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l»roille matière, di^buspr la crédulilô du peupli-, seraît un* h^uUttvc aussi tniiiérHire qu'inutile; d'uilleurs, tout c(> qui tend h phranler la foi, ou k éloigner <ie la religion l'honime simple <'t rustique, est si délicat, que l'on ne doit pas se dédarer trop ouvertement contre ces sortes de pratiques, anctenuement consacrées par lu piété de nos pères.
* n n'y a même pas lieu de douter que des usages qui se perpétuent ainsi, de génération en génération, depuis une si longue suite de siècles, n'aient une cause et ne tiennent h des événements qui, s'ils étaient mieux connus, suffiraient ponr imposer plus de circonspection aux personnes qui se piquent de raisonner.
• Ne pourrait-on pas penser, par eieniple, au sujet de la fontaine dont il est ici question, <iue le saint évêque y aurait administre le sacrement de baptême i» quelques prosélytes, que son zèle apostolique avait amenés h la connaissance do l'ÉvsngileT Et il mesure que la religion clirélieiioe s'étendait «■t faisait des progrès dans le pays, cetltr funtaine ne pouvailcUe pas être comme le i-endei-vous oîi les nouveaux fidèles allaient se communî(pjer les eaux salutaires du baptême, surtout dans un temps, dans un pays, où la mémoire du saint était dans la plus grande vénération, et où il y a\"ait pucore li-^s-peu d'éditices publics consacrés au culte du iTai DîeuT Cett<> conjecture paraît d'autant plus plausible, que l'entrée du temple saint n'était permise qu'à ceux qui, en se purifiant et se [^.générant dans les eaux du baptême, avaient fait preuve de leur renoncement au culte des faux Dieux. Or. l'immersion qui se pratique de nos jours, à cette fontaine, u'cst-elle pas un signe représentatif de celle première institution, avec cette différence que l'ignorance aura ensuite appliqué au soulagement du corps, ce qui, dans l'origine, était le salut et le remède de l'Ame. *
Et maiiitenaul c'est donc avec raison que nous pouvons appeler la DurdenI, cette vieille Quiteftidt ' des hommes du Nord, If iûurdain de la Nnrmnndù, puisque c'est à une de ses sources que nous avons été régénérés de la main du premier et du plus vénérable de nos apAtres. Déjk, peut-être, dans les fontaines sacrées du llanauard et de Sommesnil. les saints évê-
' Ordcrk ViUI l'appelle (tmcium ÇmitfMam. — EIIp dni «mpranier le nom de DurHeot k ■ Willcrmui Deu-Dorui > qai Tiiili en I08S.
ques lîl martyi-s Denis, dn Paris, et Kinniii, d'Amiens, étaient veiius baptiser nos pères lora de leurs missions ^vaiiyiïliques à Rouen ' et dans le pays des Calètcs '.
SAINT-DENIS ou SAtNT-HSLLON-D'HERICOUKT.
L'église de Saial-Denis-d'Héricourt, lUlc aînée de nos inétropolilains et héritière des premiers travaux do tius ap<Mrps. ust peu digne de sa noble et antique origine. Elle a geruii', pour ainsi dire, sur des catacombes, et elle est aujourd'hui greffée sur la colline, comme pour dire qu'elle règne sur le pays d'alentour. Cette position escarpée, est pittoresque et religieuse, j'en conviens, mais elle est peu commode pour les habitants. Aussi en 1768, lorsque l'on refit à neur toute la grande nef, on délibéra kmg-tenips si on ne la transporterait pas sur la plaine, au centre de la paroisse, au hameau du Petit- Vauville, là où quelques-uns veulent qu'ail habité saint Mellon. M. le curé consentait h rebAtir le chœur, \o prince de Monaco, seigneur-patron, donnait le tt;rrain tout entier, des fermiers ofiraient de faire gratuitement le transport des matériaux, et cependant ce projet ne réussit pas, au grand regret du bon curé, historien de la paroisse.
Du vieil oratoire, que l'on prétend avoir été bAti par saint Mellon, au iv siècle, en l'honneur de saint Denis, pas n'est besoin de (tire qu'il no reste rien aujourd'hui. Au xi" siècle, cette (église fut reconstruite, comme toutes les autres, avec le tuf de la vallée. 11 y a dcuit ans, on voyait encore, de cet âge, des contre-forts, des cintres et des modillons, au chœur et aux transepts. Le xu" siècle dut percer dans le sanctuaire les fenêtres terminales.
Dans ces derniers temps, le chœur et la partie haute de cetttt église,étaientdansuu tel délubremeut, qu'il y avait péril it y célébrer les saints mystères. C'est donc avec beaucoup de raison (pie la paroisse a songé k renouveler ce vieux monument. Le 3 novembre 1850, M. l'abbé Robert, d'Yvctot, présenta un plan qui fut approuvé le ii décembre suivant. Il créait deux nefs on chapelles do chaque côté du chœur, et terminait le tout par trois absides circulaires. Le style adopté est le roman. Le cloclter reste sur les transepts et formera une tour carrée, percée de deux rangs de fenâlres ciulrées. Les fenêtres et les
' Bit. eccUsiatl. de iVormandie, p»r TriRan, t. i", p. II. — ' Légende
i-'otiire- forts lioivt'iil t'tri' appareillés avec île la pierre de Du— «■lair, les absides et les luodillons seront en pierre tufTeuse dia. hassÎD de la Durdcot.
