I". — LB S.UKT FONDATEUR ET SES EGLISES
Sifnt-Wandrille, ainsi nommé depuis 800 ant, Tul loog-lcmpi appelr PiMMDBlleoa la petite Tantainc. Ce nom lui venait d'un bumble ruisseau qol arraie cet étroit vallon, traverse le village et l'abbaye et apr^ un vtnm de trois kilomètres s'unit à la Rencon pour se jeter à la Seine, à Caudebïcquet, l'ancien Porl de Saint Wulfran.
Dans les temps mérovingiens, lorsque Wandregisilus se Dia sur eelte terre inculte et sauvage, le canton iwrtalt le nom de Rotmare, acignenr Trane, dont le souvenir vit peut-être encore dans la Torèt de Roumare. Le 1» mai aiS [648 selon d'autres), Wandrille, né à Verdun, d'une famille de prince*, désertant la cour des rois par le conseil de saint Ouen, se relira dans cette profonde retraite. Cette terre n'avait point toujoun été un désert; asiiteaurlebordde l'ancienne voie do Juliobona a Roihomagus, le* Gallo- Romnins l'avaient choisie poury élever des édifices renversés par les barliircs, I.et ronces et tes épines recouvraient donc des minet antiques devenues le repaire des bétes tauves '.
WtDdriile, ponssé dans la solitude par la voii de Dieu et l'amitié de* saints, s'empressa d'appeler les sauvages qui Tentouraienl au travail, h la pd^re el à la vertu. Blent6t il se vit escorté de trois t quatre cent* moines, pcrinl lesiguvis hiaitGodon, ton neveu, el Désiré, le Dis de saint Winlnge, le comte de Caui. Aidé pur sainte Bathilde el les rois rraiie* ', Il consuuisil trois églises au milieu dc'!> cellules de ses frtres; la première Fut dédiée à aalDI Pierre, le prince des apOtres, el i saint l'anl, le docteur des iiaiinot.
' HoiiBirabantur namque in codem loco vcstigia ImmA ruine «diRriorum prisconim accolarum industrij otini Piiructorum, sed citerorum bostium rerllate bellulnit sulo fundittis aiiustorura et in Ipso ifu Idem locu magls •ntraferarum quBDi homiuum habiiatioiunc teuiporis videbaniur. vVciuln'o pis. p. 133. — ' Clovis II, en OtV, et Clotaire 11, en 002. Oall. Chri$l . I. M, p. 187.
La ^Erondp à sainl Laurcnl, et la iraisl^mc è saint PAiicrace, mart)». ssini Goilon avait apiiorté du relii|ucs de Rome. Lee chrunique» di l'église <le Saint-Pierre 290 pieJ» de lonii sur 37 de large, pruporiiont qi qat peu rabuleuses ainsi que le nombre de« colons tonsurés, réunit par) saint Tondateur, et dispersés pur Teutstade.
Une quatrième ^lisc (ul txllie par saint Wandriile, i l'entréf uémel nioaastère, et cette conEirneiion merveilleuse (miranda rabrica) porli nom de saint l'aul, apAtre. Les hitloriens de t'abbarc l'appellent le ■ a* TDM mneforum. » parce qn'elle fut la sépulture de» plus vënérsblei al du monastère. Ce» li, en elTel, que furent déposés les corps de Mini Vt'lt drille, le père des moines; de saint Ansbert de Rouen, de saint WallV de Sens et de saint Ercmbert de Toulouse. Eibumés en 704 par saint Bl do Tliérouennc, pour ttrc plarén dans la basilique du prince des apttm, i furent remplacés dans leurs «èpulcrcs par saint Uardwin et plusieurs iii« Ascètes qui rhérisseicnt ce sanctuaire des prédestinés. Relevés au IWA' de par les abbés Godefror de Holol et Jehan de Ilocliois, les n de Saint-Paul furent déinolii par les rellgieui eui-mémes, au dédia fc xviii* siècle. A présent on cherclieraii en vain, à l'angle méridional di It clôture monastique, la trace d'un temple qua les auteurs du GaWa CMft, liana. appelaient encore en 1740 • Fidelium precibus cl concai
IlélBs ! il en est de mente, et depuis bien plus Inng-lemps, des f\ Salm-Laurenlet de Saint-Pancrace, totalement fondues dans les bi de l'enceinte claustrale !
