VI. CHAPELLE DE NOTRE-DAME-IIU-S AL
Au fond du vallon de Veules, sur le bord du grand cheruiii qui conduit à Pontaine-le-Duu, on voit une vieille cliapelle dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours. EUc porte depuis des siècles les noms de tkapdie du Val, de Noire-Dame du Val ou du Yulde Veules. Assise dans une verte prairie, entourée de jeunes ormeaux, elle semble une batellerie de l'Ame. Elle esl aiiD0DC4ie de loin par nue croix de pierre, plantée en 17y<i. U était temps, car ([ueUiues aimées plus lard on le^ renversait toutes. C'est probablement la dernière que le xviii' siècle ail plantée dans nos conti-ées. Une tradition mystérieuse entoure le berceau de cette chapelle champêtre. On dit qu'elle fut autrefois fondée pur un seigneur renversé par la foudre ou égaré en chassant un cerf dans la forêt de Fécamp. M. Lebay ■lit que c'est pour cela que l'on avait iiguré sur la porte latérale un chasseur, un chien et un cerf. Tout cela ressemble Wucoup il la légende du duc Auségise, dans la vallée de Fécamp.
L'histoire, plus sévère dans ses origines, pense avec raison que i:e fut une auvleniie maluderie, fondée vers le xu* siècle pom* les léprt^ux de plusieurs paroisses. Ce qui tend à le faire croire,
' 9*Hur, Uifl.ilr tu ville rtrlrlabfi, de fnximp. |>. 200. — ' Diiiilewit, Omtifliw, l. 1.
r'esl que Louis \IV, par un arrêt du cuuscil du H décembre i 1695, annexa les biens de cette maison h l'hApilal de Grain- i ville-la-Teinturière qui venait d'être fondé. Il paraît toutefois i que l'on avait stipulé quelques conditions dans le contrat de «loiiBtion, car les paroisses de Veules eurent deux lits pour leurs malades dans le nouvel hospice. Les biens de cette chapelle étaient considérables ; le 26 septeiubri^ 1792, le district de Cany les vendit h un nommé Lenud pour pi-ès de 8,000 fr. Le terrain de la chapelle l'ut compris lui-niéine dans cette en- ]■ ebère nationale.
Les discussions qui de tout temps ont en lieu au sujet de cet oratoire, nous autorisent à penser que primitivement la léproserie avait été instituée pour les paroisses de Blosseville. de Saint-Martin de Veules, de Sutteville et de Saint-Nicolas de Veules, son ancienne succursale. Autour de la chapelle l'abbé Lebay a connu des murs et uti vieux puits. Il parle aussi du Sentier lUa Lépreux qui eouduisait aux bains de nier le long des jardins. «L'herbe ne croît pas, dit-il, sur la terre queces infortunés ont foulée. »
Dnpiessis dit, avec raison, que de son temps cette chapelle était sur le territoire de Saint-Nicolas. Elle n'y avait pas toujours été. Très-anciennement elle dépendait de Féeamp et de là paroisse de Saint-Martin. Ce fut le prêtre Karin, titulaire de ce bénéfice, qui fit changer cette juridiction en 1662. Il obtint une sentence de M. Uarlay, archevêque de Rouen, et un arrêt du parlement de Normandie qui débouta complètement l'abbé de Féeamp et qui transporta la chapelle sur le territoire de Saint-Nicolas qui dépendait de l'ordinaii-e. Après la fusion dea deux paroisses en une seule, te Val rentra à Saint-Martin, qui l'a perdu, en 1827, d'une façon assez étrange. A cette époque le curé de Sottevillc ayant obtenu les clefs <le la chapelle de la bienveillance du propriétaire de la terre, se lit autoriser psr l'archevêché, et rien depuis n'a pu enlever ;i ses successeurs ta jouissance spirituelle de ce sanctuaire (|ui, cadastralement parlant, relève de Blosseville, tandis que l'histoire et la topographie le rattachent naturellement au bourg de Veules. En vain de grands débats eurent heu en 1826 et en 1S97, entre Sotteville, Veules et Blosseville, force resta au dernier iiccupanl.
L'édiGce, objclde tant de querelles, l'st un des pins raodrates
que l'on puisse inmgiiuir. C'rhi uiiecliaumièie qiiei<uriiioiit<? lintidement un petit clocher avec sa tinterelle. Le silex fait à peu près tous les frais de l'Brdiitecture. j'en excepte les trois fe- Délres du chevet, rebouchées dans ces derniers temps, les deui petites sont du xn' siècle, la plus grande du xm". Outre ces Irau^s ogivales la chapelle possède encore un cintre roman assez profondément enseveli au midi du chœur. Somme toute. l'archéologie monumentale paraît revendiquer cette rhapellipour le commencement du xir siècle.
Cette chapelle est encore assez fréquentée par les habitants des campagnes. On y dit la messe tous les vendredis, les paroisses voisines y viennent aux processions des Rogations. Le lendemain de la première communion on y amène les enfants qui viennent faire leur consécration Jt la .Saint-Vierge. Toute l'année il y vient des pèlerins, surtout au mois de mai. A cette époque il s'y lient une foire très-fréquentée. connue sous le nom de foirn du Val.
On serait tenté de croire que celte maladerie a él^ autrefois desservie par des religieux, car jusqu'il la Révolution elleresU bénéltce régulier îi la nomination de l'abbaye de Fécamp. Le titulaire portait le titre de prieur. Le plus célèbre de tous est François Farin, l'historien de la ville de Rouen. Toute sa vie cet homme laborieux et modeste se contenta de l'humble position de clerc matriculier de Siiint-Gudard, ce qui répond îi peu près parmi nous au titre de prêtre habitué. Il y joignait aussi la fonction d'organiste, car il parait que le bon chroniqueur n'était pas étranger à la musique. Ou comprend (]ue ses revenus étaient k la hauteur de sa situation. La Providence lui avait permis d'y ajouter le chétif bénélirc du Val, ce qui formait son titre d'honneur. Aussi en t*Me de ses ouvrages il s'intitule prieur du Vat, et ailleurs il signe chapelain (U la fkapellf du Val de Veules. Dans les registres de Saint-Godard on le voit figurer de I6il> à 167i. Tous les historiens le font naître à Rouen. Ce (|ui est bien certain c'est qu'il y est mort le 8 septembre 1fi7'i, ii l'âge d'environ 70 ans. A Veules on ne se souvient de son passage que par le procès qu'il intenta aux moines de Fécamp, et par l'arrât qu'il obtint du Pailemen' pour le changement de paroisse de son bénéfice.
Farin fut un des homme:' laborieux de i-e sii-ch' de Louis XIV. qui a fouiiii autant d'écrivaùis que de héros. Ce fui
11)1 vrai Bènédititiu uu sein du clei');é séculier. Le pi-emier ou-J vraffi! sorti de ses muiiis fut sa Noniianilie chrétietine , lunie in-i" publié en )660, et (jui n'a eu qu'une seule édition. I <Jela tient suiis doute au ^enrc élogieus, légendaii affecté qu'avait pris l'auteur, pourtant le plus simple, le piua 1 fruid et le plus positif des hommes. On a dit que dans les &aiA 1 do publication de ce travail, tout décommande, il avait été f aidé par le chapitre de la métropole du Koueu, h condition ] qu'il lui en ferait la dédicace, ce qui fut exécuté.
Huit uns upriïs, c'est-il-dii'e en 1668, Fariu puhliuJt sou i/ù- I luire de la ciUe lie Rouen, en trois volumes in-l i. Cet ouvrage. I qui est uu vrai Panthéon rouenoais, eut trois éditions et un j succès d'estime qui dure encore. Kien n'est plus recherdlé dans les ventes qu'un Faria, quoiqu'il n'y ail de rare que la première édition. Cela tient à ce que chacun aujourd'hui veul avoir le sien ; aussi il se trouve ii peu prbs dans tontes lus I bibliotlièqut>s sous une forme ou sous une autre.
La seconde édition de Fariu parut de 1706 îi 1710, chez Eus-
L tache Hérault. Elle fut publiée en o volumes iiJ-12, par Jeao
\ Lelorraiii, chapelain de la calliédrale de Uoucu, un des plus sa-
" Tants hommes de son temps et auteur de la Coutume de prier
debout.
Le troisième et dernier éditeur fut le libraire Bouaventure Lebrun, qui demeurait rue Ganterie, paroisse Saint-Lô. Ce fut f.B 1738, après huit années de préparation, qu'il donna, en deux volumes in-i", cette nouvelle édition de Farin, corrigée et augmentée. Ce Lebrun était lîls d'un imprimeur-libraire qui avait été condamné aux galères pour avoir imprimé des écrits en faveur de Port-Royal ■. Cela ne découragea pas le fils, qui fil beaucoup pour cette célèbre et malheureuse cause ^, Bonaventure Lebrun avait pour frère le fameux I^brun Desmarettes , simple acolyte de la paroisse Saint-1^, mais lilurgiste savant et janséniste enragé. Il travailla & la réforme des bréviaires d'Orléans et de Nevera, et mourut le 19 maj-s 1731 ^, après avoir donné au monde savant, sous le itsatidon^me du gitiir de MaUoii, des Voyage* lUwrj/içiui» recherchés avec t^mpressoment par tous les érudits de notre siècle.
' NéeroUtgr dtt éffriarurt tir. la riTÎIr. I. ii, [>. iSV. — ' lil,, ibid. — ' Id., ibid.
• IJKV11.1.B.
iLLE, ('liet'lieii (If niiihiii (lei'iiis Li isiuii cii'partcmi'iitale di; 1790. esl \ tnaintt^tiatit un joli bourg traversé par . (le belles routes et vivjn<!t par eiti(] chemins (le grande coramiinication. DVpiiis massifs d'arbres abritent le marcht^, la ! halle, les maisons, l'église et le vieux ' eli&taau- L'église, dédiée k Notre-Dame, ) est malheureusement peu eu état (le faire ries honneurs d'un doyenné. C'est un '. composé de pièces et de morceaux, étonntls de se coudoyer ou plutôt de se heurter les uns les autn». La plus grande partie de l'église est en grès, et doit dater du xvr siècle. De cette épo<[ue , je citerai surtout le cliœur dont la fenêtre terminale est garnie d'une verrière représentant l'Assompiion, fête patronale de la paroisse. Les apôtres sont au bas, la Triuîlé en haut : Marie est emportée par les anges qui la soutiennent dans son ascension. L'un d'eux chante sur des notes le Regina cœli.
