‹ Les églises de ParisChapitre 6 sur 39 · SAINT-SULPICE. G · texte numérisé non relu

SAINT-SULPICE. G

M. Olier pouvait dire à celle époque : « Vous nommer le faubourg Sainl-Germain, c'est vous dire tout d'un coup lous les monstres de vices à dévorer à la fois. »

Yers 1611, M. de Berulle fonde l'Oratoire, et la direction en est confiée d'abord au vénérable Charles de Condren, cet homme « fait pour instruire les anges. » M. Vincenl-de-Paulc et M. Bourdoise , tous deux disciples de ce dernier, instituent, l'un les Missions-Étrangères, l'autre la communauté des prêtres du Chardonnet. A côté de ces messieurs, Caesar de Bus fonde l'institut des frères de la doctrine chrétienne, et un peu plus loin, avec un caractère plus décidément scientifique, apparaît la sombre et austère figure de M. Duvergier de Hauranne, abbé deSaint-Cyran,que la méditation devait jeter dans l'erreur.

Revenons à Saint-Sulpice. M. de Fiescpie sentit que la réforme de celte paroisse était au-dessus de ses forces; il pensa à résigner ses fonctions et jeta les yeux sur M. Olier.

Ce prêtre^ qui s'était d'abord placé sous la direction de Charles de Condren , établit ensuite des rapports avec dom Tarisse , général des Bénédictins de Saint-Maur^ avec M. Bourdoise, avec le baron de Renty, et se trouva ainsi dès le début de sa carrière au centre de ce mouvement réformateur que nous venons d'indiquer; il avait refusé l'évèché de Chalons et la pairie, mais lorsque M. de Fiesque lui fit les premières ouvertures, il venait de fonder à Vaugirard (janvier 1642), une communauté de prêtres et un séminaire ; le premier séminaire de France, car les tentatives de saint Vincent-de-Paule et de M. Bourdoise , avaient dernièrement échoué. Celte paroisse, « qui n'élail ni bornée, ni rélrécie par aucune juridiction, (pii n'était d'aucun diocèse et ne relevait immédiatement que du pape, » semblait favorable à l'élablissement d'un séminaire. Il traita enfin avec M. de Fiesque , le 25 juin 1642 , prit possession le 10 août , et ofiicia pour la première fois dans l'église de Saint-Sulpicc le jour de l'Assomption.

On sait dans quel étal il prenait celle église, on sait (pielle était sa tâche. Les fonctions d'un curé, à cette époque, dilféraienl bien de ce qu'elles sont aujourd'hui, et son inlliionce dans le cercle de sa juridiction spiriluelle était bien autrement importante. I/administration piibiiipic n'avait pas alors celte action puissante à UkiiioIIc rien n'échappe, et les pasteurs éUiicnl obli-

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gés de suppléer par les voies de la persuasion et de la parole, à ce qui lui manquait. Sans doute l'ordre n'était pas aussi parfait, mais il était |)lus énergique. Les procédés d'aujourd'hui créent l'obéissance passive, ceux d'alors fondaient la vie, le zèle dans le devoir; et tandis qu'on ne considère que les actes, on agissait sur la volonté. Le premier soin di; M. Olier fut d'établir au presbytère de Saint-Sulpice la communauté de Vaugirard.

Après la communauté, M. Olier agrandit son séminaire au milieu de difficultés île tous genres. Il réveille l'ancienne dévotion de la paroisse au Très-Sainl-Sacrement et fonde une adoration perpétuelle. 11 provoque les réunions fréquentes de la confrérie, active le zèle de ses membres, divise la paroisse en huit quartiers et commet un prêtre à chacun deux, confie aux prêtres de son séminaire la direction de 12 catéchismes fondés en divers points de cet immense quartier et où bientôt affluent quatre mille enfans. Les huguenots attirent son attention ; il établit avec eux des conférences; le terrible père Vcron les dirige, mais cette logique hautaine ne savait que convaincre et ignorait l'art de persuader; deux hommes se présentent qui trouvaient le chemin des cœurs, deux hommes simples et ignorans, des laïcs, des artisans, un coutelier et un mercier, Jean Clément, C exterminateur des hérétiques, et Beaumais. M. Olier profite de leur zèle pour l'amélioration de ses enfans spirituels. Les confréries des corps de métiers avaient embrassé des superstitions coupables, il réforme ces confréries, il abolit ces excès; il fait rechercher les pauvres honteux, ceux qui ne se plaignent pas et qui souflrent; il y en avait (|uinze cents dans la paroisse. H répand ses bienfaits avec tant d'abondance^ que dans sa foi ardente lui seul pouvait ne pas sélonner de voir se remplir toujours ses mains qu'il vidait sans cesse.