A tant de ruines aioutons-en une nouvelle cucorej nous voulooi patl<* ' de la chapelle de Sainl-Amaiid de Govllle ', située sur la Seine, i dm* klloinèirei da grand monastère. C'était aussi une lille du saint fonilalMI' J de Fonienclle. Il l'avait consacrée h saint Arnaud, évéque de Rhodei, M le diacre Sindard lui arait apporté les reliques. C'était dans ci merveilleuse, en vue du granri Hcuvc et des immenses furtit qui eaioi ses bords, que saint Wandriile venait avec saint Philberi. de Jumit^i saint Ouen, de Ruucn, parler des choses de Dieu : k l'eiempla i saint Antoine, ils lisaient dans les splendeurs de la création la tnaJMU<l créateur. Lnng'temps on a montré les lits où se reposaient ces suljiain las bnncs de pierre ofi Ils s'a»se]islenl ont «té respectés par douze siècles. I Révolution française en a balayé les dernières traces sans les effacer d»^ mémoire des hommes. Celte terrible niveleuse a détruit aussi la ebtfé après l'avoir vendue romme bien national, le 13 dét^embre 1793 '. sent on n'm connaît plus que la place, toujours chère aui marint labonrcors, parce que la foi des peuples prétend qu'elle divise les orsgtf *! qu'elle sépare tous les nuages de feu qui traversent le Deuve et la toitl.
• T. Il, p. 1S6. — ' Dnpiessis, t. t", p.
Gothevllia. — ' CeUe chapelle, tanlAt i la ■ elle du sei^'neur de la TouTclle, avait les près Dieppe Une Hanse de papiers
archives dép.
n de Sain
79. — Gosville, Golbedll» < présentation de l'abbé, lintJ»- * dîmes de la paroisse il'Eir»*'
it son patronage se yt
indrillc.
s II.
Cummc I
— 3<t( — - l.'Éd.lSE *IIB.iriALt.
VéfWie alibiliale du Sninl-Piertc Avait Me cundruîte pirsnhil Wnnildlle lui-nitme. Nous avons clil luisl qudU'B|jrolionions «raimeni glganipaquei pour \r temps lui aiirlhucnt des chronique» rclaiivemcni modernes. Ce premier monument rui rfiduii en MDiltt's, en 7M, et inimétlÎAU'menl relevé par Gut, abbé UTc, aidé par l'fpIn-le-Bref. Rirhelée trois fols de la torche des Normands par la llbétalilit dv k» »bbéf, elle Tut enfin abandonnée aui Oammesde ces barbares en 86Ï. Ces malbenrnui Danotn, nos ptree, trouvant le clollre vide et I'^IIbe dépuuillée, 'onverièrent lout Jusqn'aoi; Tondenienls ' . Aassl, comme le dit ènergîquBment l'aataur de la Gaule ehrétienne -. pendant lont nn siècle FonlenellD hit prmLenite i terre, ■ Pruslrata jeeult Puntanella. ••
En 066, tes mi^nies Normands, devenus Icrvents chrttlens, rommeni-^rerit ) relever une église qu'acheva la ferveur du w- slïele. Déjà U foudre avait «Itéré les prcmltrei constructions de l'abbé MajnAnl et de HichanI ■•■, lonitne le duc Richard 11 et l'abbé saint Gérard, son ami. eu cnmmencïrent une nouvelle ', qui, terminée par «aint Grsdulphe, fut cnntacrtc en IU33, par Robert de Normandie, sous le vocable de saint Pierre el de saint Waii drille. BerbvrI, évoque de Lisieut, et Robert, évéque de Contancee, aaslstalenl à celte auguste cérémonie, où hambart fut bêul premier abbe de la Trinllé-<lu-MonI, depuis Sainte-Catberine-lis-Rouen,
