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des Paliaods (lu l'Immaculée-Conception de Hout'n, En 1734 il fui couronné pour un sonnet sur le mariage de Louis XV et on 1723 pour une pièce de vers sur le même sujet.
Ce début flatteur n'était que le prélude des brillants succès que l'abbé Fossard devait obtenir dans la diaire. Entré dans l'état ecclésiastique, il selivraàla prédication danssondiocëse, où il fut triïs-applaudi . Il prôclia k Rouen et au Havre des Carêmes qui lui firent beaucoup d'envieux, tl so créa aussi bien des ennemis en prêchant, au synode de 1745, un sermon sur les curés, qui fit grand bruit'. Cependant M. l'abbé Terrisse et M. Rose, alors vicaires-généraui, et ses amis, le firent nommer chanoine de la métropole en 1747, el archidiacre en 1751 ^. Un nouveau discours adressé aux curés du diocèse, au synode de 1756', souleva encore de grands orages qui, cette fois, l'obligJïrent d'émigrer vers la capitale. Il faut dire aussi que la calomnie s'était attachée k lui, et le parti janséniste se plut k le dénigrer, d'abord dans les Anecilateg ectlétiasUques de M. Sonnes, puis dans i'Apologie de ces mêmes Anecdotes ecdiniasUques , libelle infilme et plein de venin comme un serpent.
Une fois k Paris i\ marcha de triomphes en triomphes ; prêcha t'Avenl de 1759 k l'église Sainte-Marie, rue du Rac ; le Carême de 1760 aux Théatins, l'Aveut de 1760 au Quinze- Vingts, et le Carême de 1761 devant le roi *. Aimé du peuple et prisé de la cour il obtint pour récompense le titre de prédicateur de Louis XV. Ce qui se traduisit bicntAt pour lui par des honneurs et des bénéfices ecclésiastiques.
Le style de l'abbé Fossard est facile et clair, pur et correct, mais il manque de nerf el de couleur. Du reste il songeait moins h ravir son auditoire qu'fi l'intéresser par un fond solide, el k le captiver par une diction soutenue.
Le succès qu'avaient obtenu ses discours engagèrent sa famille k les faire imprimer après sa mort. M. l'abbé Dumesnil, curé de Saint-Laurent de Rouen, les publia dans cette ville en 17S5 , chez la veuve Dumesnil , qui était peut-être sa parente. Ce recueil forma trois volumes ûi-12. L'abbé Fossard y est appelé Prf.dknUav nrdiitiiire du rog.
M. l'abbé Picard, chanoine et archi-priHre do la cathédrale,
* AnecdiiUs eeeléiituliquet, p. 78. — ' Àpohgie det Anrcdoki tccUiiatl . p. 3W. - ' Id., ibld. - ' ld„ ibid.
qui occupe ^ Rouen les appartemeuts même de l*abb4 Vos* sard, a raconlil It rAcadcmie de cette ville de quelle maoièfl cet orateur célèbre composait ses discours. Il parait qu'il s'a fermait dans une cellule plus que bénédictine, dans une vëi table boite, afin d'y être fi l'abri des distractions et des impoi tuns. C'est k peine si celte armoire, qui a été conservai pourrait contenir les sermons qui en sont sortis ■.
La faiblesse de la santé de l'habile prédicateur le forfa d songer de bonne heure k la retraite. Use relira dans samaiso de campagne de Sainte-Marie-des-Champs, où il mourut l'âge de 74 ans, portant les titres de chanoine honoraire i l'i^giise métropolitaine de Rouen, d'archidiacre du Petit-Caoi et d'abbé de Mareberoux ''.
TEAUVIIiliE-LES-BAONB.
Une des plus intéressantes journées de mon pèlerinage H églises de l'arrondissement d'Yvolot, fut le 6 juin 1850. 18 du Sacerdoce de Notre-Seigneur Jésus-Christ. J'arrivais ft Yai ville, vers onze heures du matin, et je trouvais le village habits de fête, réuni dans l'enceinte rapelissée de son é( ' pour assister ft une grand'messe célébrée par M. Si archidiacre d'Yvetot. Ce qui attirait tant de monde, c' que ce jour était la pose de la première pierre de la noUTi église.
Depuis long-temps M. l'abbé Thomassin, curédeVeaari avait reconnu l'insuffisance de son église, depuis long-len il désirait l'agrandir, enfin, après mille efforts, après mille crilices, il crut l'heure arrivée. Il demanda un plan k M. l'abl Robert, qui se dévoua h cette œuvre, et dressa un devis de 23,000 fr. pour un chteur et une nef de 36 mttres rie long sur 1 4 de large.
Le vieux sanctuaire une fois démoli , le nouveau foi l'archidiacre d'Yvetot vint bénir et consacrer it Dieu ces qui sortaient de terre.
Ce (jui m'a le plus touché dans cette cérémonie, ce n'^l
' Revue /le Houen. ann. ISSI, p. RO. — ' Regiilre tic* liapt.,tép.. Suinle-Maric, au greffe du tribunal civil d'Yvetot. — Le ilorin non |iar Tabbé Gniol, mu, de la bilillolhbque deCsen. — Guîlberl, J rt lut.. I. !•', p 474-7A. — Guilmeib, yniicr hUl. «ur la ville etkin roni df IA\MinnHr, p 98. — Apologie dfi .lutedoUi eeelA
pas ce bo[i peuple des ciimpagnes, si empressé autour de ces naissantes murailles, ce n'était pas cette foule de prêtres venus des environs pour prendre part à la joie publique qu'ils embellissaient, ce n'était pas même le zèle si fervent et si pieux du pauvre pasteur, heureux de voir enfin se réaliser le plus ardent de ses vœux et de jouir du fruit de ses sacrilices, non, ce qui m'édifia le plus ce fut, chose rare dans son genre, de voir rarchitecte lui-méme de l'église, ancien élève de l'École Polytechnique, vêtu d'un simple rochet, chanUiQt la messe comme un clerc de campagne et la chantant de tout cœur, avec une voix douce, pénétrante et accentuée. C'est \h un spectacle rare aujourd'hui, commun autrefois, et qui me rappelait avec bonheur ces anciens clercs, maltres-d'œuvre, qui tenaient d'une main leur livre d'heures et traçaient de l'autre le plan de nos églises, de nos cathédrales et de nos abbayes. Il me semblait voir revivre un de ces bâtisseurs tonsurés, qui ont élevé, au moyen-Age, ces hardis monuments devant lesquels pâlit et s'incline la fière antiquité, soit grecque, sort romaine.
En juin \853 nous avons revu l'église de Veauville, qui est presque terminée. Elle est entièrement construite en style romao, avec abside circulaire et ouvertures cintrées. Les murs sont en silex, mais les contre-forts, les corniches, les portes, les fenêtres et les colonnes sont en pierre de taille. Admirez ici l'action de la divine ProWdencel Cette pierre de la maison de Dieu, on est allé la prendre à Duclair, à d'anciennes carrières récemment retrouvées en cherchant des matériaux pour les grands travaux de l'endiguemcnt de la Seine. Dieu tirera la gloire do son temple d'une entreprise gigantesque qui semblait n'avoir en vue que les hommes et leurs fragiles intérêts. Ces pierres pourront dire, comme ces aveugles barbares d'une autre époque, qu'elles ont trouvé le Dieu qu'elles ne cherchaient pas.
M. le curé, rempfi d'un zèle digne des premiers temps, a fait, en deux ans, 1 50 voyages à Duclair, avec tous les charriots de sa paroisse, pour y prendre des chargements de pierres. On parlait le matin et on revenait le soir, emportant avec soi la nourriture de la journée. 11 ne manquait k cette expédition ^e croisés que la croix et la bannière pour nous rappeler mstitte mJrftctûeuse croisade monumentale du vf siècle, qui
— Mi —
(éclata il Saiiil-Deriis, à Ciiartres. !i Saint- Pierre-su r-Dives dans toute la Normandie.
Rien do plus louchant que les pieux cfTorls Aûi pay$»iis< Veauville pour leur église. Sans rien recevoir du gouventeme ils ont versé 26,000 fr. en argent, fourni le bois et fait plus i 2,000 corvées. Une pauvre bobineuse a donné 80 fr. pour part. Dieu seul pourra récompenser des sacrifices qui ne so connus que de lui !