M. l'abbé Anias, curé de la paroisse, s'est dévoué corps et , Ame h la reconstruction de son église. 11 poursuit cette bonne «•uvre, avec un zèle que je ne craindrai pas d'appeler apostolique, lia toute la sainte ardeur que viennent de déployer, pour la beauté de la maison de Dieu, l'abbé Tbomas, Ji Tôtês; l'abbé Thoraassin, h VeauvUle; l'abbé Bolot, h Oissel; l'abbé Valois, aux Petites-Ventes : l'abbé Beaupel, fi Saint-Vincent- | de-Paul et l'abbé Godefroy, JtBon-Secours.pri^s Rouen. On est heureux de voir revivre, dans notre jeune génération sacerdotale, toute la foi des temps primitifs, et nos contemporains ac seront pas indignes des grands saints qui nous ont visita. La terre, aixosée des sueurs de saint Mellon, porte encore, après quinze siècles, une moisson digne de lui, car ici M. le curé a trouvé dans le maire, M. Guérin, et dans tous ses paroissiens, (tes collaborateurs dignes de sa fui et de sa charité.
En creusant les fon<)atious du nouveau sanctuaii'e, on a rencontré une magnifique pierre tombale, sur laquelle est gravée la ligure d'un prêtre, viHu d'une aube lleurdelysée et tenant un calice dans ses mnins, selon l'usage. On lit autour : « Cigist Jehan de Trouviile, jadis prestre de Saint-Denis de Hérccourt, qui Irespassa l'nn de grftce r. ccc. v, lejeusdi devant la saint Philippe et salut Jacques. Dieu ait merci de son Ame. Amen. ■» Afessirc Jehan de Trouviile n'est pas le seul des anciens curés de Saint-Denis dont le nom soit parvenu jusqu'il nous. Eudes Itigaud nous fait connaître le prêtre Robert, qui au temps de saint Louis percevait 30 livres de revenu sur ce bénéfice.
L'un des pasteurs les plus distingués de celte église, ce fut , certainement M' Pierre de Bony qui, nourri de la lecture des Pères de l'Église, publia, sous Louis XIV, un tableau des mœurs des premiers chrétiens, pour servir de critique à la vie lies chrétiens de son temps. Ce li\Te rare, curieux et plein d'érudition, est intitulé : l'esprit duChrUlianixmeritpr^»enUdan» U» mœurs des pr«>aiers chrilliens, par M. Pierre de Bony, prestre. curé de Saint-Deiiis-d'Uéricuurt, vulgairement Saint-Mellou, au diocèse de Rouen, iu-t8 de 277 pages, imprimé (i Rouen, chez Jacques Lucas, rue aui Juifs, aux Globes, en 1671. Cei)
écrit, rédigé eii forme de, lettre, est dédié il M. le B. '*'' et approuvé par M. Lecornetior, curé d'AUouville et docteur en théologie (le la faculté de Paris-
Enlin le dernier curé dont nous ayons k faire mention, est M. Duquesney qui, après avoir exercé ici le saint ministèro depuis nerjusqu'à la Révolution, y mourut le 16 nivôse an m, à l'âge de 05 ans. Ce brave homme cmt utiliser grandement ses loisirs, en rédigeant, en janvier t78l, une Notien de ta paTOisKe de Sainl-Deniii-d' HMciiurl, eulgo Saint-Melloti, qu'il a consignée sur un registre de l'église, et k laquelle nous avons fait des emprunts.
Dans l'examen de l'église il ne nous reste plus à voir que l'ameublement. Le baptistère en pierre est une cuve du iiii' siècle, supportée par quatre personnages accroupis, un moine, un chevalier, un manant et une femme. C'est toute la société au moyen-fige.
La contre-table, en bois, est du xvii" siècle. Lk sont sain Denis et saint Mellon, et les deux châsses de ces saints; su: celle de saint Denis on voit les apôtres saint Pierre et saîni Paul, un saint Simon et un saint Judc; sur celle de saînl Mellon sont saint Jean-Baptiste, saint Jean-l'Evangéliste, sainl Jacques-le-Majeur et un autre apAtre. Ces quatre médaillons sont des émaux de Limoges, je les crois du xiv* ou du IV* siècle. On dit que la chflsse de sainlMellon renferme beaucoup d'autres reliques. Cette chftsse est descendue solennelletous les lundis de la Penlecdte, et portée processionnellement à la fontaine. Toute l'année on y brûle des cierges et l'on y (lit des' évangiles.
Dans le transept sud est la chapelle de Sainte-Marie-Egyp- ^enne. On y voit la sainte se retirant dans le désert avec un pain dans ses mains, d'après la légende qui dit qu'en parlant elle demanda son viatique. Pour cet emblème, le peuple, qui a grande confiance en elle, dépose tous les jours des morceaux de pain sur son autel. J'en ai vu trois le 30 mars I8t9, cl M. le curé m'a dit qu'on pouvait nourrir un pauvre toute l'année avec les olTrandes.
