‹ Les églises de ParisChapitre 11 sur 15 · ROME, XXI MARS MDCCCLXIV · texte numérisé non relu

ROME, XXI MARS MDCCCLXIV

Les fresques de Flandrin décorant les deux côtés de la nef exposent, dans une suite de scènes empruntées à l'Ancien et au Nouveau Testament, cetle pensée générale : Le Christ dévoilé aux Chrétiens après avoir été voilé pour les patriarches et les Juifs.

Parmi les autres peintures que contient l'église, on remarque : Saint Germain distribuant des aumônes, par Steuben ; — Baptême de t Eunuque, par Bertin ; — Résurrection de Lazare, par Yerdicr ; — Mort de Sophira , par Le Clerc, etc.

Statues : Notre- Dame -la- Blanche (marbre).

provenant de l'abbaye de Saint-Denis, à laquelle l'avait donnée la reine Jeanne d'Évreux en 1340; — Saint-François- Xavier^ par Goustou jeune ; — Sainte May^guerite (marbre^, par Dourlat.

Vitraux du chœur et peintures à la cire, par Flandrin : Entrée du Christ à Jérusalem, Portement de croix, Prophètes.

La chapelle de Saint-Symphorien, dans le collatéral de droite, marque l'endroit où se trouvait le tombeau de saint Germain.

Les revenus de Saint- Germain dépassent 6o,0C0 francs.

Saint-Germain-l'Auxerrois, vis-à-vis la colonnade du Louvre, succède à une église bâtie, diton, par Chilpéric, et dont la forme était ronde, d'oti lui vint le nom de Saint-Germain-/e-i?onf/. Les Normands s'en firent une sorte de forteresse, et, lors de leur retraite, n'en laissèrent que des ruines. Relevée par le roi Robert, l'église fut reconstruite du XIP au XVP siècle.

Voisine du Louvre, l'église Saint-Germain- TAuxerrois fut la paroisse des rois de France depuis Philippe Auguste jusqu'en 1792, du moins lorsqu'ils résidaient à Paris. Elle le redevint de 1814 à 1830.

Ce fut la cloche de Saint-Germain qui, le 24 août 1582, donna le signal du massacre des Réformés, signal que répéta immédiatement le beffroi du Palais de Justice et que propagèrent ensuite les autres cloches de Paris.

Saint-Germain contenait un grand nombre de sépultures, notamment celles des poètes Jodelle et Malherbe; des chanceliers d'Aligre, Olivier et de Bellièvre; des premiers présidents Bellièvre, Séguin; des architectes d'Orbay et de Levau; des sculpteurs Desjardins, Sarrazin, Coyzevox; des peintres Stella, Houasse, Goypel, Santerre; des graveurs Israël Sylvestre et Mélan ; de Guy Patin, de Dacier et de sa femme, du comte de Caylus, etc. On y voit encore plusieurs statues et bustes.

Goncini, maréchal d'Ancre, assassiné sur le pont du Louvre, fut enterré à Saint-Germain. Mais, dès le lendemain, son corps fut exhumé par le peuple, traîné dans la boue et déchiré; le cœur fut arraché et briilé sur le Pont-Neuf.

En 1790,1a cure de Saint-Germain rapportait un peu plus de 10,300 livres et avait environ 1,500 livres de charges.

Les revenus delà paroisse dépassaient 1 12,000 livres et ses charges montaient à 102,000.

Le 13 février 1831, un service ayant été célébré à Saint-Germain en commémoration de l'assassinat du duc de Berry, le peuple, irrité par par l'exhibition d'emblèmes royalistes, envahit et saccagea l'église, qui, à la suite de cet événement, resta fermée, protégée par une inscription portant ces mots : Mairie du IV' ar- 7'ondissement, et ne fut rouverte qu'en 1838, après avoir été complètement restaurée.

Golbert avait eu le projet de former devant le Louvre une vaste place en abattant Saint-Germain-l'Auxerrois. Ce projet fut repris par Napoléon, qui avait décidé l'ouverture d'une large avenue allant du Louvre à la barrière du Trône. Ce second projet fut encore repris après la Révolution de Juillet ; mais Louis-Philippe ne consentit pas à la démolition de l'église.

