IV. LE COUVENT DBN PÉNITENTS
Il n'est pas impossible que saint WandHlIe ou ses disciples aient évangélisé le vallon de Veules; car autrefois, pri>s Iq source de la rivière, se trouvait une chapelle dédiée au sain: fondateur de Fontenelle, et le champ vénéré qui l'entuurû était devenu le cimelière de l'église de Saint-Martin . Cette tern sacrée, foulée peut-être par les pieds des saints, était desUnéi à devenir un moiiasti-re. Voici h quelle occasion : sous le rfegn( de Benri IV. lorsque des mendiants de tous les ordres s*ébafc taieni sur les grands chemins de la France et s'installaieii dans les villes et bourgs de la Normandie, une colonie dt Pénitents s'implantait doucement k Veules, dans le très-modeste asile de la chapelle de Saint-Wandrille, cédée par U paroisse de Saiiit-Harlin *. Ce fut en 1617 qu'eut lieu cettfl fondation, au grand contentement des marins de Veules, igu reçurent les enfants de Saint-François comme les patriarche* recevaient les anges du ciel.
Nous laisserons raconter l'origine et l'histoire de cette modeste maison au R. P. Jean Marie de Venion, humble Pént lent de la Normandie, qui a écrit une HisUiirt géji/riile et p tiailUrit dii liers-nrdrf de Saint-François d'ÀssisP '. Nos 1« leurs ne seront pas fAchés non plus d'entendre, au milieu df agitations du XIX' siècle, la parole calme et séraphique d'ui Franciscain du \\W. Ce sera comme une voix d'outrc-tombe
• Veules. dit le bon père, est un bourg situé sur le rivsj de la mer, au pays de Caux, dans le ressort du diocèse c Rouen, et de l'exeniption de l'abbaye de Fescamp. Les liabb tans de Veulles voyant quelquefois nos religieux iiui paBsoieQl pour la quesLedu poisson '. en furent tellement édifiez, qu'il les iniiitèrent iis'y establir; parliculicTcnienl Adrien Le Picard,
, Deieriplion, t. i, |i. 77 rsr ou airt p«u>rFi.
( Difit qui étull
tieutenanl en rainifanl.- de Saint- Val 1er y et de Veulles, ayant fait reparer la chapeili-etbaslir vn petit logement tout proche, nous coiiiura d'y résider. Nous ne le prismes d'abord qiip. «omme un liospicf , mais la charité dps ppiiplps nous attirans, on y a mis une famille raisonnable.
g Celte maison où l'on n'espéroit point d'abord de grands progreE, s'est néantaioins tellement avancée par la bénédiction de Dieu, par les soins et les travaux des supérieurs et des religieux, bref par les assistances do plusieurs personnes charitables, qu'on y a basti une nouvelle église et dos dortoirs pour une communauté régulière. Les jardins sont amples, bien disposez et dans un territoire fort fertile. On les a augmentez par diverses acquisitions faites avec les aumosncs de bienfaiteurs.
k Le Roy Louis XIV n*a point voulu laisser Veules sans dei^ marques de son affection royale. L'an Ifit", le i de son règne, au mois de mars, sous la régence d'Anne d'Austricbe, sa mère, il approuva son OâtabHsseineut et amortit toutes nos places. »
Pour toutes charges, il imposa aux religieux l'obligation de chanter à perpétuité, tous les dimanches, après tes vi^pres, ir psaume Exaudiat, avec l'oraison pour le roi ■.