Le patron-présentateur de la cure fut toujours le seigneur de la terre. Au xiii" siècle c'étaient les héritiers du sire de la Roquefort ; ii la Sn du xvni« siècle le prince de Monaco, comme héritier des sires de Mortemcr et d'EstouttovîUe, car la sei-
— H6 — OHERVIIiliE.
Cette paroisse devait en former deux autrefois, l'une sous le nom d'Auffay, et l'autre sous celui d'Oherville. Quelques étymologistes pensent que lors de la fusion des deux hameaux on aura voulu marier les noms et n'en faire qu'un seul. Ainsi l'on aura dit Auffay-Herville, et par abréviation OherviUe, car il faut bien observer que tous les anciens titres disent Harvilla, Hervilla et non Oherville. Le peuple, lui-môme, dit encore Herville, et fort souvent les registres de fabrique souscrivent à cette prononciation populaire.
Auifay est un grand hameau, situé sur la plaine qui domine à l'est la vallée de la Durdent. Ce fut le siège d'une vieille châtellenie, possédée jadis par de vaillants seigneurs de ce nom, et aujourd'hui le domaine de l'honorable famille Lepoulletier d'Auffay. Toutes ces maisons furent pieuses et libérales envers l'église. Leur manoir féodal, assis autrefois sur une motte entourée de fossés, dont on voit encore les restes, est devenu k la Renaissance un élégant castel en brique rouge et en pierre blanche, d'un goût exquis et d'une physionomie chevaleresque. Par son assiette élevée, par sa forme svelte, gracieuse et pittoresque, par l'élégance de ses fenêtres et de ses tourelles, le château d'Auffay est un des plus jolis de la province. Comme tous ses confrères de Normandie, il est entouré de ces hêtres verdoyants et touffus, que j'appelle par excellence les amis du pays de Caux. Aussi c'est à eux qu'il doit son nom d'Altifastus, Auffay ou Auffy comme disent les paysans. Le plateau était autrefois couvert de massifs de hêtres dispersés depuis la Révolution.
Outre le château, ce quartier dut posséder une église, depuis long-temps détruite et transférée dans l'église de Herville, dont elle forma une seconde portion de cure, sous le nom de Saint- Philbert, à la nomination des seigneurs d'Auffay.
La seconde portion était celle d'Oherville, sous le vocable de Notre-Dame, antique patronne de cette église, fondée dans les premiers siècles chrétiens de la Neustrie. Cette vieille maison de prière est magnifiquement assise sur le penchant de la colline et domine fièrement la vallée de la Durdent, à l'endroit où elle est la plus fraîche, la plus coquette et la plus gracieuse. Autour de cette église, anciennement bâtie en tuf»
011 montre dans une cour, placée à Test <le l'église, des restes de constructions qu'une tradition non interrompue prétend être les ruines d'une collégiale. Là, dit-on , vivaient quatre chanoines qui menaient vie commune pendant la semaine, et qui le dimanche se dispersaient pour célébrer le service divin dans les quatre églises qu'ils desservaient, savoir : Saint-Denis du Hanouard, Saint-Firmin de Sommesnil, Saint-Pierre de Robertot et Notre-Dame de Herville. L'histoire ne parle point de cette collégiale , qui a dû subsister au xi® et au xii*^ siècle. Mais la tradition, appuyée par les monuments qui restent, nous paraît un motif suffisant pour en attester l'existence.
La chanoinerie était pleinement supprimée au xiii® siècle, mais les deux cures étaient toujours séparées lorsque Eudes Rigaud rédigea, sous saint Louis, le pouillé de son diocèse. Herville, appelé par lui Charville, avait deux curés, Eustache, dont le bénéfice valait 30 li\Tes et comptait 60 paroissiens, et Nicolas, avec 12 livres et 18 paroissiens ^. Il y avait aussi deux seigneurs-patrons, Lucas Mallet, chevalier, et les héritiers de Thomas « de la Rivière. »
Comme on le voit, les deux portions étaient distinctement observées dès ce temps-là, et alors, comme en 1789, le curé de la première portion s'appelait le curé d'Oherville, et celui de la seconde s'intitulait curé d'Auifay. Le chœur avait deux portes, et ils avaient chacun la leur pour y entrer, je pense qu'ils célébraient à tour de rôle.
On dit que l'église d'Oherville avait alors trois nefs, les constructions que l'on rencontre dans le cimetière prouvent qu'elle fut autrefois différente de ce qu'elle est aujourd'hui. La nef actuelle est la partie la plus ancienne de cette église. Le tuf et le vieux silex de sa construction indiquent le xi« siècle, sauf le grand portail (|ui a été refait dernièrement. Le clocher, entre chœur et nef, a conservé sa place primitive, quoiqu'il ait été rebâti entièrement au xvi® siècle, avec le grès du pays. La flèche d'ardoise qui le surmonte abritait trois cloches, fondues par Poisson, de Rouen, en 1785. Les deux transepts renferment deux chapelettes seigneuriales, jadis dédiées à saint Rochet àsaint Sébastien. Au bout du transept nord, M. l'abbé
' La population était en 1738 de 250 babilauts ; aujourd'hui elle est de 800 âmes.
