillé pour Saint-Vincent et qui peut-être l'a aidé dans les sculptures de l'église d'Yvetot. Cette chaire arrivait k propos, car l'année uii^me oïi elle fut niontée, une grande mission fut donnée a la ville par des re- ^eux. Cette mission , pour laquelle il fallut faire plusieurs coDfessionnaux^ produisit un grand bien îi Yvetot. On se soutient encore aujourd'hui de ses heureux effets, et M. le curé mutt que les fruits en sont toujoui's sensibles chez les vieillards.
Celle chaire si bien étrennée dut itre, héliis ! bien profanée lUelfiues années plus tard. Souillée d'abord par la présence "in schisme constitutionnel, elle recul dans son sein deux
hommes scandaleux qui déshonorèrent leur caractère sacré. Triste confidente de iionteuses apostasies, elle se sentit soulagée en n'entendant plus que les déclamations des patriotes, les excentricités des clubistes, les fureurs des démagogues et les folies des tribuns populaires. Réconciliée plus tard par la parole sainte des prêtres et des pontifes, elle est redevenue ce qu'elle fut d'abord, la source de la vie et le trône de la vérité.
A notre grande douleur il nous faut maintenant traverser la fange révolutionnaire et la boue constitutionnelle ; cette page d'histoire ecclésiastique ailleurs si triste ne sera pas ici sans consolation. Au début de cette regrettable période, nous trouvons un acte de courage bien rare dans ce temps d'affaissement universel. L'installation des prêtres constitutionnels, qui partout avait lieu sans résistance et au milieu du profond silence des fidèles consternés, ne passa pas ici inaperçue. Les archives de la fabrique d'Yvetot nous ont conservé une énergique protestation que l'on ne rencontre nulle part, et dont on chercherait vainement la pareille. M. Closet, alors trésorier en charge, a consigné sur le registre cette confession catholique que nous nous faisons un devoir de reproduire. L'auteur s'y montre théologien et jurisconsulte autant que confesseur courageux et fidèle. Voici ce monument apologétique digne du temps des martyrs :
a Du mardi 31 mai 1791, 10 heures du malin, la communauté des trésoriers de l'église et des pauvres, assemblée exlraordinairement par billets de convocation et au son de la cloche, A la diligence de M. Closet, trésorier et en Tabsence de M. le curé, quoique invité par lettre de convocation.
» Appuyé sur les articles 6, 10 et 11 de la Déclaralion des droUs de l'Homme, qui porte que nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, que la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme, et que tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement : que la loi n'a droit de défendre que les actions nuisibles À la société, et que nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n*ordonne pas : appuyé encore sur le décret du 13 avril 1790, par lequel l'assemblée nationale avoue qu'elle n'a et ne peut avoir aucun pouvoir k exercer sur les consciences et les opinions religieuses : appuyé enGn sur son instruction du 21 janvier dernier, dans laquelle elle convient que le spirituel est hors de la sphère de la puissance civile, que toujours éloignée du desseiD de dominer les opinions et plus éloignée encore du projet de tyranoiser les consciences, elle a laissé à chacun sa manière de penser : par le trésorier en exercice a été dit que la religion qu'il professe enseigne ^ue le Souverain
Pootife a aoe primauté d'honneur et de juridiction, que le corps épiscopal a de droit divin une supériorité sur les prêtres, qu'il appartient A la puissaooe ecclésiastique de donner la mission aui évèques, et de supprimer, étendre ou restreindre leur juridiction qui est toute spirituelle, qu'elle nous enseigne également qu'il ne faut reconnaître pour légitimes pasteurs que ceai qui tiennent leur mission de l'Église, et nous défend de communiquer dans ce qui regarde leurs fonctions avec ceui qui, élus par des laïques (surtoQt par des laïques non catholiques), viendraient remplacer les évèques ou des curés qui n'ont pas donné leur démission on qui n'ont pas été destitués par an Jugement canonique.
» En conséquence il déclare, sans aucunement prétendre se refuser k l'exécution des décrets, mais simplement user de la liberté de conscience qui est accordée à chacun par la loi, que tant que M. Desjardins n'aura pas donné sa démission, il ne cessera de le regarder comme son curé, et que ne pcavant sans manquer essentiellement k sa religion, l'héritage le plus précieux que lui aient laissé ses pères, communiquer avec le curé eoostilationnel qui vient d'être élu, il est forcé de se démettre de sa charge de trésorier et demande qu'il en soit nommé un autre à sa place, et qu'il soit aussi nommé des commissaires pour l'examen du compte de sa gestion, ce qu'il a signé. >»
Hélas ! et ce qu'il signa presque seul, car sur quatorze raarguilliers qui étaient présents, trois seulement eurent le courage de le suivre dans son héroïque protestation ; les dix autres prirent leurs chapeaux et se? retirèrent dans un sih^nc(* (pii ressemblait presque à une apostasie.
Quelques jours après cet acte de vertu, le schisme trùnait en paix dans la pauvre église d'Y'vetot. Le 12 juin 1791, fête de la Pentecôte, M. Huault ofBciait solennellement comme curé de la paroisse. Ce M. Ruault était un religieux bénédicthi, dernier prieur de la célèbre abbaye de Saint-Wandrille, qui à la tête de ses vingt religieux avait donné l'éclatant scandale^du serment constitutionnel. Un des premiers actes de son nouveau ministère fut de demander aux administrateurs du district une bonne portion des dépouilles des abbayes et éghses supprimées. On désignait spécialement à la générosité de l'administration Fautel» le tabernacle, la niche et les six chandeliers de Tabbaye de Val mon t.
A la fin de mars 1792, on chargea le trésorier d'acheter à la vente du département le bel autel de marbre des Chartreux de Rouen, qu'il obtint pour 1,500 livres. Un mois après, l'autel était monté dans le chœur de l'église. Les premières pierres en avaient été posées le 24 avril, avec toute la cérémonie dont disposait l'éfi^lise constitutionnelle.