Nous donnons l'inscription destinée k garder le souvenir l la fête de famille dont nous avons parlé tout-k-Vheure. « V\ de N. S, s DcccL, cette pierre a été bénite et posée le vi" joi de juin, par M. Louis-Joseph Surgis, vicaire-général de Hoi Seigneur Louis- Marie- Edmond Blanquart de Bailleul. arch vêi^ue de Rouen, M" François-Félis Thomassin, étant curéi cette paroisse. » La bénédiction du chœur a eu lieu le t" ni verabre ; celle de la nef aura lieu prochainement. Cette no velle église est d'un elfet très-heureux. C'est peut-être la mal leure église rurale que M. l'abbé Robert ait construite. L*d side intéi-ieure sera d'un très-bel effet. Les trois nefs commiil quent entre elles par 8 arcades dont les deux dernières sont I sacristies. J'adresse aux colonnes le reproche d'être trop m) grcs ei trop faibles pour l'église d'abord, pour le style roin ensuite. L'architecte essaie h l'entrée du chceur ou porte-Christ en pierre blanche, copié sur l'entrée do clu tre de Saint-Georges de Bocherville. Nous pensons (jue ce i une heureuse création.
C'est inconlestablemenl une ferveur semblable h celle ( nous signalions, qui nous a valu, en 1577. le clocher actur tour carrée k flèche octogone. Au lieu des quatre clochetons qui accompagnent ordinairement les pyramides de rvl ft^, on a placé ici quatre niches renfermant des statues de saints, qui semblent les protecteurs de la contrée. Ils (rAnent h cluque angle et paraissent chargés de veiller Jour et nuit sur le village, pour le défendre contre tous les dangers du ciel el la terre. Si ce sont les Evangélistes que l'on a placés atl de cette montagne sainte, n'est-ce pas pour dire que leur rôle, somée aux quatre vents de la terre, a été entendoe toutes les parties du monde? Quelque sentiment que l' adopte, on pourra toujours y voir l'application de cetrii c que l'église de Rouen adresse chaque jour
ur le -'H^J
pontifes, les pntroiis du diocèse : « Super murus tiios, Ji-rus»îem, constitui cusioiles, lotA die, totA iiocte, in [lerpetuum mm tacebunt >. »
L'ancien ciiœur possédait, i-n 1738, deux piern-s tombales de la famiJIe de Houdetot, malheureusement disparues avaul la démolition dernlÈre. On lisait sur ces deux dalles funèbres : ■ Cl-sUdamolselIe Jeanne de Hondetoi, Hlle iuditieigneur, JuliiTuinnic de Jc«n UarLel, écufer, fils de M. Gaillanme Martel, chevalier, utgneur de BiqaeTlMe, qnl trépassa le 5 aofil 1306. » — n Cl-gii noble homm?
H* Richtrd de lloudelol, Jadis seignear de , en son vivant bAilly it«
ftouea el après de Caon, qui trépassa l'an de grâce 1996, le 2SJuillel. Jean et GuiUaame tei Cla. Priez Oiou pour leurs linei '. >>
Nous devons une mention honorable ft la croix du carrefour
Bppeléela Croix blanche, s&ns doute parce qu'elle est en pierre.
fôt est une belle colonne d'ordre dorique, dont les brus,
irês de rayons, se terminent par des chapiteaux de milaie
I, d'uncùté est le Christ, de l'autre la Vierge. Cette croix,
.ppello celtes d'Arqués et de Vittelleur, doit dater comme
Tes de 1590 k 1600.
Sainle-Autreberte de Pavilly, dont le monastère était voisin, est la patronne de cette église, touchant souvenir accordé it une sainte qui honore notre contrée après l'avoir sauctiliéo et civilisée, ce qui est tout un, car la vie des saints est la meilleure des civilisations.
Veauville, appelé Weaucitla par Guillaume-le-Conquérant 3, et Viauville par Eudes Higaud 4, était autrefois k la présentation du roi. On y comptait 77 paroissiens, n y avait alors un personnat qui valait 35 livres et uue vicairie qui en valait 30. Ce dernier hénélice était k la nomination de M* Richard Terny. U est probable que plus tard la partie emporta le tout, car il'aprôs le bénédictin Duplessis et les pouillés de 1618, 1704 et 1738, le seii^neur du lieu est patron présentateur de la curp. Ses armes se trouvent sur l'église, lu Révolution les a efl'acéi?» »ur le portail. En 173« il y avait cent feux. Aujourd'hui c'est oae succursale de 875 habitants.
jVequittoos pas Veauville sans rappeler la chapelle de Sainlâiilesd'Alvinbusc. déjà en titre en 1473, d'après Duplessis. Cestencore un lieu de pèlerinage très-li-équenlé pendant l'iiii-
' liaïe, r. 82, i. 6. Suiïragus des Laudes, — ' Farin, Hùt. de la vilU lie ttrat^a. v>))arl., p. VJ. — ' Neuitriapia, p. 187.— ' J'omWpar AngcG
née. Le 1**^ septembre on y célèbre plusieurs messes, et sept ou huit prêtres y sont occupés à dire des Évangiles.
AVTRETOT.
Sur le bord de la route départementale qui va d'Yvetot à Cany, on trouve le village d*Autretot, dont Téglise est presque entièrement cachée par les arbres des métairies Cette modeste maison de prières, dédiée à Dieu sous Tinvocation de Marie, a été refaite depuis cent ans. Lisez plutôt sur les murs, toutes les dates sont fraîches et récentes. La nef, commencée au siècle dernier, a été achevée en 1841 . En 1827 le clocher fiit transféré des transepts au portail. Dans cette même année on refit le chœur, on ajouta à droite et à gauche de longues chapelles soutenues par de faibles colonnes et des cintres aplatis.
M. Tabbé Godard, curé de la paroisse, qui a opéré tous ces changements, nous a raconté que Tancien chœur qu'il avai|l( démoli était une construction romane du xi® siècle. Ce vénérable ecclésiastique pense que Téglise actuelle était la chapelle de Saint-Vincent-des-Bois, dernier souvenir des taillis qui couvraient cette contrée. Du patronage du saint martyr de Sarragosse, il est resté dans la nouvelle église une confrérie à laquelle Clément IX accorda une bulle d'indulgence, le 27 mai 1669. Clément XII, par un bref du 17 mai 1734, octroya des indulgences à tous ceux qui visiteraient Téglise d'Autretot.
La vieille église, dédiée à Notre-Dame, était située, d'après la tradition, sur le bord d'un chemin, dans un lieu que les vieillards connaissent et montrent encore. Là est maintenant une mare, ce qui ne doitipas surprendre, car chaque fois que l'on transférait une église il était de règle de transférer aussi la couche de terre bénite qui renfermait les ossements des aïeux. On creusait donc jusqu'à six pieds de profondeur, ce qui ne tardait pas à produire un bourbier ^ .
L'église d'Autretot dut avoir beaucoup à souffirir au temps de nos querelles civiles et religieuses. Cette population fut sans doute industrielle dans les temps anciens, et les tisserands d'Autretot, comme ceux de Luneray, sucèrent de bonne heure le venin de la réforme. On pense qu'en 1562 les réformés s'emparèrent de l'ancienne église et reléguèrent les catholiques dans la chapelle de Saint-Vincent. Vaincus à leur tour, les
' Les Églises de Varrondissement de Dieppe : Églises rurales, p. 1S8.
protestants subirent les terribles vicissitudes de la Saitit-Barthélemy, de la Ligue et de la rëvociitiou de l'édil de Nantes. Les ngoureu:( édits de Louis XV furent scrupuleusement observés k Autretol par la vigilance du M* Antoine Houlaud, curé du lieu et doyen de Fauville, qui ne Qt pas gnlce uu seul moment aux noiiteaux réunis. Pourchassés de toutes leurs retraites, les protestants se réfugiaient dans des caves et dans des carrières pour prier, pour faire la cine et pour entendre la prédication .
n estvraisemblablequeles réformés d'Autretot avaient pour leurs réunions un prêche qui aura été détruit en \GBô. Une croix le remplaça pour marquer le triomphe du catholicisme sur l'hérésie. Une nuit cette croix tut renversée, on attribua cette pro&nation aux protestants, qui furent condamnés à la remplacer par une croix de fer. Ce fiit M. Houland qui poursuivit Âette affaire et qui la conduisit k terme en septembre Hlil. Il était si heureux de sou succès qu'avant de mourir il laissa une fondation à la fabrique pour l'entretien de la croûc de fer. Cette pièce se voit maintenant aux archives du département.
Le bon cœur de Louis XVI le porta il supprimer les édits de son aïeul et k rendre aux protestants t'élat civil et la liberté de conscience, Ceux d'Autretot en prolitèrent les premiers, et ils élevèrent en 1786 un temple qui sert encore aujourd'hui aux (25 protestants de celte commune.
La Révolution française qui abattit tant de croix n'épargna pas celle d'Autretot, dont l'origine avait bien quelque chose de politique. De cet arbre pacilîque de la religion les patriotes firent des armes homicides de la guerre.