Dans une chapelle latérale de gauche, on remarque un retable en bois sculpté, de grande dimension, représentant la vie de la Vierge et celle de Jésus ; c'est une œuvre de la fin du moyen âge.

Le bénitier, en marbre blanc, a été dessiné par madame de Lamartine et sculpté par Jouffroy.

Quelques beaux vitraux anciens subsistent encore.

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L'ange placé sur le pignon qui domine le porche est de Marochetli.

A l'intérieur : banc d'œuvre, en bois sculpté, par Fr. Mercier, sur les dessins de Lebrun et de Ch. Perrault. Arbre de Jessé, en pierre, du XIV' siècle.

Tableaux : Vierge, du XIV' siècle ; — Christ en croix, V Église et la synagogue, par Coudera ; — chapelle Sainte-Geneviève , par Gigoux ; — vitraux modernes, par M. Maréchal, de Metz.

Il est regrettable que l'église Saint-Germain soit dominée par de hautes maisons qui l'écrasent, et surtout qu'elle soit déshonorée par le voisinage de la mairie du premier arrondissement, qui semble être la caricature de l'église.

La cure de Saint-Germain est de première classe.

Saint-Geryais-Saint-Protais élève, en regard de la façade orientale de l'Hôtel de Ville et entre deux casernes, son portail classique plaqué sur une église ogivale.

Dès le VI' siècle existait en ce lieu une église qui tombait en ruine au XII°. On la réédifia en 1212, mais il fallut en reconstruire

une nouvelle à la fin du XV' siècle. Toute l'église est de style ogival. En 1616 fut élevé le le portail actuel, sur les plans de Salomon Debrosse ; le roi Louis XIII en posa la première pierre. Considéré en lui-même et indépendamment du reste de l'édiflce, ce portail est une œuvre remarquable d'architecture.

On signale aussi comme une sorte de tour de force la clef pendante de la chapelle de la Vierge, exécutée en 1517 par les Jacquet, maçons alors très renommés, et qui a 2 mètres de diamètre et 1 mètre 16 centimètres de saillie.

Saint-Gervais possédait de magnifiques vitraux peints par Pinaigrier et J. Cousin, et d'autres en grisaille peints par Fr. Perrin, sur les dessins de Le Sueur. Il reste encore une partie de ces œuvres d'art.

C'est à Saint-Gervais que s'est mariée madame de Sévigné.

Cette église contenait les sépultures de personnages notables, entre autres Scarron, Phil. de Champaigne, Ducange, Ant. de La Fosse, Crébillon, Michel Le Tellier, dont le mausolée, œuvre de Mazeline et Martrelle, existe encore.

En 1790, la paroisse avait 68,378 livres 12 sous 11 deniers de revenu et 63,381 livres 6

SOUS 11 deniers de dépense. La cure rapportait 8,3i0 livres.

11 y avait autrefois, en face de l'église, un orme sous lequel se rendait la justice et s'accomplissaient certains actes civils. Cet arbre, qui avait une certaine célébrité dans l'histoire de Paris, a été abattu vers 181 1 .

En 1793, Saint-Gervais, concédé aux Théophilanthropes, devint le temple de la Jeunesse.

Les stalles en bois sculpté placées dans le chœur de Saint-Gervais datent du XVP siècle. Les chandeliers et la croix, en bronze doré, placés sur le maître-autel, sont du XVIIP siècle et proviennent de l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève.

Au fond de la chapelle Sainte- A une se trouve une autre petite chapelle pratiquée entre deux contre-forts et garnie intérieurement de panneaux sculptés représentant des scènes de la vie de Jésus-Christ. On y remarque un écusson portant les armoiries de la famille parlementaire Betauld de Ghemauld, mais les registres de l'église ne contiennent aucune indication sur le fondateur de cet oratoire particulier qui sert aujourd'hui de vestiaire.