A propos de ce cliœur, nous avons il citer un trait historique peu honorable pour les moines de Fécamp. Mais ils ne s'en plaindront pas, puisque cesont eux-mêmes qui nous l'onlrévélé dans le faetum qu'ils publièrent contre l'urclicvôque de Koucn pour la défense de leur célèbre Exempiion.
Dora Guillaume Fillastre, religieux, et dom Gabriel Dudan, prieur de cette abbaye, nous apprennent, dans ce li\Te qu'ils
rnmpusèrent pnsemhip et qu'ils intitulèrent : Défente de l'exemption el de la juridirtion du l'abbaye de Fécamp, nous apprennent, dis-je, qu'au x\* siècle, l'abbé de leur monastère, ajant négligé de taire réparer le chœur d'Ourville, comme il y était obligé en sa qualité de gros dé ci ma leur, le cardinal d'Estouttevdle, archevêque de Rouen, lit saisir les dîmes et mit arrêt sur tous les fruits du hénélice. Il est vraisemblable que les successeurs s'acquittèrent mieux de leurs obligations, la reconstruction en fait foi.
Le XVI*' siècle domine encore dans les deux transepts, devenus des chapelles, dédiées, l'une k la Sainte- Vierge, l'autre au Sacré-Cœur-de-Jésus , Dans la première est une jolie Vierge en albâtre, du xiv" ou du xv siècle. Dans la seconde on honore saint Luhln et saint Laurent, les premiers patrons titulaires.
Le clocher, entre chœur et nef, est soutenu par quatre grosses colonnes rondes et courtes, les plus massives et les plus informes que l'on puisse voir. Nous avions pensé tout d'abord que cette mutilation devait remonter il 1680, mais ayant découvert aux archives administratives de la Seine-Inférieure, que des travaus considérables avaient été faits fi l'église d'Ourville, en 18)û,et que l'on y avait même dépensé 8,279 fr,, nous sommes très-porté fi croire que c'est là l'origine de cette opération césarienne. La pesanteur du style de l'empire est proverbiale, mais on peut dire qu'Ourville en garde le che& d' œuvre.
La nef renferme cinq arcades, dont le type remonte au ivi* siècle, mais dont la restauration est l'œuvre de M. Jouannin, architecte des bâtiments civils de ce département. En 1821, de grands travaux de réparation furent entrepris dans cette nef. On releva les bas-côtés, et le pignon de l'ouest fut misfi neuf; tout cela hélas ! dans le style le plus prosaïque, le plus bourgeois que l'on puisse imaginer, en un mot dans le style des maisons de ce temps. Toutefois les auteurs de cette malencontreuse restauration furent si enchantés de leur œuvre qu'ils yont attaché leur nom. On lit sur une pierre de la nef : « Restaurée en 1821, sous l'administration de M. Drouet, maire, et sous la direction de M- Jouannin, architecte des bâtiments ci^ vils. » Dieu pardonne ii M. Jouannin le premier péché qui précéda Viitetleur et Forges-les-Eaux !
Le baptislëre, en pierre, date ilu xn' uu du xiif siècle. Osf une cuve siippurlée par une {{rosse colonne entourée de quatre colonneltes. C'est ii Ourville, la seule pierre où brille un rayon d'intelligence.
L'église d'Ûurville. après avoir été seigneuriale dès l'originr. fut donnée de très-bonne beure k l'abbaye de Fécaïup. Cr fut (in don de Raoul d'Ourville, pieux et fidèle ctievalier normand. Cette libéralité tut confirmée par cet excellent Richard II (|ui aima tant Fécamp, qu'il voulut y être inhumé. Le prince s'exprime ainsi dans une charte de 1031 ou 10^6. que nous avon& souvent citée : <■ Adjunginius ecclesiam unam de Iluruvilbl
quam dedilHodulfus, nosler tidclis, cum (errie arabilis aliquâ parle '. » L'ancien chartrier de Fécamp conservait un acte du 6 mai iiOi, par lequel l'archevêque de Rouen, Guillaume de Bonne-Auie, conlirniait au monastère l'église « de Urvillâ. » Dans cette pièce, dit le Bénédictin Duplessis, le pontife rouennais déclarait que la dlmc et la terre d'Ourville avaient été donnés aux moines pour l'entretien des clercs qui y étudiaient ï. D'autres ajoutent, ce qui nous paraît k peu près la mâme chose, pour la nourriture des enfants de chœur. De très-bonne heure, en elfel. Fécamp possédait une mal- ' NeMliia pia. (i. 318, — ' IH'criplion. eir., i, i, p. U4.
tpîse el uiip (■■coin. La ville consrne enrorc une derniôre trace de crtle pieuse et utile institution, dans ie nom de ta Gm?i*to* Êeak. rosté il une de ses nies.
En I2M, dit noire premier historien, l'écolâtre de l'abbaya tétait en procès avec l'arelie\'t'quc de Rouen , pour le patronage de cette église. Le prélat fut condamn»^ par sentence arbitrale ' Ce fut peut-être k cette occasion que le pape fut obligé de nommer lui-même îi cette cure le p^l^t^e Gaultier, de l'autorité du concile de l^tran et de la sienne ^. Plus tard, cependant, Higaud assure avoir reçu le pnMre Pierre, h la présentation de l'abbé de Fécamp.
Cette église possède à notre dépAt départemental une quantité d'archives qu'il serait fort intéressant de dépouiller. On y^ trouve un testament et une fondation de 1653 ; des comptes et délibérations de fabrique allant de 1679 k 1723 et de 1730 Il 1763. C'est lii que nous avons vu qu'en 1684, Mcolas Colbert,
\ «rclievôque de Cartilage et coadjuteur de Rouen, se trou^-ant BU château d' A ngervi lie- la-Martel, en cours de visites pastorales, jupea un proets pendant entre la fabrique d'Ourville, le curé du lieu et H"" de Gerpon\illc, patronne honoraire, fc propos des dtmes du hameau du Chesuay.
Dans ces archives, on apprendrait peut-être ce que c'était que cette petite et exceptionnelle vicomte d'Ourville-en-Caux,
^ qui ne s'étendait que sur une partie des paroisses d'Ourville,
I de Gerponnlleet de Grémonville.
La [laroisse d'Ourville, appelée Horville par Eudes Rigaud, comptait de son temps 140 paroissiens; en 1738 11 n'y avmt encore que 1 45 feux, ce qui est à peu près la même chose. Érigée en cure de deuxième classe après le Concordat de 1 80Î, elle compte environ 1,200 habitants.
1.* canton d'Ourville, devenu un doyenné depuis 1837, re» ferme 18 églises dont une est curiaJe, 12 sont succursales, I est chapelle vicariale, 1 chapelle communale, et les 3 autres d* simples annexes. Ces paroisses sont des débris des sncÎM» doyennés de Valmont et de Canville. La population totale dv doyenné est de 9,947 habitants.
Pour compléter l'article d'Ourville, il nous reste îi parler ùv deux de ses curés. Le premier, dont nous dirons peu de chose, estH. Roulland, docteur en Sorhonne, qui fut fortement 80U{K
' Ueicriplion. vit., i. i, p. 6H ■
' Pouillé d'Eudps RiKBuil.
Çonnéde janfiéiiismi3. Le 19 oclubrc 1763, il signa une lelli-c rl'adliésiuii il la ItequenU pr^scDtce le mois de juillet précédi^iil au cardinal de L» Rochefoucauld, par 56 de ses curés, pour obtenir la condamnation des œuvres du P. Berruyer. L'acte d'accusation avait été provoqué et rédigé par M. Lcnfant, curé de Saint-André de la Porte-Cauchoise, à Rouen. Malgré l'insuccès de celte première démarche, M. Roulland, curé d'Ourvîile, n'en persévéra pas moins dans la voie de résistance obstinée, car l'année suivante il signa, avec 78 curés, une réplique atlressée aux observations de M«' l'arclievéque.
Le second, bien différent du premier, fut le vénérable abbé Lefebvre, le fondateur de la MUéricorde de Rouen. Nous lui devons une notice particulière, que nous serons heureux d'emprunter à la plume de M. l'abbé Picard, chanoine-curé de la catliédrale de Rouen.
< Jean-Baptiste Lefebvre naquit k Saint- Val ery-en-Caux, le 7 juin 1788. Dès son enfance, il annonça ce qu'il devait être par la suite, un prêtre plein de zèle et de mérite. Ses camarades de classe l'appelaient, par anticipation, te saint ou le curé, et, dës-lors, il exerçait parmi eux une sorte d'apostolat. Apres avoir terminé ses humanités avec flistinction, il entra au séminaire de Rouen, pour s'y li\Ter aux études Ibéologiques.
» Ordonné prêtre ii 24 ans, il resta encore pendant plusieurs années au séminaire, et y professa la philosophie. Il fut ensuite nommé vicaire de Bondeville.
j> De là, il fut appelé k Rouen pour exercer les mêmes fonctions dans la paroisse de Saintp-Madçleine. Ce fut pendant sou séjour sur cette paroisse qu'il fonda la Maison de ta Miséricorde. Tout le monde connaît cette communauté charitable, qui, nonseulement h Rouen, mais encore dans plusieurs localités du diocèse, rend de si éminens services aux orphelines, aux jeunes filles pauvres, et aux malades qu'elle visite et qu'elle soulage avec un zèle qui ne s'est jamais démenti.
» En 1822, il fut nommé chanoine honoraire et vicaire de U cathédrale. Il quitta cette paroisse, en 1824, pour fonder One maison correspondante Ji celles des orphelines de la Miséricorde, la Maison desjeuiies Orphelins, alors rue du Mont, k ilouen, et depuis transférée fi Mesnières. H fut secondé dans Cette œuvre par M. l'abbé Eudes, décédé récemment en Italie. ~ deux œuvres qui durent encore et qui suffisent pour
remplir une vie et immortaliser un prêtre. M. Lefebvre fui, de nos ;uurs, le Vincent de Paul du diocèse de Rouen.
I Vers (830, Monseigneur Je cardinal prince de Croi l'ap- Ipela il la cure d'Ounille. Il gouverna cette paroisse pendant 'il peu près dix ans . On y conservera long-temps le souvenir de son zëlc et de sa charité.