Julien a fait construire, en 1848, une sacristie appareillée avec beaucoup de goût.
Le chœur, entièrement construit sous Lous XIII, porte le chiffre de 1626. Il renferme aussi, chose singulière, une piscine et une crédence de ce temps. Du reste, cette église est parfaitement tenue et ausst bien décorée qu'elle le comporte^ par M. Tabbé Julien, curé de la paroisse. Erigée en succursale le 3 mars 1844, il en a- été installé le premier curé, le 22 mai de la même année. C'était la juste récompense de son zèle.
Les seigneurs du lieu, aussi bien ceux d'^Oherville que ceux d'Auffay, f\irent toujours les patrons présentateurs des curés de cette église. Aussi leurs litres et leurs armes couvrent-elles Téglise, et à la contre-table nous voyons leurs écussons briller sur des tableaux donnés par eux et représentant soit de petits anges, soit V Assomption de Marie.
Le vieux baptistère de cette église, revêtu d'une couche de plomb, est maintenant dans la cour du musée de Rouen. C'est un premier titre de noblesse perdu volontairement. Le second qui a été enlevé par £9rce, consiste dans le faisceau des titres de rentes et de biens-fonds de l'église, emporté k la Révolution et présentement déposé à la préfecture de Rouen. II y a des pièces du xvi® siècle.
Dans le cimetière sont plusieurs tombes, parmi lesquelles nous avons distingué la suivante : « Cy gist messire Marie- Laurent Lepoulletier d'Auffay , chevalier, ancien colonel ,. commandant général, pour S. A. R. M. le comte d'Artois, de l'arrondissement d' Yvetot , chevalier de Saint-Louis, de l'ordre du Croissant de Turquie, décédé à Rouen, le 27 mai 1838. Priez Dieu pour lui. » Cette pierre de marbre est voisine d'un pied de croix de pierre de la Renaissance, brisée à la Révolution.
ROKERTOT.
Robertot, dont la désinence teutonique indique une origine saxonne , est placé sur une hauteur, comme tous les lieux habités par ces émigrants des premiers siècles. Rodberti Teotum indique évidemment le passage de ces conquérants du Nord, qui possédèrent si long-temps nos contrées. La petite église dédiée à saint Pierre, se trouve au sommet d'un vallon boisé, l'un des afQuents delà Durdent. Elle est là depuis le xi^
siëcte au muLus, ainsi que riiulique le tul' relaillè du chœur; mais dans CCS derniers temps l'édilici! a éui tout dctîguré, les rcitétre« surtout sont devenues laides et sans caractÎTe. Le clocher a été b&ti au portail en 183C. Le chœur, qui pourrait biBD être de 1600, renfei'me un viti'ail représenlanl une Mater Ùolorosa, au pied de laquelle est agenouillé le donateui' ecclésiastique, vêtu d'un surplis à larges manches, avec collet rabattu el barbe au menton. L'inscription, presque effacée, rappelle encore que cette vitre t a esté donnée par discrète [personne M*) Robert Vineti prebtre. {Priei) Dieu pour luy. »
Cette pauvre église a été érigée en succursale, il y a dtiux ans environ. Ce Tut un grand bienfait, car elle ne compte guëie autour d'elle que 550 pauvres tisserands. Auparavant c'était une annexe d'Oher\*ille. Égliae paroissiale avant la Révolution, elle était au xtu' giëclc à ta collation pleine de l'archevêque de Rouen, mais en 1325 et en 13801c patronage fut déclaré alternatif entre l'archevêque et le seigneur ', dont la litre et les anaes couvrent encore les murs. Sous saint Louis, Eudes Rigaud y compta 30 paroissiens administrés par le prêtre Richard, et CD 1738 M. de Tressan inscrivait 200 feu\ dans son pouillé.
sonSEsiviii.
n'est plus frais, plus verdoyant ni plus majestueui , cette belle terre de Sommesnil, (|iii se projette avec ses lenses avenues, sur la vallée de la Durdent. Au printemps, c'est un séjour vi-aiment enchanteur que le bassin de cette rivière, fécond en châteaux, en familles illustres et en maisons presque aussi antiques que le sol. Sur ses bords de nombreux souvenirs suivent partout vos pas et vous pres.sent de tous côtés. Au point où nous sommes, c'est le président Gruulanl et le président Bigot qui se présentent, c'cst-k-dire Itt science et la vertu, la puissance et la justice. Au milieu d'un siècle comme le nôtre, c'est l'inaltérable fidélité religieuse et politique. Dans un monde d'argent et de matière, c'est la justice austère et la magistrature incorruptible.
Claude Groulard, l'ami de Henri IV, avait acheté, en 11)98, la terre de Sommesnil ii Marie de Bourbon, duchesse de Longuevilleet d'Etouttt^ville. Henri Groulard, héritier de son père, vendit, en 1621, le fief de Sommesnil k Jean Bigot, conseiller OutileHii, t. I", p. 673.