ÇM uulel, qui subsiste encore aujourd'hui, est un des beaux de dioc^se. Il est, après la chaire, le morceau le remarquable de l'iiglise d'Yvetot. C'est un enfant du snii* àè^' de, aussi, au point de vue du styhi, il est loin de nous plaJr^ nous le trouvons pesant et massif. Il a, si l'on veut, la forn d'un tombeau, mais plutAt celle d'un tombeau païen que tombeau chrétien. On le croirait enlevé k Pompé! on k lanum, et non h Saint-Denis ou à Westminster; et pats D< n'aimons pas à considérer l'autel comme un tombeau, ne préférons l'idée d'une table eucharistique.
Hais îi part ce vice de forme, qui tient au mauvais goût de son siècle, l'autel d'Yvetot est riche de matière et de tran Le fond du marbre est rouge avec tablettes blanches, les mi lures sont rigoureusement fouillées, les contours sontparfu ment adoucis, et l'on sent que l'ai-tiste était maître de ce matière si rebelle au ciseau.
Cet autel manquait de tabernacle. En 1836 on a commani h M. Rugcr, un taliernacle de marbre blanc, qu'il a si lût raccordé avec l'autel, que l'on croirait les deux morceaux b' l'un pour l'autre.
Félicitons l'autel d'Yvetot il'avoir écliappé k la spoliation nos églises et ii la destruction de tant d'autres emportés pff la tourmente révolutionnaire de 1794. Heureusement pour lit qu'il n'était ni d'or, ni d'argent, ni de bronze, ni mâme àt fer, car la République ne l'eût pas épargné. La patrie en ger fût venue réclamer le métal pour faire des armes ou de b monnaie ; mais elle n'avait que faire de marbre et de pierHi c'est ce qui a sauvé les autels de Grémonville et de Derdiign Club, temple, salpétrière ou magasin, l'église d'Yvetot toujours son autel, et Dieu était sorti du sanctuaire qoe trône y demeurait encore- Un des derniers actes du ministère de M. Unault. fui I* construction de la sacristie actuelle, dont l'entreprise fiittf missionnée par Botlard, le 30 mai 4792, pour la soiumfl 5,47o fr. On a peine il croire qu'un aussi chétit' bàtimeol pu coûter si cher. Dans ce prix devait être compris, n doute. la pose du cliapier et des magnifiques lambris de cbJ provenant de l'ancienne abbaye de Saint-Wandrdle. C'étail don du district de Caudebec, qui jugea îi propos de part
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églises (le son ressort, car la suite existe à la sacristit^ de ('audebec. Au milieu de cette magnificence, dom Ruault put croire un moment n'avoir changé ni de position ni de résidence. Ce beau travail sur bois, exécuté sous Louis XIV, et qui porte encore les armes de Saint-Wandrille , fait de la sacristie dTvetot une des plus belles du diocèse.
Le 5 septembre 1792 eut lieu à Caudebec, pour toute la Seine-Inférieure, l'élection de 16 députés à la Convention nationale. M. Ruault, déjà membre du conseil municipal d'Yvetot et député-suppléant à l'Assemblée législative, fut le candidat et l'élu de son canton. Le 22 septembre, il partit pour siéger à la terrible assemblée où il figura toujours avec les plus modérés. Dans la séance du 16 janvier, il vota, avec 1 4 de ses collègues de la Seine-Inférieure, la réclusion de Louis XVI jusqu'à la paix, et le 19 il se prononça pour le sursis. Le 7 octobre 1793, il fut décrété d'arrestation avec 71 de ses collègues. Détenu à la Force pour une cause politique honorable, il eut la faiblesse d'écrire qu'il abjurait ses fonctions sacerdotales et de renvoyer en même temps ses lettres de prêtrise. Le 6 juin 1794, du fond de son cachot, il protesta énergiquement contre le coup d'Etat du 31 mai et le triomphe de la Montagne. Le 8 décembre suivant, il fut invité, par la Convention, à reprendre place dans ses rangs ^. En 1796, il devint membre du conseil des Cinq-Cents et en sortit le 1*^*' mai 1797. Il se maria vers cette époque et mourut en Westphalie, exerçant une fonction obscure à la cour du roi Jérôme.
En quittant Yvetot pour Paris, M. Huault n'avait pas donné sa démission de curé. Il était remplacé dans son ministère par un vicaire desservant qui fut envoyé par Gratien , évoque constitutionnel de Rouen . Nous lisons dans les registres du conseil de la commune que : « le 30 décembre 1792, s'est présenté le citoyen Pierre Lemonnier, prêtre, porteur d'un mandement du citoyen évêque de la Seine-Inférieure, lequel a demandé à être admis à exercer. ses fonctions de vicaire. Il a prêté publiquement et à haute et intelligible voix le serment d'être fidèle à la nation et à la loi, et de maintenir de tout son pouvoir la liberté et l'égalité, ou de mourir en les défendant; comme aussi de maintenir de tout son pouvoir la cons-
• Réimpressitm de l'ancien Moniteur, i. xv, p. 1G8, 207, 253; i. xviii, p 60; t XXII, p. 385, »90
lilution civile du clergé, décrétée par la loi du 27 novembre 1790. Enfin de remplir en son âme et conscience les fonctions de vicaire de la paroisse. »
L'année 1793 fut ici comme ailleurs une série d'impiétés, de blasphèmes et de folies révolutionnaires. Le 5 février, le citoyen Jourdain avait demandé à supprimer les bancs de Féglise, d'abord parce que celle-ci était trop petite pour les habitants, ensuite parce que cet usage « blessait l'égalité décrétée par la loi et écrite dans les Droits de VJtomme. » Le 16 frimaire anii, (6 décembre 1793) la commune porta au district tous les vases et effets d'or, d'argent et de cuivre provenant de l'église, afin de satisfaire k la loi et pour manifester son empressement à concourir à l'affermissement de la République par le sacrifice de tous les objets superflus.
Vers la fin de cette année on donna un successeur au citoyen Ruault, qui avait pris goût à la politique et s'était créé k Paris une carrière nouvelle. «Le 6 de la décade du deuxième mois de la deuxième année de la République (27 octobre 1 793), se présenta devant le conseil général de la commune le citoyen François-Henri Legrand, ex-bénédictin de Saint-Wandrille, porteur d'une lettre d'institution canonique signée Gratien, évéque au département de la Seine-Inférieure. Le citoyen Legrand jura devant le maire qu'il persistait dans les deux serments exigés par les lois du 26 novembre 1790 et 1 4 août 1792, par lui précédemment prêtés, jurant en outre et d'abondance de maintenir de tout son pouvoir l'unité et l'indivisibilité de la République française, et de remplir fidèlement les fonctions de curé de la ville d'Yvetot et de mourir k son poste.