Mais au plus fort de la Terreur (en juillet 1794) un habitant du village, nommé Pierre Hanquinquant, y sub<<tilua lu nuit une croix de bois, faite à la hâte. Pendant qu'il était occupé k la poser il vit venir deux personnes, qui devaient passer sur la place même du Calvaire. 11 se cacha alors dans les blés et il entendit les deux passants causer de la destruction de la croix . Il leur cria à haute voix au milieu du silence de la nuit : < Passe ton chemin, demain il y en aura une autre. » Cette voix nocturne, cette croix si mystérieusement replacée, firent grand bruit dans le pays ; on regarda cet événement comme miraculeux. De tous cdtés il y vint tant de visiteurs qu'on les comptait par milliers.
Les Jacobins cuiisidérëient ce Tait comme iiii€ provocation il leur ailpesse. Jugeant avec raison qu'il n'y avait tjuc Uani|Liiniiuant qui fftt capable de ce trait d'audace, ils l'arrêtèrent et le mirent eu prison, dans l'ancien vicariat (jul svniiil alors de corps-de-garde, et qui sert aujourd'hui de presbytère. Pendant sa détention, qui dura huit jours, le prisonnier s'amusait h composer et k chanter des chansons contre-révolutionnaires. Un piquet de garde nationale fut commandé pour le conduire îi Caudebeo, d'où il devait être traniiféré au chef-lieu du département. Mais d eut le talent de s'échapper de leurs mains.
Chemin faisant il passa devant son domicile et demanda U permission d'y entrer pour quitter ses sabots et prendre H» souliers. Trouvant le moment favorable il jette ses sabots, escalade le tbssé d'une ferme et se sauve pieds-nus k tnir^t les champs. Les gardes nationaux embarrassés par leurs aniiA ne purent le suivre ni l'atteindre. Il se retira chez un parenl dans le Vexin, où il s'établit et où il est mort sans jamais r^ paraître dans sa commune.
Sous le consulat M. Haucliard ht rapporter ii sa place* pierre du calvaire et planter des peupliers autour afin d^ conserver la propriété à la fabrique. Puis, en 1819, parle lie M. Fa\Teau, curé de la paroisse, le calvaire fut solennullemcnt replanté au milieu d'un grand concours de peuple.
Ces querelles domestiques , ces déchirements inl^jiei ces vicissitudes de la vie d'un village font connaître mi que toutes les histoires les mouvements et les passions qui agité, aus époques de trouble, le cœur de nos bons habitant' des campagnes.
VerslISO, Robert d'Autretot donna l'église de cette paroisse au prieuré de la Madeleine de Rouen, k condîtiou d' reçu religieux dans cette maison, lai et sa femme, loulei foùi apportant te rente de leur bien', et pendant long-temps un ligieux \1nt y faire le service divin. Une charte de 1219 pelle cette église « Monasterium de Autrelot. » Au lei d'Eudes Rigaud, cette cure valait 30 livres et comptait 41 roissiens. Vers le règne de Philippe-le-Bol , une querellô patronage s'éleva entre le prieur de la Madeleine et mi François Durescn, seigneur d'Autretot. L'aJfairc fut portéi
' 0iil. de la vilU de Rouen, pir Parln, v> partie, p. H.
. re-
vant le bailli de Caux. qui sans doute décida (jue li^ patronage serait alternatif, car, ijuui i|u'fii disent Duplessis et li>s pouill^s de 16i8 et de 1738, la traditiuu locale soutient que le droit de présentation était partagé entre le chiUeau et le monastère.
Aulretot, qui comptait encore 120 feux sous Louis XV, ne manqua pas de grands seigneurs sur sou territoire. Les archives de la fabrique nous en révèlent plusieurs qui étaient les protecteurs de l'église et les fondateurs d'obits et de services rebgieux. De ce nombre nous citerons les de Bois-IIéliert de Roquefort, les d'Esneval, les de Montbolon, les de la Uouteillerle, les de Rouval, etc. Les archives de celle église lui ont été enlevées k la Itévulution et déposées au district d'abord et au département ensuite.
C'est lit que nous avons constaté la présence de registres et comptes de falirique, depuis 17i5 jusqu'en 4792. Le registre ie 1745 est signé et paraphé h la première page pai- M' Jean Haugis, prêtre titulaire de Saint-Gilles du Bosraule, témoin synodal et doyen du doyenné de Fauville, qui était alors dans sa H* année de cure. Le plus ancien de ses prédécesseurs cités par lui est M" Nicole Sellier, curé en 152S. Avec un peu de recherches, il aurait pu facilement donner une liste générale des curés d'Autretot, car alors il possédait de précieux documents aujourd'hui disparus ; nous voulons parler de trois registres de comptes, allant de 13li k 1714, dont on peut constater la présence dans l'inventaire des titres de l'église, dressé à la lin du registre par M* Jean Maugis.
Autretot est à présent une succursale de 960 habitants.
ÉCRETTEVILl.E~LES-BAO]«8.
ÈcretleviUe eut jadis un puissant manoir qui, dans le partage normand, échut ii Rodberl, un des chefs de l'armée de RoUoQ ', et fut ensuite possédé par l'abbaye de Fécamp s, dont il resta le domaine féodal jusqu'à la Révolution. Ce qui sabsiile de cette antique demeure est curieux et imposant, c'est une enceinte carrée comme un monastère, murée et fossoyée cotame une place-forte. Les douves antiques et profondes ont été <iomblées et séchées avec les années; mais il ri^sle encore
I ■ Atfl. * la vUte el dr labbaye dt Fieamp. par M. Fallno, p. (W, I' E^:«dtglain de Scrutavilld cum hospitio uno.— Cbartetle Rkbanl
iMHÉiiiBâËiil
— 370 — • des tourelles où Von se défendail des at(a(|ues de reoneml. ] construction la plus remarquable est une barbacane en piei qui fait saillie h l'entrée du château. La berse et les contr&^~ forts ont gardé leur caractère du moyen-flge. Il y a du ivi* siècle dans cette construction, dont le fond doit remonter jusqu'au xiii". La grange des dîmes faisait suite à l'habilatloa monastique, et k l'angle du sud-ouest est une tour ronde percée d'étroites archières. On l'appelle la prison : on sait que tout manoir avait sa justice. La niaisoo est éclairée par cinq grandes fenêtres carrées dont les meneaux forment la croii. Un superbe escalier conduit k une jolie salle, dite de l'oiidience, où l'on tenait jadis les plaids et les assises. Dans cette salle et dans plusieurs autres sont de belles et larges cheminées dont deuï pourraient bien remouler jusqu'au xiii* siêfle.
Les archives de Fécamp contiennent bien des pièces relat ves il Ecrcttevdle. Nous citerons entre autres, au dépôt dépi temental, une liasse sur la chAlellenie d'Ecretteville qui ( renfermer tout l'exercice de la juridiction féodale du f monastère. Nous laissons k nos successeurs le soin d'étucB une histoire qui dépasse les limites de notre travail et de Dod temps.
Nous ajouterons seulement que dans un cartulaire de l'abbayi;, rédigé au \iu' siècle et déposé aujourd'hui k la bibliothèque da Rouen, il est fait mention d ' Esc ret te ville et de son moulin. Ceci prouve qu'il est un des plus anciens luoatiai ~ ft vent de la contrée.
L'église de celte seigneurie ecclésiastique était loin de ï pondre k la richesse de la propriété terrienne, c'était un mo- ' desle monument construit au \uf siècle, avec du silex et des contre-forts en pierre. Ceux de la nef, qui subsistent encore, ont été écourtcs en 177*, lorsque l'on remania cette partie de l'église. Le clocher alors était entre chœur et nef, selon l'usage de ce temps. Il était couronné par une fl&che de pierre, que l'on disait construite par les Anglais. Ce qui est plus sur c'est que la croix et le coq avaient été donnés, en 1S20, jtar le seigneur de Calége et Olive Deshayes, sa femme ', ce qui indiquerait assez l'époque de la construction. Frappée par W.«. tonnerre, en 1815, la tour fut ébranlée jusque dans ses fond. ^i^. nients. On démolit, en 1826, cette jolie tour carrée courona ^^
' Regitlre de» fondafiom, aui nrcliives dn presbilère
etoe
de cloclietuiis et de balustrades fi jour, et suruiutitée d'ulu^ (lëc)ie octogone. Un clocher nouveau fut reconstruit au poi'tail, par M. Pinclion. architecte de Rouen- Les plans et devis sont conservés k la mairie d'Ecrette\ille. Avec (6,000 fr. on bAtit une tour carrée en brique et en pierre, et on la surmonta d'une flèche d'ardoise. La hauteur totale de la pjTamide est de 33 mètres comme l'ancienne.
