‹ Les églises de ParisChapitre 16 sur 39 · S.-NICOLAS-DES-CHAMPS · texte numérisé non relu

S.-NICOLAS-DES-CHAMPS

L'origine de celle église se rallaclie à la fondalion du prieuré de Sl-iVIarlin-des-Champs. Nous n'avons poinl ici à disciiler sur l'époque précise (jui vil s'élever ce célèbre monastère; nous dirons seulemenl avec l'histoire que le roi Henri I", fds de Robert, roi de France, édifia, aux portes de Paris, une abbaye en riionneur de saint Martin, sans rechercher si antécédemmonl, sur le mèuie terrain, il existait une abbaye du même nom qui aurait élé détruite par les Normands. On n'ignore pas que saint Martin était alors en France l'objet d'une immense vénération; sa chape était le palladium de nos armées, et jamais il ne se livrait de batailles où les Français ne portassent respeclueusemenl celle fameuse relique comme un gage assuré de la victoire. Henri l" fil cette fondation de 1050 à 1060; ce prince dota de beaucoup de domaines ce monastère nouveau ou restauré. Philippe I"", son fils, ne se montra pas moins généreux et libéral envers l'abbaye ; elle était peuplée de religieux vivant à la manière des ( énobiles, et portant le nom de chanoines, canonici cœnnbialiter vh<enle.s. Mais^ quelques années après l'installation de ce chapitre régulier, les chanoines cédèrent la place à des religieux de Cluny, que le roi Philippe avait demandé à saint Hugues^ sixième abbé de ce célèbre monastère, «jui jouissait d'une grande réputation de sainteté. Dès lors, l'abbé de Saint-

Marlin dut se conlenier de la qualité de prieur subordonné à l'abbé dehi Maison-Mère deCluny, dont Saint-Marlin-des Champs fut la troisième fille.

A la vive confiance envers saint Martin s'unissait une spéciale vénération pour un autre évèque qui, sous le ciel de l'Asie^, avait accomf)li un brillant apostolat, comme l'évèque de Tours dans les contrées occidentales; nous voulons parler de saint Nicolas, évèque de Myre. Nous n'avons pas besoin de rappeler (pi'un grand empire, celui de Russie, conserve pour le saint pontife de Mjre une vénération qui lui fut transmise par les populations orientales, en même temps que la connaissance «le l'Evangile. Après Dieu, le Moscovite ne reconnaît point de providence plus bienveillante que celle de saint N'icolas- Heureuses seraient ces vastes contrées, si leur foi actuelle était celle du pontife illustre que la pureté de sa doctrine et son intime et constante union avec l'Église romaine ont placé dans le catalogue des saints qu'elle honore !

Auprès de Saint-Martin-des-Champs, longtemps avant le roi Robert, existait une chapelle placée sous l'invocation de saint Jean l'évangéliste. Il est à présumer que cet oratoire était destiné à fournir les secours de la religion aux cultivateurs des champs (|ui avoisinaient le monastère, et qui en étaient la propriété. Ce disciple bieu-aimé du Sauveur est encore le premier patron de la paroisse de Saint-Mcolas-des-Cliamps. Pourquoi donc celle-ci scrable-t-elle avoir répudié ce beau patronage pour accepter le vocable de saint Nicolas? C'est de deux choses l'une ; il faut l'attribuer, ou à un éclatant miracle (|ui se serait opéré dans cette enceinte par l'intercession du saint évé(pie de Myre, ou bien à la dévotion personnelle du roi Robert, (|ui, sur les ruines ou l'emplacement de l'ancien oratoire Suint-Jean, aurait érigé une chapelle sous l'invocation de saint Nicolas. Il en ressortira toujours un fait important en faveur de l'antiquité d'une église deSainl-Nieolas auj)rèsde Saint-Martin-des-Champs . c'est qu'au commencement du onzième siècle, il existait un temple chrétien, sous le vocable du grand pontife de Myre, sur le sol qu'occupe aujourd'hui l'église paroissiale de ce nom. De cet ancien édifice, il ne reste que les londeniens sur lesquels s'élève la grande chapelle, à gauche du portail principal.

Le premier document historique sur une chapelle de Saint-

Page 1