V. — LA CHAPELLE DU SSHINAIRB
L'iiistitutiun ecclésiastique d'Yvetot , k laquelle on < communément le nom de séminaire parce qu'elle est dirigée par des ecclésiastiques et qu'elle a toujours été une pépinière de prêtres, est l'établissement le plus important de cette Tîlle et celui qui lui fait le plus d'iionneur. Son origine remonte » l'annéelSU, époque k laquelle un vicaire d'Yvetot, M. Bernage, réunit quelques jeunes gens pour leur enseigner le iatÎD. En 1826, un autre vicaire d'Yvetot, M. Boivin, achetait une maison qui devint le noyau de l'établissement actuel, et mourait quelques mois après. M. LebouUeus, ancien curé d'ïvelol. et alors supérieur du grand séminaire, prit en main l'œmTe nouvelle et régularisaracquisition. La maison devînt ainsi une institution diocésaine. Le 20 octobre 1836, M. Xavier Labbé, alors diacre, fut placé par lui k la télé du nouvel établissemeut qu'il a toujours dirigé depuis.
En 1847, la maison obtint le privilège du plein exercice, el elle compte aujourd'hui 19 directeur's-prétres et 230 élëviii Depuis 26 ans qu'elle existe, elle a fourni k l'Église bon nouibre d'excellents prêtres, et au pays une foule d'hommes de bien dans toutes les conditions.
L'accroissement considérable que prenait cbaque jour son institution, fit sentir k H. Labbé, la nécessité de cooslruire une chapelle pour y réunir les maîtres et les élèves. Fort heureusement lorsque cette pensée vint au pieux directeur, it j style chrétien commençait à renaître pour la réparation des \ églises ancieunes et pour la construction des nouvelles, l^oi heureusement encore la maison d'Yvetot venait de faire l'ai quisition d'un jeune ingénieur des constructions navales de Cherbourg, qui quittait une carrière administrative, où il auntl j brillé, pour le service des autels dont il relève parmi nous IH splendeur. V
Entré au séminaire d'Yvetot, en 1837, M. Robert commeOQMd la chapelle en 1 S39 . Pour donner la date précise de cette sud V.J œuvre, nous ne saurions mieux faire que de laisser parler l^ie pierres. Voici donc ce qu'on lit sur un des contre-forts ■
sanctuaire * > Hic lapis posltus est die xiii augusli an. rupiiratsesalutisM. v. ccc. xxkviiii }t révérend". David, vie. generali, scminaril superiorc, celsissiini ac emiiien tis simi in Chrislo patris D. D. Gustavi pHncipis de Croy S. R. E. pbri. archiepiscopi Rottiom. vices gerente. »
Cette chapelle, qui rappelle avec bonheur celle du grand séminaire de Bayeux, dont elle est lille, forme un carré long, terminé par une abside triangulaire. Le style qui domine est celui du xiii» siècle, mais du xiii' siècle finissant et déjà évidé comme le xiv. L'époque que M. Robert paraît préKrer dans l'ogive, est celle de 1290 ii 1310. A coup sûr c'est la meilleure pour des chapelles, car cette période se fait remarquer par ses chapelles de la Sainte-Vierge h Pécamp, li Rouen et k Saint- Germer ; mais pour des églises rurales cette forme serait trop fine et pour elles le commencement du xiii' vaut mieux que la fin.
La forme extérieure de la chapelle est pour le moment un peu nue et sévère; mais quand elle sera terminée elle aura beaucoup gagné en grâce. Afin d'en juger entièrement l'effet, il faut attendre que les contre-forts soient couronnés d'aiguilles et que les murs soient surmontés d'une balustrade <i jour. L'intérieur est simple et convenable. Cinq compartiments de voûtes s'appuient sur quatorze colonnes, dont six seulement sont entières et placées dans l'abside. Les autres se terminent à hauteur d'homme par un retrait dans le mur, comme au séroînaire de Bayeux. Rien n'est plus joli que les clés de voûte que l'on prendrait pour dos couronnes de feuillages ou des corbeilles de fleurs. Quinze fem^tres ii deux compartiments versent dans cette chapelle un jour surabondant que l'on est obligé de chasser avec des rideaux, et qu'il serait plus convenable de tempérer avec des verrières. Mais espérons que Dieu (permettra aux fondateurs de donner h leur œuvre ce dernier perfectionnement.
«reste ils ont tant Ji cœur leur entreprise, qu'en <8i5 ils Vt exécuter dans le sanctuaire et autour de l'autel une lécoration qui est l'œuvre de Bonnet, sculpteur h Rouen, nteur de l'église de Bon-Secours et du portad de Saint- Ooen. Cette décoration se compose, comme au iiii' siècle, de eoloRDes et de frontons tapissant les murs. Cinq niches ont (ipntiquées dans les vides pour y placer, au fond, l'adorable
Trinité, }i limite la Suiut&Vierge et saint Komain, évâqi Rouen ; à gauche saint Louis, roi de France, et sainte lrude> abbessc de Nivelle,
Les stalles en cliéne, style du xiv siècle, attendent un qui leur rc^emblc. Sur celui qui existe sont deux reliqui en bois, renfermant de précieuses reliques, offertes au 8< naire en 1 835, par un évèque missioaiiairequi revenait deRoi
Dans la sacristie de cette chapelle on conserve un des précieui vestiges d'orfèvrerie clirétienne que possède le cèse de Rouen et peut-être la Normandie. Nous voulons 1er d'un ostensoir encuivreoumonïtranceduSaînt-Sacremi admirablement découpé dans le stjle du xV ^ècle. Sauf matière, qui est du cuivre, cet ostensoir pourrait rivaliser les plus beaux morceaux de ce genre que renferme la Belgît et la Prusse rhénane. On dit même qu'il vient de ces provioi autrefois si catholiques. A coup sQr que s'il était en vermeil. 3 ne serait pas déplacé dans les trésors de Cologne et d'Aiila-Chapelle.