Quelques jours après cependant, il lui arriva une histoire où il ne se montra pas très-brave malgré ses trois serments. Une émeute populaire ayant apporté dans l'église les deux calvaires d'Yvetot, M. Legrand avait été obligé de les recevoir de la main des masses encore peu révolutionnées et qui ne plaisantaient pas k l'endroit de leur croyance. Voici le fait tel qu'il est raconté dans les registres de la commune : « Le 12 frimaire les commissaires ont été chargés de prendre des informations sur le prix de deux statues, l'une de la Liberté, l'autre de la Raison, soit en bois, soit en pierre de Saint-Leu ou de Gonflans, lesquelles statues seront placées, après l'acquisition, aux deux principales entrées d'Yvetot où étaient ci-devant les deux effigies
ilu Clirisl (lit<s Caltuireu, que le pfuple s'esl porté h reulrer 4aii8 l'cgliso sans y ùlve autorisé par le conseil général, ni par aucune autre autorité ; mais que ledit conseil géiit;ral a cru prudent de tolérer de la part d'un peuple qui n'est point encore asseï éclairf^ sur les nonatiotu apportées à son culte ordinaire, d'autant que rien dans les démarches de ce même peuple n'a aucunement heurté l'entière et littérale exécution des lois connues sur le culte reli(;ieux, puisque le citoyen Legrund . principal ministre de cette dite commune, n'a reçu ces eltigies dans l'église que de l'aveu du conseil général cl sans appareil ni cérémonies. »
La pauvre église touchait k ses derniers moments chrtHiens. Déjii profanée par le schisme elle allait t>tre souillée par l'impiété et le fanatisme. Le 20 frimaire [10 décembre 1793) on y fit une fête décadaire où on lut un discoui's de Itobespierre, et le H nivdse [10 Janvier 4794 J on célébra la fôte de la prise (Je Toulon par l'inauguration des bustes de Maral et de Lepellt'tier , le tout assaisonné de cantiques et de chansons populaires. DéjJi îi cette époque on songeait fi en faire un entrepôt, car le 19 nivùse an ii(8 janvier 1794) on permît de batir un plancher pour séparer les bas-câtés de la nef afin d'en faire un magasin d'équipement et d'armement. Peu de temps après elle était fermée.
Le citoyen Legrand s'empressa d'embrasser une autre carrière. A l'exemple de son prédécesseur il se jeta dans la politique, mais lui, il ne choisit pas la grande politique, il se contenta de la politique locale ou administrative. Fendant le directoire il devint président du district transféré de Caudebec il Yvetot.le S frimaire an ii [38 novembre 1793). puis en 1800, sous le Consulat, lors de la création des sous-préfectures, il devint premier sous-préfet d'Yvetot , fonction qu'il exerça jusqu'il la fin de juin 1815, car après avoir été maintenu par tes Bourbons de la première Hestauratiun, il était devenu leur ennemi acharné pendant les Cent-Jours. On alla même jusqu'à le soupçonner d'être l'auteur des événements de Cany, du 26 juin 48t5. Poursuivi par le remords et par le mépris public, on dit qu'il mil fin ii ses jours vers 1818. n s'était marié en 1814, preuve d'L'jidurcissement et d'impénitennc linale.
L'église d'Yvdi)! iir fut gu^re plus de quinze mois l'erniéc. Va document curieux nous la montre ouverte dès 1795. Il «st
intitulé : « Registre où sont portées les délibérations des fidèles catholiques exerçant le culte au temple d'Yvetot, le 30 messidor an m (48 juillet 1795). » 11 ne faut pas s*y tromper, les fidèles catholiques n'étaient autres que les adhérents au schisme constitutionnel. Il n'y avait pas alors de liberté pour d'autres. Le prêtre Ingout remplissait les fonctions de curé, sous le nom de ministre desservant, Chaque dimanche il célébrait la grand'messe dans l'église, et chacun apportait sa chaise a l'office. Sa position fut régularisée deux ans après. Un simulacre d'élection eut lieu dans l'église, en présence de l'évêque diocésain. Nous citons cette pièce curieuse :
« Le l*^** frimaire de l'an v de la République française (21 novembre 1790), en conséquence des annonces qui ont été faites au prône des dernières grand' messes, aGn de nommer un curé de cette paroisse de Saint- Pierre d'Yvetot, nous paroissiens, trésoriers et autres assemblés dans la nof de l'église du dit lieu. Les préseuts ont nommé pour présider le citoyen J.-B. -Guillaume Gratien, évesque de l'église métropolitaine de Rouen, présent, lequel a proposé la nomination du dit curé, et sur quoi a été à la totalité des suffrages et par acclamation nommé le citoyen Ingout, ancien desservant de ceUe paroisse, ce qu'il a accepté et signé. )>
Le 42 frimaire an v (2 décembre 1796), une nouvelle assemblée eut lieu dans le chœur de l'église pour nommer un curé en remplacement de M. Ingout, décédé. Le citoyen Dujardin, vicaire, fut élu à l'unanimité. Le 3 fructidor, les trésoriers achetèrent à Rouen, pour la somme de 20 louis, r hôtel de la communion avec sa contre-table. Le 6 frimaire an w le citoyen Baucousin, peintre k Fécamp, fut chargé de « faire un devant d'hôtel peint sur toile en marbre et un mouton au milieu, et la contre-table aura aussi une toile swr laquelle il peignera (sic) une Résurrection, » le tout pour 150 fr.
Du reste nous touchons au terme des épreuves révolutionnaires. Le 8 pluviôse an vu (27 janvier 4799), la commune déclare à la fabrique qu'elle renonce désormais à monter et démonter, dans l'église, V hôtel de la patrie, pour les fôtes décadaires et nationales. Elle cède à la sacristie son mobilier décoratif, dans lequel figure un grand rideau servant à voiler l'entrée du chœur pendant les cérémonies politiques.