Du zèle si persévérant et que l'on devait admirer, suscita pourtant à "SX. Oliorde nombreux ennemis. M. deFiescjue, poussé par sa famille, réclania sa cure. Les gens de mauvaises mœurs, si sévèrement réprimés, cabalèrent de leur côté. L'irritation gagna les esprits. Le 8 juin 1045, le peuple s'ameute, envahit le presbytère, M. de Brelonvilliers veut apaiser la foule^ une pierre est lancée contre lui, on s'empare de M. Olier, il est honteusement frappé et cliassé de sa demeure. Vincent de Paulc accourt, se jette au milieu de la inèléo en s'écriaii'. : ■ Frappe/.

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liardiinenl Sainl-Lazare el épargnez Saiiil Siilpico. )) Les f;iclieux reslèient poudanl trois jours maîtres du presbylèrf. M. Olier fui réintégré par arrêt du parlement, mais une nouvelle sédition se souleva, on fil le siège du presbytère. Il fallut y mellre garnison, des femmes envahirent le parlement, disposées à obtenir par la contrainte ce (|ue la justice ne permettait pas d'accorder. A force de résignation et de bonté, M. Olier rétablit la paix après quarante jours de lutte, el ne tira d'auln; vengeance de tout ces outrages que de solliciter en faveur de ceux qui avaient été compromis dans ces misérables désordre^. Aussi disait-on de lui dans le faubourg « (ju'un moyen d'en recevoir cerlainemenl des bienfaits ^ c'était de lui faire du mal. »

M. Olier profita de l'ordre rétabli dans sa cure pour continuer avec un zèle nouveau ses tentatives d'amélioration.

Le clergé de Saint-Sulpice fut bientôt pour tout le peuple un objet d'édification et pour les malfaiteurs même un corps si digne de leur respect, qu'ils épargnaient ses membres el leur olfraieiil de les protéger. Cette bonne fortune, cependant, ne devait pasèln; sans mélange. Le "IH juillet, pendant la nuit, des voleurs s'introduisirent dans l'église en brisant les vitres de la cbapelle Sainte-Barbe, el profanèrent les hosties. Un prêtre, qui venait à trois heures du matin pour dire une messe aux artisans el aux serviteurs dont déjà « l'église était presque pleine, » s'aperçul le premier du sacrilège et répandit lalarme. A cette pénible nouvelle la consternation lut répandue dans la paroisse. Des prières publiques, des jeûnes furent ordonnés ; on fit i:nc première procession à la(|uelle se mêlèrent les personnes les plus illustres, malgré une pluie continuelle qui tomba pendant plusieurs jours et « semblait, dit l'historien, apprendre aux hommes à pleurer ce désastre. » De toutes parts le peuple accourait el « il sembloit que tout Paris fust fondu dans une église. »

La reinedonna l'exemple de la piété en assistant plusieurs fois aux offices. Enfin, le G d'août, après l'oflîce présidé par le nonce du pape, une inrmense procession parcourut la paroisse. La reine la suivait à pied, conduite par le prince de Conti, suivie de Mademoiselle, de la princesse de Condé, des duchesses- de Loiigucville, de Schonberg el d'Aiguillon.

Le Saint-Sacrement, arrivé au palais dOrléans (Luxembourg)

t.ES EGLISES DE PARIS.