Ce clocher, tout nouveau qu'il est, possède cependant une des plus vieilles cloches de l'arrondissement d'ïvetot. Sur àps flancs brille une charmante image de saint Michel avec ces mots : « Sancle Mkhaèl, ora pro tiobls. » Autour on lit cette inscription : « L'an mil V"* et X Jehan de Roneherotles, escuyer, et damoiselle Kalerine Lagranl, sa femme, et Jehan d'EscretteviUe et Marie, ta femme, et Louise et Guillaume-Michel m'ont nommée Kalerine, Nicolas LemaTchant, Pierre Regnault, trésoriers, H me firent GahrieA et Jehan dictt Barel. »
Le chœur fut autrefois plus grand qu'aujourd'hui. De chaque côté on remarque des arcades rebouchées du xvi* siècle. Au chevet est une grande fenêtre masquée avec du plâtre, il y a deux cents ans, lorsque l'on y appliqua la contre-table. De nos jours elle vient de reprendre ses meneaux de pierre, et dans peu elle aura arboré ses brillantes couleurs; car M . Lusson, verrier de Paris, est chargé de faire pour cette église un vitrail représentant la Purification de Marie, patronne de la paroisse. C'est M. Levaillant, excellent propriétaire du lieu, qui offre k Dieu et aux saints les 1 ,800 fr. demandés par l'artiste.
Plusieurs croix plantées sur le territoire de la paroisse attestent la piété héréditaire des habitants d'Ecretteville. On parle encore de la croix du Chine, de la croix de Mission et des trois croix d'iqaelon. Ces trois dernières, en pierre de taille, étaient plantées sur un seul et même pied, qui avait la forme d'un triangle. Nous avons encore vu dans une ferme, au bord d'une mare, ce piédestal triangulaire qui remonte peut-être jusqu'au xiii' siècle. Ces croix étaient placét» sur le grand cbemin qui conduisait k Fauville et k Caudcbec-en-Caux . On se souvient aussi d'une chapelle de Saint-Hubert, k présent ruinée, et dont on disait que les chiens enragés venaient lécher J0s jijcrres.
Autrefois EcrettevîUe était couvert de bois comme Valliquerit le reste de la contrée. Sur un plan géométrique des
deux paroisses, coiiseiTé k la mairiti et dressé en 1 769, par •jr- (Ire de M. Pierre Caillot de CoqueréaumuDt, seigneur el patron de Coqueréaumont, Trouville ', Aliquerville, I^ Haw. Saint-Sylvestre, etc., baron et haut-jnsticicr rie Poul-Saiiil- Pîerre, conseiller du roi en ses conseils et président it la ujur des comptes de Normandie, sur ce plan, dis-je, on trouve b noms de la Londe, des Viviers de la Lande, de la ffnnf i» Boqiiflon, du terroir de la Haye et des bameaux A'AsgeliaBoft et du Bosc-BenauU, tous noms qui indiquent des buis essarUs parla culture.
L'abbé de Fécamp, seigneur-patron et liaut-jusUcier du liw, y possédait une ferme au liamt^au des Houges-Marnièrfs, «1 tirait de la cure 1,200 écus de route. Le curé ne percevait quf 400 écus, c'est-à-dire le tiers des dimes. Au xiii" siècle le itvenu était de 30 livres pour le curé Gauthier, qui comptait tWl paroissiens. En 1738 il y avait 90 feux, et aujourd'bui c'est u» succursaledeSOO habitants, qui en comptaitdéjii7il en lAllI^
Dans cette église est une confrérie de Saint-Blatse et ik Notre-Dame, dont les statuts furent renouvelés, eu I6t7, pir Antoine Gaulde, chanoine-archidiacre et vicaire-général ffe M. Ilartay. Depuis 1704 la paroisse possède une religieuse pour les écoles des petites filles. Cette utile institution a été dotée do 2O0 livres de rentes par M. Lecerf d'Iquelon, à condition que la communauté des habitants ne tolérerait jamais do prêche protestant k Écretteville.
L'église d' Ecretteville est bien partagée du côté des archivt». Au dépôt départemental se trouve un registre de fabrique, it 1630 ft 1642, en bon état et teuu avec soin; mais les pièces les plus intéressantes sont déposées au presbytère. Parmi les papiers et les parchemins nous avons distingué un manuscrit liu siècle dernier, intitulé : Cojdes des titres des fondations du iritor de la paroisse d'EcreuemllS'Siir-leB-Baons. Cet inventaire renferme toute l'histoire de l'église. On y voit qu'en 1391, les Mellet, sires de Honcheroiles, donnèrent un ornement de jelours noir, sur lequel figuraient les armes de leur faraillf (trois merlettes et une lleuriielisj. En 1330, Louis de Bon-
' Pierre Cillloi de Coquoreaumant a *il1e-Cau>, entre 1770 et 17S0. Il esL i Égliiei dt l'arrond. du Havre, i. ii, p h/ifnmtre pour 1833, (. n.
il coasiruire le ïhitMa de TrH- □mé autuurde l'Ëgliae. Vnlrto f (fc ia Soi-
dicrolles donne un calice d'argent. En i:)60, Pien'e île Koncherolles consacra îi Notre-Dame-de-Pitié la chapelle de at-s prédécesseurs.
Cette famille ne cessa de se montrer généreuse envers l'église. En 1i96, nous voyons Guillaume de Ronctierolles faire une fondation. En IS02, Raoul de Roncherolles, cun^ d'Ecretleville, donne une cloche pour sonner le lacretnenl de toutes lesmeises. Raouline de Roncherolles, sa nièce, la nomme avec le vicaire. En 4509, le môme Raoul de Roncherolles, mù de piété envers le Saint-Sacreraenl et la vierge Marie, donne des biens et constitue des rentes pour établir unn
Bte qui doit brûler devant le crucilJx, et comme il avait dévotion particulière pour la lamentable et pltéable comion de ffotre-Dame-de-Pitié, il veut que tous les samedis les mres ses successeurs viennent chanter, entre vêpres et compiles, devant le crucifijc et l'image de Notre-Dame de Pitié, h dévot et vénérable répons * Sancta et immacitlata Virginilaa * et la nobh prose « Inviolata. v Cette fondation était faite pour l'honneur de Dieu, de la Vierge Marie, l'augmentation du service divin, la manutention de l'église, le saiul de son lime, de ses parents et de s?s successeurs, curés-recleuTS de l'église.
Nous y trouvons encore les fondations et donations de Roger ïgoux, en 1477; de Clémence Andrieus, en 1482; de Rolin Lecompte et de Pierre Sémo, en 1 496, et enfin de Jean Acherl et de sa femme, en 1510. Toutes sont faites en l'hotmetir el louange de la trh-digne et sacrée Mère de Dieu, pour que eux et leurs amis virants et trespassés soient et demettrent à toi^ours jMrlicipant à tous les tnesses, bienfaits, prières et oraisons gui à jamais ausc temps à venir seront faits, dite et célébrés daiu l'église d'Ecretteville.
Mais la plus noble et la plus touchante de toutes les fondations fut celle de 1530, par messire Pierre de Calëge, chevalier, seigneur du lieu, ntaislre d'hostel ordinaire des feues reines de France, c'est à savoir de très-claire et noble dame madame Anne, duchesse de Bretagne, épouse el féale campagne du roi tria-chrétien Louis XII', et de très-illustre et noble darne *nadame Claude de France, leur première et bien renommée fille,
Êî du roi très-chrétien François, T" de ce notn, ensemble, I maître de l'artillerie de Bretagne, et ftoble dame Jeanne wletot, héritière di" la li-rre el seigneurie do Hondepille, i ,.,„
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femme diidil seigneur lir Calage. Tons deux avaient offert, donné el aumûné au trésor et ft la fabrique de l't^glise d'EcreU teville un livre sur lequel étaient écrits les ornements, Hces, terres, rentes et revenus donnés pur eus.
Ualbeureustiment co livre est perdu, ainsi que les préciei trésors inscrits sur ses pages. Mais il est un livre pour qiu' rien ne péril et sur lequel toute bonne œuvre reste écrite en caractères ineffaçables. Ce livre c'est celui de Dieu. A coup sûr les noms du sire de Calège et de Jeanne de Iloudelat, sa vertueuse épouse, sont écrits en lettres d'or sur cette cliarle de l'immortalité.
La grande gloire de Valliquerville, c'est son clocher de pierre l'un des plus beaux de la Ilauto-Normandie et h coup sûr la plus fière pyramide que l'on rencontre sur nos plaines trèsdépourvues de beaux clochers. Lorsqu'un monument s'nsseyiit sur notre sol, daus les temps anciens, c'était une vallée qu'il clioisissait pour son trdne, et janiais dans nos campagnes, i présent si bien cultivées, mais alors couvertes de forêts, jamais, djs-je, la main du moyen-àge ne songea k placer ces \iaaU clochers, ces tours saintes, ces majestueuses pyramides qui embellissent les bords de la Seine et les rivages de la mer.