NOTES ET RENSEIGNEMENTS i>2",

Un tableau sur bois, à plusieurs comparliments, représentant la Passion est attribué par la tradition à Albert Durer. Mais les juges compétents rejettent celte attribution. Le tableau est du moins une œuvre du XY* siècle.

La chapelle Sainte-Anne contient un basrelief en pierre du XIIT siècle {Jésus-Chn'st recevant l âme de la Vierge inerte).

Christ en croix, plâtre, par Préault ; — Descente de croix, plâtre, par Gois.

Peintures par MM. Heim, Guichard, Gaminade.

Au portail, statues de Saint GervaiSj par Préault, et de Saint P?'otais,])Ar Ant. Moyne ; — groupes colossaux, par Joufl'roy et Dan tan aîné.

Les revenus actuels de Saint-Gervais sont de 34,000 francs. La cure est de deuxième classe.

Saint-Honoré, place d'Eylau (XVr arrondissement), est une petite construction de ces dernières années, destinée à desservir le quartier récemment formé entre l'ancien Passy et l'arc de triomphe de l'Etoile.

Saint-Jacques-du-Haut-Pas, rue Saint-Jacques, à l'angle de la rue de l'Abbé-de l'Épée, a succédé à deux anciennes chapelles. La pre-

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niière, bâtie au XIV* siècle pour une colonie de l'hôpital de Saint-Jacques-du-Haut- Pas, en Italie, fut reconstruite en 1510 et devint paroisse en 1566. Six ans plus tard, cet hôpital fut occupé par les bénédictins du monastère de Saint-Magloire, de la rue Saint-Denis, qui firent édifier une nouvelle chapelle. Celle-ci devint insuffisante au XVIP siècle. En 1630, l'église actuelle fut commencée sur les dessins de Gittard, et Monsieur, frère de Louis XIII, en posa la première pierre le 2 septembre. Les travaux, longtemps suspendus faute de fonds, furent repris en 1675, grâce aux libéralités de la duchesse de Longueville et des paroissiens. La chapelle de la Vierge est de 1688.

Jean du Verger de Hauranne, abbé de Saint- Cyran, et l'astronome J. Dominique Cassini ont été enterrés à Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

En 1790, les revenus de l'église s'élevaient à un peu plus de 16,000 livres et les dépenses à plus de 22,000.

En 1797, Saint-Jacques servit au culte des Théophilanlhropes sous le titre de Temple de la Bienfaisance.

Statue de saint Jacques, par Foyatier.

Tableaux : La Foi, VEspéy'ance, la Charité, la

Religion, attribué à Le Sueur; — Saint Pierre^ par Restout ; — Clo-ist aux Enfers, par Gérard ; — Saint Jéi'ome, Saint Ambroise, Saint Augustin, Saint Grégoi7'e, école de Valentin; — Christ au Tombeau, par Degeorge.

Saint-Jacques-du-Haut-Pas a un revenu de 50,000 francs.

Saint -Jacques -Saint- Christophe , rue de Bordeaux (XIX" arrondissement), ancienne paroisse du village de la Villette, annexé en 1880, est un édifice de style mêlé, construit en J844 sur les plans de M. Lequeux. On y trouve quelques tableaux peu remarquables.

Saint-Jean-Baptiste, rue de Paris (XIX' arrondissement), a été construit de 1854 à 1856, sur les plans et sous la direction de Lassus, qui a déployé beaucoup d'érudition, de goût, et a même mis un certain caractère original dans cette étude en grand de l'architecture du XIII* siècle. C'est un pastiche, mais un pastiche élégant, savant et exécuté par un artiste qui eût été capable de créer par lui-même, si l'occasion avait pu lui en être donnée dans un temps où le pastiche règne en toute choses.

Les deux flèches jumelles du portail ont 58 mètres de hauteur.

Sainl-Jean-Baptiste était Féglise de la commune dt; Belleville, annexée à i*aris en 1860. C'est un édidce digne d'une visite.

La cure est de première classe.

Saint- Jean- BAPTiSTK-Dt:- Grenelle, rue des Entrepreneurs (XV arrondissement), fut bâtie de 1824 à 1828 pour le nouveau village de Grenelle, réuni à Paris en 1860. L'édilice est dans le style pseudo-grec avec un clocher semi-roman, semi-ogival. Rien à voir là.