De 1214 à 1247 un nouvel et plus terrible incendie ruina de Tond en comble la basilique de saint Gradulfe et de teint Gérard. Pierre Mauviel. alors abbé du monastère, se mit i l'œuvre et reprit l'édiiire dans ses fondement*, • i fumlamentis, u comptant sur la ferveur monumentale d<» 11^ dM croisé». Constamment k la tfte des ouvriers, il les stimulait par les paroles suivantes - « Courage, mes enfants, la pierre vous manquera plulAlque l'argent. » Il obtint du pape Innocent IV et de l'arebetéque Eudes nigaud des induloence» et des panions pour ccut qui travailleraient ou i|i)i donneraient h l'église. Aussi le monument qu'il fonda et qu'achetèrent tes trois succes.«eurs était vraiment merveilleui. Le peu ijul rettc le proclame encore. A cet abbé, enfant de FonteDclle, succéda, en 125S, GodcriroT, natif de Nointot, qui acheva la basilique, •> basilic» chorum absolvit ' ■ Guillaume, né* Norvillc, sur tes bords de la Selne,coniinua l'nnivru de 1288 â 1301. Il funda le clocher, qui fut achevé par Guillaume U Ooullie uu la Doublie, abbé de 1304 à 1342. Ce dernier condulsilTé^lIse jusqu'à U moitié de la grande nef. « Basilics majuris navim ad roedlum perduiit '. ' En 133t, il Tit élever sur les transepts une mafiniUque tour de
' ■ Truculenlus barbarorun ctercilns, aquis eeresaus, hune ad locum accessit vBcuumquc hominibus et omnibus nudalum rébus deprehendcns ipjeclo igné Guncta illius ediricia cum sanctuario, concremarîl subveriil et recetatt, ■ Coll. Chrùt.. I u, p. tS9. — ' Ce fut en creusant les roiidatioiu et les crjptcs de cette nouvelle ^liie que l'on trouva le corps de Mint WiUfran encore entier (de ItMU g lOâii.) - Gall Çhritl. i. u, p. 181.— ' td., p. 182.
pierre siirmonnic lium; nèclio »emlilBbli! quÉ fftnlnil
ilu vuisiiiaçc ci ilominail «iir les plsine:
moniihus vicinfs adieqQatarn, ciim acumine lapidco e\truii(. ' ■
HélsB I avec lui Qnlreni les consirucilons, et pcrMnne ne lermina pln> mie nef que la Révolution vint JËiruire. Dijl, en ciTel. le tml<i du ni' siMf avait gngné le cceur de la société ; le* guerres el les pestes den^noo éiprnHIcs dans le inonde, le schisme el) les querelles (interminaWM il«i< l'Eglise arrfllèronl loul pendant deui siècles, cl la Renaissance, ecuc gtanik el su[irf[ne agiution des esprits, ne fera presque rien poar les église* dr Kontenelle, Ici lout est mort, jusqn'à ce que le grand coup do fmiilre Je li chûlc du cJocber vienne réveiller l'esprit «woopi des mtiines el des altbé».
Ce lerrilile évënemenl, prJvQ dcpnls long-lenips, arriva en 1631. Kmn laissons parler les historiens du monastère : "La nuit du 20an2l décemlm, dans un tems Irts- tranquille, la tour, qui étult portée sur quatre colomnes et qui sëparoil le ehœur de la nef, venant à Inmlwr BUbitfnM|j| parce qu'un avolt négligé d'i taire quelques légères réparations, ctai dommnRe presque irréparable. Hclle tour éloit un des plui beaiH onti qu'on vit en ce genre. Snr un édiOro de pierre, dont la haulear égalai plus bailles monlagnes qni environnent rctie abbale, l'i^levnil une F inide on nèche d'un Iravall singulier. Les lames de plomb doni elle revêtue île loules paris en auRmenloleul le poids en mftue temps qu'il) U scrvoient d'ornement. Quelle ruine ne devoil pas causer U cbûu fM tour li pesante et ai eihanssée ! La plus grande partie du chonir rWR sec. la nef entièrement détrullc, la croisée méridionale accablée, ItiiH ailes ahatluea, la chapelle de la Vierge ruinée, les chairas du duNT, H failement belles, brisées en morceaui el ensevelies soui les dtbritde lour, aussi bien que les calices, les ornements el les cloches; Uni «Il ' prcsentoll chaque jour aut anciens moines de Saiol-Wandrille tacle aussi allteui qu'amigeant ; d'amant plus alTIigeaul qu'ils se hors d'étal de relever ces masses énormes de pierres, renvenée* les