» Lors du rétablissement de la faculté de théologie de Itouen, en 1841, il fut nommé professeur d'Ecriture-Sainte, et en remplit assidûment les fonctions jusqu'à sa dernit:re maladie. Quoique déjà avancé en Âge. il retrouva toute la vigueur de sa jeunesse pour se livTcr aus études '{u' exigeait la nouvelle carrière dans laquelle il venait d'entrer. On connaissait déjà en lui le saint prêtre, le prédicateur patliétique et véhément, on y découvrit le savant et l'homme de lettres.
» Au milieu de ses travaux de paroisse ou de professorat, U trouvait encore le temps de remplir un ministère qui fut toujours cher à son cœur, celui d'évangéliser le peuple, surtout le peuple de la campagne. Souvent il précédait W l'archevi^que de Rouen dons ses visites pastorales, et, par des prédicatiooft suivies, préparait les fidèles au sacrement de conârmation.
» n est mort à Rouen, rue du Cordier, le 16 janvier <8i7. Ses obsê<|ues ont montré quelle était pour lui la vénération de tous. L'appareil en était simple et pauvre, comme il l'avait I toujours été lui-même; mais elles étaient relevées par la pr^ ' sence de ses nombreux amis, appartenant à toutes les classes de la société . On y remarquait surtout avec attendrissement lea religieuses de la Miséricorde avec leurs orphelines et leurs pensionnaires, et aussi toutes les jeunes filles pauvres auxquelles les sœurs de la Miséricorde procurent dans notre ville le bienfait de l'éducation gratuite. Elles remplissaient toute l'étendue de la vaste nef do la cathédrale, et leurs larmes, coulant en abondance, témoignaient assez que toutes regrettaient bienfaiteur et un père i. s
BEUSEVlLliE-LA-ClIERARl».
Cette église est romane et luffeuso en très-grande partie. La nef a des modillons grossiers au cdté du midi, et au nord une i porte cintrée surmontée d'une fenêtre ornée de billettes. Cette partie doit dater du xi* siècle, mais le chœur ne remonte qu'au
' lUrvedt Kown. «nnfe 1817.
Kii'. Les fenêtres sonl en tuf, il esï vrui. mais (k^jii on y remarque la triinsformalioii ogivale. Au clievel de l'église est une rose et iine fenêtre rebouchée, que l'on est tenté d'attribut']' au siu' siècle. A l'intérieur sont de vieilles voûtes qui ont bravé Ifts siècles.
Dans la nef est une pierre tombale sur la^juelle on lit : « Cy gistJacques Leroux, chevalier, qui déc.éda le 29jam-ier t67t. » C'est sans doute un des seigneurs-patrons de cette église, ilunt la cure resta toifjours d'épêe jusqu'il la Révolution.
Le clocher a été reconstruit au portail vers 1700. Les registres de la fabrique disent qu'il y a SOO ans les cloches étaient sous un hangar, l'ancien beHroi étant tombé dans une tempête.
La patronne de cette église était autrefois sainte Anne, fi présent c'est la Sainte-Vierge dans sa Nativité.
Beuzeville-la-Guerard, dont le surnom est dû aux premiers seigneurs liu lieu, était située sur la voie romiiinede Jiilinbona à Gravinuni. Rangée dans l'ancien doyenné de Valmont. cette
K' se comptait 66 feux en <738. Aujourd'hui c'est une suc-
CliEWIIiIiE.
lUe est une vieille barouie, depuis long-temps possédée par les Etoutteville. de Valmont. Prise et contisquéo lors de î*tnvasion anglaise, elle lit quelque temps partie des domaines du célèbre Talbot, l'Achille He l'Angleterre, qui lui donna sofi nom ». Briïlée par Charles-le-Téméraîre, elle ne se releva jamais des ruines que lui firent les dernières guerres étranghrt^s qu'ait connues le pays de Caux. Par respect poiu- les vieilles iastitutions, on a consené et l'on montre encore la vaste assiette du vieux ch&teau-fort, dont on peut mesurer les fossés. les tourelles, les donjonset les murs arasés. C'est le dernier débris d'une puissance féodale qui rendait la justice et qui nommait au bénéfice de Cleuvillc qu'elle avait fondé.
L'ancienne égtisc paroissiale, bâtie par les seigneurs, dédiée pu eux k Notre-Dame et un moment donnée aux Cisterciens deBeaubec, subit le sort du chAteau, son père et son protec- Inr. Aasée par le fer et par la flamme, elle ne laissa plus que Wn antique assise au hameau du Box-de-Cleuviilf, où elle était. Im paroissiens se réfugièrent dans la chapelle de Saint-Léger, Dg l'appela an momenl le fief Tallwi. — Duple»!), t, v.
(ionii^re trace Ht: co suint exilé d'Autun, dont \e puys <li> CaUl s garde le souvenir.
Celle chapelle étuil du ii* siècle, comme on peut le voir par le pignon de l'ouest et par la corniche tuffeuse de la nef. Des reconstructions périodiques ont essayé de soutenir celte malheureuse église, qui, malgré tout, menace ruine de tous cAtés. Le xviii* siècle a fait le chœur et la sacristie, rebflti le clocher, relevé les mursdelanefet percé le pignon de l'ouest, car autrefois la porte était au midi. Ici s'est conservé l'usage antique de I la séparation des seses. La nefest réservée aux femmes, et les * bommes se mettent dans tes transepts, entre le chœur et la nef. Cette coutume, que l'on retrouve Ji Etretat, il Fresles, h Meulers et ailleurs , est encore plus fréquente dans le diocèse de Bayeux. Là on montre dans presque toutes les églises la porte des hommes et la porte des femmes. La porte des femmes est au bas de l'église, celle des hommes est au , haut et fort souvent dans le chœur. C'est ce que j'ai observé à Ros, à Norrey, à Barbeville, k Sully et h Vaucellcs, prèa Bayeus.
Le baptistère de Cleuville est une cuve couverte de têtesd'enfants au pied de laquelle deux petits enfants tiennent des écussons. Uue jolie croix de la Renaissance ornait autrefois Id cimetière.
On raconte que le hameau de Vaumare fut jadis réuni k Cleuville, parce que le curé s'était dévoué pendant la peste.
Comme nous l'avons dit Cleuville fut donné primitivement aux moines de Bcaubcc qui, au xui* siècle, présentèrent le prêtre Gervais à cette cure, d'un revenu de 20 îiwes. Mais soit par transaction, soit par force, le seigneur de la terre reprit ■es droits, et dans les trois derniers pouillés le patron présentateur est le sire d'Estoutleville, comme baron de Cleuville.
Ce village renfermait 50 ménages en Î2G0 et 62 en 1738. Aujourd'hui c'est une succursale de 500 flmcs.
VEAVVIIiI.E-I.ESgiIi:LIiE8.
Cette petite église ressemble plus à une éf-lise belge qu'à ane église normande. Elle est propre, bien tenue, et chargée d'ornements modernes. Ces décorations, elle les doit à M, de Clercy de Mathonville. On dit que ce généreux chrétien a dépensé prf-s de (00,000 fr. à VembeUisscment de ce temple de
TÎIIa^e- Quel iiuilheur qu'il n'ait pas construit un bel édifici! »u lieu de gaspiller celle somme daiis des décors et <les ameublemenis de mauvais goûl, (|ui ne [HJuvenl plaire qu'h des paysans.
L'édifice est parfaitement entretenu au dehors, aussi il se présentesousbon aspect- Le clocher, qui est neuf.estpriieédé d'un fronton grec, on liicrre blunchc, supporté par «juatrc colonnes de granit, d'une jolie forme. Deun niches renferment salnl Pierre et saint Paul, les gardiens de l'église. Le chœur et la nef, également de fraîche ilate, forment la croix, dont les bras montrent les chapelles de la Sainte-Vierge et des Saints- Auges,
Le principal ornement de cette église est le raultre-autel, du plus beau marbre noir et blanc que l'on puisse trouver, mais aussi du goût le plus moderne que l'on puisse imaginer. Le tabernacle aussi de mai'bre, fermé avec une porte de cuivre, sert de piédestal it une grande statue de Notre-Dame, patronne de la paroisse. Je n'ai pu savoh- si cette belle image est en marbre ou en albAtre. A droiteet îi gauche sont deuxanges d'albâtre,
Le sanctuaire est d'une belle et noble simplicité, qui me convient assez. On n'y trouve point le fatras ordinaire des contre- tables, ni cette charge de décorations que l'on entasse parfois autour de nos autels. Le chœur est fraîchement orné, marbré dans ses murs comme dans ses lambris ; le pavage est un échiquier noir et blanc. Le porte-christ est uuc guirlande finement sculptée sur bois, dans le guùt des porte-clirists du ivui* siècle. Le baptistère en marbre m'a paru mauvais; dans la nef est un tableau du Cmcifiemiint, de l'école de Jouvenet.
Dans le cimetière, près du chœur, est la tombe commune de MM. J.-P. et A.-L. de Clercy, chevaliers de Saint-Louifi et lieutenants-colonels, tous deux morts octogénaires, l'un en Iâ3i, l'autre en 1842. Ce dernier est le bienfaiteur de l'église.
H. de Clercy de Mathonvilte a voulu que tout fût bienfait autour de lui. Il a reuni, dans le ra^me endroit, le cimetière, ''église, la croix, le presbytère, la mairie et les écoles. Tout Cela se tuucbe, tout cela est propre et bien entretenu. Celte petite commune est vraiment un modèle.
, Après avoir décrit la nouvelle église disons un mot de l'ancienne. Bile devait être du xur siècle. Le clocher, entre le Ohœur et la nef, ressemblait îi celui de Ilautot-Saint-Sulpice. j Jjtft^té déplacé deux fois depuis 1780. D'abord il fut mis au
< de Ifr
côté lie l'église, sur la cliupetle seigiieuriule de M. de Clercj. Une inscriptiun conserva quelque temps la méiiioire de cetU transistion. C'est igut récemment qu'il a été mis au portaS dans le remaniement général de l'église.
Toujours le seigneur a été maître de l'église k Veauville- Lesquettes. Au iiu' siècle, les liéritiers d'un aire < Rivière, » étaient patrons-présentateurs de la cure, Une t tilles de ce gentilhomme ayant épousé le seigneur de Ilotot^ porta le bénéfice dans cette maison. Aussi le sire de Uotot } présenlait-d au droit de son épouse, lorsque Rigaud r son pouillé. Le bénéfice comptait alors 40 paroissiens et val^ iO livres au curé Remy. En 1738 il y avait 30 feux. Aujourd'hui c'est une succursale de 580 habitants.