■ Les Patentes furent enregistrées au Parlement de Rouen, le 16 may 1647. Il ne faut pas oublier que le 1"^ juillet 16i9, le besoin d'eau pour les baslimens ayant obligé les religieux de faire creuser un |Tliis, on en commença vu presqu'an milieu du cloistre, qui contre toute espérance, fournit abondamment (les eaux sitost qu'on eut inuoqué le nom de Dieu, et imploré le secours de Saint-Wandrilles. Dans les diverses contestations que nous auonS eues pour Vaggrandissement de ce monastère. Monseigneur Henry de Bourbon, duc de Verneuil, abbé de Kcscamp, nous a tonsjours (^^l(! favorable. Ce grand prince, ii qui nous presentasmes requeste. ayant renvoyé le tout h ses nfliciers, et ceux -cy après l'informât ion, luy en ayant foi( le rapport en bonne forme, k nosire avantage et selon la justice, il leur ordonna par ses patentes, dattées ii Paris en son hùstel de l'abbaye de Saint-Gerniain-des-Prez, le 20 mars 1653, de mettre les supplians en possession de leur demande. Noos ne sommes pas seulement obligez à l'abbé de Fescamp et à ses religieux, mais encore h ceux de Foutenelle, qui nous ont accordé les reliques suivantes : sçavoir, quelque partie dt;
' UaplFHÎt, t. Il, p. 77,
— 7fi —
la cliappe, de la bi>urse t;l suaire lie saiitl Wandrille, oti l'oil'' voit ui>» petite clievîlle d'os, qui fermoil et joit;iioiI le dc-ssiu avoc le dessous; <Ie plus uii morceau de la c<,'iiilure de sainl Vulfran. Ce duo l'st signé de Irëre Henry Bi(,'Ol de S&leriiay, ' en datle du 23 décembre 1629. Conjoinctemenl avec l'acte de | la supplicatiuu du superleur de Veulles et de sa commuaautc. ta permission de les exposer ue manque pas : dès le 5 juilloi I 1631, le grand vicaire de Fescamp, itoninié Ballhuzar Martin, pri!stre, curé de la paroisse Saiut-Piei're-lc-Viger. docteur ea J Uiéologie, la donna avec toutes les circonstances (|ui sont rei]uises. »
L'tiistoire n'a etiregislriï iju'une seule affaire entre les Péuitens, les paroissiens et les Bénédictins de Féeump. C'est ub^
' procès qui eut lieu en 1653, ii propos du cimetière de Saint- Wundrille, que les Franciscains avaient pris pour asseoir leur I
I cloître. Laparoissedtf Saint-Martin s'était plainte k l'ofticialitô i de Fécump de l'étroitessc de son cimetière, oii l'un inhumait j
!' cent corps chaque année. Après information juridique et <Mnonique, les Pénitents lurent condamnés ii fournir à la paroisse le petit cimetière qui est encore connu sous le nom desA'o^Af. A partir du régne de Louis XIV jusqu'à la Révolution, le int de Veules eut une existence prospère sans être I'hIti™ lantn. En 17'â0 on y établit V Asaocialit/ti d» Sacré-Cwar, k i dciniuide de quelques bonnes âmes de Veules qui éUiient n' fdiécs k la congrégation des Dames de Sainte-Marie, au Foll^
j de Dieppe. Elles trouvaient trop pénible de faire dix litiue|
, pour leurs dévotions des grandes fêtes. Cette société restu au^ Pthiiteuts jusqu'en 1790, alors elle fut transférée k l'i^ Saint-Martin, où M. l'abbé Lcbay l'a réorganiji'éc en ISSâ époque où le Prince de Croy ressuscitait dans son diocèse | Kto du Sacré-Cœur.
Le couvent de Veules a compté jusqu'il douze cl mzc j ligieux. En MKt il n'y en avait plus que trois, et <|uatrv seultt ment quand la Révolution ferma les portes du monastère.
Vendue coiunic bien national leur maison resta enticrc l sans mutilation jusqu'en 1822. On y reconnaissait pirfaitq ment le cloître, lu jardin, lu cour et la chapelle. Mais en J8J les liéritiers an l'ucquércur s'êtant partagé le fond, lu pbj sionomie chau(;ea totalement, Le couvent est devenu un p Villon cl l'église une (Eran^f. L'étiibllMcmciil n'est plus guère
coiuiu t]Ue suus lu ikiih du Ferme du Cotmenl, C'i'st «insi qu'il Vuules on relie le prosi^iit iiu [)ass(-.
I V. l'uApITj^L WK VEULES.
11 y nvait h Veules un hApJtal situé siU' lu paroissn Saiiit- Martin, et (pii portait le iioni de l'apôtre saint André. C'était sans doute une fondation faite par une âme charitable pour les besoins d'une population nombn'usc et pauvre, l/histoinde l'abbaye de Féramp nous montre If pape Honorius !II, par une bulle de 1220, adressi^e h Aieliard d'Ai^ences, septième abbé du monastère, conlinoer l'bôpital de Veules : « de VetoHo » tel qu'il avait éti* concédé pur le fondateur ' . En 1 435. ce bénéfice était encore desservi par un religieux de l'abbaye '. Eu 1500 et en 1700 il était considéré comme un prieuré simple, à la collation de l'abbé de Fécamp. La tradition n'a pas encore péri îi Veules, car M. Lebay dit que de son temps on montrait la nte, le carrefour et la purtJ" itr l'hôpiliil.