C'est un clocher gothique posé sur un pied k huit fei l lès-ouvragées. Sur le nœud, jadis émaillé, ou reconnaît core les six lettres du saint nom de irbsvb. La nwnstroMe do* tinée à enfermer la sainte hostie est ronde suivant raati((iK usage, mais clin est accompagnée de deux jolis contre-iurte. larges, aplatis, et découpés k jour. Sur chacun d'eux est représenté, dans une niche, le bon pasteur portant sa brehissur ses épaules, type le plus approprié au voyage de Jésu$-Ciiri>l sur la terre. Le couronnement qui surmonte est soutenu eu l'air avec la plus grande légèreté- Entouré k sa base par une ceinture de fleurs, il est tlanqué de quatre contre-forts, eatre lesquels s'élèvent des chapelles aux élégants clochetons. U haut clocher, qui les surmonte, est d'abord à jour commet';' était percé d'ouvertures, puis la pjTamide prend la forme d' aiguille squammée, munie de crochets et terminée par un comme une flèche d'église ■. Le lecteur comprendra trés-bi que la plume est impuissante h décrire ce petit chef-d'i vre d'orfèvrerie, qu'un crayon habile et exercé pourrait reproduire.
Cet ostensoir, qui a servi long-temps au grand séminaire
' Relmi avÉïL auirorois un ostensoir dp ce genre. VAmi ik la •lu i» lutn tW2, I. CLVi, p. 73t.
Houen, a lid; iluiinit fi la maison d'Yvetot vci-s 1828, par M. l'abbé LebouUeux, prutectcur de ce pensionnat. Puisse ce précieux débris, «^huppé il tant d'orages, i-edevenir parmi nous lo point de départ d'un heureux retour vers le bon goûl et la véritable orfèvrerie chrétienne !
Du reste cette chapetl* a pour nous ce mérite, c'est qu'elle a été, dans ce pays, le premier pas fait vers la résurrection de l'art chrétien ot qu'elle renoue U chaîne des traditions interrompues par la Réforme et la philosopliie voltairîenne. Placée en vue de toute U contrée, elle a dû avoir, sur l'esprit religieux des Cauchois, une grande action morale, Ajoutons aussi que le «ligne architecte qui l'abiltic, enrôlé maintenant dans la milice cléricale, a exercé et exerce tous les jours sur ce pays une heureuse ni légitime influence. Son dévoûment et ses connaissances, appréciées comme elles le méritent, sont mises sans cesse k contribution, non-seulement par ses confrères, qui s'y croient autorisés, mais encore par les administrations publiques que su bonté encourage, M. l'abbé Robert aura donc été pour beaucoup dans le grand mouvement ecctésiologique qui se manifeste k l'heure qu'il est dans l'arrondissement (l'Yvetot et le diocèse de Rouen. Aussi nous ne craignons pas d'iippli([uer à ce clerc-maltre-ès-œuvres, dussions-nous blesser sa modestie, l'éloge que la Sainte- Ecriture accorde au fils d'Onias : t Sacerdos. . . in vità suA sulTulsit domum et in dicbus saiscorroboravit templum '. #
I VI. — u CHIPBLLB DH l'bOSPICB.
Eu I SI 6 Yvetot était déji^ une ville de 9,000 Ames et cependant il ne possédait pas encore d'hôpiUil, celte annexe nécessaire de tout séjour humain. Ce n'est pas certes qu'Yvctot Hanq uAt de pauvres ; car cette ville a toujours eu le privilège élîque de la misère, et ses mendiants sont connus dans ! pays de Caux, qu'ils parcourent, depuis des siècles, ton k la main. En 1808, comme en 4776, les pauvres "ÏTetot mendiaient jusque dans l'église, et la fabrique fui ubligée de recourir aux lois ', et de prendre des mesures de Wgfueur pour chasser du temple ces profanateurs d'une nouvelle nspiice '
■ EeeUtiOâtiqui r. 50. V I. - ' Arr*l! du H mai 1362, ilu 20 J«n •1er )(F76etdu 30 mars il\H.— ' Rc);i!lrcs de l'nn m t 1806. — R cgi tlrr> rfe ITTS* (792
II y a vingt-cinq ans, les rues, les places, les hôtels et les voitures publiques étaient littéralement assiégés par les truands et les vagabonds. L'histoire du manteau de saint Martin aurait été aussi bien placée aux barrières d*Yvetot qu'aux portes d'Amiens.
Un homme de bien, M. Asselin des Parts, se préoccupa de cette situation malheureuse et anormale. Possesseur du fief des Parts, auquel il devait son titre, il donna à la ville ce quartier rempli de tisserands et de journaliers. Ce fut le 22 juin 4846, presque la veille de sa mort, qu'il efiectua cette donation, à la seule condition que son nom serait porté par le nouvel hospice.
Ce legs, estimé h 7,000 fr. de revenu, fut consenti par l'Etat et la famille du donateur. La ville n'ayant pu tout d'abord créer un hospice se contenta d'instituer une commission administrative chargée de poursuivre l'œuvre et de réaliser la volonté du testateur. Dès 1818 elle trouva moyen d'établu*, avec le concours des plus riches habitants du pays, 25 lits dans une maison de la Tue du Clos-du-Manoir, dirigée par la sœur Saint-Edouard, religieuse d'Ememont.