Saint-Jean-Saint-FrançoIs, rue du Perche, est l'église de l'ancien couvent des Capucins du Marais, fondée en 1623 par Athanase Mole, frère du premir président,

En 1790, le couvent ne possédait que G, 680 livres de revenu et devait un peu plus de 15,000 livres.

L'église fut désignée, en 1791, comme paroisse sous le titre de Samt-Fi'afirois-rrAssfse. On y transporta alors les fonds baptismaux, les stalles et divers ornements de l'église Saint-Jean-en-

Grève, et plus lard l'église fut appelée Saint- Jean-Saint-Fi'ançois.

Statues de Sahit François d'Assise, par Germain Pilon ; — Saint Denis (marbre blanc), par Sarrazin, provenant de l'ancienne abbaye de Montmartre.

Tableaux: Saint Louis visitant les soldats malades, par Ary Scheffer ; — Baptême du Christ, par Paulin Guérin.

Saint-Joshpu, rue Corbeau, est une église provisoire, construite en 1852, et que doit remplacer une église définitive qui s'élèvera rue Saint-Maur-Popincourt.

Saint-Julien-le- Pauvre. — A'oir page 55 et Hôtel-Dieu.

Saint-Lambert, place de l'Église (XV« arrondissement), a été construite de 1848 à 1853 par M. Naissant, qui s'est inspiré du type des églises romanes. L'édifice est un peu sombre à l'intérieur. Il y a une chapelle souterraine.

Saint-Lambert était la paroisse de Vaugirard, commune annexée à Paris en 1860 ; elle a

remplacé une vieille et petite église qui était située sur un autre emplacement. La cure est de première classe.

Saint-Laurent, boulevard de Strasbourg. — Dès le VP siècle, il existait près de Paris, sous le titre de Saint- Laurent, une abbaye dont on ne connaît pas exactement la situation topographique. Dévastée par les Normands elle ne fut pas rétablie.

L'église actuelle date du XV' siècle ; elle a été agrandie en 15 i8, reconstruite en 159o et restaurée en 1622 par Lepautre, qui la dota d'un portail classique qu'on a démoli, il y a deux ans, pour y substituer une façade assortie au style de Téglise. On a, en môme temps, ajouté deux travées à la nef, afin que l'église se trouvât à l'alignement des maisons du boulevard. C'est l'inverse de ce qui s'est fait à Saint-Leu: il faut que les monuments obéissent à la consigne des ingénieui's.

En 1790, la cure de Saint-Laurent rapportait 13,970 francs et ne supportait que 920 livres de charges. La fabrique possédait 28,521 livres de revenu, mais elle avait à dépenser 31,759 livres, étant tenue de payer le clergé paroissial. La

maison de charité de la paroisse recevait annuellement environ 12,000 livres.

En 1795, Saint-Laurent fut concédé aux Théophilanthropes, qui en firent le Temple de la Vieillesse.

Tableaux : Martyre de saint Laurent^ par Greuze; — Saint Laio'ent parmi les pauvres, par Trézel. — Vitraux par Galimard.

Saint-Leu-Saixt-Gilles, rue Saint-Denis, ne fut d'abord qu'une chapelle bâtie, au XIIP siècle sur des terrains et avec la permission des religieux de Saint-Magloire, pour l'usage de paroissiens de l'église Saint-Barthélémy, de la Cité, qui s'étaient établis sur la rive droite de la Seine.