■^Vcet ^^^Smeni
jt la Cour des Aides de Normandie. Le roi Louis XIU, par lel tres-patenles d'avril 1623, confirma rntte vente, sépara Som mesiiil du tief de Cieuville, i'érigea en plein fief de haubert, mais relevant toujours féodalement de la baronie de Clemille '.
Jean Bigot, mort en 1645, aA-nit voulu que son cœur Fût rapporté dans l'église de Soiumesnil. On le plaça, en effet, ~ le lutrin, lîi oii une dalle de marbre noir montre encore ( cœur en relief, avec cette inscription presque effacée : repose le cœur de Jean Bigot. . . lequel trespassa. . , 16(5. Dieu pour luy. » Jean Bigot laissa pour héritier un fils du mâm nom qui ne vécut que quelques années et céda sa place .4 Nt4 colas Bigot, k qui l'on attribue le chilteau.
Ce dernier voulut l'asseoir au milieu de superbes avenues, t sinées et plantées sous son inspiration, par une main liabîle. j commença parles deux portes, nui sont de vrais arcs-de-triolâ phe, dans le style communément appelé MMkia *. La briqtn rouge s'y marie heureusement avec, la pierre blaiiclie, la par antérieure est d'ordre ionique, la partie postérieure est d'ordl dorique. Quoique la Révolution ait grossiiiroment efiacé t armes d'une famille li jamais vénérable, ces deux portails n'fll restent pas moins un des plus curieux monuments civils i notre département.
Avec les portes Jejin Bigot construisit aussi les bàtimenjd communs, tels que remise, écurie, maisons de garde, de col cierge et de domestiques. Le château qui devait sui\Te, eût é magnifique, si l'on en juge par le plan qui semble l'œuvre i
Mansard ou de Leuôtre. Mais le président s'arrêta tout-à-c
vers 1660, il se résigna à habiter le-s écuries, el c'est encon aujourd'hui tout le château de Summesnil. Elles n'en sont pu moins une très-convenable habitation. Le peuple, qui rit àa tout, ne vit plus dans ces préparatifs qu'un acte de folie, etfl répandit le bruJt que M. de Somraesnîl s'était i qu'avec les portes de son château. Mais ce temps d'arrêt éta un acte de sagesse, el la véritable cause de la cessation du t vail c'étaient di\-neuf enfants qui venaient de lui nattrc.
Les chAtelaius de Sommesnil étaient patrons-présentate de la euro. En (633 messire Jean Bigot donna ce bénéfice^ son frtre l.anfranc Bigot, qui fut un excellent curé. L'é
■ Daptenls, t. ■", p. 2iB. — ' Il faal convenit que k >t)le^ des d portes convient iilolAl h ivau lyn'k Nictilas DIgol.
de Soniiiiosnil était bâtie dans les grandes avenues du château dont elle était comme la chapelle. Construite au xiii** siècle, au temps de la ferveur chrétienne et chevîilerescjue, elle avait été ruinée à diverses reprises par l'action du temps et des hommes. Restaurée à la Renaissance par les Etoutteville, elle vit placer sur le portail un clocher en gn>s qui n'a jamais été fini. Messire Lanfranc Bigot répara la nef et la refit presque en entier. Il donna à l'église deux petits transepts qui forment deux vraies chapelettes, dont il fonda et dota les autels. Le chœur fut également réparé et lambrissé par lui.
M. Bigot ne se contenta pas de la reconstruction matérielle de son église. Il travailla aussi à son édiiication morale et k son avancement spirituel. Ce fut k cette intention qu'il fonda de petites écoles pour tous les jours et des catéchismes les dimanches et fêtes de l'année. Pour l'entretien de ces deux institutions salutaires, il légua au trésor une rente de 100 livres, afin de payer le prôtre qui tiendrait les petites écoles et ferait le catéchisme. L'exécuteur testamentaire de cet excellent ecclésiastique, était son illustre frère, M. Émeric Bigot, président au parlement de Rouen, un prodige de scic^ice, et le possesseur de la plus riche et de la plus savante bibliothèque qu'on ait jamais vue en Normandie. Lanfranc Bigot mourut le 34 avril 1667, laissant une fondation annuelle de (juatre obits suivis d'une distribution de trente sous aux pauvres, et 20 livres données au curé pour fournir des habits aux indigents. C'est ainsi que passaient autrefois sur la terre ces hommes de bien que nous regrettons, et que rien ne remplace. Nous avons tort de dire cela, car la famille d'Iquelon est la digne héritière des Bigot de Sommesnil, dans la piété et dans la bienfaisance.