Cette église possède aux archives historiques de notre i parlement, déposées k la préfecture, une liasse contenant dàl contrats, des titres de biens et de rentes, des baux et des parchemins du XVII' et du iviii' siècle, monuments de la richessai du passé et de la pauvreté du présent.
Veauville est appelé Viuuville dans Eudes Rigaud, et sur-<' nommé coromunémeiit les Qitelles ou les Échelten. Le uuiQ d'Échelles ou Équelles que l'on trouve si souvent au œoyenftge. et qui vit encore dans Écales-Alix, Écales-sur-ViIîer»i Touttl-e-Écale, Foucord-Écales, etc. , vientdes barrières que l'o mettait autrefois dans les champs pour empêcher les bestiatn et les voitures de passer. Cet usage subsiste toujours dans lï pays de Rray.
C'est au château de Malhonville, selon toutes les vruiseï blances, que naquit le bienheureux Thierry, premier abbé d Sainl-Évrould. Moine de Jumiêges dès son enfance, il éta prieur de ce grand monastère, lorsqu'en 1 030 il fut béni abbj du monastère sanctifié parte bienheureux Evrould et illustré dfrpuis par Orderic Vital. Ce fut on homme sahit et savant; U édifia cette maison au doublepuint de vue spirituel et matériel. S'étanl démis de sa chaigc en 1057,il partit pour Jérusalem fl mourut krtlu de Chypre, en 1059, devant l'autel d.- Saiot-Nfc colas, en présence des rdigieuxses frères. C'est ainsi que moi raient alors les saints. Tous les martyrologes ont inscrit se nom sur leurs page^, et Orderic Vital en a fait le plus grand diog) dans son Hiitoire. C'est lui qui nous apprend qu'il était Nof^ mand de naissance et du pays de Caux, « B. Theodoricus d
Ualhoneilld , ijati>iii'> ^onimniHis, ex iUiUniienti. pniviticiA oriundus ', *
SAIIVT-TAAST-DIEPPEDALLE.
Saint Vaaât, nous l'avons cli'^it dit, est le {mlron ik-â pliLiiu^» dont il fut sans doule VÈcangétUle, i?ii su qualîli^ A'upôlre tieit Saxons. Aussi rt^glisi; tiui porte son nom an liameau de Dieppedalle. esl située à la naissance d'un vallon qui descend il lu Durdtint. Au chnvet elle conserve quelques traces de l'architecture du ii< Sihv.U: : mais le reste a été rebâti soil au x\\^ siècle, soit même de nos Jours. De l'âge de grès il ne reste que l6 clocher et une partie du côté nord.
Cette église avait deux nefe au siècle dernier. En 1785 M. Lepicard, curé de cette paroisse, ayant conçu le projet d'une construction plus régulière, démolit la nef septentrionale, mais la Révolution l'empêcha de la reconstruire. Il relit en bois ce bas-côté, et il le couvrit de paille.
Cet élat (le choses dura jusqu'en 18(8. M. l'abbé Allais, alors curé de ta paroisse, entreprit de reconstruire l'église, et il y réussit avec te seul zèlrdcses paroissiens. Nous laisserons aux TabUiies du Clvrgi ^, recueil ronteraporain, le soin de raconter cette page édifiante de nos annales diocésaines.
I A la voix simple et amicale de l'homme de Dieu, respecté » dans ses desseins par l'autorité municipale, les obstacles » qu'on avait cru trouver ont disparu tout-à-coup. A peine » ft-t-il eu proposé ii ses bons paroissiens le plan qu'il avait » conçu et dressé lui-même, que tous ont voulu contribuer k
• son exécution, les uns par une subvention pécuniaire; les
• autres par leurs travaux pour la démolition de l'ancienne » église et la réunion des anciens et nouveaux matériaux;
> beaucoup par les deux moyens ensemble : de simples do- <> mcsLiques ont même fait de fortes ofihiiides sur leurs gages,
• Mors l'humble chaumière du pasteur a été ouverte il toute
> la commune, pour servir tous les jours de temple, jusqu'à
> ce que la nouvelle église ait été construite.
» De quelles célestes bénédictions cette bonne commune » étoit alors le digne objet ! Un nombreux atelier d'ouvriers
• qui^ la religion salariait et d'babilans qui, an nom de la reu ligion, accouraient travailler sans salaire, entourait l'homme
' Neutiria pia, p. 01. — ' Cahier île dteerabrt 18S2.
* de bien, seul architecte, seul directeur, seul cuiiducteur de
> celle importante entreprise.
> C'est ainsi que s'est élevëe, à Saint-Vaast-Dieppedalle, une
I église vaste pour la localité et d'une solidité remarquable, » dontlesfraissont évalut^s à près de 30,000 IV., sans qu'il ait
> été pris aucune Tornialité pour imposer les habitans et les
> propriétaires, ni qu'il ait été exigé une obole de personne,
• La bénédiction solennelle de cette église a été faite le 6
* octobre 1822, par le curé d'Yvetot, délégué par M" l'ar- » clievi5que de Rouen, qui ne put faire lui-même cette cé- » rémonie-
» Les bons babitatis sont d'autant plus dignes d'admiration » et d'éloges, que pénétrés encore du sentiment qu'ils n'ont » fait qu'accomplir un devoir, ils n'ont jamais témoigné un » instant le désir que leur bonne œuvTe soit publiée, même
* dans le département. *
Le bon curé put jouir assez long-temps de son œuvre, qui,
' si elle est un monument de la piété, n'est guères un produit
d'art et de goût. H. Allais, mourut en <829,lirj^e de 83 ans.
II est enterré dans le cimetière, près d'une croix de 1545, dont le pied est orné des instruments de la Passion.
Le fond de celte église, large et presque carrée, est couvert avec une contre-table en bois, dans le style Louis XIII, dont les colonnes torses sont ornées de vignes et de colombes. Saint Vaast d'Arras et saint Nicolas de Myre peuplent les niches.
Dans cette église fut régénéré, selou quelques auteurs, Philippe l^prieur, en latin Prinriuii, né dans les premières anuées du tvn" siècle. Cet érudit étudia toutes les sciences en honneur il son époque, les belles-lettres, les mathématiques, la théologie, les langues orientales, l'histoire et le droit-canon. Devenu habile dans la discipline ecclésiastique il en fut nommé professeur îi l'UniversiUi de Paris, mais en 1660 il fut contraint de quitter sa chaire et de se retirer dans une petite ville où il eut beaucoup II souffrir. Après quatorze ans d'exil il revint dans la capitale oij il mourut en 1680. L'abbé de [^bouderie qui a écrit sa vie dans la Biographie uniecntrllti ' , dit qu'il a travaillé aux glossaires de H. Labbé et qu'il a laissé plusieurs dissertations sur le droit-canon et l'histoire ecclésiastique, niais sa principale gloire, ce furent les éditions annotées de plu-
■ T. tlXTi, [>. 88.
sii>ursPi>rt'.8ili-rBglise latine, tels que Teriulii-fi.saml Cyprieii, Amobe, Mirmcius Félix et saini Optiil de Milève.
L'itiibaye de Jumlèges paraît avoir possédé, petidttnt plus de six siècles, les dîmes i-t le patronage de cette église. Le pape Eugène m lui en conlirma la possession parunebuUede 1147. Outrt: l'église elle possédait encore un fief. La litre noire qui eiitoureréglise n'indique qu'un patron honoraire.
Un des derniers actes religieux qui se soient accomplis sur cettit paroisse, c'est la restauration de la croix à'Eaumare, ou Arumare, dont la plantation remontait k 16i7. comme l'indique le piédestal renversé fi la Révolution. Elle a été rétablie le 20 septembre ISi8, par les soins de M. Cavelan, maire de Saint-Vaast. Une Toule immense, estimée à 6,000 personnes, assistait à cette cérémonie. Les paroisses de Veauville, de iiautot, de Bosville, de Sasscvitle, d'OequevîUe, de Craville et de Drosay, s'y étaient rendues processionnellement.
Au hameau de Lémanville tut autrefois une chapelle dont nous parlerons Ji l'artielc de Uautot-l'Auvray.
La paroisse de Saint-Vaast comptait 160 paroissiens au xiii'^ siècle, et 130 feus en 1738, Aujourd'hui c'est une succursale *le 1.036 habitants.
HAVTOT-L'AUVHAIT.
Le nom seul in<liqu<; que nous sommes sur les hauteurs, et
la vue du pays montre une vaste plaine dominant le bas-
âiu de la Durdent. Le village, composé de cours plantées
*V'arbres et remplies de pommiers, présente, k l'extrémité de
sM masures, une église dont les blanches murailles annoncent
de loin une construction de pierre. En effet, le chceur et le
clocher, ont été bAtis au xin" siècle avec de la pierre de
Uille, seule en usage dans ce temps-là. Le chœur n'est pas
I s'appuie sur de hauts contre-forts, comme un vieillard
bûton, et il P3t percé de gentilles feuétres ogivales qui
LlODgues et étroites, mais travaillées avec goût. L'ogive
masquée par la contre-table, est d'une grande
lTtoIs meneaux la partagent hardimenten quatre com-
BenLi. C'était un magnifique tableau parlant, lorsque
l'Hniii|ui^ liturgie di^ployail sur des panneaux coloriés ses sain-
I'* iiispiralioiis.
Li' '■loRhor, entre thu-ur el nef comme autrefois, est du
même style. Les quulre fuces de la tour carrée sont percét lenétrcs k double lancette d'un Iteureux elîel, Halheure ment le tott qui surmonte n'y correspond pas. A l'intérieur l'archilecture est plus belle qu'au dehors. A y avait jadis des bras de croix qui ont été démolis depuis deux siècles peut-être; mais ies arcades restent et toutes sont fort belles. Les colonnes ont les caractères du ira* siècle, cette période si achevée de l'architecture chrétienne.
Le reste de la construction ne mérite guère l'Iionueur d'être cité. Cependant, pour Ctre complet dans nos descriptions, nous dirons que la nef est une solide maçonnerie en grès, de 1700 ou environ, dans le genre de la nef de Bounille. La sacristie, construite en t680, est une des plus anciennes de nos campagnes.
Nous l'attribuons ii M. Simon, curé de cette paroisse, sous Louis XIV, et qui a fait beaucoup de bien au village et à l'église. Le souvenir en est resté dans la mémoire de la postérité. A défaut de titres écrits, on nous a dit qu'il avait donné an trésor de Hautot, 12 acres de terre que la Révolution a enlevées. Cet abbé Simon était riche, et selon toutes les apparences il devait appartenir à la famille seigneuriale de Pultot, dont le nom se lit au pied de la croix du village. Le curé de Hautot a laissé un souvenir de lui dans le baptistère en grès de sa paroisse, sur lequel on lit : « Simon, cur/, 169i. ► Il fil i réparer le chœur de l'église, sur lequel on lit le chifire de 161 Peut-être a-t-il grandement contribué h la donation de la q gnifique contre-table dont nous allons parler.