« fut rcçeu par nu excellent concert de miisiiine auquel sans doute les anges répondirent insensiblement par un écho de fredons et de mélodie. »

Tous les ans un oflice spécial est encore célébré le premier dimanche du mois d'août, en mémoire de celte expialioi!-

Nous voudrions pouvoir dire encore le soin qu'il apporta à raviver la ferveur des confréries, à en établir de nouvelles, à fonder des congrégations et des communautés qui entretenaient la piété et la praticpie des bonnes œuvres, mais il faut nous arrêter. '

Tant de soins épuisèrent le respectable curé. Une maladie grave exposa ses jours vers le milieu de l'année 1652.

Il résigna ses fonctions le 20 du mois dejuin, il eut pour successeur M. de Bretonvilliers. M. Olier se retira au séminaire qu'il avait fondé et dont il prit la direction exclusive. Sa vie désormais nappartient plus à notre sujet. Elle se termina le 2 avril 4657.

Pendant un siècle, l'histoire de Sl-Sulpice olfre à peine quelrjucs traits qui méritent d'être rapportés. De vertueux pasteurs se succèdent, ils édifient le peuple par leur piélé , maintiennent le zèle et la ferveur dans la communauté de prêtres, et, secondés par les ecclésiasti(|ues du séminaire, travaillent sans relâche à l'amélioration du quartier.

L'espace nous mancjue et nous devons nous contenter de noninnr ces pieux curés. Nous aurions voulu raconter leurs vertus.

Alexandre le Ragois deBrelonvilliers succède à M. Olier(16r)2- 1658). Après lui la paroisse fut successivement administrée par MM. Antoine Raguier de Poussé (1658-678), sous lequel Si- Sulpice entra dans la juridiction de l'archevêque de Paris, Claude le Bottu de la Barmondière (1678-1689); Henri Baudrand (16891696); Joachim Trolti de la Chetardie (4696-1714), sous leciucl le clcrfjé de Sl-Sulpice abandonna le rituel romain pour l'usage parisien; Jean-Bapliste-Joseph Languel di; Gergy (1714-1748), (jui loiida la succursaledu Gros-Caillou et plusieurs autres établissemcns utiles à la paroisse.

Mais la grandcœuvrede M. Languel , celle (|ui mérite que nous nous arrêtions à l'administration de ce saint prêtre. celle qui, au milieu de tant d'antres soins, send)la absorber son activité toute

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enliére, qui fut considérée par ses contemporains comme nn service émincnl rendu aux beaux-arls, et qui, pournous, est encore une preuve de noble et infatigable persévérance, c'est Tacbévement de l'égbse que nous voyons aujourd liui.

iVous ne pouvons raconter ici les périodes diverses qui traversèrent la construction de cette église. Le projet en avait été formédès 1015. L'exécution en fut commencé en 1645, jusqu'en 1678 en ne cessa d'y travailler sous tous les curés (jui se succédèrent, mais alors les embarras financiers de la fabrique contraignirent à interronqjre les travaux.

M. Languet de Gergy ne put supporter l'état d'abandon où élait tombé ce monument entrepris à si grands frais, il résolut de l'acliever. En 1718 il n'avait entre les mains qu'une somme de 300 fr. destinés à cet objet par un legs pieux; il achète des pierres avec cet argent et les expose aux regards des fidèles. Le zèle des paroissiens se réveille, les offrandes lui arrivent de toutes paris et bientôt les travaux peuvent être repris : Oppenorl fut chargé de diriger les travaux, après lui Servandoni dressa le plan du portail, mais les tours qu'il avait conçues, remarquables d'ailleurs par leur mauvais goût, ne semblèrent pas assez hautes aux [)aroissiens qui voulaient que leur église dépassât en élévation la vieille Cathédrale de Paris.

Maclaurin fil de nouveaux plans et commença l'exécution; il éleva, en 1749 , la tour du midi , qui n'est pas achevée et (|ui ne mérite pas de l'être, et Chalgrin, à son lour, sui des dessins nouveaux, construisit la tour du nord. Servandoni voulait entourer son église dune large place construite sur un plan régulier, « avec des portiques et des arcades à l'entrée des rues, à la manière des anciens ». Ces projets ne manquaient pas de grandeur, mais ils ont été abandonnés.