Mais il est encore h Sommesnil une autre illustration qui nous est plus chère que celle de la science, de la noblesse et de la magistrature. C'est celle des saints qui ont foulé cette terre et qui en ont été les premiers bienfaiteurs. Au pied de la colline boisée, où s'élèvent le château et l'église de Sommesnil, on trouve, dans la vallée de la Durdent, une belle fontaine qui fait admirer ses eaux claires et limpides. De toute antiquité on l'appelle la Fontnine de Snint-Firmin, et chose étonnante ! on dit que le saint évéque d'Amiens, mort martyr au III* siècle, y a baptisé les pn^miers chrétiiMis. En elfet, d'après la légende du bréviaire d'Amiens, saint Firniin est
venu évaitgéliser les CalMes i ; mais Jusqu'ici c'est la &eu\v trace de son passage que nous ayons trouvée vivante et parlante au milieu du nous. Il y a peu d'atinêes encore, on y voyait affluer une foule de pèlerins, comme il celle Je Siûot' Hellon, <iui est en face. On y plongeait les enfants malades, en souvenir des vieilles îmmersiûns chrétiennes, et surtout le jour de la f^tc du saint. L'église, que sa parole avait fondée, avait fini par prendre son nom, car l'église de Sommosnil est dédiée à saint Firmin, dont on fait la fête au mois do septembre. Une confrérie célèbre fut autrefois érigée eu son honneur, et cette charité était si répandue, si recherchée, qu'olle a compté jusqu'à 5,000 noms inscrits sur ses registres. Les statuts en furent renouvelés eu 1503, par l'archevêque Georges d'Araboise I", et confirmés de nouveau en 1616, par messire François I de llarlay.
L'église de Summesnil a conservé de vieux registres et des urt^hives qui donnent une liste très-complète de tous les curés, depuis I50O. Nous regrettons que l'espace dans lequel nous devons nous reufflrmer, ne nous permette pas de donner cette respectable hsto, qui n'est pas finie. Nous ne pouvons cependant passer sous silence une pierre tombale que l'on voyait autrefois dans le chœur et sur laquelle on lisait, dit-on : * Hic jucet Willelmus de Pulcromonte quondam rector hujus ecclesia; qui ohiit anno millesimo trecentesîmo... » Au im" siècla l'église « de Sommesnilo » était desservie par le prêtre OodH froy, reçu par lligaud et prfecnté par les héritiers du sire a (^Icuville, qui moururent peu de temps après ; alors le roî t France devint le patron intérimaire, et plus tard le droit p à la maison d'Estouttcville, qui le consena jusqu'en Avant Ih Révolution, Sommesnil ou Soumesnil, était une c de 19 paroissiens, sous saint Louis, et de i2 feux sous Louis XV] A présent c'est une chapelle vicariale de 300 babllants, il !m quelle est annexée la commune du llanouard.
LB EUtlOU-iRl).
Au plus profond de la vallée de la Dui^denl, dans une lie i feuillages qui semble flotler sur une verte et ondoyant' l'humble église du Hanouard, dédiée h saint Denis. clèTe a fiMie chrétienne et silencieuse. Cetle église dut être fbodrf
1 l'c.ili-mrnrtti'^ linnurtilDii^rurroinl >\c Pont-.Vuiltim
par saint Deiiis, de Paris, dont on uioiilre encore la funuiac où l'on dit qu'il désaltéra sa bouche et baptisa les premiers chrétiens '. C'est que la Uurdent est le grand baptistère des Calètes, et c'est par elle que le christianisme a pénétré sur nos cAtes. Saint Deuis, saint Firmin, saint Mellou, voilÀ les premiers apôtres de ces bords et de ces contrées. Nous savons, de science certaine, que saint Denis, de Paris, est venu h Rouen consacrer une égUse '. Qui l'aura empêché de pénétrer jusque dans cette vallée gallo-romaine? Qui oserait le contredire quand les monuments et la tradition l'affirment?
Ou trouve encore, çà et Ifi, les médailles romaines, les poteries rougesetlesliHchosde bronze, dont se servaient les païens convertis par nos apôtres- martyrs. Mais l'église est loin de répondre ou do laisser soupçonner une antiquité aussi vénérable. Sauf quelques pierres tutfeuses, elle paraît avoir été entlitrement reb&tie sous Louis XIV. La dernière construction est la sacristie, ■ faite aux dépens du trésor, du temps de M" Maurice Goupil, curé de ce lieu, par Robert Grout, en 1763. • C'est que l'église du Hanouard a changé de place, et une tradilioQ rapporte que la première était autrefois sur le penchant de la colline, comme celle d'Oherville.
Le Ttvn" siècle a décoré le fond du sanctuaire d'une grande
peinture sur bois, représentant le ciel, c'est-à-du^e les saints
I les plus célèbres, depuis la Vierge Marie jusqu'il saint Charles
Borroméc. Les saints patrons, Denis et Cécile, sont h droite
et il gauche de l'autel.