C'est certes la plus belle boiserie de l'arrondissement d'Yv^ tôt, et une de celles qui doivent le plus faire pardonner cette récente décoration de nos églises. Ce genre d'ornement, très en faveur au siècle dernier, mais qui aujourd'hui commence h perdre de son crédit, a commencé k devenir commun parmi nous, de 1600 à 1650. On lui donnait alors le nom de couronne ou de corniche. Le plus souvent elles étment le fruit de la piété privée. Les archevêques du nom de Harlay, qui, dans le diocèse de Rouen, avaient vu naître cet abus, le défendirent sévèrement dans leurs statuts publiés dans le Manuel oo Ritu de16it •,
a pieu
--.Hou
Mak, coDune il arrive souveut, la mode reiop^irta t:i rexr:ep' tkm dniDt la loi. Cette réforme nous a fait perdre de belles vemères, 4ie curieuses et véDérables PauUjn» de bois et d*al- Uttre. £b rônMnpense. hélas ? elle nous a donné peu de chr^se. Cv. cxoefilé qodqnes beaux rétables, le reste n*a été que de UiMnBÎBene la plus grossière. Je citerai, parmi les exceptions, les ooDlPfr-tiIfles de Monchy. de Saînt-Remy de Dieppe, du Lycée, de !(otre-Dame et de Saint-?(icaise de Rouen, de Harflev, des abbayes de Fécamp, de GravîDe et de Mont^ vffim ^. Tous C3ËS rétables se composent comme celui^i, de quailre beBes ookunnes torses, à chapiteaux corinthiens. Le flkt cA omé de branches de lignes, char^gées de fruits e< de feuiBes. Iles oiseanx, imitant des ramiers ou des colombes, mandent les raisins. Les icoDogra}4ies modernes ont cru voir dans le frnît de la liime un symbole de rEochaiistie, et dans la fwkwhe «w Image- de l'âme fidèle se nourrissant au véritable ariiredeiîeft d'imm<Hlalité. D'autres s'imapnent y retroufirle sonreDir d'un £ût historique anquel se rattachent les y^em. h FactioB de srkces des f»opulations. Ce qui n'est pas non {dus hors de vraisemblaDce, c'est que ces x^çuts enlacées ii de gnnds ariovs nppdlent la cuutumtr des vitnix Cauchois qui. an tea|is dUenri IV même, faisaient grimper la vigne a kur% poouBien '.
QiKHqn*3 eu «lit. ia contrr-iai«k 4*- Haau»î-Î Aum»} *^i fiti rrManjBilJt Les saints qu: } tigurttzjt s*>nt saint Martiii. ptUmii de la forois&e. et le grand saibi Aiii^.«in*-. k pr>iMi««r des daétieBs contre la peste Ces dt-ui sainu ^^nt. av^ hiîui GQle&v ral^et d'un pekriuag^ dans c.etle rglis^ ■
An ffmwti on a {4*1*4: saint Sacieur «4 deux ange^ admiraleurs. Le tabemacie. an milieu de l'aui^. est nne iin^ boMpif- Wr jnliMiHl sculptôe du lesnp^ de la Fronde, comme tuul le '^Kte. Deax aptees et deux érangélisies gardant le Savieinj dans miCHie. Ce MKt pcwl-^lre les ^«atrùiis des douaSueors. Sur ^ porte ciit «■ Boc^ H^mto. pc«nr dire saut- doute qoe dim^ 1 Bûchai ulie le Cknst «mfre eiic'.«re d^ noi* '.mtnqn?^ I^s idées ont beaofonp rari*- n prctp'.ri' d*- Jésus ♦•.w^ift
ïion labi^niacle. Chacun se plati h l'y représenter selon sa ^ votion. A Grémonvilip et à Yvecritiue, M. d'Acquigny, qui éti si charitable, représente Jésus-Christ sous la forme du btfi pasteur portant ta brebis sur ses épaules. Ailleurs il est glorieux en sortuntdu tombeau. Parfois c'est l'Agneau sans tache immolé pour le monde ou consumé en holocauste pour nos péchés. Tous ces emblèmes, également pieux etédiliants, sont conformes h l'esprit de l'Eglise.
Maintenant qui a donné cette contre-table 7 La tradition se lait, et l'on nous assure que les archives sont perdues. D'aUleurs les bienfaits ne s'inscrivent qu'au ciel, et non sur les comptes d'un trésorier. Toutefois, il y a eu sur ce rétable des armoiries que la Révolution a effacées. On murmure le nom i' famille de l'Estandart, si riche et si pieuse, dont nos é rappellent si souvent les bienfaits.
Aujourd'hui on a pris soin de cette contre-table, on U protège avec des rideaux contre le soleil et la poussière. Tout récemment elle a été peinte et dorée h neuf par M. Naud, décorateur ambulant, qui n'était pas sans mérite et qui aimaitf ~ travailler pour les églises.
A présent, c'est ii peine s'il nous reste de la place ponrn tionnerdeux pierres tombales effacées, une petite conlre-talilè de la Sain te- Vierge, h colonnes creuses, de 1618, et venant de la chapelle des Autels, et enlln la croix de grés du cimelii^re, érigée en 1626.
Haulot-l'Auvray, appelé par Eudes Rigaud Kolot Alverici >, est désigné par quelques-uns sous le nom de Holot-l'Aufrai. comme si ce surnom lui venait d'un homme. Dès 1147, l'abbaye de Jumièges possédait l'église et les dîmes de cette paroisse ^. Elles lui avaient été confirmées en 1171, parle fils rtu donateur dont suit lu charte :
n Sciant prsMnles et roinri qaod ego Hichardus de Canaille, assenni beredum menrum dedi Deo el sancis MiHœ, sancloque l'eira et Honachii GemellceDBibUR in eleemosinam [erlÉam parlem decimanim qae sodI in terri mci apud Hotai, et in Gnlliui ejusdeni vilJc pro ulaie anim« mec Cl utoris mes Adeticia, et leqneniis uioris mcEe Mellsenic, pairi* et mi- Iris meni'l Rogerii, rralrisniei.et aliorum pr^eressorum meorum perpelnd
' Dana nue cbarte de Jumliges on iroovc Turrim Attvtrtdi. — fliruilria pta , p. — ' Et dono Villelmi de CantillA eccleilam de lloiut ciim dci-imis parovhic — Cliarte de U^nn II , en 1183. — flttuttria /lia p. 321
' armo ia de ïB
Tout ,délaitj^
panidendam. Qoiim donalionem cum Jaabus [lartibus eju»Jeni decimr qnas abantiqunei largilioD« predïcesMnim meoram predicla ecclola cnni ccdesiâ ejusdem vlllie pnSBÎderal sigltli raei impreailone niunivi, ti lub- Kriptorom «ironim leslimonlo corri^rivi Rogeri, capellani inei. Ilaiirridi rJerici mci, Hicbardi, lllii met, Glllebcni de Canleleu, Roberti de Caldereto, HugODii de BarrevillA, Osberli de Odemari. Aotnni apud Archas ■DDO ab incirnalioDe Domini mcliu. Amen. '
Rigaud ne mentionDc pas d'autre seigneur-patron que l'abbaye. Elle avait en môme temps un fief qu'elle vendit avec le bénéfice aux Célestins de Rouen, le 27 janvier 1525 > . Datis.le COD traldeven te, qui fut approuvé parGeorgesd'Amboise, Jumièges cédait aux Célestins le patronage, la dfme et les oblatiuns. k condition que ceux-ci fournir^ent la pension canonique du rieaire perpétuel, et qu'ils feraient au grand monastère une rente annuelle de 30 livres. Il paraît qu'ils ne s'acquittèrent pus toujours très-bien de leurs obligations, car les archives de Jumièges conserveut plusieurs pièces de procédure, débris de leurs querelles bénéficiales >. Toutefois les trois pouJIlés imprimés continuèrent de mentionner le patronage des Célestins. Puisque nous avons parlé des arcliives départementales, ajoutons qu'elles possèdent, pour Hautol-l'Auvray et la chapelle de Bon-Secours, un registre de fabrique, allant de nSTfi 1792.
En 1250, Hautot comptait 90 paroissiens, et 100 feux en 1738. Aujourd'hui c'est une succursale de 992 habitants.
Cbapblls des Adtbls. — Sur la limite de.s deux paroisses de Pultotet de Hautot-l'Auvray, se trouve le hameau des Autels, dont le château relève de Fultol, tandis que la chapelle appartient à Hautot-l'Auvray. Ce nom d'Autels, en latin Aitaria, imralt indiquer un ancien oratoire, un lieu primitivement consacré Ji Dieu '. L'analogue se rencontre dans les Authieux, âtns Bréauté, dans La Chapelle et autres noms qui sont dus à tei^ises.
' INipIcHii, lODie t", page S3S. — Les «rtb. dêpan. ditent ltI33. — ' &rtk. dép. — Abbaje de Jamitgei — ' H. d'Esuialol, propriélaire do AltMB dei Antels, poMède plDsieim litre» où ce ooro cstécril trfet^ilTérein- •ent^Pw eiempte un aveu de 1557 dii < y.-D. dei Aoastei, • ainsi qi'nn antre aveu de 1620. Un acte de 1633 dii : •< ta ferme dei Autels. ■ «nr de* lettre* de bourneoiaie, délivrée» en 16W, on toîi ligitrer • un ■ituiile» Aalés. 1. Qaeliiues pcrsonn» disent et écriveal » le* Aoustê»; • mil noDs préféront saivre la Curlt du dioeitt, de 17SS, CI ÏAmmain de tSS qui portent Ut Àulett.
« Les Autels ou les Aulieus, comme on la dit par corrup- Ijoii, ajout«M. Auguste Leprevost, étaient des églises infûrieurcs, des espèces de succursales, comme les cai'uctérise un cartulaire de Charles-le-Ciiauve, que nous croyons devoir citer : ■ Si nécessitas populi exegerit ut plures fiant ecclesiae, tttuantur. ALTARtA: cùm rationeetauctoritate boc faciant. Or, il paraît que ces Autels ne s'établissaient jamais isolén» Partout où te souvenir en est conservé, un dit les Autels ou Autieux, jamais l'Autel '.