Ce fut le grain de sénevé planté sur cette terre k la fois pauvre et charitable. D'un côté les malheureux remplis de préjugés et de dégoût à l'endroit du lit de l'hôpital, so réconcilièrent avec cette institution bienfaisante destinée k adoucir leurs derniers jours. D'autre part les riches voyant le bien qui s'y faisait chaque jour et les bénédictions que Dieu répandait sur cette maison, se plurent à y déposer leurs aumônes et à favoriser le développement de cette œuvre de miséricorde. C'est ainsi que l'on vit, dès 4846, M. l'abbé Closet, chanoine de Troyes et d'Auxerre, donner par testament une somme de 6,000 fr. ; en 4825, M. l'abbé Guignery, curé de Cliponville, léguer une somme de 8,000 fr. ; en 4830, M. Bapeaume abandonner son jardin de la nte du Petit-Bois, et M"*' Roger donner 40,000 fr. en 4834, et 2,000 fr. en 4832.
De 4848 H 4820 les pauvres affluèrent à l'hôpital d'Yvetot. Les indigents prenaient goût à cette institution mieux connue et mieux appréciée. Aussi l'administration s'empressa-t-elle d'acheter, en 4820, l'ancienne auberge de la Ville de Rouen, dans la rue du Cahaire, où elle s'installa sur une plus grande échelle, le 22 seplembro 4821 . A celte époque les infirmes et
les vit:iilar[ls, au nombre de ([uaraiite, manquaient de chapelle et s'en plaignaient. En 4829 des dons volontaires aidèreol il en bâtir une qui fut béntUi le 23 mars 1830. et qui eut pour premier chapelain M. l'abbé Boulen, aujourd'hui principal du collège d'Aumale.
En 1835,1a commission voyant son œu\Te prendre un nouvel et heureux développement, conçut le projet de quitter la rue du Calvaire où elle se trouvait trop k l'étroit et d'aller s'établir dans un pré du faubourg, sur la route du Haore. Le gouvernement ayant approuvé cette résolution, on demanda un devis h M. Grégoire, architecte du département- L'architecte éleva la première dépense k 98,000 fr. L'adjudication en fut passée le 6 mars 1837, au profit du sieur Boitard, entrepreneur Il Yvetol. L'édifice actuel étant terminé en 18il , on y transporta les malades et les religieuses, et afin de satisfaire à sa conscience autant qu'au désir du fondateur, l'administration lit écrire en lettres d'or sur la balustrade d'entrée : < HflSPtCB-iSSRLin. »
Hais dans ce palais de l'indigence, manquait une chapelle, cette âme de la charité. Projetée dès I8ii, elle ne liit commencée qu'en 1845, par le zèle de M. Amable Dubuc, administrateur de l'hospice, qui partit de ce principe très-chrétien et qui fait grand honneur k notre siècle, k savoir qa' a^joltrd'l^ui une église jinissaU toujours. Plein de cette confiance, il hypothéqua sa chapelle sur la foi et l'espérance, toujours suivies de la charité. Il faut savoir que M. Dubuc n'avait en caisse que 3,000 fr. pour commencer un édiiice estimé k 30,000, et qui, avec les décors et l'ameublement, en coûtera 60. M. l'abbé Robert, auteur du plan et conducteur de l'œuvre, était digne de comprendre et de seconder M. Dubuc, et c'est k eux qu'Yvetot devra le plus beau fleuron de sa couronne murale, car cette chapelle est délicieuse pour le style, qui allie k la force et à la solidité, la gr&ce et la légèreté des formes.
Le style est emprunté k la fin du xni' siècle ou au commeucement du iiv«, c'est-à-dire k la période la plus gracieuse et la plus élégante de l'ogive, devenue la reine du monde. C'est il ce type que nous devons les chapelles méridionales iW l'abbaye de Fécump, les deux portails latéraux de In cathédrale (le Houen, le portail de Saint-Jacques de Dieppe, la chapello des Augustins de Rouen, la flèche dv Suint-I'ierre <le l'^en,
la Saintc-Chapulli! de Salit l-Gcnucr. cl surtout le chœur ilti la magnifique abbaye rie Saint-Ouoii.
Longue de 27 mètres et large rie 9, cette chapdle compte 40 mëlrcs 50 sous voâte. L'appareil est en silex gris, alterna de briques blanches, par lignes horizontales. La pierre de taille n'est employc^e qu'au sommet des contre-forls, h l'encadrement des feniHres et aux arceaux des voûtes. Les fenêtres, au nombre de 15, seriécoupenten deux lancettes aiguës surmontées d'une rose. Les clefs des voûtes sont trî-s-ëlégammenl fouillées. Mais rien n'a été évirié avec plus de grâce et de finesse que le rang rie trèfles qui décore le sanctuaire. Il y en a 50, rcnfennant chacun une fleur ou une plante diverse. On dirait un herbier ou une collection botanique. C'est la plus Jolie Flore murale que nous ayons jamais vue, et nous félicitons l'architecte de cette heureuse création qui est pariailemenl neuve. H. Bonnet, habile sculpteur de Rouen, a parfaitement secondé M. Robert dans l'exécution des chapiteaux, des defe rie voûle et des trèfles comme dans le couronnement des chapiteaux, qui est fort original.
II manque encore le pavage et la vitrerie; mais qu'est-ce que cela en comparaison des prodiges qui ont été opérés dtv puis sept ans, malgré des années de disette et rie troubles, comme I8t7 et 1 848 ? Cette chapelle qui aura absorbé 60,000 fisera bientàt terminée sans avoir presque rien coûté au binlgFl ries pauvres : des aumônes, des dons, des loteries auront tout fait. Citons, pour le bon exemple, M. Bourdon, administrateur de l'hospice, quiaconsacré 12,000 fr. & cette œuvre. Les noms des autres bienfaiteurs sont écrils dans ce livre de vie que les anges rédigent tous les soirs sous l'œil de Dieu. !
