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de rembrussement de& deux cuusiiies. Lit est également 1* J millésime de 155Ï.
Deuxième feiiôtre k droite : lieux panneaux moDtrenI 1 Présentation de Jésus-Christ au temple. Le grand-prdtre tien l'Enfant Jésus dans ses bras, uae i'emme oITre deux, coloin bes dans une cage :1e temple de Jérusalem déploie toutes magniËcence .
La fenêtre du fond est partagée en deux tableaux. Dans Ici bas est la Naissance de Jésus-Christ, qui vient au monde, dos dans une étable, mais dans un magnifique palais, seulement il est escorté du bœuf et de l'Ane, accompagnement obligé de sou berceau, que l'on n'a pas cru devoir exclure d'une si teeri- ' r|ue demeure. La Vierge Marie adore l'Enfant Jésus ; derrière sont les bergers qui viennent lui rendre leurs hommages * présenter des fruits.
Sur l'autre tableau sont des bergers qui prdent leurs troupeaux avec leurs chiens, une lumière mystérieuse les inonde, leur figure exprime l'étonnement, un ange présente, sur un rouleau, le beau cantique « Gloria in excelsîs Deo et in l pax hominibus borne voluntatis. ■
La fenêtre du haut montre la Sainte-Vierge montant a soutenue par des anges. Autour d'elle sont des anges i jouent des instruments de musique et au-dessus la Sainû Trinité prêle à la couronner.
Le maître-autel est très-simple. Il se compose d'une grande ' table de pierre, soutenue par des colonnes. Au bout de cet autel liturgique est une piscine dont la cuvette en coquille est accompagnée de trois niches vides. Au-dessus est un basrelief mutilé représentant le baptême de Notre-Seigneur, par saint Jean. Des forêts couvrent les bords du Jourdain et des anges contemplent ii genoux cette grande scène, la première page du Nouveau-Testament et de la vie de l'homme régénéré L'Esprit-Saint apparaît au milieu des anges et des nuages, « Dieu, le père, au plus haut des cieux, jouit de ce specUclajj entouré de toute la cour céleste.
Cet autel vénérable, si souvent parfumé par la prière mal nale des enfants de saint Benoit, est surmonté d'un ' bas-rchcf représentant le mystère de VtnmriMlion. C'6 un petit oratoire, dont la double porte cintrée est souteniH par une colonne corinthienne. La Vierge, ii genoux suc i
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prie-Dieu, lil Diftins-jointcs ilnns un livre ouvert, l'ange es( devant elle et lui parle it genoux. Rien n'a été oublié des iJétails deriiilérieur. La bibliothèque, le lit, le baldaquin, les rideaux, le foyer, tout est là. Dans une vaste cheminée le feu pétille laissant voir une crémaillère et deux landiers avec crochets pour la broche à râtir. Dans le fond de cette scène est un établi de menuisier, avec pinces, rabot, tenailles et panier d'osier rempli déboules, fruit de l'industrie de saint Joseph. Cette curieuse composition est attribuée h Germain Pilon, et elle tn est digne.
I IV- — LBS TOMBEAUX.
Nous devons un chapitre spécial aux sépulture-s de Valmont, qui furent belles et nombreuses, et qui sont encore la partie la plus intéressante de cette église, devenue elle-même un tombeau. Le Gallia Christiatia, cite huit abbés de Valmont inhumés soit dans les nets, soit dans le sanctuaire, soit dans la chapelle de la Sainte-Vierge. La « Collection Gaignières, » rédigée II la fin du ïvu" siècle ', cite également huit dalles ecclésiastiques, encore placées comme le veut l'histoire.