» D existe en France quatre communes appelées les Aul et dix appelées les Autieux. Ces dernières sont toutes en N( mandie^. »
La chapelle des Autels, dédiée iiNotre-Dame, est l'objet d'uit pèlerinage fréquenté par les populations d'alentour. A l'inlérieur j'ai remarqué les images de saint Gorgon, de saint Fiacre, de sainte Oarbe et de sainte Austreberte.
Je ne trouve cette cliapcllc mentionnée nulle part, ex( dans la carte du diocèse, par Frémont et Dezauche
Duplessis, le premier historien de nos églises rurales, dit pas un mut. Cependant cet édifice date déjk de deux siècles. C'est une construction en grès, qui, sur sa porte, montre le cliifi're de (648. Le pavage est formé avec de petits carrés en terrecuite, qui caractérisent parfaitement leur époque. Dans ces derniers temps on a construit une nef neuve ou renouvelée. Une jolie contre-table en bois se voyait autrefois au fond (le l'abside triangulaire. La Révolution l'a portée dans l'église de Hautot. Celte chapelle avait sans doute un seigneur-patron, car des armes se voient au bout du sanctuaire. Il est vraist blable qu'elle relevait du fief des Autels.
Quand je dis que Duplessis ne parle point de cet oral je dois ajouter pourtant qu'il mentionne sur la paroisse Hotot, une ancienne chapelle de Lémanville, au hameau de ce nom. Selon lui, elle était depuis long-temps unie k la cure. H raconte que cette chapelle, donnée à l'abbaye de Jumièges avec l'église paroissiale, lui avait été confirmée par le pape Eugène LII, dans une bulle de 11 i7. Nous ignorons s'il faut voir ici la première origine de la chapelle des Autels. Ce qui est certain, c'est que le hameau de Liinanville existe
' fiole* pour lereir à la topographù cl à t'hittoirt det eommvmei 4 d^fortimatl dt iBmrt. p.K. — ' U.. p. 30.
nt. 1
r lacre,
iXCCfl^H
JdUUU,
■aiseiq^—
rahûidj^l
sse ^H
p?ès de Saint- Vaast-Dieppedallc, et qu'il a Hiurni, fti 1368. un pneur k t'abbaye d'OuviUe '. Dans le Iianieau méiue les babilantsiDonlrentune cnilinc qu'ils appellent la Côte de la Chapelle.
AN VÊ VILLE.
L'église de Saint-Pierre d'Anvéville 5, est située sur les plaines, k la naissaoce de vallons qui affluent dans le bassin de la Dardent. Des murs seuls entourent aujourd'hui son cimetiiirc, jadis planté d'arbres comme tous ses voisins. L'édifice actuel a élé travaillé bien des fois, et il porte sur lui l'empreinte de plusieurs générations. Fondé à l'époque féconde du xii= siècle, il conserve de ce temps le côté nord de la nef et unp porte latérale par où entraient les vicaires de la paroisse, habitant de ce côté, et plus anciennement les hommes <|ui se tenaient au haut de la nef.
Le lambris et la charpente du vaisseau sont du xvi" siècle, et en montrent les curieux emblëmes : c'est la vigne, symbole (le l'Eucharistie, les chefs de saint Pierre et de saint Paul, fondateurs de l'Eglise et patrons de celle-ci, et les quatre attributs des éyangélistes, vraies colonnes de l'édifice chrétien. Le portail est de 1766, ainsi que le côté sud de la nef, le
■da chœur est du temps de Louis XVI et la sacristie de [^Quant aux chapelles latérales, elles ont élé ajoutées ré- Hnt. M. l'abbé Ouyant a t'ait relie de la Saînte-Viei^e, en , et M. l'abbé Dupuis celle du Sacré-Cœur, en )8ii. Ce fal en démolissant les anciens murs de l'église, en (840, que M. l'abbé Guyant trouva, sous le badigeon, la grande et curieuse inscription qu'il a lait religieusement encastrer dans le nouveau mur. C'est le plus grand échantillon d'épigraphie du l'i'* siècje que je connaisse. C'est tout un poi>.me français qui Décompte pas moins de deux cents vers,
Cette église posséda, comme tant d'autres, beaucoup de richesses artistiques, aujourd'hui détruites ou perdues. Par Giemple, que reste-t-il de ces vitraux du chœur, au bas des- ' Itegal. viril., ait aonuo), 1362. — ' L'orlhographe de et village ■ beanfitf nrié : la CarU du Hoehr. de Rouen, par Frémonl et Dnauche, l'ap- (cUt AraniU*. Le ponilléile 1648 dll OncÀrilfe. celui de 17D4 Outtrvitk. ntnl de 1738 Arnivillt el Ameville. EnGn la Daeriplioit de la BomUiVonuiidte. par Dnple»l», donne Onvéville, EtnévilU et Aiteéville. C'eii nd«nt«r nom qui a aurvém. On j comptaii 90 feui en 1738, i fntstaK f*» ane mccanak de 980 habitaou.
quels on voyait encore, il y a cent ans, briller les armes de France, des Houdetot et des Sandouville? L'écu des Sandouville était chargé de trais boucliers de gueules, et celui des Hou^ detot était entouré du collier de Saint-Michel *. Vainement aussi vous chercheriez la grande table de pierre qui servait de maître-autel, don seigneurial autour duquel on lisait : « L'an de grâce 1 496, M** Guillaume de Sandouville, chanoine, et Pierre de Sandouville, chevalier. Priez Dieu pour eux 2. » En faisant des fouilles pour les derniers travaux, on rencontra de jolis bas-reliefs en pierre, sculptés au xv« siècle, et la pierre tombale avec la fondation de Charles Osmont, greffier de la prévosté d'Yvetot, décédé le 29 novembre 1691. Il reste encore à rentrée de l'église un joli bénitier, sculpté au xv* ou au XVI® siècle. Une élégante colonne supporte une cuve couverte de feuilles de chêne ou de chardon.
Cette église dut posséder autrefois plusieurs intéressants tableaux, car, malgré les spoliations faites à diverses reprises, elle montre encore un tableau du xvi® siècle, représentant la Vierge et TEnfant Jésus tenant une poire dans sa main, et une bonne toile du xviii<», sur laquelle Jésus donne à saint Pierre les clefs du royaume des Cieux.
Mais la partie vraiment intéressante de cette église, ce sont les morts avec leurs caveaux, leurs fondations, leurs armoiries, leurs pierres tombales et leurs épitaphes. Il paraît bien qu*il y avait à Anvéville, appelé dans Farin Onvéville-Houdetot ', une puissante seigneurie, dont les pieux maîtres présentaient à la cure, siégeaient dans le sanctuaire, couvraient Téglise de leur ceinture féodale, parsemaient les cloches et les tableaux de leurs armoiries, et venaient enfin se reposer dans un caveau sépulcral préparé sous le chœur. La Révolution a violé leurs sépultures, dispersé leurs cendres au vent et enlevé les plombs pour couler des balles. Depuis ce temps le caveau est fermé pour toujours. Les inscriptions mêmes ont été exilées du chœur depuis le nouveau pavage. Nous ne saurions trop déplorer cette triste manie, qui fait préférer pour la maison de Dieu, le pavé d*une salle à manger, au lieu de ces larges pierres tombales, précieux souvenirs des chrétiens vertueux qui nous ont précédés dans la vie.
* FariD, Hisl. de Rouen, part, v, p. 42, édit. de 1738. — ' Id., ibid. -^ Md., ibid.
Voici ctî que nous avons |>u lire sur Ifïs dalles échooi^os nu bas du tbœur : « L'an de grâce mil quatre cent (quairc-vingtseize), discrète et noble personne M^ Guill. dé Sandouville, prestre, licentié en divin droit, proto-notaire de messirft Pierre de Sandouville, conseiller ordinaire et maître des requêtes du roy Charles VIII" de ce nom, et messîre Pierre de Sandouville. chevalier, frère dudit Sandouville, ont fondé k toujours, etc. » Malheureusement on ne retrouve plus la dalle de pierre inentioDoé.* par Farin ■, qui couvrait les restes mortels dt> Jehan lie Sandouville et de sa femme, ptre et mî-re des deux fondateurs dont nous venons de parler.
Sur une pierre de marbre noir, on lit ce commencement d*épitaphe : « Haute et puissante dame Nicole de Herbouville. » Et Uniuédialemcnt à cùté : « Icy (fit haut et puissant seigneur messire Adrien de Houdetot, chevalier de l'onlrc du lloy, ){entUhomtne ordinaire de sa chambre, seigneur, patron et chastelairi d'Onvéville, Veauville-sons-les-Baons , Harville , Hobertot, Bois-Gribout, Alvinbusq, etc, Sa vie fut glorieuse, parce que la vertu le suivît partout. Les gi-ftces l'eulevfTent k Lyon, où il lit voir son courage sans perdre l'înt^ité de ses mœurs. Sa valeur lui ayant fait chercher des dangers honorables, ne lui laissa craindre que le péché; ayant témoigné qu'il avait un cœur Ji tout entreprendre il remporta beaucoup d'honneur dans les armes, la justice lit alliance avec lu gloire, dans ce monde la prudence le rendit arbitre universel des dîHerenls de ses voisins, etc., et Nicole de Herbouville, sa seconde femme, s Enfin je crois que l'inscription se termine ainsi :
I puissante dame Marie Dufour, épouse de François,
marquis de Houdetot, dame douée de touti^ les vertus. 4677. » La réforme du chœur n'a rien respecté, et avec les seigneurs patrons elle a mis k la porte un digne curé du lieu, qui pourtant avec ses mains jointes et sa planëtc antique, semblait dumander grAce. On Ut sur sa pierre, bientôt elfacée : ■ Cy gist
discrète personne , paroisse d'Onveville, natif de la ville de
Quuudebec, il décéda le Priez Dieu pour luy. ■
Duplessis 3 raconte qu'il y avait sur cette paroisse, au xvi'
itbcle, une chapelle de Saint-Pierre, appelée sur les registres
ie l'archevêché Saint-Pierre, et Saint-Martin en f S28. Saint-
fiore en 1559, et Saint-Nicolas et Saint-Martin en 1S79.
' Fwin, H(i(, de fiuluH, part, v, p. 12, tdiL. ilc 1738. — ' T. l". p. 63G.