ADZEBOSC. {
Auzebose jadis était un bois It qui l'on a donné le nom de son propriétaire, Ausou ou Auzou, en latin Osulfus. Ausà le patron est saint Jean-Baptiste, l'apAtre du désert, dont le feu sacré s'allumait encore en 1825, Ce village doit son oit— gine fi des seigneurs normands, fiers chevaliers dont le casl^^ est loin de l'église et qui combattirent vaiBammeul dans Is^ (champs de ilastings et sous les murs de Jérusalem.
Leur pri'miiT temple, construit avec de la bauge et des ■
bros riolés
fut I
nversé par ce tiii" siècle qui l
toutes les églises pour le seul plaisir de les l'aire grandes et éternelles comme Dieu. Le 37 septembre 1 267, Eudes Uigaud, ^cliovéque de Rnueii, diidia, à Auzcbosc, une église parois^ sîaledoiit il ne reste plus une seule trace, quoi qu'eii aient dit •juelquos écrivains moilernes >.
La partie la plus ancienne et la plus munumcntalo de cette église, si souvent renouvelée, c'est le clocher et ses deux transepts, bfttis en pierre, k la fin du nvi* siècle. Les deux chapelles avaient autrefois de belles tenètres garnies de meneaux et (le verrières. La tour du clocher, relevée au temps de Henri IV, resta inachevée jusqu'en 18i3, époque où M. l'abbé Tranchard, curé actuel, fit construire la tlèche par HM. Lecomble, d'ïvelot, et FoUin, de Caudebec.
La cloche renfermée dans le beffroi porte cette inscription :
•I L'«n IS07, )'4y eslti bénits pnr measlrc Jeun-Jacques Je Merleson, prc9tre, curé et inïsuricr <Ja ceate église et parolue, et Domméo par baui et pDiuanl seigneur mcssire Cbarles do Bïran, chevalier, Eapilaine de <:uni genlilsbommes an Bel le Corbm! du ror, Migneutlet patron d'Auzebosc, ToulTrevilie, le Uodcn et antres terres, et dame Renée-Mario de JuurJerie de Bjran, dame de Caetel-Galoui. — Jean Buret et Jacques Mallierbe n'ont felo. ■
Comme on le voit par cette inscription, la cure d'Auzebosc fut toujours seigneuriale. Guillaume de Callctot, chevalier, en était patron sous saint Louis, lorsqu'il présenta le prêtre Go- (tefi-oy it ce bénéfice, qui valait 70 livres. Toujours, depuis ce temps, le seigneur a préscnlé : tes aveux el les poutUés en font fui ainsi que la litre armoriée qui entoure l'église.
II y a plus, au milieu du dernier siècle le seigneur-patron d'Auzebosc, étant prêtre, devint curé de la paroisse. Cliarlcs- Heitri de Biran, curé de Touffreville-la-Corbeline, fut pourvu, en 47i3, de ce bénéfice, qui relevait de sa famille ainsi que le précédent, 11 y rssta vingt ans, pendant lesquels il reconstruisit le presbytère qui ressemble k un château. Malheureusement il a été aliéné k la Révolution. Il fit aussi reb&tir la nef avec de la pierre et de la brique, dans ce style Louis XV qui ast ici moins malheureux qu'ailleurs. Le chœur doit fitre du mâme temps, et pouiTaît bien âtre un nouveau bienfait de ce patron décimateur. Ce bon curé, mort k l'Age de 63 ans, fut inhumé dans le chœur de son église, le S octobre 1764. Après
t. Guilmeib, i. ti. p 33, et M Fromentin, p. t69
cent ans, on se souvient encore de son passage, tajïl il vrai que la ménioire de l'homme de bien est étemelle.
Les seigneurs qui succédèrent k la famille de Biran ne furent pas moins zélés pour l'embellissement de l'église d'Auzebosc. Vers le règne de Louis XVT, M. Despomare donna deux charmants autels de chêne que l'on voit dans les chapelles des transepts. On dit qu'ils ont été travaillés à Paris; ce qui est' certain, c'est que ce sont des modèles de menuiserie-sculpture de ce temps-là. Les contre-tables sont en style ionique. Deux pilastres sont revêtus de guirlandes de fleurs du plus heureux effet. Le tabernacle a la forme d'une tour ronde comme le Saint-Sépulcre k Jérusalem. Malheureusement la Révolution a effacé les écussons du donateur.
Nous signalerons, parmi les statues, un Saint-Germaii évëque, assis dans une chaire, charmante image du \\f siècle.
La croix du cimelibre est en pierre et du temps de Henri IV Ici tout semble dire que l'église a beaucx>up souffert du voi- «nage des armées royalistes, catholiques ou espagnoles, des combats acharnés que se livrèrent sxa ces plaines, 4592, le Béarnais et Mayenne, le duc de Parme et Biron.
Auzebosc ou Osebosc comptait iO paroissiens en 1350, feus en 1 73S . Aujourd'hui c'estune succursale de 730 habitaol
Avant de quitter Auzebosc, saluons le vieux ch&teau di M^'Housselin conserve précieusement les pittoresques débi Ces ruines se composent d'une tour ronde, du xv" siècle, donjon tronqué par la main des hommes, mais dont les voAl sombres sont pleines de ténèbres et d'un mystérieux ùlenoe. cOté est l'ancien manoir dont on ne peut s'empêcher d'i rer les hardis et vigoureux culs-de-lampe des tourelles, n'est plus la noble demeure qu'habitèrent les compagnons Guillaume et de Robert, mais en reranche c'est bien qu'occupèrent, au mois d'avril 1 593, le duc de Mayenue et les courageux défenseurs de la foi catholique.