La première de ces tombes était celle do l'abbé Vincent (4262-6i), décédé le xu des ides d'a\Til 126i, et inhumé près du maître-autel, au côté de l'Épître. C'est là que l'on voyait encore son image et son inscription tracées au iiii* siècle. La
' Oo «ppelle n ColleclloQ GsiiinlèrM u un magallique recueil des richefwi lumulairea du roTaumcde France, dressé paronlre du grand Col berl. Ce sii|)erbe tnrenlalre te coin|iose de 16 vol. iu-rollo, reliés en veau rouge ■nRrl>ré jaune et noir. La reliure a fié ei*cut*e en France, sou» Louis XIV. Tdu; ces volume» conilenncnl le dessin des (ombeaui des roia de France et des princes Ja sang tothI, des lombcaui el épîtaphcs d'abbés, d'évéques, de «rdlnsut el de grands personnages des principales villes, (elles que Piris, Tours, le Uans, Angers, Chartres, Locbei, VendAme, etc., et de nos plni puissantes proviDves, [elles que la ?<ormandie, l'Ile-de-France, la Boureogne, la Champagne, etc. Malheurensement^ces 16 volumes sont sortis ■Je France, on ne sait i quelle époque, a' de quelle mnniire : ils sont à présent déposés A la Bibliolhéque Bodléienne d'Oitort, à laquelle Ils ont été légats par l'anliquaire Gaugh. Les^ lombeaui et épilaphes des églises de la riormandie compoienl deui volumes de la collection, dont la plus grande place est occupée par Jumi^ges, Saint-Ouen, la Hélropole, les ^[iseï d* Honen et de Caen, Valmont T compte neut numéros, de 136 * 144. Derni^meoi M. Viol tel- Leduc, qui a copié à Oifort une partie de cette collection, a publié un eitrait de son catalogue dans le BuIUIîh dt$ Comilù kùloriquet. de l'année 1851.
sacoiide était celle de Nicolas de Cumelier (4299-1301), décédé le VIII des ides de décembre 1301 , et enterré près du mattreautel, au côte de TÉpItre. L'inscription, copiée par Gaignières, lui donne le surnom de Mellain ; elle était alors placée derrière le grand autel.
La troisième tombe est celle de Gérard de la Roche, appelé sur sa pierre môme le x® abbé du monastère (1378-4414), et décédé le x des calendes de janvier 1 41 4. U fut enterré sous une des ailes du chœur, au côté de l'Évangile. C'est en effet dans l'aile gauche du chœur que Gaignières place le tombeau de Gérart de la Roche. Les savants Bénédictins du Gallia Christiana, mettent la tombe de Robert de Sotteville, xi« abbé (4 415-34), dans la nef qui passait entre le chœur et la chapelle de la Sainte-Vierge, et ils disent que son épitaphe môme indiquait sa mort au ix des calendes de mai 1 434. Gaignières semble avoir mal lu les noms et les dates, car il mentionne devant la chapelle de la Sainte-Vierge, un Robert de Beserville, abbé, mort en 1 437 : nous pensons qu'il y a ici erreur de copiste, à moins qu'il ne faille placer un abbé entre Robert de Sotteville et Richard Gacoin, ce qui n'est pas impossible.
Les dalles de Richard Gacoin (1 438-54] et de Simon Panchevoust (1 454-79), n'avaient point quitté leurs places en 1700. La première occupait encore dans le sanctuaire, au côté de rÉvangile, la position qu'elle y avait prise le iv des ides de mai, et la seconde se montrait encore derrière l'autel, au côté de rÉpître, comme elle y avait été mise le m des nones de mai 4479. A ce propos nous ferons remarquer combien le texte de Gaignières diffère pour les noms de celui du Gallia Christiana. Gaignières appelle Richard Gacoin, /îic/iard Galang, et Simon Panchevoust, Symon Pruchemort, Pour nous, nous suivons la version bénédictine comme la mieux critiquée.
Devant l'arcade du crucifix était la pierre de Chrétien Leure, XIV* abbé élu en 4 479, et décédé le vi des ides de mai 4496. Gaignières n'en a pas gardé le souvenir, et Duplessis semble dire que de son temps l'inscription était disparue.
Le plus remarquable de tous les abbés de Valmont, fîit sans contredit Jean Ribaud, cet ancien abbé du Bec dont nous avons déjà parlé, et qui reconstruisit le chœur et toutes les chapelles qui l'entourent. Cet homme, vraiment extraordinaire pour ce pays, décéda le xii des calendes de juillet 4558, et fiit
inbumé dans cfltp cliuriiiikiitt' ctiap«'11e de lu Sain te- Vierge, qui était son œuvre.
Gai^ières vil eotiore la dalle i]iii recouvrait ses restes, et il traDScrïvit l'épitaphe lunéraire ijui avait été tracée en son honoeur, à droite de l'autel, dans la chapelle de la Sainte- Vierge.