Valliquerville fit exception à cet ostracisme artistique dutil nos pères watent frappé les plaines, et tandis que nos éj ses rurales ne montraient encore que de timides tinterollt^l d'humbles battiëres ou de très-modestes Sèches d'esseiitetf d'ardoise, Valliquerville, seul, élançait dans les airs su p}î*mjde festonnée, ajourie. découpée par la mam des plus habiles sculpteurs du xvi' siècle. Aussi cette flèche unique, le voyageursait bien la distinguer dans le pays de Caux, où elle le frappa par sa rencontre inattendue autant que par Sa noble heatitJtJ Voilk pourquoi elle est chère à tous les habitants do nos pbu nés, ces bons paysans cauchois dont elle orne les plalM ■ monotones campagnes. Pour nous, nous n'hésitons pus i Y-Jk. proclamer, après la tiare de Caudebec, la plus belle fleur «3^ la couronne ecclésiastique de l'arrondissement d'ïvetol.
Mais décrivons cette flèche et essayons d'en retrourer r&^« Bt les fondateurs dans les assises des pierres.
Cette grande tour, large Jt sa base, a été placée «ilrcs h
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cliiKur et lu net' qu'elle écrase de sa hauteur et de sa msjeshî. Toutefois elle est nue dans sa partie inférieure et d'une froideur austère qui ne laisse pas soupçonner les ornement! supérieurs. Haute do 50 mètres, sa base est carrée jusqu'an premier étage ; alors elle devient octogone et huit ouvertunes lui donnent de l'aisance et de la légèreté. Ces huit fenélrei sont traversées par des barres qui sentent en même lempi d'abat-son et d'égoût pour les eaux pluviales. La balustrade, établie autour do la pyramide octogone, est large et belle ; au angles elle est heureusement interrompue par de jolis clochetons ornés que rattachent ft la masse principale des srcs-bootants découpés à jour. Au-dessus de cette forêt d'arceaus s'élance la flèche octogone qui ferme avec bonheur celte couronne du roi du ciel.
N'oublions ni la tourelle de l'escalier, terminée par un pinacle k crochets, ni les gargouilles des angles, maliieureusament cassées, ni les six écussons de la galerie qui surmonlent un écu principal. Ces armoiries de pierre regardent le châleau, et je suis tenté de croire qu'elles appartiennent k la iamille qui occupait Valliquerrille au ivi< siècle. Cette famille pieuse et chevaleresque fut bienfaisante envers l'église, peut-étrr mémea-l^elle donné la flèche et, comme témoignage de h générosité chrétienne, la fabrique aura placé sur ses murs la armes du ch&telain et de ses enfants. Il est vraisemblable que CCS mêmes armes se retrouvaient sur les cinq cloches que li Révolution a brisées. Car, on le sait, les châtelains des nllages étaient presque toujours les parrains des cloches de leur paroisse. C'était comme un droit féodal qui se traduisait fsn un acte de bienfaisance. Quoi qu'il en soit, nous manquons it renseignements écrits sur ce clocher, mais l'architecture vt permet pas deleplaccr avant les dernières années du sVsiïdA | ni après la première moitié du xvi".
A l'intérieur, les arcades sont soutenues par de petito c^ lonnes ft chapiteaux eiTeuillés, et la voûte est traversé* de huit arceaux soutenus pur deux tètes de vîeillardsi une feoiiue voilée et un singe qui touche un instrument.
Après le clocher il ne reste plus, hélas I grand chose i observer dans l'église. L'ancien chœur, qui n'est guère k prfeenl que le sanctuaire, est un débris de cette église du ïin'sifecle. qui fut consacrée par Eudes Rigaud, le 14 des calendes d'iio-
tobre Je raiiniic 1 267 ' . Les croix de consécration, sanctiliées par la prière du pontilb, se voient encore sur les murs. Si j'osais ilire ma pensée, j'ajouterais que la grande tour du clocher me paraît avoir été. grefl'ée sur la construction du xiii' siècle.
Maintenant la nef est mille Fois plus pauvre que le chœur. Là, absence totale de caractère, ce n'est point de l'arcliilecture, mais de la maçonnerie faite sous Louis XIV, ft laquelle on a ajouté, en \Hii, un infortuné portail que nous no meutiounoQS que pour son châtiment.
Toutefois l'église de Valliquer ville est tenue avec beaucoup de soin. M. l'abbé Rudin, curé actuel, a pour son église une affection particulière et un zèle persévérant. C'est îi cet aniuur de la maison de Dieu qu'il faut attribuer le Triomphe de ta SairUe-Vierge dans un de ces faux-jours h présent abandonnés, mais trës-reclierchés il y a vingt-cinq ans.
M. le curé a dallé le chœur avec des pavés noirs et blancs. l'a fermé avec une balustrade de fonte, lambrissé avec des boiseries de chêne bien découpées, et enfm l'a peuplé de TÎDgt-quatre stalles . exécutées avec goût par Ferdinand Barbier. L'autel qui termine ce sanctuaire est une table de pierre, achetée en 1596, par M. Mauduit, curé de Valliquerville, au maçon Pierre Hidel, pour la somme de 155 livres.
Nous savons quelque chose de cette église, grâce aux recherches de M. l'abbé Somraesnil, faites aux archives départementales de la Seine-Inférieure. Là, en effet, k la Section des tritOTs et fabriques, se trouve une liasse de papiers et de parchemins, contenant les rentes, contrats, aveux, baux et inventaires des deux derniers siècles,
Au xu' siècle l'église de Valiquerville avait été donnée à VdiJtKiye du Bec. Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, confirmé cette donation en 1141 ^. Au temps de saint die était revenue h la seigneurie du lieu, l'archevêque len la posséda quelque temps, mais dans les derniers le seigneur est généralement désigné comme patron.
• t» kal. octob. Bpud Waliquervillam, cnm eiiicnsi» nosiris. — mil Ml. octob. Jedicaiimus ccdesiam dicU loci d[ pcrnocuvimuï Ibi cum cils villu..— Begttt. viril,, p. use. — ' Du|)lesii», i. l", p. 723. — An «rteîe dernier on tcrivail Valiquerville. Vld la Dneripliim .le l>>i|ilrsih. f *^0«w1ideFréiiuwH,l«PiwfftfclB 1788.
Dans le temps qu'Eudes Kigaud en consacrait les blaticli» niuratUes, on y comptait environ 80 paroissiens. M* Drofçn de Trubleville, nommé par le seigneur, percevait un rc^ejiu t 30 li\Tes. Son vicaire en touchait 20. Outre la vicairie. il avait encore trois chapelles à Valliquerville. La preiuitre celli' de Sainl-JacTues-du-Hay, la seconde celle de Saînt-Geofj dê-la-Londe-Récusson , la troisième celle rie Saint»-Anna de la Sainte-Vierge, dans le manoir seigneurial. Le reTeni ct'tte dernière était de 15 livres ou 150 boisseaux de blé.
En 1267, pendant le cours de ses visite.s pastorales. Bi^nd reçut poiff titulaire de ce bénéfice M* Mathieu el M" Martin, présenté? par le roi saint Louis ■. Hélas! aujourd'hui, cette t-hapelle ne subsiste plus, et même on chercherait en vain chAteau. féodal et les tours de Gauthier de VaricarvUle. preux chevalier, tidéle k ses serments, était luujoura pi guerroyer pour son suzerain, le roi d'Angleterre et duc Normandie. En 1123, Henri I", l'avait chargé de contiunereu son nom le siège du ch&teau de Vatteville. La place était sur le point de céder h ses efforts, car elle manquait de n (îauthier allait jouir du fruit de ses travaux, lorsque le Si H 3i, il fut fait prisonnier par Walleran, comte de sire de Brionne et de Pont-Audemer, le même qui fonda tard l'abbaye du Vallasse. Le vainqueur était accompagné' Hugues de NeufchAtel, de Guillaume Louvet et d'Amauryl Montfort, qui possédait dans ses domaines la vallée du Vall
En 1600 le seigneur di! ValHqui'rvLlIe se nommait Phili et était de plus seigneur de La Loude, de Récusson et Ville-Tertré, chevalier des ordres du roy et gentilhamino -sa chambre. 11 était lils de Jean rie Valliquerville, et avah épousé en premières noces Catherine Lebouteiller de Senli». Ce Philippe de Valliquerville, devenu gouverneur de JUantts el de Meulan, mourut le 7 décembre 1 610, et fut înhunié rfiw l'église dont il portait le nom. En 1(i29, Marie Uriconnet, » seconde épouse, fut déposée k cAlé de lui, dans le m«'me«veau, d'après l'historien des Grands-Officiers de la couronne''
En 1701, la terre de Valliquerville, avec tous ses droits, fi" achetée par messlre Jean-Baptiste Lesdo de la Rivière, chnnlier, conseiller du roi en tous ses conseils et premier pn^sidoul de lu cour des comptes, aides et finances de Normaudio. (^
' llrgut. riHl.. \i. 703, 711, 710, 721. — ' P. Anwlroe, i. *i, p. «'■
fui en faveur de ce iita);istriit que Louis XIV, par initias- pat en l^-s (lu mois de septembre 1719, émancipa le Hef de ValliiiuervillLde la suzeraineté de la cliâtellenie de Saint-Denis-le-ThibuusL > . Eu 1730, Tlionias-Aniable Lesdo de la Rivière, son fils, héritier et successeur de son père dans ses charges et qualités, prend le titre de seigneur et patron de Valliquerville, Allouville. EcrettevUle, Saint-Vutery, Lalonde , Iquelon, ÉpineviUe et Leure, prËs le Havi'e-de-Grftce. Kn celte même année il devint prince des Palinods de Rouen ^. Ce sont sans doute ses armes que l'on voit sur la lilre qui entoure l'église. La chapelle seigneuriale de cette famille sert a présent de sacristie. Il ne serait pas impossible que le prince-président y ait été inhumé en décembre 1766.
