SAINT- JACQUES- LA-BOL CHERIE
liiilr'aiilre inscriplions gravées sur celle maison , on y lisait celle-ci :
Chacun soit conlenl de ses biens Qui n"a suffisance il n'a rien.
Flamel moiirul le 22 mars 1417, dix-huit ans après sa femme Pcrnclle, laissant un leslament fort curieux, et une inscription (lui fui après sa mort placée sur l'un des piliers de l'église, audessous de l'image de la sainte Vierge, et au-dessus du lieu de sa sépulture. Celte inscription portait: « Feu Nicolas Flamel, jadis écrivain, a laissé par son testament à l'œuvre de cette église certaines renies et maisons qu'il a acqueslées et aclialées de son vivant pour faire certain service divin et distributions d'argent chacun an par aumône, touchant les Quinze-Vingts, Hôtel-Dieu, cl autres églises et hôpitaux de Paris.
« Soil prié pour les trépassés. »
Il y avait un rouleau étendu sur lequel on lisait :
Domine Deus, in lud misericordid sperain.
Au-dessous était représenté un cadavre rongé par les vers, avec celte inscription :
De terre suis venu et en terre retourne.
L'arae rends à loi J. H. V. qui les péchés pardonne.
Les inscriptions, les bas-reliefs, les figures hiéroglyphiques dont Flamel avait décoré les maisons qui lui appartenaient, et on particulier celle de la rue de Marivaux, ont singulièrement surexcité à différentes époques la curiosité des alchimistes; aussi ont-ils fait, à diverses reprises, dans celle dernière maison une foule de recherches, dans l'espoir d'y découvrir le fameux livre d'Abraham le juif, ce dépositaire mystérieux des grands .secrets de notre prétendu sectateur de la science hermétique: tous, comme on le pense, ont été trompés dans leurs naïves espérances.
Ici l'espace nous manque, cl nous nous voyons forcés de passer sous silence une foide d'inscriptions et d'épitaphes remarquables, qui ont existé dans l'église Si- Jacques. Malheureusement lie tous ces bas-reliefs, de toutes ces inscriptions profondément
gravées comme pour alteslerdu passage éphémère de ces morls illustres, il ne reste pins rien, rien que le souvenir écrit des liantes vertus qu'ils ont pratiquées a\ec une piété si ferme et si constante, souvenirs plus impérissables encore que la pierre et le marbre de leurs tombeaux. Enfin! les choses de la terre ne sont point éternelles ! St-Jacques a subi le sort de bien d'autres églises.La révolution, sous le prétexte de l'assainissement duquarlier, a passé comme la tempête sur le vieil édifice, pour en disperser les débris sacrés: chapelles, portails^ tombeaux, tout a disparu sous son souffle dévorant; seulement un magnifique basrelief de la Vierge, travail fabuleux, un Christ de Pierre Sarrasin, les splendides vitraux de la chapelle St -Denis peints par Pinaigrier, le tableau du Paralytique de Quentin Varin, sauvés comme par miracle, furent transportés au musée des Monumens français par les soins de M. Alexandre Lenoir, que nous rappellerons ici en passant au souvenir de tous les amis des arts et des sciences.
La tourelle-même n'échappa à ce désastre que parce qu'elle fut vendue à un particulier, qui trouva son avantage à la laisser debout, et c'est à lui bien certainement qu'on en doit la conservation.
Un ignoble marché de friperie s'est élevé autour d'elle , et sur l'emplacement même de l'église. Cen'estcjue depuis 1838 que la ville a fait l'acquisition de la tour, et nous savons d'une manière positive qu'elle doit, dans le grand projet, occuper le milieu de la rue qui joindra le Louvre à la Bastille.
Lspérons donc pour elle un avenir meilleur. Aujourd'hui, et nous le disons avec un profond regret, la cupidité municipale a livré à l'industrie ce n7oaument qui, autrefois fier et superbe, jetait à tous les vents les bruyantes et lointaines volées de ses douze nsagnifiques cloches , et ([ui maintenant , vide d'harmonie, n'est plus pour ainsi dire que la pierre lumulaire de la paroisse, cl sur laquelle on pourrait graver celte triste el fatale inscription :
■ Ici fut Saint-Jac(|ucs-de-la-Boucherie.))
Gustave MATHIEU.
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