Celle voit de Dieu, qui ébranlait le temple Jusque dans m«
' Galt. chritl., i. II. p. 16-2, — ' lliii. lieiAbb. de Saint- VatkâxiO* ^ puii iOUijuiiiuà 1734, Mss. in-roliu de la bibl. de Rouen. Cetta hlK»' irés-cu rieuse est l'œuvre de deu) des hommes les plus éminenls de la t^ grégaiion de Saint-Maur, dom Taustain et dom Tasain, les auieurt A* KoavrUt Diplomalique. On j trouve une foule de laits iniéreaMol) V* t'hUtoire]da diuctse de Rouen et pour celle de la congrégation de S*^ Maur. Dnm Martenne, qui Iravaillail h celte dernière, avait engafé t* néral de l'ordre à charger dom Tousiain et son collègue de faire dé* rec> elles relatives k son objet, et ce fut à celte orcasion que fut compofée '" taire moderne de Fontenelle. Tour la rédiger nos deux Bénédictins vit*' passer trois mois i Saint-Wandrllle, en 173t. Ils eii cmporltrenl un ei^ plaire à Saint Germain-des-Prés el laUfiirenl l'autre h Satnl-WaiMl* C'est co dernier que possède maintenant la bibliothèque de
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iiirnL^, fui L'nlvndiK! îles moine» et île l'abbé de Snlnl-Wnnilrille. Ile louli:» psrta un ilcniandn avec plus d'in«lance la congréplinn de Snint-Maur vomme la sealv capable de relever taot de ruines. Aptè> loua lei concordau vonlui, elle enlra enHn la veille de Sainl-Msur, le ii janvier de l'an de Jésus-Chrisl 1G36, de la fondalion de l'abbaie 989, la xv année du poniiricat d'Urbain Vlll, la iivi* du règne de Loula-Ie-Jnsle '. Oéji celte Rétiirme élail en pos$c«ision des plus célèbres abbajes de Normandie, de Jamièget, du Rec, de Bernay, de Saint-Evrould, de Conches, de Donnenouvelle et bienlM de Fécamp el de Ssint-Ouen de Rouen.
Ce tut le prieur dnm Philibert Cotellc qui le premier 9'occupa de la restauration de l'éRlise.Son point Je départ fut un acte de vandalltme. Déie»pérani de relever le clocher et les transepts. Il proposa d'abaitre le» nets et le transept du midi et de ne conserver que le chnur et le transept du nonl oâ l'on placerait la tour, nom Tarisse avait eu la rattitesne d'approuver ce planque le prieur de Jumiè|i;es lit heureusement révoquer avantl qu'il Tût mis t eiécDlion.
Le cfaiEur lui même était dans un étal aDVeui En 1641, l^s arcs-boutanU s'acculaient en arrière, les voûtes s'enir'auvraicnt, les clefs ne se Joignaient plus. Dom Aie«dre Picard entreprit de le restaurer, et, en 1047, il eitt la COfiulation d'y Taire l'ulTice. 11 Faut savoir que depuis 1636 on célébrait dans le chapitre où le Saint-Sacrement était déposé. Les chaires ou stalles ftarent refaites A neur.lessncionnesaiantété brisées par la chùie de la toar. Vingt ans encore on travailla ii'la restauration du clocher en j consacrant chaque année des tommes énormes. Emmanuel Boynet, architecte de Rouen, conduisait ces grands travaux qu'il ne put Unir, car on iravalllali encore à la itécarallon de l'église en 1734, cent ans après sa ruine.