DaiiB la salle capitulai re se voyait encore en 1700 la dalle funèbre de frère Abrabam Viben, vicaire-général de Révérendisaime Charles, cardinal de Bourbon, arclievâque de Rouen, et abbé de céans. Ce vice-abbé était décédé comme Jean Hibaud, en 1538. Enfin dans In deinière chapelle, du cdté de l'Évangile, se trouvait < un cercueil de pierre en dos d'Ane et k fleur de terre, * que Duplessis considérait comme pouvant être la tombe de GeoRroi, premier abbé de cette maison.
Après Les sépultures monastiques, viennent les sépultures seigneuriales. 11 yen avait de tuuscâtés, danslechœurcomme dans les t'hapeUes, dans les caveaux commesur les cénotaphes. Un aveu de 1 688, qui nous parait fautif, prétendait que les membres de la famille d'Estoutteville avaient seuls le droit d'Âtro inhumés dans le chœur : ce qui est plus sûr, c'est qu'avec le temps, celte illustre famille de robe et d'épée, avait fini par occuper toutes les places.
Nicolas, fondateur du munasti''re, avait été inhumé dans le sanctuaire, c'est lii qu'en 1740 Duplessis a encore vu sa tombe «quj, ajoutait-il, n'avait rien que de commun. » Entre les deux piliers du chœur, au côté de l'Évangile, était le tombeau, avec effigie, de Jacques d'EstoultevilIts, chevalier, conseiller et chambellan du roi, capitaine de Falaise, mort le 12 mars 1490. Près de lui était inhumée Louise d'Albret, son épouse, fille du comte de Dreux, morte le 8 septembre 1494.
Dans le sanctuaire, tout près de l'autel, au cAté de l'ïlpltrc, était enterré Robert d'Ëstoutteville, frère putné de Louis et aîné de Guillaume, qui devint archevêque de Rouen, cardinal et doyen du Sacré Collège- Ce chevalier mourut le 1 "juin 1 477. Un fi-agment de sa pierre tombale, échappé à la destruction, se voit parmi les décombres, et c'est sur lui que nous avons vu
ces mots capables d'induire eu erreur : « cardinal, arche-
reique de Rouen, U.quel Irexpassa l'an mil nu" Lixvii. »
Du côté de l'Évangile, entre le sanctuaire et les stalles du chœur, était l'inscription tumulaire de J. d'EstouItevIlle, cha~ e Rouen, mort le 21 décembre 1275.
On rilo encore, parmi les membres <le cette famille chevaleresque, inliuuiL^edaiis l'abbaye de Valmont, N. d'Estoutte ville, pritre, mort vers l'an liiOO; Robert d'Esloutteville, mort le 22 février 1395, et inhumé avec Marguerite de Moutmorency, sa femme; Louis d'Esloutteville, mort en 1437, et enfin Guillaume d'Estoutteville, mort le S8 juin 4515. Sur la pierre de ce dernier, ou lisait : « Vir iste mkericardiie, cujus pietas non défait. Ann. 1516. » En dernier lieu, dans le caveau du sanctuaire, François de Bourbon, comte de Saint-Pol, premier duc d'Estoutteville, mort le I" septembre )5i3; Adrienne d'Esloutteville, sa femme, morte au cbAteau de Trie, en décembre tSGO; François d'Esloutteville, leur fils, comte de Saint-Pol el gouverneur de Normandie, mort le 4 octobre 154^J et Marie de Bourbon, sa sœur, morte à Ponloise eu gagnanfl le jubilé de l'année sainte, te 6 avril 1601 . ■
Jusqu'au milieu du dernier siècle, toutes ces pierres, toutes ces tombes, tous ces mausolées, étaient restés k leur place antique et primitive. La piété, la liturgie, comme le bon goût, s'en étaient parfaitement accommodées, lorsque la congi tion de Saint-Maur lit son entrée dans cette chancelante i baye, déj!t inclinée vers sa ruine. Un des premiers actes de 1 sainte et savante compagnie, fut d'exiler les tombeaux, dans la chapelle de Six-Ueures, soit dans celle des Fondateui La cause de cette révolution tumulaire fut la confection d'M autel à la mode et le pavage du chœur it lu façon du siècle i Louis XV.