Au xvi' siècle, sous le pontificat de Georges d'Amboisc II, après la funeste journée de Pavie, lu France s'imposa de grands sacrifices pour la délivrance du roi Fraiivois I" et de ses enfants. Le diocèse de Rouen versa au trésor public une somme considérable. Le rAle de la contribution ecclésiastique est resté dans nos archives. L'église paroissiale de Valliquerville y figure pour 80 livres. La chapelle du château pour 7 Kvres 4 sols, celle de La Londo pour 8 livres et celle de Saiut- Jacques-tiu-Hay jiour 6 livres. Ces chiffres donnent une idée de l'importance comparative de ces divers bénéfices, mais Toici un document qui précisera davantage.
Pendant la grande Révolution, le directoire du département demanda aux municipalités l'état des biens ecclésiastiques de la commune, celle de ValIiquerviUe répondit que les biens de son église consistaient en rentes créées depuis 1500 et en terres données pour acquitter les fondatious. La lettre municipale constate également l'état des chapelles et des confréries. La chapelle de la Londe dlmaît sur 450 acres; ce dlmage était affermé pour 2,000 livres par le curé de Pont-Sainl^Pierre, titulaire du bénéfice. En 4791 cette chapelle fut vendue ii Claude Foloppe 3,250 francs. C'est k présent une bergerie.
Les biens dépendant de la chapelle de Saint-Jacques-du- Say, consistaient en terres qui furent vendues, avec l'édifice. 1,613 fr. k Deshayes, de Caudebec. Elle est détruite. Entin ta ebipelle de Saint-Mélain possédait aussi des terres, qui, avec
' Dopleul», i. I", p. 22:i, — - Le IHoréri normaitd. pur l'alibé Guiui. pabliqne de C»m. — Arch. deiiarL.
Foratoire, furent vendues 5,600 fr. Il n'est pas besoin d'ajouter que toutes ces chapelles étaient à la nomination des seigneurs, leurs fondateurs primitifs.
La confrérie de Notre-Dame avait des rentes et des biensfonds qui furent aliénés le 26 juillet 4792, pour 4,600 livres. Les archives de cette confrérie existent au dépôt départemental avec celles de Téglise.
La population de Valliquerville, estimée à 80 feux en 4250, en comptait 450 en 4738 et 372 en 4820. En 4854 c'est une succursale de 4 ,640 habitants.
Valliquerville, comme tant d'autres paroisses, a tout perdu k la Révolution. II a été dépouillé de ses dîmes, de ses rentes, de ses terres et de tous ces biens du passé. Il n'a plus ni château, ni chapelles, ni seigneur, ni patron, mais il a un peuple nombreux qui travaille et aime son église. L'esprit d'association peut faire autant que l'esprit de fondation. Plus heureux que beaucoup d'autres pays ce passé, que nous regrettons parfois, lui a laissé, à lui, un beau clocher, un vrai monument des arts. Qu'il le conserve avec soin et avec amour. Que tous réunissent leurs bras et leurs aumônes pour le soutenir. L'État ne les laissera pas s'agiter seuls : il ne tardera pas à seconder leurs sacrifices. Déjà, en 4849, M. Grégoire a dépensé 4,500 fir. pour la restauration de cette flèche. Malgré cela elle est lézardée à sa base et elle réclame de nouvelles réparations. Que les habitants de Valliquerville s'aident eux-mêmes et le pays les aidera.
A Valliquerville sont nés deux bons prêtres de ce diocèse, dont nous devons rappeler ici le souvenir. Le premier des deux est mort à la force de l'âge, mais le second rend encore des services k l'Église, à la tête d'une des paroisses les plus peuplées et les plus pauvres de France '.
Pierre-Antoine Doudement naquit à Valliquerville, le 9 avril 4796, fit ses études au séminaire de Rouen, fut ordonné prêtre par M»^ de Remis, le 27 mai 4820, et nommé vicaire de Saint-Maclou de Rouen. Pendant treize ans il y fit beaucoup de bien, surtout en 4 832, pendsLUile choléra-morbtis. U y fonda une Association de Charité, pour secourir les malades, et com-
' M. l'abbé Vincent Doudement, chanoine honoraire et curé de Saint- Maclou de Rouen, précédemment curé de Bolbec, est né k Valliquerville, le 8 oclobrc 1797.
menc4i en 1827, le tiiuis de Marie sous les galerieti de l'AUre. Numm» curé de SuJnt-Jacques de Dieppe, en 1833, il a beaucoup contribui', par son aclivité el ses (iémarches auprès de M. Thiers el du Roi des Français, aux importantes réparations de son église. La société et la chapelle de Nolre-Dame-de- Bon-Secours, lui doivent, l'une son organisation, l'autre sa restauration . Il a fondé dans sa paroisse V Association des Davira de ChaTiti, le Saint-Rosaire et V Archiamfrérie pour la conversion dps pécheurs. M*"" le cardinal prince de Croy, qui l'estimaît beaucoup, l'avait nommé chanoin^ honoraire de sa métropole, et M^ Robin, son ancien condisciple et umi, l'avait fait chanoine honoraire de Baveux. L'abbé Doudement est mort ^ Dieppe, le 29 octobre <8t3, La ville reconnaissante lui a élevé, par souscription, un monument dans le cimetière Jsnval. Une notice biograpbiiiue a été pnbliée sur lui, par M. l'iibbé Masson, auniÂnier du collège de Dieppe.
AV.IiOIJVII,IiE-BEIiIiEF09§E.
Au milieu d'une des plus grandes plaines du pays de Caux el k coup sûr une des plus plantureuses, est modestement cachée, sous l'épais leuillage des métairies, l'église d'Allouville, création du xvi" siècle dans la seule partie qui soit restée monumentale. A cette époque, véritablement artistique, il nous faut reporter les blanches murailles de la nef et le chœur avec son sanctuaire.
Le chueur, construit en pierre, est éclairé par huit fenêtres partagées par des meneaux jadis remplis de verrières. Malheureusement celle du fond a été cachée, vers 1720, pour le placement d'une contre-table, et celtes qui éclairent l'autel ont été garnies des débris incohérents des anciennes verrières. On y distingue encore une Cfne Iri^s-mulilée, Jisut au jardin dtt OlicM et une partie de la légende de saint Quentin, patron de la paroisse. Ce saint, dont la fête est célébrée le 1" dimanche de mai, est ici, avec sainte Eutrope, le but d'une confrérie et d'un pèlerinage. Leurs statues de pierre entourent l'autel, posées sur de jolis socles du xvi* siècle. Le rétable montre une Descente de Croix, gracieusement peinte par Lesimple, artiste de Paris. Sur l'autel sont des reliques de saint Léger, de. saint Flavien, de saint Justin, de sainte Austrcberic et de sainte Dteudonnée.