Les tours n'étaient pas encore élevées, lorsque M. Languet fit solennellement la dédicace de son église. Elle eut lieu le 30 juin 1745. Le clergé de France était alors réuni en assemblée générale.

Quelques changemens ont été apportés depuis ce temps dans l'église de Suint-Sulpice. ÎNous tâcherons de décrire en peu de mots l'état où elle se trouve encore aujourd'hui.

Sa vaste croix, couchée de l'orient à l'occident sur une longueurdo 43'2 pieds, élève sa voulc à plus de 100, ol des deux

côtés, des contreforts la soutiennent, donl la lourde construction appesantit encore cette masse gigantesque , et qui , dans leurs contours onduleux et tourmentés, semblent s'élever avec peine vers le ciel, el tendre incessamment vers la terre.

Son immense portail développe au couchant une ligne froide et sans grâce de 384 pieds. Œuvre informe de Servandoni, il reproduit tous les défauts de celle époque lourde et pompeuse. Une colonnade , pesamment doublée d'un portique, forme sur cette façade une galerie dont les ouvertures béantes ne recèlent aucun mystère, et n'inspirent aucune piété. Deux tours maigres, écartées, placées au-dessus comme un hors d'oeuvre, sans que rien les rattaclieà l'ensemble et comble le vide énorme qui les sépare, couronnent mal ce portail de mauvais goût. L'œuvre de Clialgrin, cependant, est peut-être la partie la moins défectueuse de l'édifice. On franchit par 400 marches cette tour de 230 pieds; c'est 2G pieds el 36 marches de plus (ju'aux tours de Notre- Dame. Noire-Dame elSaint-Sulpice! ces deux puissantes rivales, luttent à qui s'élèvera plus haut vers le ciel, victorieuses toutes deux, l'une par la pensée, l'autre par la masse , et l'on dirait (|ue, du haut de leurs tours, elles lisent chacune leur histoire dans les spectacles qui les entourent. Voyez la vieille cathédrale, c'est l'église des bourgeois et des marchands, l'église du mouvement, du bruit et du négoce, Saint-Jacques-la- Boucherie est auprès; c'est l'église de celte puissante marchandise de l'eau, la grande corporation du moyen-âge : elle est construite sur un autel païen consacré par les bateliers, par les i)ourvoyeurs de la cite, el les échoppes dos vendeurs, il n'y a pas longtemps, encombraient encore son porli(iue. Quel speclaclo varié el remuant autour d'elle! Aussi loin que s'étende la vue, on voit la Seine qui s'avance à pas lents an milieu de deux rives populeuses, apportant la richesse avec elle. Elle s'approche, elle embrasse la ville pour la défendre et pour la nourrir, comme une mère son enfant; et, continuant sa marche, elle semble, dans ses détours, s'éloigner à regret de ce vaisseau écbouéqui s'est confié dans sesondes. Ici les trésors entassés qui remontent et descendent, l'activité, l'ambition, le travail; plus loin, à St-Sulpice, la paix , le calme, ropul(;nce, non plus cherchée dans la remuante industrie, mais assise sur le sol et immobile comme lui , lesvastesel trani|iiilles horisons.

SAINTSULPICE. ID

Onsent l'église abbatiale, l'église des propriélaires,des moi iieSjet plus lard des nobles, bàlie sur des vignes et sur des pâturages. La Seine a disparu derrière les maisons qui la bordent; la ville a je ne sais quoi d'austère et de silencieux, et l'œil, étonné de ce magnifuiue spectacle, voit s'étendre derrière elle les riches coteaux de Vaugirard, de Moudon et de Saint-Cloud, les bois et les moissons, I œuvre de Dieu que les hommes transforment le ;noins.

Mais on fait une lourde chute lorsqu'on quittant la magie de cespeciacleon retombe sur cette prosaïque église qu'il nousfaul encore considérer. Quelques sonvenirs touchans nous aident à descendre la tour de Chalgrin : nous y trouvons des noms qui ne sont pas moins vénérables par les infortunes qu'ils rappellent que par leur grandeur. Ceux de Louis XVIIi et de son auguste nièce sont gravés sur la plus grosse cloche de la tour; Charles X et la duchesse de Berry ont donné les leurs à la seconde, et la plus petite, « celle^ » nous disait notre guide, « qui sonne le plus souvent,» a reçu ceuxd'Heuriette-Louisc^ des deux jeunes princes (ju'on appelait alors Enfans de France.