En 1320, la chapelle fut reconstruite sur un plan plus étendu et devint paroisse en 1616. Elle a été réparée en 1727. A cette époque, Guillaume Guérin, maître charpentier, transporta le clocher, haut de 12 mètres, avec les cloches et leur charpente, d'une tour qui menaçait ruine sur une tour nouvellement construite. En 1780, le maître-autel fut exhaussé et l'architecte de Wailly pratiqua sous le chœur une chapelle souterraine où l'on voit maintenant un Christ

m LES EGLISES DE PARIS

couché qui provient de l'ancienne église du Sainl-Sépulcre. Le percement du boulevard de Sébastopol a amené une réduction de l'abside qui dépassait l'alignement du boulevard. Il en est résulté, ;\ l'intérieur de l'église, un étrangleraenl des plus disgracieux. A cette même époque, l'église a été isolée et le presbytère a été reconstruit,

Saint-Leu renfermait un certain nombre de sépultures, entre autres celle de Jean Louchart, un des Seize que Mayenne fit pendre au petit Ghatelet, celle du président Guillaume de Lamoignon et celle de l'aïeul de ce magistrat, maire de Landes, dont le mausolée était l'œuvre de Girardon.

En 1790, Saint-Leu avait 4,536 livres de revenu et 1,002 livres 8 sous de dépense.

On voit à Saint-Leu un tableau, peint en 1772, représentant, en plusieurs compartiments, la légende selon laquelle, le 30 juin 1418, un soldat suisse ayant frappé de son épée une statue de la Vierge, placée au coin des rues Salle-au-Gomte et aux Ours, le sang jaillit aussitôt. Le soldat fut arrêté, jugé, condamné et fut exécuté au lieu même du crime. La statue avait été portée à Saint-Martin-dcs-Ghamps, où on la révérait

SOUS le nom de Notre-Dame de la Garnie, nom sur l'élymulogie duquel les savants ne sont pas bien d'accord. Tous les ans, le 3 juillet, on allumait nombre de cierges au coin de la rue aux Ours, on y brûlait un mannequin costumé en Suisse et préalablement promené dans Paris : le soir, il y avait feu d'artitice. Statue, cierges et mannequin ont duré jusqu'à la Révolution.

Peintures par Philippe de Champaigne {sa/nt François de Sales , Gibot, Tardy, Délavai, Picot, Degeorge, Montvoisin.

Bas-relief en marbre, du XV siècle, représentant la Cène et la Flngeltalion. Statue de sainte Geneviève,, en marbre du XVIl^ siècle.

Saint-Leu est cure de deuxième classe.

Saint-Louis-d'Antin , rue Caumarlin , était originairement la chapelle d'un couvent de capucins (voir lycée Bonaparte) et a été construite en 1782, par l'architecte Brongniart.

Il n'y a rien à y remarquer qu'un vase funéraire contenant le cœur de Choiseul-Gouffier.

Peintures : Apôtres , par Séb. Cornu et Bézard ; — Jésus sauveur , suint Louis , saint François, par Signol.

Celte église est la première succursale de la Madeleine, La cure est de deuxième classe.

Saint-Louis-en-l'1le, rue Saint-Louis (île Saint- Louis), commença aussi par être une simple chapelle qu'avait bâtie, vers 1600, un maître couvreur nommé Lejeune et qui devint paroisse en 1623. Mais alors la chapelle ne suffit plus à la population de l'île, et une nouvelle église fut commencée dont l'archevêque Péréfixe posa la première pierre le 1" octobre 1679 ; elle ne fut achevée qu'en 1725. Louis Levau en avait donné les plans et en commença la construction qu'après sa mort conlinua Gabriel Leduc. L'aiguille à jour qui surmonte le clocher est de 1741.

Le poète Quinault, mort en 1688, fut enterré dans cette église.

En 17U0, le curé de Saint-Louis n'avait pour revenu que 5,450 livres.

Saint-Louis-en-l'Ile vient d'être à peu près complètement restauré à l'intérieur et décoré de boiseries, de vitraux et de peintures.

Tableaux : Vierge, par Mignard ; — I)isc//>les rf'£'wma/^s, par Ant. Goypel; — Asceusiou, par

NOTES ET RENSEIGNEMENTS !23j

Perron ; — Adoi'ation des Mages, par Perrin ; — Saint Louis comumniant, par Simon Vouet ; — Saint François de Sales, par Halle.

Statues : Saint Pierre, Saint Paul, par Bra ; — Sainte Geneviève, Saint Jean-Baptiste , la Vierge, Christ en marbre.