En vendémiaire an xi (septembre 4802), arriva M. Bride, premier curé légitime d'Yvetot dans notre siècle. Cette annéelà même, le 28 août 4803, un registre est ouvert pour l'inscription (les délibérations du conseil do fabrique, réorganisé
pur M. Caiuliacért!&. Imniédiateiiiciit on puilo d'aclit'Uir dos cloches et des orgues r)ui ne vieiidruiit que bien des années après : le temps seul amènera ces amélioraliuiis et ces progrJ;s.
M. Bride étant mort en 1810, fut remplacé par M. Aiituiiic- Françojs Fussien, ancien vicaire du Havre et curé de Saint- Étienne de Fécamp. Ce fut lui qui, vers 1815, supprima la fenteuse procession du PrieUux Sang- Le lundi d'après la Trinité, les paroissiens et le clergé d'Yvelot, après avoir entendu, dans leur église, une grand' messe célébrée par la coufrerle de Saint-Adrien, montaient dans des voilures et se faisaient porter jusqu'au haut de la côte de Fécamp. Lk, ils mettaient pied :'i terre, le clergé s'habillait et l'on s'avançait procession!) ellement jusqu'à l'abbaye, chantant des hymnes, croix et bannicrtis eu tête. Le mardi on assistait à l'office du Précieux Sang, et le soir on revenait chez soi. On pense que ce pieux pèlerinage araît commencé dans le cours du jtvii' siècle, k la suite d'une de ces pestes si communes à cette époque. Il est vraisemblable que les anciens habitants qui firent ce vœu l'accomplissuient à pied, comme ils allaient autrefois h la chapelle de Saint- Adrien dans les roches de Bcibouf ' .
M. Fussien mourut le 14 mai 4820, b l'âge de 56 ans, Uissant h la fabrique toute sa chapelle. Le trésor, par reconnaissance, lut vota un tombeau et une inscription.
M. Fressard, son successeur, commença par faire aux voûtiis des réparations considérables, et le dimanche Si juillet i&ii , il reçut, dans son église, M«' de Bernis, qui vint y officier pontificale m en t. Après avoir provoqué, le 92 noven>bre 1823. un vote de 1,000 fr. pour la flèche de la cathédrale de Rouen, il mourut en 182i, à l'Jlge de 66 ans.
M. l'abbé Leboulleux, son successeur, ne passa que quelques mois à la cure d'Vvetot, qu'il quitta pour devenir vicairegénéral et supérieur du grand séminaire de Rouen. Cependant
' L'égliie d'Yfelot [lOMéilsIl pluilear» conlVériM tiviinl la Itfvolutinn. non* en cil«rons Iruis principales ilotil Wt archives te Irouvcnl au ilf|iA< ik il prétecturc. La première cal celle ilu Scapulaire <toni la lUue m peu Impartante. La seconde eal celle du Sainl-Rusaîre, Jonl rAlablIssunirni parall reraonler i 1633. Cnc forie Iisïm ronUent ks siniiiit, a|ipri>n\(^ par l'artbevtebe de Rouen, le 2 novembre t(H8, et une bull« de Cl^ineiii XI, do 3 juillet 1709. La iroisiëme euQn cal celle do Salni-Sicri^meni, duni lu lia lu la remanient ï IMT. Le doatjer, i|ui est rnnEidéralili!, renreriiiF
e bulle <l'lDi
1 \, d<>llvi
n insu.
il eut micore le temps de fiiiri; cvéculer, h rfanruiiedes | latérales, deux tambours en buis de chviw puur rciiK^dlsf l'intempérie des saisons.
En 1825 il était remplace par M. Mole, (|ui cul lu gloire id bénir les deux cloches neuves ■ . Ce qui détermina la faliri^ il cette grande acquisition de 8,iil)() fr., ce fut une doaJ tion de (,800 fr. faite par M. l'abbé Guignery. «-icuircdaJ paroisse avant la Révolution, qui désirait ajouter aux ponipl des offices par une sonnerie plus considérable et plu& appn priée il la solennité des saints mystères. Nous <lonuons ici| procès-verbal de cette cérémonie, dont les liabitants li'Yn n'ont pas perdu le souvenir.
•• CeJourJ'hoi mardi 20 septembre 1826, du vœu unanime et spantl4 iiicul liniiB par le» membres composaul \r ronseil de Falirique de l'égllMA Sninl-Plerre d'Yvelol, il a été arrêté qu'il serait Tall mcntiun et drcKé p cts-verbal de l'auguste cérémonie qai a eu lieu atuourd'bui, i dii h ilu matin, dans l'jgliee de celte paroisse, pour ta bËnédîction de deuidoc
» Le corlégc, composé de MM. les maire et adjoints, de M. le n de cet arrondissement, des membres des trlbunaui de preœitre de commerce et de la fuslice de pali, de» membres dn conseil IDUniCiptl, des fonctionnaires de la localité, des oHiciers militaires en résidence dani celle Tille, de plusieurs ecclésiastiques des ïen virons, de la garde oMlonale il pied et h cheval en grande tenue et d'un concours ctinsidërable d'batituat réunis à l-cglise.
» M. Mille, curé, assisté de son clergi^ et de ses diacres d'olBce, a enlonné le Veni Creator, qui a été répété avec le plus grand recueillement par tout les assistants, ensntie 11 a procédé It la bénédiction dcsdeui duchés, tprtt laquelle il » été prononué dans la chaire, par M. Levassenr, drstemni d'Yébicrun, un discours plein de grtce, d'onclion et d'éloquence, loucha»' la ccrjmunie.
