‹ Les églises de ParisChapitre 17 sur 39 · S\INT-MC0LAS-DES-C1I VHPS · texte numérisé non relu

S\INT-MC0LAS-DES-C1I VHPS

Nicolas, érigée pour les cullivaleiirs descharnpsqiii eiivironnaieiil le prieuré de Saint-Martin, est une bulle du pape Calixte III, qui, en novembre 1119, confirma la donation des biens dudit prieuré; elle contient ces paroles remarcpiables : propè monasterium sancti Martini capellani sancH Micofai. Les bulles d'Innocent M, en 1142, et d'Eugène III, en H47, font mention de la même cliapelle. Jns(|u'ici nous ne pouvons y voir qu'une annexe ou succursale, car les paroisses, proprement dites, sont désignées sous le nom d'ecclesia, église; il en résulte que la cure était attachée à l'église conventuelle. Mais, en 1184, le pape Lucc III, par une bulle^ déchargea le prieur de Saint-Martin du soin spirituel (c«/rt) des populations agglomérées autour du monastère, et lui permit de désigner un prêtre qui devait y exercer les fonctions pastorales. C'est à dater de cette année que la chapelle de Saint-Nicolas porta le nom d'ecclesia , et que le vicaire (]ui la desservait prit le nom de presbyter sancti Nicolai, prêtre, c'est-à-dire curé de Saint-Nicolas. Dans les anciens monumens, le titre de presbjter, annexé au nom d'une église, en désigne toujours le pasteur. Le prieur et les religieux de Saint-Martin avaient cependant gardé les prérogatives et la qualité des curés primitifs, et jusqu'à la suppression des ordres religieux, à la lin du dix-huitième siècle, les curés deSaint-Nicolas-des-Champs étaient à la nomination des moines de Saint-Martin. L'érection de cette paroisse remonte donc au xii* siècle; elle se fil sous le règne de Philippe H, dit Auguste, aïeul de saint Louis.

En peu de temps, la population de la nouvelle paroisse s'accrut tellement, que la cour du prieuré qui servait de cimetière ne put suffire à cet usage; ce champ de repos était l'espace actuellement occupé par la rue Royale -Saint-Marlun\\x\ sépare la vieille église du prieuré, aujourd'hui Conservatoire des Arts et Métiers, de l'église de Saint-Nicolas. Les religieux accordèrent à la paroisse un terrain sur lequel s'élèvent les rues Jean-Robert et du Cimetière-Saint-Nicolas. Le curé Gauthier Taltherias pria l'cvêque de Paris, Guillaume de Seignelay, d'en faire la bénédiction, (|ui eut lieu en 1220. Le besoin d'une sacristie se faisait sentir; à cette épo(iue, presque toutes les églises, autres (|uc les cathédrales, en étaient privées. F^e prieuré concéda encore un terrain, et, en 1233, la sacristie fut construite; elle sert

aujourd'hui de vestibule à l'escalier du presbytère, du côté de l'église.

Quelle était la forme de cette dernière au xiii'^ siècle? Il est impossible d'en dire quoique cliose de certain. Charles V, en 137i, ayant ordonné que les faubourgs fussent regardés comme partie intégrante de la ville de Paris, saint Nicolas, dont le surnom des champs n'était déjà plus qu'un souvenir de son ancienne position dans la campagne, devint paroisse de Paris. Toutefois, avant cette époque, une partie de la circonscription paroissiale était inlrà muros- Le livre de la taille de 1292 indique, comme faisant partie de la paroisse, les rues « de Sy mon- F r an que, de » la Plastrière, des Estuves, des Jugléeurs, de Biau-Bourc, » de Quiquempoist, lame où l'on cuit les oè's^ environ la méson » Mahi-Ï Abé et la rue Saint-Martin. » Hors des murs, selon le même document, étaient « les rues de Guarin-Boucel, Saint- » Martin, Guernier-de-Saint-Ladre, la Poterne- 1 laideron y » Michiel-leConte, du Temple, de Frépillon, aux Graveliers,

» Chapon, Jrace-P (aujourd'hui Transnonain ), du Cy-

« metire. » En ce temps, la ville de Paris Unissait du côté du nord, en longeant la rue Saint-Martin, à la hauteur de la rue actuelle Grenier-Saint-Lazare, et conséquemment l'église de Saint-Nicolas était encore extra muros.

En 1383, sous Charles Vil, une nouvelle enceinte fermée de gros murs recula l'ancienne limite juscju au-delà de Saint-iMarlin-des-Champs, et alors la paroisse entière se trouva dans la ville. C'est alors que ce territoire se couvrit prescpie entièrement de maisons, et l'ancienne église devint insulfisante. L'abbé Lebeuf ôil (|ue, vers l'année 1420, le vieux édifice fut démoli, et qu'on rebàlil une nouvelle église; il ajoute que le grand portail et le bas de la tour semblent être de cette époque. Ilurtaut ne partage point son avis, et pense que l'on se contenta d'agrandir la vieille église. Nous penchons à croire que s'il est resté quelque chose de rancienne construction, l'agrandissement n'a pu convenablcMienl s'ell'ectuor qu'en démolissant la majeure partie des vieilles bâtisses. Soixante ans s'écoulèrent avant que ce travail fût terminé, à partir du grand portail, (|ui est de cette époque, jus(|u'à la septième arcade de la uel, y compris les collatéraux et les chapelles corres|)oiidanles ; l'abside à trois pans s'élevait à l'endroit mèuieoù est en ce moment lentréc principale du chœur.

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