Saint-Louis-Saint-Paul. rue Saint-AnLoine, est l'ancienne église du Noviciat des Jésuites^ au titre de laquelle (Saint-Louis) fut ajouté, en 1803, celui de la vieille église Saint-Paul^ supprimée, en 1791 et démolie vers 1800.

Saint-Paul, situé dans la rue du même nom, n'avait été d'abord qu'une chapelle bâtie par saint Éloi et dite Saint-Paul-des-Champs, parce qu'elle était hors de la ville. Promue paroisse en 1107, elle devint insuffisante; une église plus vaste fui bâtie sous Charles V, mais ne fut terminée que bien longtemps après ou, tout au moins, fut en partie reconstruite au XIV et au XV^ siècle. Cette église étant la paroisse de l'hôtel Saint-Paul et du château des Tournelles, plusieurs princes y reçurent le baptême. La cuve baptismale en a été transportée à Poissy.

Saint-Paul avait des charniers qui, comme l'église, possédaient de beaux vitreaux et qui

conduisaient à un cimetière où furent enterrés Rabelais et le mystérieux prisonnier connu sous le nom de l Homme au masque de fer.

Dans l'église avaient été enterrés le maréchal de Biron, décapité à la Bastille, Nicot, François et Jules Mansard. On y voyait les mausolées élevés par Henri III à ses mignons, Maugiron, Saint-Mégrin, Quélus et Gaussade. Le peuple les brisa, le 2 janvier 1589.

L'église Saint-Paul possédait, en 1790, un revenu de 13,037 livres, avec 1,103 livres de charges.

L'église a complètement disparu. Dans le passage Saint-Pierre il reste quelques vestiges des charniers et une portion du cimetière.

En 1580, le cardinal de Bourbon céda aux jésuites, pour établir leur noviciat, l'hôtel d'Anville, qu'il avait acheté de la veuve du connétable Anne de Montmorency, et il y fit construire des bâtiments et une chapelle dédiée à Saint-Louis. En 1G27, fut commencée sur les plans du jésuite François Derrand, la construction de l'église actuelle. Le portail lui élevé, en 1641, aux frais du cardinal de Ricbeliou, d'après les plans d'un autre Jésuite, Marcel Anse.

NOTES ET RENSEIGNEMEiN'TS :»37

Lors de l'expulsion des jésuites, le noviciat fut donné aux chanoines de Sainte-Catherinedu-Val-des-Écoliers, qui vinrent s'y installer.

En 1790, le prieuré de Sainte-Catiierine possédait un revenu de 38,000 livres , avec des charges de 20,434 livres. 11 y avait une bibliothèque de plus de 80.000 volumes.

Sous les chapelles latérales se trouvent des caveaux séparés que les jésuites concédaient à la sépulture de diverses familles, entre autres des La Tour-d'Auverge et des Orgemont.

Sous l'église, un vaste caveau était réservé aux pères de la Société. Là sont enterrés, parmi un grand nombre, Tournemine, Bourdaloue, La Chaise. L'évêque d'Avranches Huet fut aussi enterré à Saint-Paul.

A droite et à gauche du chœur, des inscriptions rappellent que là avaient été déposés les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. Ces inscriptions, placées en 1858, reproduisent le texte des inscriptions primitives, détruites en 1792. Chacune était accompagnée d'un groupe d'anges en argent soutenant la boîte en vermeil où était enfermé le royal viscère. L'un de ces groupes était de Sarazin , l'autre de Coustou jeune. Transférés au musée des Petits-Augustins, ils

furent, plus tard et par ordre de Napoléon, portés à Fontainebleau pour orner la chapelle particulière du pape prisonnier. Quant aux deux cœurs, Louis XVI les avait fait déposer au Valde-Gràce, et ils furent remis à la liste civile en 18i4.

Georges Cadoudal fut enterré à Saint-Louis. La Restauration le fît exhumer et transporter en Vendée.

Les bâtiments du Noviciat sont maintenant affectés au Ij^ée Charlemagne.

Au portail de l'église Saint-Louis-Saint-Paul sont placées les statues de Saint Louis, par Lequesne; Sainte-Catherine , par Préault; Sainte- Aure, par Étex. A l'intérieur, statues de Saint- Pierre et Saint Paul, par Legendre Héral, et des mêmes (plâtre), par Bra.