Dom Jouauli, en iW3, et dom Marc Itivard, en ITT8, s'employèrent ac- (ivcoieot k compléter la restauration de l'église abbatiale. Ce Tut ce dernier V*)f mit la dernière main au dAme oq pluiAi A la lanterne de l'église. En 1080, ■ il perfB le clocber à Jour el lui donna un air de couronne qui ne *ccvîi pas moins il l'embellir qu'à étendre le son des cloches, dit l'histoire <^ l'uhbaye. ' • Puis, dans le déme ainsi préparé, il installa une belle et forte charpente, un niagnillque tielTroi capable de recevoir une riche son- "«rie, si sonore ant bords de la Seine. Dans le premier beffroi quatre clo- «bca avaient été placées le 3 Juillet IGfil \ Mare Rivard y ajouta celles qui. 'Prte la chute du clocher, avaient été suspendues provisoirement sur les 'ottica '. Puis il pava le tour des cbapellet, posa les grilles et les vitrages, M peignll les piédciiaut des colonnes du malire-antel;
C'est t lui encore que l'on devait les magnifiques boiseries sculptées ^ U sacristie que nous avons admirées aui sacristies d'Yvelot el de Caudc- **«. a En leSO, dlilc manuscrit, que nous no nous lassons pas de citer, les ^Mnolres, les biilTets, les oraioires et les ferrures qui sont d'un goût eiquis, ^^Wlqn'il tienne peut-être encore un peu de l'anlique, Turent irts-avancM •< dent ans aprN entièrement achevés. I.a seule faton de In liiiiserie coûta
'liiii.dtt'.m. p. 22. -
' Id., p ilO-
, p ISN.
2,000 livres, et il n'y a pas moins de travail à proportion dans les ferrures. Les croisées également furent garnies de vitrages, dont les bordures et le fond étoient ornées de peintures fort agréables; aussi la sacristie de Saint Wandrilie est-elle une des plus accomplies qu*on puisse voir, et Ton peut dire qu'il ne lui manque rien, ni du c6té du vaisseau qui est grand et bien pris, ni du c6té de Tornement auquel il seroit difficile de rien ajouter, ni enûn du côté de la délicatesse des ouvrages '. »
Nous ne pouvons passer sous le silence le jubé construit par dom Laurent Hunault.Gitons encore ce qu*en disaient,en 1734, les historiens du monastère. « Il manquoit à Fégliseune tribune ou jubéqm avoit autrefois son utilité, mais qui depuis plusieurs siècles, ne sert plus guère qu'à rornement de nos temples. On ne Jugea pas néanmoins à propos de priver l*église de Saint-Wandrille de cet agrément. L'architecte Boynet commença donc cet ouvrage en 1670 et l'acheva sur la Gn de l'année 1672, mais on n'y chanta l*Épttre et l'Évangile, pour la première fois, qu'à la fête de saint Maur 1673, après qu'il eût été béni par M. de Salornai, ancien religieux de l'abbaye et prieur de Saint-Saëns. Cette tribune est parfaitement bien exécutée et contribue beaucoup à relever la beauté de l'église. On y trouve je ne sais quoi qui plait et qui satisfait les yeux de ceux qui l'envisagent à quelque distance ^. »
Le siècle de Louis XIV, en passant par Fontenelle, avait laissé son cachet sur la grande basilique de Saint-Wandrille. « Au lieu de la haute lanterne qui portait le beau clocher construit dans le xiv» siècle, le centre de la croisée était couronné par une coupole dans le goût antique, rappelant celle des Invalides ou du Yal-de-Grâce. Elle reposait immédiatement sur les quatre grands arcs centraux, et chacun de ces pendentifs était occupé par un bas-relief, offrant un évangéliste dans un cartouche formé de fruits et de fleurs. Au-dessus de cette coupole une tour en charpente, revêtue de plomb, renfermait la sonnerie ; elle oflTrait à l'extrémité la forme d'un calice renversé, et le coq qui la surmontait ne s'élevait qu'à la hauteur de la chapelle de Saint-Saturnin ^. »
On comprend aisément quelle variété et même quelle bizarrerie de style devait renfermer cette église, ainsi restaurée à longues campagnes. Toutes ces anomalies étaient encore reconnaissables en 182tf, pour l'œil exercé de M. H. Langlois *, Mais aujourd'hui rien n'est visible, beautés et défauts tout a disparu, tout est tombé à terre et caché sous l'herbe.
Cette église infortunée, vendue à l'encan le 17 juin 1792, fût abandonnée pour toujours de Dieu et des hommes. A partir du moment funeste (janvier 1791) où dom Ruault, le dernier des prieurs, prêta, à la tête de ses vingt religieux, le serment constitutionnel devant le mattre-autel de la basilique, la mort entra avec le péché dans ce sanctuaire de la vie. Cette 611e du mai y règne maintenant en reine, et un affreux silence, un vide effrayant a succédé, non-seulement au mouvement des hommes et au chant des psaumes, mais encore à la chute des murs qui ont croulé pendant un deml-eiècle.