A cette époque la forteresse féodale renfermait une chapelle dédiée k saint Hélaine- Aujourd'hui il n'y a plus qu'un chi mant oratoire, construit, comme le château, au siècle derniefi décoré d'un élégant fenestrage et d'un pavage mosiiiai le goùl le plus moderni'.
ne
LE BOIS-HIXOHT.
Cette cliapolle, dédiée fi saint Laurent, diacre, csl stbite dtins les avenues du château qui l'enveloppent de leai^ épaisses allées de hôtres. Il semble que le seigneur ait pris sur sou jardin pour bâtir l'église et pour donner le cimetière, tin sentier, couvert d'herbe, conduit h cette modeste maison de Dieu, qui fut presque entièrement reconstruite il y a cent ans, sauf un fi-agment de mur du xvi" siècle et une porte en anse de panier du xiii'. Il semble que les trois siècles de constmclioG ecclésiastique aient tenu à poser leur cachet sur cette œuuc.
Le seigneur en conserva toujours le patrona^fe- Ses armes ne sont pas encore eOacées des murailles. Il paraît bien que le lief du Boi^-Himont dépendait de celui d'Êtelan, car Bntlts Rigaud et Toussaint Duplessis, qui écrivaient ans cxtrémiUs du monde féodal, mentionnent tous deux le sire d'Etelan. Sous saint Louis le curé Godcfroy comptait 70 paroissiens ; ttna Louis XV il n'y avait plus que 36 feux ipii étaient remonl^ à 65 en 1820. A présent c'est une commune de 450 bahitanb annexée h Aux(J)osc.
Le Bois-nimont est appelé Bosc-Himont dans le pouUU de l'abbû Saas, Bos-Himon dans la Descriplioii de Duplessis, el Bosc-Himont sur la Carte du diocèse. Rigaud dit Bois-ÏIimoal. Tout cela prouve une origine forestière, une terre sortie d» bois par la culture.
Cbapblle de Saint-Gui llauhe-du-Dssrkt. — A la naissance de l'un de ces vallons sauvages et forestiers, qui forment le bassin de l'Ambion et la vallée de Sainle^ertrude, on trouve, il la crête d'un coteau, une chapelle rustique que la piété n fait éclore comme un bouquet sauvage ou comme une fleur du désert. Cette chapelle, appelée depuis plusieurs siècli» Sainl~iruillau'me~d>i-Dégerl ou SaitU-GuUlaume-du-Disert-da- Valléeg, mérite encore aujourd'hui cette double appellation. Située loin des villages et des hameaux, dans une ferme solitaire qu'elle semble garder, elle ne voit autour d'elle que li'' noirs vallons qui descendent comme des précipices ou bien de sombres taillis, restes de forêts disparues. Cette pamie chapelle repose l'esprit et le cœur au milieu de cette saittudv profonde, et elle est la précieuse consolation des hommes rudes et laborieux qui vivent aux alentours. Aussi les senli^st* qui y conduisent sont souvent battus par les fermle^^Jg^
gerg, \e& bouviers, et tous les liummus des champs, i]Ui viennent y demander la guérison de leurs bestiaux, leur plus grande richesse. C'est sans doute par un admirable instinct, que ces pauvres serfs de la glèbe ont choisi, pour patron de leur chapelle, un saint ermite dont l'image, disent-ils, fut trouvée dans le fond de la vallée. Aussi cette statue de bois, ils la couvrent de rubans et de fleurs champêtres. Toute l'année des pèlerins s'y rendent, mais surtout le mardi de la PentecAte où l'on fait l'office du saint patron.
Cette chapelle dut être fondée vers le xv siècle. La première fob qu'il est question d'elle dans les registres de l'archevêché, c'est en 1485 '. Depuis, les pouillés en ont toujours parlé comme d'un béuéllce à la présentation du seigneur ^. Vendue à la Révolution, elle est k présent la propriété de M. Vauquelin, qui l'aiait réparer en 1828. Ce n'est plus qu'une construction eu brique et en silex, rude comme une plante des bois, simple comme une fleur venue sans culture.
&itot Guillaume, patron de cotte chapelle, fut un duc d'Aquitaine, brave lieutenant de Charlemagne, qui après avoir combattu les Sarrasins, se lit ermite dans la vallée de Gellone, où il mourut le 28 mai 804, après avoir fondé un monastère qui s'appela Saint-GuiUaume-ilii^Désiirt. Ici il est représenté k genoux devant une croix et un livre. Il est vêtu en homme de guerre et porte un casiiue, des brassards, une cuirasse et des chaînes autour du son corps. Le peintre s'est assez bien inspiré del'agiographie.
A Fougères, on montre encore la grotte de saint Guillaume, ce qui prouve que partout la pensée du soldat se lie ît celle de l'ermite. Ce mélange de foi'ce et rie piété devait toucher l'homme des champs, charmé de rencontrer un ami dans celoi qu'il avait craint conmie son mattre. Ce guorrier-pénilent, cet homme du monde retiré au désert après une brillante carrJàre, devait singulièrement trapper et consoler le pauvre laboureur, courbé sous le poids des labeurs, car elle lui montre que la gloire et la fortune ne contentent pas le cœur et ne remplissent pas l'flme, tandis que la vie des champs est un baume qui calme, l'air des bois un doux parfum qui désaltère, et la vue de la nature une échelle qui conduit à Dieu.
C'est avec une vive émotion que nous nous sommes âgeilcwls, t t". p. 3fi8. — ■ l'ouilK» de 1G48, 17(M el I!
nouille dans cette chapelle et que nous avons demandé à Dieu de conserver long-temps à nos paysans cauchois cette source de grâces et de consolation. Nous avons prié saint Guillaume de vouloir bien demeurer toujours le protecteur de ces hommes qui l'honorent et qui ont confiance en lui.