Il nous l'cslt' pou il'arcliiv&> m an use ri les concernant cel\e
éfc-ii
al <) lies com|H ^91 , C'est lu fin
dépai'LemenLal les de fabrique pour les années de l'ancien régime et comme son acte de déci^s.
HÉBICOVRT.
Pour un chrétien, Héricourt est le point le plus intéressant du pays de Caus ; car si le baptême est la porte de l'église et du ciel, Héricourt est la première fontaine baptismale des Calètes.
Son nom s'est écrit de bien des manières. Evidemment il a la m^me origine que Uarcourt, célèbre châtellenle normande. Aussi Eudes Rigaud, dans son pouiUé, l'appelle-t-il indifleremment Uorecort >, Harecourt^ etHericuria^, et dans le Regintre des Visites Herecort '', Uarccort ^ et Hericort '. Depuis, les titres, les historiens et les géographes, ont dit Hénxourt, tlëricour ^ ou Héricourt, comme aujourd'hui. Ce ne peut être que par une erreur de copiste que le savant Pommeraye écrit lié^icourt dans son Histoire des Archevêques de Rauen,
Plusieurs ont cherché l'étymologie du nom d'Héricourt, évidemment composé de deux mots. Duplcssis, assez lé^^rement, fait venir le premirr du teuton her, qui signihe maître. M. Guilmcth le tire plus naturellement du latin herus, qui veut dire la même chose. De sorte que tous deux arrivEUl aux mêmes conclusions par des chemins ditférents.
Le mot coH ou court vient du latin mria ou plutôt cuTlit, qui dans la basse latinité signifiait masure, enclos, en un mol. ce que nos paysans appellent encore aujourd'hui < Dans Varron, dit ii ce sujet l'un des plus savants archéoli gués normands, le mot ckors, chorlU, est employé avec li signification de basse-cour d'une métairie. C'est évîdemmeiil le genre d'enclos d'une maison rurale que nous désignons Normandie par le nom de masure.
» Du géniW chortis est venu le mot barbare curtis, dont nous avons fait court et cour. Ce mot est souvent employé dans les lois des Allemands, des Vîsigoths et la loi saljqae,
' PouiUc étlilé par H. Bonln, dam le Rtgitlntm. ji. 30. — = Tanillf pir Ange Gmiin. Arch. déparl. — ' Id., Boniii, p. 30. — • Regest. vùU.. p. 30, 170, 316, 619. — ' Id„ p. 680. - ' I<l . p. ISMI — ' Carre <lu ilioehe, par Freniont ei Deiaochi
tantôt iluns le seus primitif de cuur, endos tiulour d'utic liutiitalion rurale, tantôt dans le sens de colle liubiluLJun ninile, de cette métairie elle-mérae, lant«>t enfin pour désigner ijucl- (|u'une des réunions judiciaires qui se tenaienl ii ciel ouvert, dans un enclos de ce genre, attenant ^ une habitation princière ou féodale.
» Le mot phors ne se trouve passeulemeni dans Vairon, mais cncoredansColuioelle et dans Palladius.il vient visiblement (les mots grecs KopTix seplitm, enclos, Kupri; fiscella, cavea, cage, panier. Celait donc un enclos fermé de pieux ou de haies pour renfermer les bestiaux ou les volailles. Cet enclos était originairement de forme ronde, et c'es^ k cause de cela qu'il a fourni au vocabulaire militaire le nom de la cohorte: cohar»'.»
Maintenant que nous savons l'étymologie d'Héricourt, on nous permettra d'exprimer notre surprise de rencontrer ce ïillage dans le pays de Caux, où il est le seul qui possède cette terminaison si commune dans la Picardie et le pays de Bray. Commençons par dire que pour nous le pays de Cauï commence au liavTe, se poursuit le long des falaises jusqu'h Dieppe. De là, il coupe le pays par une ligne presque droite jusqu'à Sain t-Victor-l' Abbaye, puis tourne vers Pavillyet Saînt-WaniMlle, afin de descendre la Seine jusqu'à la Hève. Eh bien, sur tout ce plateau péninsulaire, il y a de^ centaines de villages terminés en nille, et un seul en court; tandis qu'Ji partir de Dieppe jusqu'à la Somme, la terminaison court est trës-fréquente et qu'elle domine dans le Bray normand et dans le Bray picard, où les noms en zUie s'éclaircissent et disparaissent.
Nous croyons avoir trouvé la raison de cette dilTérence dans lanaturc même des habitations de chacune de ces deux régions. Nous allons développer un moment notre pensée.
Dans le pays de Caux, c'est-à-dire entre Dieppe et le Havre, un village c'est la réunion morale de fermes et de hameaux isolés. Là, les fermes ou métairies se composent uniformément d'une enceinte carrée, garnie de fossés ou plutôt de retranchements plantés d'un double rang d'arbres de hautefutaie. Dans cet enclos fortifié, s' élèvent, sur différents points, d'abord l'habitation du fermier et de ses gens, la maison du maître villa urbana, puis les bergeries, les étables
' M. A, t.«prev(isi, Kirit» jiour lervir à la topographie *l à J'Aùlmiy dci ï du dfpartrmenl de l'Eure, p. 6.
et les écuries, la demeure des animaux, villa rustica, enfîit sur d'autres points le four, les granges et la charretterie, villa agraria ou fnictuosa. En un mot c'est le système de» Romains qui couvrirent ce pays de villas, dont nous retrouvons partout les ruines *. A mon avis, c'est ce genre de construction, dont l'existence se perpétua dans ce pays aux périodes mérovingienne et carlovingienne, qui fut cause qu'à l'époque normande ou capétienne, le plus grand nombre de nos villages prit le nom de viUes terminaison si répandue chez nous, qu'il n'y a pas en France une seule province qui en possède autant que le pays de Gaux. A coup sûr ce n'est pas qu'ici le nom de ville ou ^illa soit romain ; pas le moins du monde ; il est roman et voilà tout. Il appartient à la basse latinité du x® et du xi« siècle, et il s'est allié à un nom d'homme de ces temps-là. Je vais plus loin, je crois même que tous les noms terminés en ville sont relativement modernes, et que les noms mérovingiens ou carlovingiéns étaient très-différents de ceux d'aujourd'hui.
Maintenant quant à la terminaison co\i/rt, si elle est rare entre Dieppe et le Havre, elle est commune entre Dieppe et Eu, et très-abondante dans le pays de Bray et la Picardie, selon nous, cela tient au système des fermes et des maisons du pays. Dans Tarchidiaconé d'Eu, dans la Picardie, les villages sont d'un seul tenant ou d'un seul morceau, témoins Bracquemont, Belleville, Berneval, Graincourt, etc. C'est une aggrégation autant matérielle que morale. Les maisons sont rangées sur un grand chemin, et chacune d'entre elles présente un carré parfait de constructions dans lequel on trouve, sous forme continue, Thabitation du maître, les étables, les écuries, les granges, les bergeries, etc. Tout cela forme un quadrilatère de maçonnerie qui communique avec la rue par une grande porte. Tout l'espace vide qui est au milieu s'appelle le ccmrfiZ. Voilà, à mon avis, la raison de la différence des noms de villages dans les deux pays et la cause des désinences en aywrt et en ville, si communes dans la Picardie et le pays de Gaux.
^ A Étretat, à Tarretot, à Bordeaux, aux Loges, à Fongneusemare, à Colleville, à Saint-Jean-de-Folleville, dans le Champ aux tuiles, à Maulévrier, à Hrotonne, à Vittefleur, à Gany, hameau de WilTrioville, à Beauville-la-Gité, à SaiQte-Marguerite*8ur-Mer, à Saussemare-sur-le-Dun, à Sainte-Adresse, à Uarfleur, etc.
— lo:-) —
Dans des temps plus anciens que la période normande et capétienne, Héricourt portait, suivant Adrien Valois, le nom glorieux de « Viens Sancti Melloni, » et ce nom, il le devait au séjour qu'avait fait chez lui le premier évéque et le véritable apôtre de notre diocèse de Rouen.
Saint Mellon, né dans la Grande-Bretagne, était allé à Rome vers 257, pour y porter aux empereurs les tributs de sa province. IJi, il eut le bonheur de connaître le pape saint Etienne qui le convertit au christianisme et l'envoya évangéliser la seconde Lyonnaise, dont Rouen était la métropole.
En passant à Auxerre, il guérit et convertit un charpentier nommé Lupillus. A Rouen il ressuscita Précordius, jeune Romain qui donna sa maison pour en faire un temple au vrai Dieu. Saint Mellon fonda l'église cathédrale de Rouen, dans l'endroit môme où elle se trouve aujourd'hui.
Les auteurs de sa vie ajoutent qu'après avoir gouverné cinquante ans le diocèse, il se rétira dans une solitude, soit pour s'y reposer, se voyant incapable, à cause de son extrême vieillesse, de continuer les fonctions de son épiscopat, ou afin de vaquer avec plus de liberté à la contemplation des choses célestes et se disposer k mourir de la mort des justes. Les actes de sa vie, « nous assurent qu'il lit choix, pour ce sujet, d'un petit ermitage, lieu de retraite fort commode pour son dessein, nommé Hévicourt ; que c'étoit \h que son cœur s'espandoit devant Dieu en l'oraison ; qu'il nienoit là, non pas une vie d'un homme mortel, mais d'un ange ; et, en ettet, il y estoit souvent visité des anges, qui versoient dans son âme les divines cousolations ; et un jour qu'il estoit en prières, il reçut les heureuses nouvelles qu'il désiroit si ardemment. Un de ces esprits bien heureux luy apparut, et luy dit que le temps de sa mort approchoit, qu'il avoit heureusement fourni sa course, et qu'il pouvoit s'attendre de recevoir en bref la couronne de justice due a ses belles actions. £n effet, après avoir donné quelques salutaires advertissemens à ceux qui estoient présens, sa belle âme quitta sa dépouille mortelle et s'envola au ciel, le 22 octobre de l'an 31 1 , selon la plus commune opinion ^ »
Nous rapportons ce fait sans y ajoliter une foi entière. Nous croyons que les moines du moyen-Age ont arrangé (*ette liis-
* Pomroeraye, ffûtl. des Àrrh. de Rouen, p. il.
loirf primicivi! & la façon îles maints de leurs temps, ép(>i)ue Iranquille et florissante de l'Église. En voyant tatit de saints évéques quitter leurs sièges pour se retirer dans les cloîtres ei dans tes solitndes, atin d'y mourir en paix, ils ont pu croire qu'il en avait toujours été ainsi, et calquer sur ce patron les données vagues qu'ils avaient sur la vie de nos premiers apôtres.