■ La grosse cloche porte relie inscripllon :
'1 L'an de grice 1826, année du jubilé' universel, sous le pooillicai àt Léon X)I et sous le rl%ne de Charles X, roi de France, j'ai été bénite par J.-B.-M. Holé, prêtre, curé do la paroisse d'Vvelol, cl nommée Louif- Françiiùr. par messire Ad rien -Char les des Hummets, marquis de Hanslpvllle, membre de la chambre des député» des départements, nommé poi"
' Dépouillé en nil3, le clocher d'Yvetot n'a conservé, comme les « très, qu'une seule cloche sur laquelle on lit : « L'an 1630 j'a]r esU^ btBiK par M. Freotois Cbavigné, curé de la paroisse, cl nommée Catnilli. t" haut et puissant seigneur messire Camille d'Albon, prince d'Yvelol, IB" quii de Sainl-Furgeui, baron d'AvoKes, seigneur de Vnrennr. Laf""»' Saint-Loup, Anar-les-Olmcs, Odieni , Nivelles, Lanoltc-Lnjobrii^ '< LabrossF. J.-M. et P.-B, Ituré, m'ont faites, >
l'urranilieseiuirnl d'YveliH, cl |ifir M'«> Loujif-Frantoisc CifvcI des MMlus, Cpousp lie M. ie chevalier Uelslande, mEmhrc ilu canseil-KUnéral du iliï|jiiripiui'ni ui itialr« de la ville d'VvtU)!. — Maire c( les Carienel, fondeurs.
■ AprfeA la cérémonir, Icsdeiii clocheB uni fié rerèlacs el orné» de chacun un orDemcDl complet de chapee fond bisnc, parsemé de Qcurg et brnch<ifB en or. Ce gtnéreut préxeni s éié Fgii h l'église par MM Ieï parrains et marrainei. — Il scrail diDlrile d'exprimer la joie et rslléiirras? qui s'est manifestée dan» ce beau jour, dont us temps pur el acrein aagmeut«it la pompe. I'
M. Mole étant mort en 1832, fut remplacé l'anuée siiivatito par H. l'abbé Uobée, alors curé de Saiiit-Romaiu de Colbusc. Depuis bieiitAt vingt ans qu'il administre cette importante paroisse, M. Bobée a déployé un (^rand zHe pour le bien spirinluel et tempond de sou troupeau. C'est à lui que nous devons le tabernacle de marbre du maître-autel et les décorations de la chapelle Saint-Pierre. En 1840, il a fait installer, par la maison Girard, de Paris, un jeu d'orgues qui a coûté 16,000 fr., et qui a été essayé et reçu parle célèbre M, Danjou,
K liste de Notre-Dame de Paris.
ye:
§ II. — l'ancienne COLLEGIALE DE SllNT-JEAN.
SxiV et au xv* siècle de notre ère on ne fondait plus ut
aldMyes ni prieurés. C'en était fait de ce zèle monastique qui. BOUS l'inspiration des Bruno, des Bernard, des Dominique. dos Norbert, des Robert de Molesmes et des François d'Assise, avait embrAsé le monde et l'avait couvert d'un blanc maotenu d'églises et de monastères. Les bras fatigués ne construisaient pltis de nefs, ai de clochers, et l'abbaye de Saiat-Ouen paraît avoir clos pour nous la série des chefs-d'œuvre chrétiens. Ces deux malheureux siècles, aRligés par des guerre.» et des pestes éternelles, no donnèrent naissance qu'à quelques hospices, k quelques collèges et à quelques collégiales. Notre diocèse vit s'élever pour son usage, tant h Rouen qu'k Paris, les collèges de liarcourt, de Narbonne. de Muulaigu, de Lisicux, des Clémentins et des Bons-Enfants; les hospices des Billettes et d'Etrépagny; les collégiales d'Écouis, d'Yvetot, de Charlesntcsnil et de Blainville.
La collégiale d'ïvetot, qui apparut au milieu du iiv siècle, comme pour le consoler de ses misères sans nombre, doit sa oaiseauce ^ Jehan III, sire d'Yvetot, dont la charte originale ipiée osl conservée avec soin aux archives nationales
et départementales. laissons parler le pieux fondateur écoutons avec respect les motifs de sa conduite : a A tousci » qui ces présentes verront ou orrout Jehan, sire d'Y'Telolj' » salut en Noire-Seigneur Jésus-Christ, désirant le servit B divin être accru en nos temps et augmenté, et ayant, » cette fin bonne et convenable, délibéré avec nos amis, avons » tenté en l'honneur et révérence de la Sainte-TVinité, de la » glorieuse Vierge-Marie et messieurs saint Pierre et saini » Paul et toute la glorieuse compagnie du Paradis, et par spé- » cial de monsieur saint Jeliau-Baptiste et aussi pour le repos
* et salut des âmes de nous, de nos progéniteurs et de tous » nos amis et affins très-passés de ce mortel siècle en l'autre, s de fonder trois canonies et prébendes être desservies en IV
» glise paroissiale d'Yvetot, de la quelle nous sommes \Tay
• seul patron. »
En instituant ces trois canonicats de famille, le brave cl
telain avait immédiatement pourvu h l'existi^nce des titulairesi Tout le revenu dm prébemlcs était assis sur les biens du boui Ainsi le doyen avait un revenu de Si livres tournois à prélevi sur le champ de la Marc-aux-Prés et plusieurs autres terres, le moulin d'Yvetot, sur les foires et marchés, sur des reni de deniers, de sols, d'oi^e, de capons et de gulities. La secondo canonie percevait 22 livres tournois sur des terres et des rentes, et la itérée canonie 20 livres seulement sur des terres, des sons, des rentes et le marché.
Le pieux fondateur n'oublia pas de réglementer le costi des chanoines, ni les offices qu'ils devaient célébrer. Il ado] poureai l'babit diocésain. Depuis Pâques jusqu'à la Toussaint ils devaient porter le surplis et l'aumusse. De la Toussaint jusqu'à Pâques le surplis, l'aumusse et la rap^ noirf par-demiaii comme les chanoines de l'église de Rouen. L'office était égalemi calqué sur celui de la métropole. Chaque jour, au matin, chantaient matines, prime, tierce et la grand'messe, le none, vêpres et complies.
En terminant sa charte, le digne châtelain suppliait instai ment révérend pire en Dieu, mojisisur Jehan (de Marigny), la grdre de Dieu, arclievesque de Roiten, d'approuver, dans forme et teneur, cette fondation, datée du 42 janvier 1350. U prélat, qui était fi^re du célèbre Enguerrand, prit vingt moi) pour examiner l'affaire : puis, le S septembre 1 3S1 , il Jétiwi
tiunoil
lopl^
une cliiu'te d'apprubalioii du cliapiire funilé par mm ckfr fiU Jehan d'Yvelol, daus sa principauti: d'Yvctot, • in iiifiio suo imperiu de Yvetot '. »
Ne vuulaut pas laisser sou (tuvre iiicumplèto, Jehan institua, le 20 janvier 133^, un quatrième canonisât, au quel il annexa la dignité de trésorier. Cette seconde fondation fut approuvée par l'arclievéque Philippe d'Alençon. La dotation en fut alfeclée sur le moulin d'Yvctot et la coulure de Colmare. Eulin le 8 janvier 1378, le même gentilhomnie lit encore à ses chanoines de nouvelles donations, qui furent confirmées par son iils Jehan IV, le S août 1 407 ^.