TOlJFFlftEVIIiliS-IiA-COlftBfililME.
Sur un étroit plateau qui domine et la vallée de la Fontenelle et le bassin de la Rençon , s'est placé le village de Touffreville-la-Corbeline, composé de tisserands et de cultivateurs. Une humble flèche d'ardoise, qui commande à peine les arbres et les totts, surmonte une tour romane du xii* siècle, construite avec du silex et de la pierre. Cette pyramide, grossièrement feite, est placée d'une façon très-originale au côté méridional de Téglise, près du chœur et de la nef.
Le reste de l'édifice, assez régulier, est peu monumental. Le portail, en pierre, et l'arcade du crucifix ont dû être construits vers le temps de la Ligue. Le chœur, en pierre blanche, indique le règne de Louis XV. La nef, en brique et en pierre, dut le précéder à peine de quelques années.
Cette église, dédiée à saint Martin de Tours, est l'objet d'un pèlerinage assez fréquenté tous les jours de l'année. Outre le saint patron, on y invoque aussi sainte Avoye, pour les maladies de la rate. C'est le jour de la Sainte-Trinité que ce pèlerinage est le plus fréquenté. Sainte Avoye est également honorée dans les églises d'Imbleville et de Grugny . Malheureusement ici il ne paratt pas que l'on connaisse sainte Avoye ou sainte Hedwige, duchesse de Pologne, morte le 4 5 octobre 1 243, mais bien une autre sainte Avoye, que les Fleurs des Saints font compagne de sainte Ursule. Les légendaires soutiennent qu'elle était fille d'un roi de Sicile, et qu'après avoûr échappé au massacre des vierges de Cologne, elle fut prise par un capitaine idolâtre et enfermée par lui dans une prison obscure, afin de dompter sa vertu chrétienne. Mais Jésus-Christ n'abandonnant pas sa servante éclaira le cachot et envoya tous les jours sa sainte Mère porter à la jeune captive des pains pétris par la main des anges. C'est ce que l'artiste chrétien a voulu représenter par cette prison aux tourelles crénelées où une femme paratt à la fenêtre, joignant les mains et élevant
liieusvineiU !e puiii el le vin apportés par la messagère de la Providence.
TouffrevilIc-!a-CorbeIiiie comptait 100 paroissiens en 1260, et 130 feux en t738. Aujourd'hui c'est encore une succursale lie <,300 ftmes avec la réunion du Verf-Bosc.
L'église de Touffreville fut toujours uu bénéfice seigneurial ùl de tout temps k la présentation des propriétaires de ce fief. Tous les pouillés sont d'accord sur ce point < ; celui de Rigaud dit que les seigneurs de TouHreville présentÈrenl h l'archevêque Thibaut d'Amiens, Raoul comme curé et Richard comme vicaire. Rigaud lui-même nomma à la cure le prêtre Nicolas, sur la pri'senlation de Nicolas Malmains, chevalier, soigneur du Heu.
On ne cite pourtant aucun chAteau ii Toufi'reville, mais dans les terres, si bien cultivées par M. Lemarié, on trouve des tuiles et des poteries antiques, ainsi que des meules II broyer en poudingue. Dans \e Bois de la Salle, situé vers Yvetot, au penchant de la vallée de la Rençon, on parcourt avec étonnement une série d'enceintes militaires et de fossés profonds remplis d'eau entourant des mottes élevées, mystérieuses vigies des premiers habitants de ces contrées, réoccupées par les troupes de Henri IV et les ligueurs de Mayenne, de 1589 Ji 1592. Un écrivain pense que le Boia de la Salle pourrait bien avoir pris son nom d'une famille de la Salle qui l'aurait pos-
' Le» archivei dépoiécs h la préfectare parlent dam le rafme »Dt, elles citent un seigneor il'Ausebaïc, qai était pairoa ilc TouITrevillo.
sédéeii136i'. Nuus purlugcrons dillïcilcmenl celle upînion e voyaiil (les bois el des champs <le la Salle h Notrc-Dame- Gravenclion , ^ Saint-Saëns , k BcUencombre , h Rusay, Saiut-Aubiii-sur-Mer et h Saint-Hartin-Omonvillc- Ici, conm ailleurs, nous croyons que celLo qualiticutioii vionl de ruûw antiques, et que c'est la famille qui a pris le nom de la tcm et non la terre qui a pris le nom de la famille.
Lb Vbbt-Bosc. — L'église de Sainl-Pierre du Vert-Bosc xf partcuait aux religieux d'Ouville-l'Abbaye. Gauthier de Suiiil Martin, seigneur du Vert-Bosc, avait donné cette cuie i prieuré, en 1207. Nous sommes convaincu qu'îi cette époqo ce pauvre village n'était guère, comme son nom l'iiidiqui qu'un bosquet verdoyant (viridis boscusj. Saint Léonard, ho noré dans cette église, est pour nous une preuve de plus, c ce saint ne se trouve guère qu'au milieu des bois dérdchés { encore sur pied. En 1260 le Vert-Bosc valait 12 livres etcomp tait 38 paroissiens, ou 28 maisons ; il cotte époquo lo curO. qi s'appelait Jean, avait été présenté par le prieur d'Ouville, < nommé par l'arcbevâque Rigaud. Il n'y en avait plus que 3 quand la Révolution l'effaça pour toujours du nombre de paroisses.
Lorsqu'en 1825 oa démolit l'église du Vert-Bosc, on trou? dans les fondations du cbceur, un très-beau salut d'o d'Angleterre llenri V ou Henri VI.