La date du chœur est très-précise, il ne saurait y avoir de doute au sujet de son origine. On lit, gravé sur une poutre : « Ce cancel a fait faire M^ Recusson, curé de céans, en l'an mil v^ XXXVIII. » Il nous faut admirer ici la générosité des curés d^Allouville, dont les uns bâtissent le chœur, les autres créent de nouvelles chapelles. MM. de Recusson, Lecornettier et du Détroit, furent des prêtres géùéreux et éclairés, qui aimèrent et embellirent leur église. Mais il faut dire qu'ils étaient de puissants décimateurs et tenus comme tels aux réparations du chœur et chancel. Sans jouir des mêmes biens, M. l'abbé Cholet, curé actuel, n'a point négligé l'ornement de la maison de Dieu ; il a fait plafonner le chœur et la nef, daller le sanctuaire, réparer les fenêtres, construire les stalles et obtenu des tableaux pour couvrir les murs dépouillés de son église. M. le comte d'Echerny en a donné deux, faits de sa main, et en 4836, M. Cave, directeur des beaux-arts, a envoyé une grande toile au nom du gouvernement.
Au côté nord du chœur est une ancienne chapelle seigneuriale, qui sert de sacristie. Là, on trouve un joli bahut en chêne, du xvi« siècle, et des armoires de 4620, venant de la sacristie d'Aliquerville.
La nef est un assez beau vaisseau de pierre, malheureusement sans voûtes, mais dont les fenêtres, assez joliment dessinées, étaient autrefois remplies de verrières. Quelques débris de vitres peintes restent encore dans les remplissages, ici c'est un Saint-Michel et une Scène du Déluge, là ce sont les vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité, plus loin le père Éternel avec des anges.
Ce qui déshonore cette église, c'est le clocher, jadis placé entre chœur et nef. C'était une tour carrée, qu'un malheur public aura sans doute fait démolir il y a cent ans. Aujourd'hui ce n'est guère qu'un kiosque servant de portail depuis 4769. Le seigneur du lieu ayant contribué à la construction du clocher, y avait placé ses armes en signe de patronage ; mais la Révolution a pris la peine de les effacer. Ce seigneur habitait autrefois un château où se trouvait une chapelle de Saint- François, fondée en 4704 ; château et chapelle ont disparu.
Le patronage de l'église d'Allouville « de Aalouvillâ, » primitivement au seigneur comme tous les autres, Ait donné par lui à l'abbave de Saint-Wandrille, dans le cours du xii'' siècle.
Le cartulaire de Fontenelle, contient, entre autres chartes sur Allouville, un acte de Raoul, lils d'Ancérède et de Géberge, son épouse, qui cède au monastère « decimam de Alouvillà et ecclesiam Sti Quintini de Aalouvillâ. »
L'archevêque de Rouen, Hugues d'Amiens, y avait ajouté la donation dupersonatdu lieu ^ donation qui fut confirmée, par Gautier de Cou tances, dans les premières années du xiu® siècle.
Cependant déjà les contestations seigneuriales commençaient à nattre. £n 12Î0 Jean Peignord et ses fils composèrent avec l'abbaye pour son bénéfice d'AlIouville. Mais la querelle s'étant renouvelée cinquante ans après, fut portée au tribunal de l'archevêque de Rouen, qui fit rendre, par son officialité, une sentence définitive. Cet arrêt, délivTé en 4265, au nom de l'archevêque Eudes Rigaud, est inséré en entier dans le pouillé de ce pontife 2 et dans le grand cartulaire de Saint-Wandrille '.
Il fut enfin convenu « post multas altercationes j^ entre Godefroy, abbé de Fontenelle, et Jean de Beuzemoncel, mineur, représenté par le chevalier Pierre de Beuzeville, son tuteur, qu'a l'avenir la cure d'AUouville, estimée alors à 60 livres de revenu, serait alternative entre le monastère et le château, ce qui a duré jusqu'à la Révolution.
En 1265 Allouville comptait 400 paroissiens ou chefs de famille; en 4738 il y avait 470 feux, aujourd'hui c'est une succursale de 4,585 habitants avec la section de Bellefosse.
Le dépôt de nos archives départementales possède les titres de propriété de l'ancienne fabrique d'AUouville. Ce sont des contrats de 4608, 4694, 4695, 4743, 4744 et 4765, auxquels sont jointes une foule de pièces timbrées et notariées.
Bbllefossb. — La terre de Bellefosse est une des mieux plantées du pays de Caux. Elle forme, au milieu de la plaine, un bouquet de hêtres épais comme une forêt. De longues avenues entourent un gentil castel en brique, du siècle dernier. Des arbres verts, étrangers à nos climats, marient heureusement leur feuillage à celui des enfants du sol, et contribuent à la beauté de ce séjour.
Bellefosse, avant d'être une plantureuse propriété, était un fief noble, appuyé comme tant d'autres sur une motte fossoyée, dont on aperçoit encore le creux circulaire sur le
' Neuslria pin. p 177. — - Copie d'AoKe Godin, aux archives départ. — ' Cartulaire du xviii* >iècic j areh. départ.
r.licmin de l'église. Sous l'égide de celle fuctercsse s'abrïuît l'humblt* chapelle k présent cachée k l'ombre du feuillage.
Cette église, plus que iQodeste, flotte pour ainsi dire dans uu vérituble oasis de verdure. Des fossés, plantés d'arbrei, l'enveloppent de tous côtés, et une ceinture de ronces U défend comme une citadelle. Entiërenient renouvelée au siècle dernier, il ne lui reste que des fragments du xvi* siècle. U clocher, au portail, élève avec peine sa petite flèche d'ardoisd. Au nord une chapelle seigneuriale fait saillie sur le plan recl^ligne du champêtre édifice.
X.e plus intéressant objet que possède cette église est uot chaire en bois, sculptée en 1 689, et donnée par Françoit Vaw pelé, curé de Bellefosse. On y voit un écusson et l'image àt saint François d'Assise, patron du donateur.
Le seigneur de Bellefosse parait avoir toujours présenté la cure; tous les pouillés attestent cette jurisprudence, mi celui de Rigaud, qui pourtant leur donne le roi pour collt Au XIII* siècle c'était saint Louis et Robert de Pissy qui noi maient k ce bénéfice, de 2o livres de revenu. Le curé d'ali était M* Hugues, présenté par Godefroi, sire de Calletot.
Nous ne pouvons passer sous silence la donation de ce église qui, selon M. Guilmeth, aurait été faite en MM '. l'abbaye de Montivilliers, et confirmée à ce monastère, en M92, par le pape Célestin III ', Nous avons parcouru la bulle citée par Duplessis sans y trouver le nom de Bellefuf Toutefois nous constalerons qu'aujourd'hui encore, coi en M il , cette église est dédiée k la Suinte-Vierge dans Nativité.
Bellefosse. appelé par Rigaud Bellafosxa, comptait 50 roissiens sous Louis IX ; 38 feux sous Louis XV, et 170 tants sous Louis XVIII, lorsqu'il fut réuni k la commune louville dont il forme le surnom. Déjk, depuis la Révolutii ils ne faisaient plus qu'une seule paroisse.
LK CBËKE-CHAPELLE d' ALLO 11 VIL LE.
Si l'on aime k interroger les débris des siècles, k recliercw jusqu'au sein de la terre la trace du passage de l'homme; les moindres restes de l'art humain, si les plus petits fragme de fossiles, restes parlants des anti({ues révolutions du globi
' Gnllmeih, t. u, p. 60. — Dupleiii», i
iSB —
Veillent au plus haut puint notre curiosilé. quel intérêt ne dotrent pas exciter les monuments animés du passé, les débris vivants de notre histoire et de notre agriculture? La vie est si fi'agile, la mort tient à si peu de chose, que les antiquités Tégétalos seront toujours les plus rares et les plus recherchées.
A coupsAr nousn'avons point de cesgrandsbaobabsd'Aft'iqae, que l'on dit contemporains des pyramides de l'Egypte; mais nous avons au milieu de nous un vieux chêne, l'arbre ■Bcré des Gaules , qui a vu naître nos chàleaus-forts , nos cathédrales et nos abbayes, les vraies pyramides de notre bistoire nationale.
Ce chêne, le dernier des Normands, est placé dans le cimetière d'Allouvillo, cette terre promise des végétaux, qui posdut naguères la plus curieuse collection botanique de France. Sn 1789, le presbytère de cette paroisse renfermait dans son vaste enclos un labyrinthe, sujet d'une curiosité universelle, et un verger qui contenait un hêtre et une épine merveilleux. Ce hêtre, taillé en parasol, pouvait abriter 60 personnes contre la pluie ou le soleil. Quant il l'épine ^ elle avait été transformée en salle à manger. Un escalier en bois conduisait à cette rotonde plancbéiée et percée de fenêtres. Le cardinal de La Rochefoucauld y dina avec douze personnes en 1781, et M. Lesage, de Caudebec, qui y pénétra la même année, nous a conservé te dessin de cette salle h manger ^.