I^ collégiale d'Yvetot dura i40 ans. Sauf sa naissance et sa chdte, nuus savons peu de chose de sou histoire. Le peu qui nous reste d'archives des deus derniers siècles, n'est guères édifiant : ce n'est qu'une série de querelles avec le clergé paroissial sur des questions de préséances, procès réprouvés par notre divin Maître et parfaitement ridiculisés par l'auteur du Lutrin.
£n vain nos vénérables archevêques représentaient-ils aux prétendanlj les suites déplorables de pareilles dissensions entre personnes de leur élat, et le scandale qui en résultait pour le public. En vain M. Colbert, en 1691, et Nicolas de Saulx- Tavannes, en 1743, firent-ils intervenir de sages règlements, tout fut inutile, les difficultés allaient toujours croissant avec les années. En 178! elles étaient arrivées à un tel degré, que H. Grégaire, curé d'Yvetot, exposa qu'il serait avantageux il la religion que les chanoines servissent k la paroisse, ut que le curé, doyen tout & la fois, pourrait utiliser ces bénéticiers ecclésiastiques en les consacranl il l'inslruction des paroissiens dont le nombre croissait tous les jours. C'était aussi la pensée de M. d'Albon , prince d'Yvetot. La Révolution fruiçaise ne tarda pas à mettre tout le monde d'accord, clianoines et seigneurs, doyens et curés. La collégiale fut suppri-
' C« Tnl sans donle an grand tïénemenl pour VîPtot al «s wigncurs, que II rondiiiîDn de celle collégiale, puisque ces dcrni«n ea lireni frapper, EDdSS, unemËdsilk ciimmémiiralivc. Le cabinet de MM. d'Albon en pifsé' dsit uiieeDl7Q9, sur laquelleoD tarait «sinL Juan Lenantson agneau entre Kibras. La pik-e.élait lilen eiécutéc el Ir sainl Iriu-éiégarnineni destiné, La Itgendc el l'eiergiic porlaieiil : vvest. ecclksia. — SitncTB loiiiMNE. — 'Tootei les iiik'ct relatives h rflle airoirc se trouvent aiii archives de In kinf., dipàlAe la Trérerlure,
mêi; en I îflO, ci la paroisse seule a survécu ii celte picusi* n pt'.u mile institution.
Uu (les derniers actes des eltaiiuinos fut d'euvoyer À Caiidt bec M. Gueroult, leur doyen, pour y prendre part h l'âeclion des Étals-G^jiéraui, qui avait lieu dans l'église Notre-Danit!. du 16 au 34 mars 1789 i. Ce vénérable ecclésiastique était d^ gne de la confiance de ses confrères. Né à Sassetot vers 1731. il refusa constamment le serment constitutionnd , conlinoa d'exercer le saint ministère, fut pris et incarcéré en 1793. Son nom ligure sur un « ReUcé exacte (sic) des persownes diUmuet dans la vtaison C(mimune de réclusion des prêtre» insermmlA * Bijuen, « qui était alors le séminaire Saint-Vivien. Il arrive le 52* sur les 444 prêtres, religieux, curés, chanoines et évôc qui remplissent cette liste de confesseurs. Jugé après le9 tJ midor, il fut condamné h la déportatiop et expédié sur Rw fort, où il allait être embarqué pour des plages lointaÎDell quand il mourut le 17 juillet 1794. ii l'iige de CO arts. H t inhumé dans cette lie d'Aix, dont la terre doit être une C<>J14& de martyrs et de confesseurs '.
( COUVE.NT IIKS I
Les seigneurs et princes d'Yvetot voulurent avoir une n son religieuse pour élever les jeunes personnes de leur p royaume. Chartes duBelley essaya, en 1630, de faire venir A Limai, près Mantes, des religieuses qui ne restèrent pas. De( ans après, il se procura des Bernardines de Paris, qui no p vérërent pas davantage. Entînce prince tourna ses yeux vws1| monastère de Bival, vieille abbaye normande du xii" siècle, i de plusieurs colonies religieuses, telles que Bondevillo, Sainl- Saéns et Neufchàtel. Cette demande venait fort & propos, car déjà en 1647, Charlotte Douley, prieure de Bival. avait voulu établir une maison de son ordre dans le bourg d'Auffay. H^ gré l'autorisation de l'archevêque, la fondation n'avait pu réoi sir; mais À la demande du marquis duBelley, elle reporta touU ses espérances vers Yvetot. Duplessis rapporte que les letb approbatives furent délivrées par l'archevêque de Rouen, I 9 juin 1 637, et que le couvent fut établi l'année suivante.
' Proeèi-nerbal iltn léancitt dr laaemblét du clergé de Caux, deJI* i M. l'ablMi de Pr«ilt. iu-8° île M page», «.tîI 1789. — ' Marlf/rpiogif tkrgi fratitai* pmdani ia Mévolution.
Les archives du monastère mi fixent la iDtKlatiun au l"* février 1660. Voici en quels termes s' exprime le registre des di^Iibérations capitulaircs, commencé le 23 septembre 11)61 : « Registre des délibérations capitulaircs qui se prendruiil au couveut de Sarnte-Hyacintbe, de l'ordre de Citeaux, établi au bourg d'Yvetot, depuis le 1" février 1660, par M"" Françoise- Judic Soyer d'Intraville. »
La laraille Soyer d'Intraville peut être considérée comme la fondatrice de la maison d'Yvetot. Dés 1656, messire Pierre Soyer, sieur d'Intraville, avait voulu établir le couvent d'Auf- &y, afin d'y installer sa fille. Mais n'ayant pu réussir, il donna la maison, qu'il avait acquise pour cet effet, au couvent d'Yvetot. Il est évident pour nous que ces familles nobles voulaient avoir pour leurs filles des prieurés ou des abbayes k leur nomination. C'est ainsi qu'en 16116, les Guiran de Dampierre avaient fondé les bernardines d'Arqués pour Louise de Guiran, leur fille.