Le baptistère est une cuve creusée dans une colonne île la
lienaissance, dont on a gardé, en 1718, la base et le chapiteau
orné de volutes et de mascarons. Mais c'est dans le chœur que
nous trouvons la pièce la plus intéressante. C'est l'inscription
lâUtie, sur marbre noir, d'un curé du Hanouard. faite par son
«'icaire et son successeur, qui, à défaut d'autres qualités était
tiM ton cœur et un parfait latiniste. On va en juger : « Postc-
I riCaU, asta, viator, et perlege. Hic conditi quiescunt cjneres mu-
^i^t-ri Joannis Poignant, sacerdotis venerabiUs hujus ecclesiie
irecCoris dignissimi viri, pietate et doctrine insîgnis, quippè qui
iQ&zopbylacio hujus ecclesiie ter jugera terrae,suo labore parla,
'■"stmmento public» dédit eâ lege, ut in perpetiium singulis
Coiin tuntnine est dan* un« cour voIïIiil-, oi'i eIIp fut Intiji i«iii|k l'olijH
xiDi^. — ' Uûl- fcelà. de la NornKtndir, par Tii^n, 1. 1".
septimanis semel duntaxat sine cantu sacrosanctum redemp' tionis nostrae sacramentum celebraretur, in cujus fine 80 asses liujus parochiae pauperibus distribuentur ut propitius sit Deus illi, tandem cum banc ecclesiam triginta annos rexisset caeteris facultatibus ecclesiae, egenis, cognatis, domesticis ac pauperibus dispertitis sexagenario major, bonis omnibus ejus obitum gravissimè ferentibus, ad Deum evolat prid. Id. octobris, anno Domini 1646. Abi, viator, et illi bona praecare : Petrus Lenoir, ejus vicarius etiamque successor immediatus, M. P. » Le style classique de cette inscription indique plus un homme versé dans l'étude profane de l'antiquité païenne, que dans les traditions de la sainte épigraphie chrétienne.
Cette vieille paroisse du Hanouard, appelée Hanop par Eudes Rigaud, fut toujours k la présentation du seigneur de la terre. En 1738 on y comptait 46 feux : aujourd'hui c'est une commune de 360 âmes, annexée à la chapelle vicariale de Sommesnil.
AlVCOURTElTIIiliE-SlJR-IIÉRICOURT.
Ancourteville, placé sur la plaine qui domine les sources de la Durdent, près de l'antique station de Héricourt, fut un fief de la châtellenie de Cleuville et du duché d'Estoutteville. Mais les anciens châtelains, pour obtenir les prières des moines de Longueville, avaient aumône à ce prieuré le patronage de Notre-Dame d'Ancourteville, parfois nommée Ancrettevilk ou Saiicta-Maria de Anschervillâ. Une charte de Henri P*" confirme aux religieux de Longueville « ecclesiam de Ansquetevillà et quidquid habent ibi. » D'autres chartes répètent en ces termes cette donation : « Dederunt nobis ecclesiam de Ansketiervillâ. — Apud Ansketevillam ecclesiam et terram et omnes quos habent de Ilugone Thallebot. » De l'ancienne église des châte-lains et des moines, il ne reste plus rien dans l'église actuelle, entièrement renouvelée depuis cent ans. Les registres du siècle dernier renferment toute l'histoire du monument, nous les laisserons parler dans leur style naïf et sans prétention.
« L'an 1736, la nef deceste églize qui étoit périe par vétusté, a été rétablie, ensemble la llèche de la tour du clocher qui étoit entièrement détruite, prête k tomber, a été aussy rétablie en neuf, le tout aux dépens de MM. les propriétaires; selon le devis ci-attaché, dont les ouvrages ont été adjugés au sieur
Luuis bes«ui!y, urcliitMle, par le prix di! 2,9i0 livres, adjudi- CHtion passé)' par M. Lemaltre, sulidélégué de l'inteiidai)! île Caiidebec ' . »
11 parait bien ({ue cette nef était depuis long-temj)!) dans un mauvais état., car l'archidiacre du Grand-Caux, Robin des Bouillons, dans ses visites de 174 9 et de 1723, eu avait ordonné la réparation et la réédilication '.
« Le IS juillet 1736, ta petite cloche qui étoit cassée, a été fondue par Maitrot, de Lorraine, et le 4 d'août a été bénite par nous, pri^tre curé de cette paroisse, sans cérémonie, vu i]ue les seigneurs sont en procez au conseil pour les honneurs de cette église, savoir : S. A. M"' le prince de Monaco et le seif^eur de Grainville. Nous lui avons donné le nom do Marie- Genevii've, l'inscription porte : « L'an (736, j'ai été bénie par « M* Jean-Paul Aiitheaunie, curé de ceste paroisse, après avoii- » été fondue aux dépens de la communauté des propriétaires,
* lestjuels en môrac temps ont fait n'édifier la nef et le clo-
• cher, par les soins du sieur Louis Dcgouey, architecte, cnt trcpreneur de ces ouvrages. »
La niânie année, M. Antlieaume donna, il ses fi'ais, une chaire l't prêcher, et il fit clore les deux chapelles des transepts, auJourd'huL disparues. Eu 1739 il réparâtes autels cl plac", sur celui de la Sainte-Vierge, l'image de Marie; faile par le sculpteur Bredel, peut-être le parent du peintre de ce nom.