Dans le chœur de celle église délaissée, fut inhumé, le I septembre 17i8, noble et discrète personne Charlcs-Réni Pierre-Adrien de Toupin d'Orival, prêtre de la compagnie i Jésus, mort à l'Âge de 67 ans i, k l'ombre de ce clocher oii avait été baptisé. La pieuse et savante société dans laquelle ! était entré, avait pour sa science et son talent la plus haut considération. Après la mort du père Daniel, arrivée en 1 788, ( le chargea de continuer l'abrégé, que cet auteur célèbre tm entrepris lui-même, de sa grande Histoire de France, Dan» avait composé neuf volumes in-IS; d'Orival en ajouta tro4 mais l'ouvrage, ainsi augmenté, ne parut qu'en 1751, trots a: après sa mort. Le P. d'Orival a laissé encore quelques ouvr ges de critique ^.
' H. A. Fromeotio, Euai hittoriqut mr Furiol. ij, 176.-
— ' Registre Uc la paroisic du VcrL-Bosc, nu grcITe da irili. ciiU (ITreM
— ' Gullbcri, Mém. Biograjih., i. Ii, (i. 472. — rromcniin, »ur rwtol, p. 172.
Cette piiroisst- l'st juiiti'iUL'iit iionuiii-e sur les monls. car dlir est liarditii(;iil jeti'e sur une de ces hautes culllnos qui doiuineiil la vallée de la Itençon. ha modeste église, qui l'assemble cha<iue dimanche uue communauté de pauvres tisserands, se cache l4midement au milieu des arbres et des métairies qui l'entourent. Ce champêtre éditice date entièrement, dans son ensemble, du xiii' siècle, mais le chœur seul et la chapelle seigneuriale eu ont conser^'é les principaux caractères. Le chœur montre, k son chevet, une fort belle fenêtre à trois compartiments, surmontée de trois trèfles encadrés dans un cercle. Les chapiteaux présentent des feuillages ouverts avec beaucoup Je grflce. L'un d'eux est formé de trois têtes humaines, dont l'analogue se trouve k Sainte-Marie-des-Champs, église voisine et contemporaine, car si la fenêtre de Sainte- Harie est de 126*, celle de Saint-Clair est évidemment du même temps.
Ces deux fenêtres semblent une image de la Trinité. Le nombre trois est ici reproduit de trois manières différentes. 11 ne serait pas impossible que uos pères aient attaché k ta tête de leurs temples, k l'orient de leurs yeux levés pour la prière, l'idée symbolique de ce grand mystère, qui est le commencement et la fm de toutes choses.
La fenêtre du chevet a été masquée au dehors par une sacristie, au dedans par un mauvais tableau du Sacré-Cœur. Les autres fenêtres du chœur ont été refaites au siècle dernier. I.a nef, primitivement ancienne, a été retouchée au xvi' et au xviu* siècle. La porte, qui était au nord, a été reportée de nos jours au pignon de l'ouest, que surmontait jadis un pignon à tinterelles.
La partie la plus curieuse de cette église c'est une grande chapelle seigneuriale du xm" siècle, qui éperonne le côté nord flu chœur. Une piscine rustique prouve qu'elle renferma primitivement un autel . Cette chapelle, magnifique pour le temps, dot être construite pour saint Clair, par les sires d'ïvetol, M'gneurs-patrons de cette paroisse, dans le temps d'Emles Aigaud, qui cite Gautier d'Yvetot, chevalier. Dans les derniers %es on dit (pie le fief et le bénéfice appartenaient è MM. de 7ailla.nville, anciens baillis, dont la chapelle porte encore le
Dans l'hUtoJre île cette cure seigneuriitle on raconte qu t681 le seigneur d'Yvetot ëtaot mineur, Luuis XIV préseï n la cure de Saint-Clair-sur-les-Monls, parce qu'il avait la gi noble du jeune gentilhomme i.
Au xiii* siècle Saint-Clair comptait 16 paroissiens, eH6fi en 1738, aujourd'hui c'est une succursale de 720 habitants, qui prouve que le pays a grandement prospéré.
Saint-Clair pourtant fut ravagé par les pestes et les ma! comme la ville d'Yvetot, sa voisine; ensemble elles s par un vœu pour un pèlerinage au Précieux Sang de Fécân voyage qu'elles accom|ilissaient chaque année par une ] cession solennelle le mardi de la Trinité. Depuis quelque k le voyage a cessé, mais la dévotion populaire a conservé i messe du Précieux Sang ou de la Vraie Croix, le premier r dredi de chaque mois, et une grand'messe le vendredi de Trinité.
Le saint patron est représenté en habit de prêtre, teni dans SCS mains la moitié de sa tête. Le 17 de juillet quelqi pèlerins viennent encore l'invoquer. Autrefois ils étaient ti" nombreux, et leur confrérie, qui dure encore, comptait bel coup d'associés. Le vestige le plus vivace qui soit resté de fête et de la société, c'est une assemblée trës-fréquenlée i abonde toute la ville d'Yvetot
Le dépôt des archives historiques de la Seine-Inférietl conserve une liasse fort importante pour l'histoire de l'éj " et de la paroisse Saint-Clair. Une pièce curieuse du dossier j une remontrance des habitants de la paroisse qui, réuotï l'état de. commun sous la direction des deux syndics qui l'i ministraicnt, refusent de loger les troupes du régiment Foix qui traversait le pays. C'était en 1736, au moment où a mentait la malheureuse guerre de sept ans. Un registre < comptes et délibérations de fabrique va de 1710 Jt 1771, l la pièce la plus curieuse est un reçu du céli;bre Leprii peintre et doreur des gloires de Saint-Maclou et de Sati Vincent de Rouen, qui atteste avoir blanchi la nef, la chapelle de Saint-Nicolas, doré la statue de la Sainte- Vitf peint l'autel, la chaire et la voûte du chœur et doré le labi naele et la niche ; le tout pour 3i0 livres. Le grand décm
' Duiilessii, 1. I", |j, ISO ul iOl,
leur aurait bien besoin de revenir dans citli- églisi-, inr iie|iuis rent ans son travail est bien flétri.