Toutes ces ingénieuses créations étaient l'œuvre de l'abbé du Détroit et de quelques autres curés d'AUouville, amis de la botanique et de l'arboriculture. La nature semble avoir été ici plus féconde et plus libérale qu'ailleurs, mais il faut dire aussi que les hommes ont su l'aider. Les curés de l'ancien régime vieillissaient paisiblement dans leur presbytère entouré de cours, de jardins et des bûtiments ruraux des dîmes. Ces vieux pasteurs, k qui étaient promises de longues années de jouissance territoriale, pouvaient , dès leur jeunesse , se li^Ter h des plantations destinées ii ombrager leurs cheveux blancs.
Le groi chtne, le seul qui reste de cette réunion de phéno-
' On a déiruii récemmeni • Bouquctot (Eure}, une épine qui ivaii SOO «Qt. La longeiilé de l'épioB V» Ttil cliuisir en Normanilie pour |iied-rnrnlrr el iléllmitsUon de paroisses el ùr Jlmagei. — ~ ilonumenlt riciU tl rtlîgitu.r tie Camti-btc mss. ilc lu bibl. dv Ituuen.
mènes, est appelé par les naturalistes quercm robur et qufrcus peduiunlata . Sa circonférence moyenne est de 9 mètres 20 centimètres. L'élévation ne répond plus à la grosseur depuis que le sommet a été abattu par une tempête. Les branches naissent à 3 mètres du sol, et s'étalent horizontalement comme un vaste parapluie. Son tronc n'est qu'un tube creusé par les ans, et il ne reste plus que l'écorce kce vieil enfant de la terre: pourtant chaque année il ne manque pas de se parer d'un épais feuillage et de se couvrir de glands.
L'âge de ce doyen de la Normandie était porté, en 1821, à 8 ou 900 ans par M. Marquis i. M. Dubreuil, d'après un calcul fort remarquable, lui donnait 870 ans en 4843 2. L'archéologie ne peut que s'incliner devant ces arrêts de la science.
Un semblable chêne eût été sacré chez nos pères, et les druides, ces pontifes de nos ancêtres, n'eussent pas manqué d'élever à ses pieds des autels. Mieux éclairé que ces ministres de Tentâtes , un prêtre du Christ a eu l'heureuse idée de consacrer à Dieu ce chef-d'œuvre de sa puissance créatrice.
L'abbé du Détroit, curé d'Allouville k la fin du xvii« siècle, couvrit avec de ressente toutes les crevasses du vieil arbre. Il fit, avec du bardeau, un petit clocher surmonté d'une croix de fer qui, s'élevant au-dessus du feuillage, rappelait les ermitages des anciens jours. Malheureusement ce clocher, qui figure sur la gravure d'Hyacinthe Langlois, ne subsiste plus aujourd'hui. Dans la partie intérieure du tronc il établit une chapelle qu'il dédia « à Notre-Dame de la Paix, » comme on le lit sur la porte de la cellule. Pour conserver la mémoire de cette consécration touchante, on a placé sur la porte de cette chapelle extraordinaire une inscription qui est toute son histoire : « Erigée par M. l'abbé du Détroit, curé d'Allouville, en l'année 4696. »
L'oratoire champêtre, long de 4 mètre 75 centimètre, large de 4 mètre 47 centimètres, compte 2 mètres 28 centimètres de hauteur. Parqueté comme un salon il laisse voir au fond un autel de bois qu'éclairent deux chandeliers et une lampe suspendue au plancher. Les images de sainte Marie, de saint
' Notice 8wr le Chéne-ChapeUe d'Allouville, dans le pays de Caux, par M. A.-L. Marquis, in-12, Roaen, 1821. — Précis aruUyt, des travaux de l'Acad, de Rouen, en 1822, p, 40—46. — ^ Quelques notes sur l'accroisse^ ment des arbres exogènes^ par Dabreoil^ in-4°, Gaen, 1847. — Mém, de 1^ Institut des Provinces, 1. 1*'.
Joeepli el du saint Fraiiçuis-ftégis, tapissent ces vivantes murailles. Une porte grillée défend l'entrée de ce sanctuaire sans en dérober la vue k la piélé et aux hommages des voyageurs. L'impression qu'a produite sur nous ce patriarche des forêts, devenu le tabernacle du Dieu de la nouvelle alliance, ne peut se comparer qu'au saint respect qu'éprouva saint Jérôme h la vue du chiJne de Membre sous lequel Abraliam avait conversé avec les anges.
L'abbé du Détroit a complété son œuvre en installant audessus de la chapelle une chambre dans laquelle est un lit où pourrait coucher un homme de petite taille. Un escalier de bois conduit à cotte cellule monastique, qui, en 4710, inspira au spirituel Du Cerceau la pensée de s'y faire ermite. Cette idée nous a valu une délicieuse pièce de vers dans laquelle le bon pi?re expose à son ami son intéressant projet. Nous regrettons de ne pouvoir citer ce charmant poème, <{ue l'on vend !i la porte du rhfne-chapetU ' ,
Nous devons des actions de grdce à l'abbé du Détroit, d'abord pour avoir sanctifié ce chêne en le consacrant à la Reine dos anges, ensuite parce qu'en l'offrant fi Dieu il l'a conservé aux hommes. Sans cette consfïcration le cbéne d'AJlourille serait tombé sous la hache du bûcheron, comme tant d'autres que les naturalistes regrettent *.
Cependant la croix et le nom de ]\Iarie faillirent lui être funestes pendant le grand orage qu'endura l'Eglise de France au dernier siècle ; tes habitants du pays repoussèrent à main armée les révolutionnah-es qui voulaient brûler l'arbre de Noire- Dame-de-la-Paix. Puis pour le sauver plus sûrement, ils l'atrublèrent du nom d'arbre de la Haiaon, comme en 1830 la TÎUe de Caen a sauvé Louis XiV en attachant h son casque de bronze une cocarde tricolore.
Monument de la nature, de l'art et de la piélé, le ch6ne d'AllouviUe, comme un prince de ce monde, a ses poètes, si-s biographes, ses peintres, ses graveurs el ses historiens^.
I Lt Chiae-Cht^iftU. elc. dant U rimUière irAtlout^ilU-HiUrfoiie, ia-ll de 34 vat^et, imprimé i Pari», chez Bailly vers 1810, — ■ M, Busr, Mém. tur Ui CMiui. parmi ceut de l'iniiiiui, 1807. — ' Lr grat Liiéne on PéUrinage d'un «îeul et ik son peiit-fils, bsblianu de Seini-Vilenlui^Somme, t«lL h \» chapcllu <Iu CbAnc-d'AIIouTilli;. Abbcvllle, Bonlanger- Vioo, miO. — Promenadt archéologique dr Boum à fkaatp. pic U. L. de GUnïlUe, clans l Annuaire dt IVorm . pour 18S2.
Chaque année il voit s'accrottrfi le nombre d<>s pèlerins qui viennent rendre hommage à son immortalité et contempla' «i lui les siMes qu'il a traversés. En présence de ce géant de nos forêts, à la vue de ces racines vigoureuses, nourries de l3ëub^ tance des morts, de cette tétc dégarnie par la main du temps, de ces rides profondes gravées sur une écorce rugueuse et desséchée, il est impossible de se défendre de l'émotion saisissante et respectueuse que l'on éprouve k l'aspect d'un vieillïnl blanchi par les années, dont la tête domine de toute sa hautor les jeunes générations qui l'entourent. Epargné par les ]Héi lutions, éprouvé parles tempêtes, rajeunissant avec lesaiiiiéi doué d'une végétation qui ne suit plus les lois de la natitf vénéré par les peuples et sanctifié par la prière, ce vieil eulM d'Allouvitle n'a plus rien k redouter du ciel ni de la ter». Puisse-t-il long-temps encore continuer d'être la maison dï Dieu, l'ornement du village, la gloire de la Normandie, el l'une des merveilles de la nature en France.
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liC8 RIHIVES DK S AINT- W AKURILLE.
Le lecteur compreiKlra parfaiLemeiil qu'il n'entre pas dans le plan ilt ett oavragede donner une bjitoircde la grande el illuslrc abbaje de Snint- Wiodrllle. Ce travail, outre qu'il di^pasic nos Torces, demanderait autti dein votuoiM comme les nAlres. El puis nous nous atlachons surtout t dfcrire le présent et A dresser un înTeniaire des monuroenls qii) hrlllent aoloanl'biii sur le sol. Or, Sainl-Wondrllle n'est plus, il appanlem tout «Dtler ■ l'histoire. Ccpendsoi II ootis en coûterait trop de passer atipris do Mlnta tsns vénérer letm cendres et sans célébrer leur mémoire II! lecteur attend éRalement de nou« que nous lui disions uo uiot lia frtltdi tvèDcmcots et des bautca constructions dont cette terre a éit le tHIin. Nous alloDS donc jeter rapidement un coiip-d'oll sur les ruines de Msi-Wandrille.