Le bon curé ne s'arrêta pas dans son œuvre de régénération. Voici ce qu'il écrivait lui-mi^me sur le registre de sa fabrique : « L'an 1739, le chœur de cette églize pénssant de vétusté, a été rédiHc de fond en comble et mis dans un autre lustre qu'il étoit cy devant, ainsi qu'il est de présent. Il a été aussy fait une sacristie neuve et toutes les décorations, lambris, pavage, ouvertures de croisées, et enlîn mis dans la perfection, qu'il fstsousla conduite de discrète pei'soune M" Jean-Paul An- Uieaume, prêtre, curé de ceste pai'oisse , lequel après avoir Iransijjé avec MM. les administrateurs de Montpellier, légataires (tes biens de feu messire Charles-Joachim Colbert de Croissy, évesque du dit lieu, prieur conimandataire du prieuré de Lungneville, et en cette qualité seigneur et patron de cette paroisse et grand décimateur d'icelle, représenté par messire Nocl Cu- ■(uemelle. prestre. docteur en Sorbimiic, chanoine de l'églize
■BqiUIre île la rabtji|uc »u |>rp5b)[Kr . — ' M , iliiil.
métropolitaine de Rouen, grand- vicaire île feu ledit seif;neur «ïvesifue, chargé de pouvoir d'iccux, MM. les administra t«tiK ' de Montpellier, pour faire t'uire les réparations du cbancet et autres bâtiments dudit prieuré, a, ledit sieur Autheaume, curé dudil lieu, entrepris ledit ouvrage h ses périls, risques, frais et dépens, dans le dessein de mettre ledit chœur en meilleur étal (ju'il n'étoit, ce qu'il a fait pour la gloire de Dieu et porté d'amour pour sa maison, n'ayant rien épai^é pour mettre les choses en beau lustre et en état de durée, ne pouvant dire précisément combien cet ouvrage lui a coûté; outre la part (pi'il a reçue de M. Cuquemelle et la nourriture qu'il a donnée aux ouvriers et toutes les fournitures i|u'il a faites avec joie. Le mardi 8 décembre de la même année, la bénédiction àa chœur et autel a été faite par lui, avec la permission de M< l'archevi^e, avec toute dévotion et contentement possible du côté du peuple. Il a dédié l'église îi Dieu, sous l'invocation de la Sainte-Vierge Marie, de saint Laurent, diacre et martyr, et saint Lubin, pontite. Le lendemain il s'est fait, dans le chœur neuf, un service solennel aux dépens du curé, pour le repos de l'iime de feu mon dit seigneur, éi(î(|ue de Montpellier, en reconnaissance du bien qu'il a fait Ji l'église et aux puuvres- Ij; lendemain M, le curé a célébré une messe solennelle, eu action de grdces, pour tous les laboureurs de la paroisse, qui ' ont charyé gratis tous les matériauiL dudit ouvrage. »
La nef, reconstruite en 1 7^6, était une œuvre très-solide, qui dure et qui durera long-temps encore, mais il paraît bien que les réparations du clocher ne furent pas aussi heureuses, car voici ce que nous lisons dans les registres de la fabrique : ■ Le dimanche 2 avril 17o8, issue de la messe paroissiale, et '■ sur l'avis que nous avons eu que le vendredi 39 du mois de { marsdecetteaniiée, viron 4 heures après midi, le eorps quarto I sur lequel le clocher de cette église était posé, s'étant écroulé 1 entre le chœur et la nef, entraîna sa chute totale, et a causé I un désordre très-grand, tant au chœur qu'à la nef, et la de»- ' Iruetion entière des chapelles qui étaient contre le corps^arré. ' Nous décidons, en conséquence, que l'on recueillera les maté— 1 riatu provenant de la chute et qu'on nommera quelqu'un poui jiréparer la réparatinu.
I,e 16 avril 1758. délibération pour la réédification du do- «hcr. par devant MM. I.ango et Anlhcaumc, curés d'Ancoiir-
If ville . On arrête que le clocher sera reconstruit par économie, il la place du porche avec les anciens matériaux, les arbres du cinietitre et les inipAls levés sur les propriétaires. Messire Nicolas-Alexandre Bigot, chevalier, seigneur et patron de Sommesnil, est chargé de surveiller l'ouvrage et il le conduit k bonne fin en 1760.
La paroisse d'Ancourleville a été heureuse dans se^s curés, si elle ne l'a pas toujours été dans son église. Un siècle après U* Antheaume, si dévoré du zèle pour la maison de Dieu, un autre prêtre, M . Sevestre, éprouvait cette même ardeur qui semblait inhérente uu soi. En IS44il rebâtissait k neuf le chœur de l'église. Décédé quelque temps après cette entreprise, la paroisse fit placer sur sa tombe cette inscription : « Ici repose Jacques Sevestre, curé de cette paroisse pendant Î2 ans, décédé le SS septembre 1813, Agé de 45 ans, père des pauvres, paslcur zélé, bienlaiteur de cette église qu'il a restaurée en entier. Ses paroissiens lui ont érigé ce monument. »
L'église d'Ancourteville est fort bien tenue Jl l'intérieur. Les archives y sont nombreuses et parfaitement conservées, et les comptes et délibérations de la fabrique, vont de 1646 jusqu'il nos jours. Là seule chose un peu ancienne dans ce pays, est Il croix du cimetière, qui date de la Renaissance. Sur le fût ([ui reste, sont reproduits les instruments Ae ta Passion.
Ancourteville est une succursale qui cnrapto 610 habtiants.