SAINTE-TTEARIK-nES-ClIAMPS.
Le 26 septembre 1264, apr^s avoir passé la nuit h Baoïisle-Comte, Eudes Rigaud, archeviiquo de Rouen, vint fi Saint<v MariB-des-Champs, pçur y dédier l'église, comme il le dit Iui-mi>me dans le Journal de ses Visites : « DedJcavimus ecclesiam beatie Mari» de campis. » Lit aussi il passa la nuit et il fut hébergé aux frais du curé et des paroissiens. De cellf; église, consacrée au \m* siècle, il reste encore le chœur dont 1b fenêtre terminale se compose de trois lancettes surmontées de trois roses rondes, double emblème de la Sainte-'frinité, que rappelle une fois de plus un chapiteau à trois tintes. ■ Cetl« belle fenêtre est masquée par une Assomption, peinture dans le genre de Boucher, qui s'en va en lambeaux. Nous &îsons des vœux pour que l'on restaure cette bonne toile et qu'on la place ailleurs; puis, qu'un heureux effort du zèle paroissial rétablisse dans la fenêtre terminale la riche verrière qui éclaira l'ami de saint Louis, lorsque pour la première fois il lit descendre Dieu dans ce nouveau sanctuaire. Puisse aussi le vieil if du cimetière, témoin de la piété des ancêtres dans ta construction de l'église, voir avant de mourir les en- ^ts conser%'er et embellir l'œuvTe de leurs pères.
De l'église du xiii" siècle il ne reste dans la nef que l'ogive du portail et une partie de l'appareil du nord. Le xvii" siècle a percé les larges ot nombreuses fenêtres du midi, rebâti l'arcade du crucifix et placé dans les fenêtres des vitraux coloriés dont il reste des fragments.
Ce qui m'a frappé le plus k Sainte-Marie, c'est un groupe grossier, représentant saint Cyr et sainte Julitte, dans une chaudière d'airain. Sur leurs tîntes sont des couronnes et des palmes croisées, sous la chaudière des flammes ardentes font bouillir l'huile de leur sacriiice. Un bourreau tient un soufflet pour augmenter l'aclivilé du feu, tandis qu'un autre agite la fournaise avec une fourche.
Saint Cyr est ici l'objet de la dévotion des cultivateurs, qui viennent l'invoquer pour leurs grains et leurs moissons. Autrefois plusieurs paroisses y venaient en procession. Il y a une confrérie qui fait chanter une grancf'iaesse le
16 Juin, jour de la fitte du jeune murtyr. Les paysans de I vallée de Bray font un semblable pèlerinage à Sainl-Cyr, i prieuré de Sigy, et dans l'église même Us plantent clos bn ches de bouleau.
La paroisse de Sainte-Marie-des-Cliamps, si voisine d'Yveto fut toujours dans la dépendance de ce grand fief féodal, par-" fois décoré du titre de royaume. Lorsque Eudes Rigaud rédigeait son pouillé, le sire d'Yvetot, patron de cette paroisseï avait présentée Pierre de Collemieu un laïque nommé Richai ~ avec le titre de personne. La cure valait 50 livres et compta 60 paroissiens. En t738 c'était une aggrégation de SO feu] Enlin aujourd'hui c'est une succursale de 900 âmes, éiigi par ordonnance royale, du 18 mars 1838.
Le dépôt de nos archives départementales consente tous b titres et papiers de la paroisse de Sainte-Marie. On y trouvj une liasse de parchemins du ivii" et iviii" sifecle, contenant It aveus, les contrats de biens et les rentes de l'église, pui trois registres renfermant les comptes et délibérations de ï fabrique, depuis 161 i jusqu'en 1793.
M. Guilmcth cite, parmi les curés de cette paroisse, Anloinl Corneille, oncle de notre célèbre tragique. Cet ecclésîastiqi né vers 1577, aurait été curé de Sainte-Marie en 16
C'est è Sainte-Marie-des-Champs que mourut , le 47 J cembre 1783, l'abbé Kossard, célèbre prédicateur du «fee dernier. On montre encore la modeste demeure qui a reçu si dernier soupir. Le lendemain 28 il fut inhumé par M. Génét curé de la paroisse, le même qui, en 1760, avait Mti le pK^^ bytëre actuel, et qui mourut dans l'émigration, fidèle aux lois de l'Église.
Pi erre- Ni col as-Joseph Fossarti, naquit k Lillebonne, le i décembre 1710, de Pierre Fossard, « advocaten la cour, procu~J reur fiscal du comté de Lislcbonne, et de Marie-Marthe Vion jj Montchesué. » Baptisé le 7 du môme mois, dans l'andeDiifl église de Saint-Denis, il eut pour parrain Nicolas Delamartti, escuyer, sieur de Lalioussaye, et M"' Fossard de Mezerville, tt tante ^. On voit qu'il était de bonne maison. Ses premte» succès bttéraires furent les palmes que lui décerna l'AcadéillHiv
' Voir un Antoine Corneille qae cile l'abbé Lenglois, clans «on Msu àa Mont aui-Malades, p. 2S3. - ' RceistreJ (li> Saint-Denlt île IJ1letM>RB|{ ku grelTc du Iribunsl rivil ilii fJavrf.