Les délibérations capitulaires nous apprennent que le 9 I vrier 1771 , la communauté se décida ii adopter le dessin d'un * tombeau (d'autel) dressé par les sieurs Drophy et Leclair, marbriers et sculpteurs de Paris. Le supérieur général, consulté pour cette affaire, envoya le dessin d'un autel de bois, figtiri en différents marbres, qui fut adopté, toutefois, avec la recommandation de le faire semblable à celui de la Charité-sur-Loire, et d'obtenir des chandeliers comme cens de Saint-Merry, les plus beaux de Paris par le goût et le dessin. Ce fiit l'autel de bois qui prévalut, et on peut encore le juger dans l'église paroissiale de Valmont.
Le 1" juin 1771, on décida que l'on paverait le chœur et le presbytère, qui k cette époque étaient pavés irrégulièrement en pentes et grandes pierres i c'est ainsi que l'on traitait alors les
jiii-rrps tombales. Le lô octobre le marclié fut passé avec le siour GravGl, architecte, pour ie dallage du ehœur, du sanctuaire et du presbytère, en piwre de Liais et en marbre noir ou bleu de Senlis. L'architecte entrepreneur devait r(;parer les caveaux, établir un grillage en bois autour du chœur, faire deux marches en pierre, l'une pour séparer le sanctuaire, l'autre le presbytère; faire transporter b's deux tombeaux de Nicolas et Jacques d'Estoutteville dans la chfipnlle pw-d-ri* la paru eotlatéralf du chmir rf« côl/ de l'Evangik, et faire un mur de cIAture au bas du chœur ; le tout pour 2,390 livres.
L'artiste travailla si bien et avec tant d'activité, que la translation fut opérée le 4°' mai 1772, avec toute la pompe, tout li^ respect et toute la solennitn dont elle était susceptible. Les bons religieux prirent soin d'indiquer, sur des plaques de cui- \Te. les motifs et les circonstances de cette cérémonie. Nous ne saurions mieux faire que de donner ici dans toute leur étendue ces pièces, que nous avons transcrites et qui sont des pages de l'histoire de Valmont.
•• Ciitn lempluro hoc diEtit condccnrarï meilîlarenlnr reliKiosi * iri ntlicit) diTino hicjugiicr Incumlwnius «t utisiarel pftG nimiâ motc luntulu» noblliMimi viri Uomini lloiiiini NicuUi d'EstnnltfvillB, DilliliB, hujus abbalis rondatoris. ad sfrcniiBiraum DCpoiom llonorauim, lertiura,DGigrBliS [irincipem Moncci et ducein ValeniinenBU, pnrem Francla, hajusr« docatûs Estantleiillx Diminum ac nobllem Gene<ens«ni te conlulerunl. pclirrurirquc Bt per eum licerci praullctnm lumiitiini huni; In luperlnrem capEllam in- Kt«*<um rhori reiplcleniem t reKÎone Evangelii iransferre, annnU princcp» «ercnluimiii aTile piclalis cniulus. In ciijiii rcl UbelUtn zneain eiarari «t CDlamnc cui sdtiorebai tumuluR afGsi curaveriini pradicil reli^losi ilrl glorie Iki promovenda cupMI et etfi benctnciorcs plelste cnnspirul. atino Domini 1772, die I* maii. »
■ H)nc conspîcienill !iunt Lunuili ad dexicrain nobilissimi viri D D. Nieolai d'EslODitcvllle bujus abbalî» fUndalori» et ad sinislram nobilissimi nepatis D. D. Jacobi d'EsloutleïHIc el LudoTic» d'Albrel su» spon^œ prima in chora ercrli, ille ei parle Epislolc, hic ex parle Evangclli, sed deindc «nno 1772, 1' maii bit in capellt repositi : ila permillenie lereniBBimo principe Honorato 111° Dei gratil, etc. tlujus transiailonii ilmul et permis- ■lonU t prsdiclo aereoissimo principe coocesMe acias publicaa babilus e>t et U-Iplei inscripiio apposiia h)c et in chori partlbua ubi jacebant prodicii luiDUli; qn> inier utrntnqae lumalum sirala Jacebat tabula mormorca bk cliam È choro iransUla tuîi ubi in hanoretn nnbîll.Hoimi viri D. V. Roberii ■l'EstoDlte ville ac illustriaaimiB domina- Margarilhc de Holot, iiioris suie po5lla fgeral. »
le spccistidui erai tumului nnbitlssitni viri D. D. Jacobi