Françoise Soyer fut donc la première prieure du couvent d'Yvetot. Sa famille avait payé 9,000 livres l'achat du terrain fait îi MM. de Janville etde Valliquerville. Cependant il s'en loUait de beaucoup que cette somme f£)t suffisante, car toujours ce monastère fiit gôné, et au bout de lâO ans il périt feute de ressources pécuniaires.
L'ordre étaitcelui de Citeaux, cependant plusieurs actes leur donnent le nom de Bénédictîms. Comme leurs mères de Bival, elles dépendaient de l'ordinaire, et leur prieure était k la nomination (le l'archevêque de Rouen. La construction monastique était h peine achevée en 1685, cpie le 20 août 16fi8, un incendie générai réduisit en cendres le bourg d'Yvetot et la mùson des Bernardines. Les religieuses furent obligées de se rfltirer quelque temps dans une maison hors du bourg. En 1689 on rebfltit, sur la cave de l'ancienne maison, une chapelle et un logement provisoire. En 1690 on fit la clôture du j'jtrdin, le reste s'accomplit dans les dix années suivantes. Un registre, conservé aux archives, a noté soigneusement les dicerses ronstructions de cha(|ue année. Ce livre-journal d'une Honnetle n'est pas sans intérêt pour l'histoire d'Yvetot.
Bn 1700 on bfltit les parloii-s, en 1703 les cellules, en 1708 on commença l'église et le chœur des dames, qui fut terminé "^11. La construction et l'ameublement colîl^renl environ
8,000 livres. On y voyait un tabcniacle doré et un tabl<<aa contiwtable peint « Paris. Le 20 octobre 1711, ta b^nddicfi en fut faitit p»r M. Deluportf^, chapelain île cette maison, présence de M""^ Madeleine-Laurence Soyer d'Inlraville, i conde prieure et nièce de la fondatrice, dérédée le 9i ai 1709, par suite des rigueurs de l'hiver. Ce M. Delaporte, dd nous venons de parler, était un saint prélre, plein de dêsini ressèment et (l'amour pour son couvent. Pendant plus de via ans il le servit gratuitement et avec zèle, et en 1738, VaiiD de sa mort, il lui donna 300 livres comptant,)! condition qa'i lui ferait dire sin messes annuelles après sa mort. Il dcma» aussi d'être inhumé dans l'église, proche la porte par où Pi entrait dans le cloître, ce qui lui fut accordé par déitbérafil du chapitre, présidé par M"" Soyer d'Épinay, troisième prîmi
Les Bernardines d'Yvetot furent des premières & inlroiM dans le diocèse de Rouen la dévotion au Sacré-Cœur. En 171 M"* d'Inlraville fit bâtir dans l'église du couvent une du Sacré-Cœur de Jésus, avec contre-table en bois et t^l au milieu. Le 30 juin , un chanoine vint en iaire l'in guration, en célébrant la messe sur le nouvel autel. Il est remarquer que 1721 est l'année qui suivit la pesl* de " seille et la grande manifestation de M. do Bekunce en tax du Sacré-Cœur. Déjà, toutefois, pour combattre l'h» jansénienne, ennemie de cette dévotion, le culte du Cœur avait été introduit, en 1709, dans la cathédrale de Rouen, par MM. Blain, Belledame, Uubos et Descbomps. chanoines '. Vers 1777, la suppression du couvent des Bernardines fiit résolue par les deux autorités civile et spirituelle. M*" le cardinal commença par supprimer la clôture et pnr confier l'économat des biens <t M. Petit-Seigneur, appelé lanbïl curé d'Ectot-les-Bans, tantôt curé d'Amfreville
Cet honorable ecclésiastique adressa au conseil d'Etat requête pour obtenir la permission d'éteindre et de le monastère, ce qui fut accordé par arrêt du 38 mais 1 signifié à la sœur Millo.prieure, le 10 juillet de la même anni
Alors aucun obstacle ne s'opposant plus k ses di W le cardinal de La Rochefoucauld rendit, à Paris, le 10 vier 1780, un dUcret portatu tuppression du monasth-t dti tiardines d'Yvetot et union des bwns dudit mmmst^r* tant é
' Anefdiiirt redéiiaiiitiaes , par Sonne».
fabrique li'VrHot qu'à Iti communauté des sœurs li'Enmuonl île la ville de Roueji. Le pieux poiitifts duunait pour motifs de son décret • le grand nombre d'iiabitaiits que le curamercc attirail et multipliait dans Yvetot, les grands fruits que produit dans les &mes ta science de la foi et des mœurs clirt^tiennes, avantages qui ont de tout temps attiré l'attention de l'Eglise et de nos rois, et enfin la pénurie de ces sortes d'établissements h Yvetot qui manquait d'écoles pour les lilles et les garçons. *
En conséquence de la distribution qu'il faisait des biens des religieuses, lu partie du couvent, dédiée ii la fabrique, devait être affectée par elle au logement des vicaires et à une école de garçons tenue par les frères des Ecoles chrétiennes. L'autre portion était donnée aux sœurs d'Erncmont, pour y installer des classes de petites filles. Le bon archevêque n'avait pas oublié la pensée de prière qui avait présidé k la fondation de la maison; il obligea la fabrique ii faire acquitter deu\ messes chaque mois pour les Ames des fondateurs et bienfaiteurs du prieuré, puis il voulut, par une attention bien délicate, que les maîtres et maîtresses d'écoles fissent réciter Jt leurs enfants, k la même intention, le matin un PaUr et un Ace, le soir un de Profundis.
Ces sages dispositions étant prises et arrêtées, le roi Louis XVI les approuva par lettres-patentes du mois de février 1780, que le Parlement homologua le 25 mars suivant. Lecture en fut faite k Yvetot, par ministère d'huissier, aux parties intéressées, en l'Auberge ou peiuiait pour enseigne ta Place-Vicloire.