L'intérieur de SaJnt-Sulpice ne fait oublier par aucune beauté l'impression fâcheuse (|ue l'on reçoit en l'envisageant au dehors. On cherche en vain les tombeaux qu'avaient recueillis autrefois ses chapelles. Des régleraens absurdes, en dispersant ces morts, ont elTacé de ces lieux le souvenir des houmies comme un regrattage récent en a maladroitement effacé même le souvenir du temps écoulé, le plus vague de tous, mais précieux aussi |)0ur le cœur.

Deux tombeaux restent seuls sous ces voûtes. Celui de M. LanguetdeGergy, composition ridicule, mélodrame en marbre ou la mort joue le rôle de tyran, et celui de M. de Pierre, dernier curé de la paroisse. Il est grave, d'une noble simplicité, d'un beau style, et les incrustations de marbres de couleurs y sont disposés avec un goût élevé.

Le chœur a près de 100 pieds. Le maître-autel, maigre ot isolé sur celle vaste estrade, offre d'abord ses frêles dorures aux regards des fidèles, mais il n'est pas assez important dans l'ensemble de l'édifice pour arrêter la pensée ; ce n'est quun accessoir, un ornement entre dix, mais ce n'est pas l'objet principal. Derrière lui, s'étendent sur deux rangs les stalles du clergé, qui se trouve ainsi séparé des assislans.

Seule au fond de l'église el derrière le chœur s'élève la chapelle de la vierge, dont l'eiiceinle circulaire fait saillie sur le plan de l'abside. On connaît la vieille el ardente dévotion de la paroisse à la vierge-mère, on la retrouve dans la somptuosité de cette chapelle, la plus riche et la plus belle de toutes, la seule qui mérite un moment d'attention. Une frestpie de François Lemoine remplit la coupole; l'exécution n'a rien de remarcpiable, la composition parait un peu confuse, mais les grandes proportions de cette peinture en font une œuvre de qiiehpie mérite. Marie est entourée du céleste cortège des docteurs et des anges, et M. Olier conduit ses paroissiens aux pieds delà vierge, et les met sous sa protection. Vainement on pria M. Langiicl d'accepter la seconde place dans cette composition, sa pieuse humilité refusa constamment cet honneur et donna au sacerdoce un exemple qui mérite d'être suivi.

Les voussures dorées qui entourent la fresque de Lemoine un peu lourdes et massives, ne manquent pas cependant de grandeur, et rappellent les plafonds de Versailles; c'est le mèmt' style, riche, mais froid, grand, mais théâlral. La vaste sculpture qui remplit le fond de cette chapelle mérite les mêmes reproches. Des nuages nombreux soutiennent la vierge-mère et son divin enfant (lu'éclaire un jour mystérieux; tout cet enseinbU; vise trop à l'elfet et semble employer des moyens trop compli- (]ués pour produire la douce impression de recueillement et de piété que ce lieu devrait inspirer.

Ce n'était pas autrefois une statue de pierre qui ornail celte chapelle, elle était d'argent, et M. Languet l'avait Aiit exécuter par Bouchardon. La révolution l'a fondue. Le digne curé, diion, exerçant une douce violence sur la charité des fidèles, metlait dans sa poche, lorsqu'il dînait à leur table, le couvert dont il s'était servi , et c'est ainsi (pi'il amassa le métal nécessaire à la statue.

Suspendue aux flancs de l'édifice, comme un enfant au soin de sa mère, une ciiapelle encore appelle les prières; plus retirée et plus discrète, son enceinte toute entière se détache du plan général, et il faut sortir de l'église pour trouver ce mystérieux autel . Autrefois, les piètres allemands y venaient pour instruire leur compatriotes qui lui ont laissé leur nom. C'est le refuge des étrangers et la chapelle de l'exil, la plus recueillie dans ce vaste monument ol la luirux failo pour la prière; les

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