d'Eslouttcvillc, mililis, régis consiliarii cl combellani, et Ludovic» d*AI- Lret, su£ sponsx, qui cùin nimiùm spalium occuparet impediretque ue congrua Domui Dei explerenlur ornamenta liinc in superiore capellà?er8Ù» laleralem cbori januam ex parte Evangelii translatus Tuit ita perroittente et volis reiigiosorum bominum hk degentium annuente serenissimo principe Honorato 111°, etc. Ilujus iranslationis ut servetur memoria banc tabnlam œneam exarari curaverunt prsdicti religiosi viri è Gongregatione S. Mauri Benedictini. Anno 1772 et 1^ maii. »
c( Ici était la tombe de messire Robert d'Estoutteville et de noble dame Marguerite de Hotol, transférée dans la cbapelle entre les deui mausolées de nos seigneurs Nicolas et Jacques d'Estoutteville, le i" may 1772. Ont été aussi retirées du cbœur les tombes des seigneurs ci-dessous dénommées, dont plusieurs parties étaient cassées et mutilées et les inscriptions effacées, de messire Robert d'Estoutteville, seigneur d'Ausbosc, mort en 1477; de noble dame Marguerite d'Harcourt, épouse de messire Jean, seigneur d'Estoutteville, morte en 1421 ; de messire Robert-Jean d'Estoutteville, docteur et chanoine de Rouen, et plusieurs autres où il n'y avait rien de reconnaissable. »
Malheureusement les bons religieux n'eurent pas autant de respect pour les tombes monastiques que pour les sépultures seigneuriales encore protégées par l'héritier des Ëstoutteville, le puissant prince de Monaco. Les pauvTes dalles des abbés, que personne ne défendait, furent mises en morceaux par M. Gravet, pour faire des pavés au chœur, au sanctuaire, au chapitre et jusqu'aux salles à manger. Relevées par la Révolution ou par la main des derniers propriétaires, ces pierres sont maintenant étalées comme des débris dans la chapelle des tombeaux et dans celle de Six-Heures. Elles y restent comme des témoins à charge qui accusent leurs derniers dépositaires. Des ogives, des frontons, des figures, des costumes, des lettres, des inscriptions, un moine lisant dans un livre, une main dont le doigt porte un anneau, voilà tout ce. qui reste des abbés de Valmont !
Mais vingt ans plus tard, une Révolution plus cruelle que la réforme, puisqu'elle les renfermait toutes, vint détruire l'œuvre des moines et mettre le comble à la dévastation qui était commencée. L'abbaye, supprimée et vendue, fut mutilée par le temps et les acquéreurs. La chapelle de Six-Heures est le port de salut dans lequel se sont réfugiées les richesses tombales du monastère.
Au milieu de la chapelle, servant de pavage, est une grande pierre de schiste ou de marbre noir, que l'on voyait jadis au
milieu (lu chœur. Deux personnages, homme et femme, ont été gravés sur la surface, les parties creuses étaient incrustées de cuivre et de luarbre blanc. Les décorations en cuiiTo, as&ci communes en Angleterre, étaient fort rares en France. L'encadrement représentait des colonnes et des tympans du xi^" siècle, qu'escortaient k droite et k gauche des anges en pierre. On remarquerii aussi, sur les épaules du chevalier, des ailetle», genre d'ornement que l'on croyait particulier îi l'Angleterre. On lit encore autour : « Ci-gist noble dame madame Marguerite de Ilotot, fi^mmtï de noble homme monseigneur Robert d'Estoutteville, qui trespassa l'an de grAcc mil "^ et xix le jour de la feste k morts. Priez pour l'Ame de li. « « Cit-gist monseigneur Robert d'Estoutteville Priez pour l'&me de li. a
A droite et k gauche de la chapelle sont placés, le long des murs, les deux tombeaux célèbres de Valmont.
Du cdlé de l'KpItre est un autre tombeau recouvert d'une statue funèbre. Ce magnifique monument a deux mètres de long sur un mètre de hauteur. Sa statue a 1 mètre Co centimètres de hauteur. Trois ogives encadrent trois sujets pris ilans la vie du héros et dans l'histoire du monastère. D'un vùlé est saint Benoit, fondateur de l'ordre, de l'autre la Vierge Marie, patronne de l'église et du monastère. Au milieu sont deux lions soutenant le royal écu du défunt, mutilé par la Hévolution .