Nous pensons, nous, que saint Mellon voyageait beaucoup comme tous lessaintsmissionnairesdes premiers temps, comme saint Denis, saint Pirmin, saint Nicaise, saint Crespin, saint Martial, saint Martin, saint Victrice, et tant d'autres apôtres de la Gaule. [I parcourait constamment son diocèse, évangélisant les villeti, les cités, les bourgs, les villas et les staUons romaines. Loin de rechercher la paix des champs ou le repos (les déserts, ces hommes apostolii|UCS poursuivaient le travail des villes et aspiraient vers le laborieux enfantement des &mi» il Jésus-Christ. A l'exemple de saint Paul et des apôtres leurs maîtres, ils s'nttaquaient de préférence aux villes, source des erreurs qu'ils venaient combattre, foyer des vices qu'ils cherclittient k exterminer et centre de ce polythéisme dont ils ve- -
liaient purger le monde. La mission des campagnes, la destruc- — tion du paganisme, proprement dit, fut l'muvre de missions -^s ultérieures, elle fut surtout l'ouvrage de ces patients cénobites, .
qui, comme saint Valéry, suint Saéns, suint WaWrille, vécu-
rent avec taut d'édilication au milieu des populations rurales ^^^ H païennes ,
Au 111" et au i\' sit^cle de notre ère, le liassin de la Durdent-A* Mi
loin d'être un pays sauvage comme l'insinuent les uhroni i-
queurs du vu*' siècle, était au contraire le centre d'une hauti;=,^~<' civilisation. Une population considérable affluait dans cett4?^»-'' vallée. La staliou romaine de fîravinum, qui en occupait h— ^^^
milieu, rayonnait comme un soleil sur tous les points d'alen-
tour. Aussi depuis sa source jusqu'à son emboucliure, lu Dur —
dent est romaine sur tout son cours. Les tombeaux et le Gâte — lier de Veulettes, les mosaïques de Vittetleur et de Crosville,^»- * lus villas et le grand cimetière romain de Cany, les médaille^?^^ impériales et les tuiles k rebords, trouvées k Vittetleur, k Canyk^0^
et il Uéricourt. en sont encore aujourd'hui la preuve. A Déri — ■
court les monnaies romaines circulent encore tant t'i l'é^\is(^^^^^ que dans le commerce. Tci, comme ailleurs, on lesappellc de^^^^* ««M* à la Vierge.
Depuis Téglise d« Saint-Denis jusqu'au moulin de Gréaume, Dti rencontre une quantité considérable de tuiles ii rebords, de nt^ailles en bronze, de poteries rouges et grises et mi^me de la poterie samienne à reliefs, des meules à broyer en pouding, des murailles épaisses et tout.l'entouragu obligé des ruines romaines. 11 y avait Ifi. sur l'espace de deux kilomètres, une série d'habitations antiques qui doivent dater du temps de saint Mellon. Là, vivaient les hommes que l'envoyé de Dieu a ëvangélisés pendant sa vie, les infidèles que Jésus-Christ et l'Église lui avaient donnés pour enfants. Apres les avoir convertis et baptisés, il mourut au milieu d'eux, le H octobre 31 1 selon Farin et Pommerayc, 314 selon les Bénédictins >.
SBvdépouille mortelle ne resta pas arrêtée au milieu de ces enfants derniers nés. Elle était digne de ilevenir la pierre angulaire et fondamentale île notre métropole. Aussi Houen la réclama. Pommei-aye i-t Farin veulent qu'on l'ait enlevée de ituite après sa mort. Nous croyons plutAt que sa cendre sera restée cent aiisàlléricourt.auquelelle adonné son nom, et qu'au siècle suivant, lorstpie saint Victrice eut construit de ses mains l'église de Saint-Gervais, pour les reliques que lui avait envoyées saintAmbroise, il aura descendu dans la crypte, fi l'enilroil que l'on voit encore, les restes mortels de saint Hellon '^t de saint Aviticn, ces deux colonnes de l'église de Rouen.
De saint Meilon voici ce qui reste encore ii Héricourt. D'abord le nom ilu pays, car le peuple ne dit jamais ni Saint-Denis ni Héricourt, il dit toujours Saint-Mellon, et telle est la destinée (les saints, que partout où ils ont passé, leurs pas se sont gravés profondément dans l'esprit des peuples; partout où leur pied a foulé la terre, l'empreinte y est restée ; puis un peu de sa iiainte poussière que vous verrez dans l'église et son image sur le niallre-autel ; enfin la trace ou le souvenir de la maison qu'il liabitait au pied du mont du Pyval. En face de la fontaine de Saiot'Mellon, il existe dans une prairie de la Uurdent, un tertre rempli de murailles, dont les fortes dents sortent de dessous le gaxon, et dont les lignes se dessinent sous l'herbe des prés, ce sont là les débris du château d'Héricourt. Le peuple les appelle les restes di? la maison de saint Mellon. Voilh une fouille CariflUBc {t faii'e; semblables tertres, semblables ruines, se trouvent dans la vallée de la Ilresle, sous Gamaehcs, et Ik ellei> Chrût.. I. ïi, ji. 0.
sont romaines comme toutes celles des bords de la Durdent.
Je ne puis m*empôclier d^ rattacher au séjour de notre premier apôtre dans cette vallée, la crypte découverte le 42 nor vembre 1847, au pied de la colline où est située Téglise de Saint-Denis. Cette crypte s'enfonce dans un terrain appartenant en partie à la fabrique, et relevant autrefois du presbytère. Elle est orientée comme nos églises et elle a comme elles, la forme d'une croix, mais plus grecque que latine. La longueur des bras est supérieure h celle du tronc principal. L'entrée en était dissimulée par d'épaisses murailles, et l'on n'y pénétrait que par une issue mystérieuse, à l'occident. Elle était bouchée depuis long-temps par des chûtes de remblai tombé de la colline '.
La forme en est des plus vénérables. C'est une croix taillée dans le roc vif, dont la voûte a été maçonnée d'une façon ogivale ou pointue. Le revêtement des murs est en moellon assez petit et assez frais. Le tuf n'a été employé que dans les arceaux de la croix. J'ai vu h Sainte-Marguerite une voûte romaine semblable h celle-là. Seulement cette dernière était entièrement en tuf. Je crois la crypte de saint Mellon véritablement anti(iue, tandis que le revêtement serait du ix® ou du x® siècle. Dans le mur du fond, on distingue encore la place d'une table, simple autel du vieux temps, et deux trous comme pour placer les luminaires. L'entrée est une ouverture aiguë en pierre tuffeuse. Rien ne m'arrachera de la pensée, que cette crypte mystérieuse devait être l'église primitive des persécutions. L'église d'aujourd'hui aura germé sur ces catacombes. Ne connaissant pas de crypte au tombeau de saint Mellon, je l'y supposerais iissurément; la voyant si bien placée, je ne fHiis douter de son origine apostolique.
Mais il est un monument qui domine tous les autres et qui entraine forcément la conviction avec lui. C'est un témoin toujours vivant (|ui a traversé les siècles, et qui parle chaque année par cette grande voix du peuple, que l'on appelle la voix lie Dieu. Nous voulons signaler ici la fontaine vénérée que l'on trouve au pied du Pyval, sur le bord du grand chemin cpii conduit d'Yvetot k Cany. Elle est là, placée à l'ombre de hauts peupliers et cachée sous une voûte de maçonnerie
' Voici les proportions de ceUe crypte : Longueurs m. 90, hauteur 2 ni. 25, idrgcur 2 m. 2t) A 2«*S ; longueur des bras de croii m. 50.
ornée de bas-reliefs trës-mulilés. Ces sculptures, déjà usées en 4780, « représentaient, dit un curé du lieu, quelques-unes des actions mémorables de la vie du saint évéque. » C'est à cette source mystérieuse et vénérable, encore appelée le Petit-Saint- Hellon, que le saint a baptisé, suivant la tradition. Nous n*en doutons nullement, pas plus ({ue nous ne doutons des baptistères de saint Valéry i, de saint Saëns 2, de saint Uellier 5, de saint Ribert *, de saint Sanison î>, de saint Nicaise ^, de saint Landulphe 7, de saint Salve ^, de saint Meen ^, de saint Flave 1®, de saint Pierre 11, et de tant d'autres restés encore ouverts depuis des siècles et exposés à la vénération des peuples. Toute l'année on y vient plonger les enfants malades, mais c'est surtout le lundi de la Pentecôte que l'on afflue ici. Or, remarquez bien que la Pentecôte est une des deux fêtes baptismales de l'Eglise et l'anniversaire de la conversion des Gentils à la foi.
Du reste cette pensée qui nous poursuit depuis long-temps ^2 de voir les baptistères primitifs dans les mares des saints, et un reste de l'ancien baptême dans l'immersion des enfants, n'avait pas échappé h un curé de Saint-Donis-d'lIéricourt, au siècle dernier. Nous sommes heureux de citer ici son témoignage, que nous ne connaissions pas, et que certes nous n'avons pas conmiandé pour le besoin de notre cause,
« Depuis nombre de siècles, dit M. Duquesney, la dévotion
du peuple à cette fontaine, CvSt telle qu'il y vient avec affluence,
surtout le lundi de la Pentecôte, jour où l'on y apporte proces-
sionnellement les reliques du sauit pontife, des femmes de tous
les alentours, pour y baigner leurs enfants, malades de la fièvre,
dans la conliance où elles s(mt d'obtenir, par la vertu de ces
eaux, qu'elles regardent comme miraculeuses, autant que par
les mérites du saint, leur prompte guérison ; pratique peut-être
un peu superstitieuse, et qui pourrait quelquefois mettre en
danger la vie de ces innocentes victimes. Mais vouloir, sur une
* A Sainl-Valery-sur-Somme, à Pons, près Eu, etc. — ^ A Saint-Saëns, •a Câtelier et au Camp-Souverain. — ' A Saint-UeUier, près BeUcncomhrt. — * A Quièvrecourt, à Charicmesnil, à Torcy-le-Grand. — ' A Pentalle. — * A Vaux, près Triel, où il baptisa 318 inGdèles. — ' Evoque d'Évreai, à Bérengeville-la-Rivière. — " A Saint-Saire-en-Bray. — " A Pentalle. — *• Fontaine de St-Filleul, h Rouen. — " A Rome, dans la prison Mamerline. — '' Voyez les Êglms rural/'s de l'arrnnd. de Dieppe, p. 311 et 411.