• nul, de l'Abb.. p. 168.— = Id., p 130.—^ Essai, p. 45.— * ld.,p. 47.
H. CTprien Lenair (il nom en noAte de \r lUtt), n'a pas cnini iriuunicr *ar M ifte, le lourd ei éer»iti[ Tnrdeau de la nijnt d'une sbbaje, qui fut l'ieotede ti Mlenreet le lantluairo de toutes le» vérins. La ruine de Salni- Wandiille Mt un vrai rocher de Syïiplie. qui roulera flernellemeul luir sa nCmoire pour l'écraser. Ce wra conime un analh^me destine h marquer MO nom defani la postérité.
Let ruines de Sainl-Wandrille eiaienl encore belles en 182S, épotiue où •Ow hlalienl l'admiralion des voyageurs, dei arliiles et des anli<)ualres. Loi aoleurt du Voyage romanlique ri pilloraque dont l'anektine Franct, H H. Langlois, dans ses admirables £»aû. nuui en onl const^rvé des des- Mm i jamais précleui. On aurai! dit que la pauvre ég\i»e ai^nnisanlc ii'allOMtail plus pour mourir que le passante des maîtres de l'arl. Car apr^s leur défwrt, elle a éié vériublemeni prérlpltéc vers sa ruine, tous let jnur» elle t'M alTalssée pierre par pierre, colonne par colonne, oon-ieulemenl sous
tain du I JlWqil'i dire que pour consomi «lelime, le propriéliire aurai la Mpe militaire appliquée M. Onitmeth, en 1830. il nt quelques corn k lies brisées,
des démolisseurs. On va 1er plus rapidement le sacriQee de celle grande ; emploie le sysltime Petii-Rodcl, e'etl-idirc lui églises gothiques. ■ A piéscat. écrivait rtx^le plus que quelques fûts de colunnci, ilques chaplleaui renversés. Vat lierbe i^paisse
a prit possession du sol où l'inscriplion inmulaire indiquait fi et M k m ■flin abbé, l'époque de son avènemenl, le jonr de sa mort et perpétuait d'ige en Age les traditions du monasth'p. Pendant que nous écrivons ces tlfoei, ajoute-t-ll, chaque instant voit disparaître quelque portion de ces Téoérables restes, et 1c jonr n'est pas éloigné ou Ton cherchera vainement lei las de pierre et les débris inrormes de ces ruine* '. ■
Maintenani qu'a-i-on Tait de loule» ces pierres vénérables, rralls de la piété et des arts de nos pères dans la foi ? On a canstruli des usines, temples de l'indusirle, celle reine du monde moderne; on en a pavé les chemins, et la nuie qui conduit de Fonlenelle il la Seine est tout échelonnée de meaeaut et de colonnes arrarbés à la grande abbaye.
De la muRniliqne église abbatiale de Saint-Pierre, de ses trois nefs, de ses qulDie chapelles, nous n'avons retrouvé, en 1SI12. qui- quelques fondalinns an nord et les tronçons dessli cbapelles qui allaient dn transept septentrional à la chapelle du Saint-Esprit. Ces rhapetles, A peu pr^ à hauteur d'homme, ont louies conservé leurs piscines dont l'emptaeeineni Indique que le» sulcis étaient sous les renéires, le vitrail servant de rélable. Le seul marceau un peu entier est le transept du nord qui élfrve, avec une innjesié hardie, set grands arceaui, ses larges et élégantes fenêtres si pures «I si parfiflenicnt dessinées. Dans la seule chapelle qui subsiste i cfité de lui, on remarque des traces de peintures du \UV siècle. Ainsi donc ce merretllcut sifccle des croisades a cela de particulier que sw cuivres, immortelles comme loi, nni su allier rélégancc « le goùi t une firrce el une durée sans Un.
Votl* tout ce qui reste d'nne église, l'wuvre de Mt siècles, haute de
^^amri,
I II, p. 174.
70 pieds el longue de 2tf2 ; d'une église dont le chœur seul avait 106 pieds de long sur 72 de large ! Pour nous consoler il ne nous resle que le plai, dressé par les ordres deJM de Vanssay, et publié par les soins de M. Laaglois. Remercions ici Tintelligent préfet et Thabile artiste qai nous oac gardé ce faible et suprême souvenir I