Sur ce cénotaphe repose une statue de pierre, longue de 1 mètre Gli. La face est d'alb&tre. la tète est nue et les cheveux pendants, au cou est le collier de l'ordre de Saint- Michel, la tête pose sur un coussin brodé avec des tieurs. La cotte de mailles est cachée sous un surtout broché de lions. A son côté pend une éjiée, des genouillères de fer serrent S4.*s jambes, et ses pieds posent sur un lion pacifique. On lit autour de la pierre ces paroles qui furent gravées pai' la reconnaissance monastique : « Cy-gist hault et puissant seigneur mesure Nicole, sire d'Estoutteville, chevalier, lequel en son vivant fonda ceste présente abbaye, en l'an de grâce rail cent et sept, et trespassa le «ii* jour d'avril mU cent et xl. Priée Dieu pour l'ime de li, » Ou voit qu'U s'agit ici du fondateur du monastère, à ()ui la reconnaissance éleva ce tombeau dans les premières années du iw siècle, évidemment lors de la magnii TiHïonstruction du chœur, pui- Jehan Ribault. Ce qui le
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prouve, c'est une lettre écrite par cet abbé k Jacqueline d'Estoutteville, le 25 mai 1524 >, et le procès qui eut lieu pour cette aflaire. Ce qui le démontre encore, c'est Teoiblème parlant qui fut placé sousTarcade même du cénotaphe. Cet emblème n'est autre que l'église de l'abbaye, restaurée ou projetée parle grand mouvement de la Renaissance. Les fenêtres, les roses , les portes et les balustrades sont toutes dessinées dans le style flamboyant de l'ogive qui va s'éteindre. La tour carrée qm s'élève sur les transepts n'est point achevée, ce qui prouverait que l'édifice était alors en pleine construction.
En face du fondateur, du côté de l'Evangile, est le superbe mausolée de Jacques d'Estoutteville et de Louise d'Albret son épouse. Le cénotaphe en pierre est sculpté dans le style du xvi« siècle. La face présente six compartiments encadrés chacun dans une ogive garnie de feuilles de chêne. Dans des niches élégantes reposent six statues autrefois coloriées , ce sont les images de saint Louis et de sainte Catherine, de saint Adrien et de saint Jean-Baptiste, de sainte Anne et de la Sainte- Vierge. Malheureusement de regrettables mutilations ont été commises sur ce petit chef-d'œuvre.
Sur une grande dalle de marbre noir sont couchées deux statues du plus bel albâtre, légèrement verdies par l'humidité. La première est celle de Jacques d'Estoutteville, dont la tête nue est couchée sur un oreiller garni de glands à chaque coin. Son haubert, en cotte de mailles, est caché sous un justaucorps décoré d'ailettes. Une dalle est au côté droit, ses jambes smit serrées par des genouillères, et ses pieds éperonnés posent sur un lion, emblème de la guerre où brilla, où mourut peut-être ce chevalier. A sa gauche, couchée près de lui, est Louise d'Albret, son épouse, vêtue d'une robe flottante, la tête couverte d'un voile et posée sur un oreiller. Ses mains jointes ont été cassées par la brutalité des hommes, ses pieds reposent sur un bélier, emblème des soins laborieux du ménage auxquels se consacra cette femme sage et chrétienne : « Apprehendft fusum et operata est lanam. »
Ces deux personnages ont les mains jointes et semblent prier encore sous la pierre du tombeau, leurs visages et leurs yeux sont tournés vers le ciel, comme vers le lieu de leur espérance. On croirait, en les voyant ainsi étendus, que ce sont
* Coniervée cbez M. Marcel, notaire aa Havre.
eux que Ctiâteaubriuiid iivail en vue quaiid il écrivait, clans son G^û du ChrisUanisrm -■ « Quelle est donc cette grande duiiic qui repose ici près de son époux? L'un et l'autre sont liabilli'-s daas toute la pompe gauloise ; un coussin supporte leurs têtes, et leurs tètes semblent si appesanties par le sommeil de la mort qu'elles ont fait fléchir cet oreiller de pierre. Heureux si ces deux époux n'ont pas, eux, de pé.niblea confidences ii se faire sur ce lit de leur hymen funèbre ! »