L'inventaire des biens et titres fut dressé, le 15 octobre 1781, par M. l'abbé Bordier, vicaire-général, et remis par lui au trésorier d'Y' vetot et le supérieur du couvent d'Ememont pour UD chartricr. Ces pièces se trouvent maintenant aux archives riemcntales. Ainsi Onit l'histoire d'une maison qui avait tine génération chrétienne et rendu quelques services it
teSO octobre 1831, j'ai visité & Yvetot ce qui restait du mo- Dislére des Bernardines. Depuis la Révolution, l'Etat y avait iuslsllé le tribunal de première iustance et la maison d'arrêt. La chapelle servait de grande salle d'audience. Mais cette année un nouveau tribunal a été construit sur une partie de l'ancien monastère. La chapelle vient de disparaître ainsi que le *fattfe . En creusant les fondations du nouvel édilice, on a
troavé r.inq ou six sqiideltes. L'un d'eux était vraîscmblat ment relui du véii érable abbé Oolaporte. On montre eocoi les cuisines, 1rs chambres des pcusionnaires et lu salle (]ui a vait d'école. VoilJi h peu près tout ce ijui reste de cette n dt! prière et d'instruction, devenue par le malheur drs I une m^son de Justice et de cbâtiment.
§ IV. — LA CSAPELLE DES DAMES-DLVNCHBS.
Les héritières naturelles des Bernardines d'Yvelot, sont I» religieuses picpucîenncs, communément nommées les Damt*- Blanchex. Cet ordre nouveau, institué dans un double but de prière et do travail, est voué à l'insti'uction des jeunes filles el k Tadoratiou perpétuelle du Sacrement de nos autels. Cefal en 179i, au plus fort de la Terreur, que M°" Aymer de la Chevalerie, établit, it Paris, cette maison de prières, dont la dirB^
tion spirituelle fut confiée au vénérable abbé Coudrin. fond»-
leur de la société dos prêtres de Picpus. En religion, ce* filb aînées de la nouvelle Eglise de Franco, portent le nom iT Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, aussi elles ont vould i] leur chapelle d'Yvetot, la plus belle de l'ordre, Tùt dMiée u cœurs sacrés qu'elles servent nuit et jour.
Installées à Yvetot, en 1829, dans une ancienne fabrique d Champ-de-Mars, les Dames-Blanches ont pris, sur cette l chrétienne, un accroissement qui n'est autre chose que la b nédiction de Dieu sur leur œuvre. Elles comptent aujount'U près de 40 religieuses de chœur et d'école, et le nombre d enfants confiés A leurs soins est vi-aiment considérable.
Depuis long-temps elles sentaient le besoin d'une chapt ce rom|ilément indispensable de toute maison religieuse, loi(( qu'en 1849 otlcs se décidèrent à en construire une dans I style plus pieus qu'archéologique. Le plan en fut donné p un membre même de la société de Picpus, M. Rouchui connu en religion sous le nom de frère Anastase. Ce boa r gieux est le frère du saint et vénérable évéque de Nilop< vicaire apostolique de l'Océanie orientale, qui après avoir é géliso les sauvages pendant huit ans, fut englouti au cap H4l en 1843, dans le naufrage de la Marif-Joseph, navire dp.sliité-4 ser^e des missions océaniennes.
11 n'a manqué au frbre Auastase, qu'un peu deconnalss de l'architecture chrétienne du moyen-âge, pour produire N un de ces petits monuments qu'on aime k louer sans J
uu seulement digne d'j rivaliser, «latis cette ville, uvl-c lus chapelles (le riiuspîce et (lu séininuire- Cette chapelle, toutefois, tout éclectique qu'elle est, respire la pai& et la piété, elle porte à la pnère et au recueillement, qualités essentielles pour une constructioii ecclésiastique.
Le plan général est la croix latine aux liras légÈremenl prononcés. Le sUex et la brique blanche, disposés par assises horizontales, en funt tout l'appareil. La porte d'entrée est une ogive rustique du siu* siècle, surmontée d'une rose dont les rayons se raméfient comme au svi* siècle. J'aime assez les deux cœurs de Jésus et de Marïe qui ornent le fronton de l'édifice. Ce symbolisme, pour être moderne, n'en est pas moins très-chrétien, Je bl&me seulement l'exécution : les (^urs sont trop gros elles épines trop fortes.
I L'intérieur de la chapelle s'abrite sous des voûtes en plAtre qui manquent d'élévation. Les ctels, dans le style du ivi« siècle, sont assez heureuses. Les colonnettes, qui supportent les arceaux, sont du même temps. A la rigueur on peut dire <iue )e style, choisi pour cet édifice, est celui du siècle de saint Louis, seulement il n'est pas toujours pur, ni dans l'ensemble, ni dans les détails. Je goûte peu cette niche lumineuse du fond du sanctuaire, qui encadre la Vierge de la médaille mïTacultfwie de 1830. Ce type, outre qu'il n'est pas beau, n'a point encore pour lui la consécration des iigcs, toujours obère ù l'Église.
Dans l'autel, en marbre blanc, ce que je prélere ce n'est pas 1% forme, c'est le corps de saint Boniface, martyr, extrait dos ■^tacombes de Rome et apporté, en 1829, par Id. l'abbé Coudrin, lorsqu'il accompagna le cardinal prince de Croy, ii l'élection de Pie VUl. Des litres d'autlienticilé accompagnent ce chef et ces ossements vénérables couchés sur uji lit de soie I rouge, emblème du martyre.
Presque toutes les fenêtres de cette chapelle, et elles sont I nombreuses, sont remplies de verres coloriés, donnés, soit par I W élèves de la maison, soit par des personnes bienfaisantes, I qui oui voulu garder l'anonyme. Dans le sanctuaire est d'un ^lé saint Pierre et de l'autre saint Paul, les colonnes de l'Église. Les autres ne contiennent que des feuillages et des fleu- ''UDS, dans le style desaint Louis. Tonte cette vitrerie est sortie, <'-Q f8i9, des ateliers de M. Bernard, verrier k Rouen.
e nous venons de décrire, a été bénite, le 21
mars 1850, par 4>I" ltl;i<ii|u:irt <.lt,' Bdillcui . arclievéque j Kuiieii, assisté d'un iioiiilircux clergé ut entouré des principi uutorités de la ville et de l' arrondissement.