Les bénitiers sont formés de deux belles coquilles données par Victor Hugo (habitant alors place Royale), à l'occasion de la naissance de son premier enfant.

La Madeleine, fondée par Charles VII en 1192, était la paroisse du quartier dit la Ville-V Évoque, et se trouvait sur un terrain qu'a absorbé le boulevard Malesherbes. Cette église, déjà réc-

difiée en 1659, étant devenue insuffisante, on résolut, en 1763, d'en construire une nouvelle. Celle-ci dut s'élever à l'extrémité du boulevard qu'on appelait alors le Cours, en face de la rue Royale -Saint -Honoré. L'architecte Contant d'Ivry commença les travaux et mourut avant de les avoir achevés. Son successeur Couture fit adopter de nouveaux plans, détruisit tout ce qui était déjà exécuté et commença une autre construction que la Révolution vint suspendre.

Reprise par Napoléon comme Temple de la Gloire, continuée lentement par la Restauration pour redevenir église, la Madeleine ne fut achevée que sous Louis-Philippe en 1843.

Le fronton a été sculpté par M. Lemaire. Les portes en bronze sont de Triquetti, les bénitiers d'Antonin Moine,

Les galeries extérieures sont garnies de statues exécutées par différents artistes. A l'intérieur, la sculpture des voûtes est de Rude, Foyatier et Pradier.

Sculptures : Baptême du Christ, groupe, par Rude; — Mariage de la Vierge, groupe par Pradier; — Bénitiers, parAnt. Moyne; — Sainte Amélie^ par Bra; Sainte Clû tilde, par Barye; —

Saint Vincent de Paul, par Kaggi; — Vierge, par Seurre; — Saint Augustin, par Etex; — Assomption, marbre, par Marochelti ; — Jésus-Christ, par Diiret.

Peintures : Conversion de Madeleine , par Schnelz; Madeleine au pied de la Croix, par Boucbet ; — Mmleleine priant, par Abel de Pujol ; — Repas chez Simon, par Goiiderc; — Madeleine apprenant la Résurrection, parCogniet; — Mort de Madeleine, par Signol.

Derrière le maître-aiiU'l, Zùgler a \)Qn'\i Madeleine aux pieds du Christ, entouré d'un grand nombre de personnages historiques.

L'église de la .\;adeleine a, intérieurement, 79'", 30 de long sur i>o"',4 de large et 30'", 30 de hauteur. Un lar^e perron de onze marches l'élève au-dessus du sol.

En 171)0, rancienne Madeleine avait un peu plus de 18,000 livres de revenu et 17,000 livres de charges. La cure rapporlail un peu plus de 12,000 livres avec environ (),000 livres de charges. Un établissement de charité y était joint, qui jouissait d'un revenu de 11,732 livres 9 sous de rente, dont on employait 0,287 livres à défrayer les frères et sœurs chargés du soin des pauvres.

La paroisse actuelle a un revenu d'environ 200,000 francs.

La cure est de première classe.

Saint-Marcel, boulevard de l'Hôpital, troisième succursale de Saint-Étienne-du-Mont, est une église toute moderne, ouverte en novembre 18o(), et où l'art n'a rien à voir. On y a imité le style du XIIP siècle, mais ce n'est qu'un pastiche sans nulle valeur.

Saint-Marcel est cure de première classe.

Saint-Marcel de la Maison-Blanche , route de Fontainebleau (XlIP arrondissement), est une chapelle bâtie sur l'emplacement du corps de garde où le général Bréa fut massacré pendant l'insurrection de juin 1848. Elle dessert le quartier de la Maison-Blanche qui dépendait de la commune de Gentilly, dont une partie a été annexée à Paris en 1860.

Sainte-Marguerite, rue Saint-Bernard, commença par être une chapelle construite en 1625 par Fayet, curé de Saint-Paul, et qui devint paroisse en 1712. Elle fut agrandie d'abord en 1736, puis en 1865.

ti'ri LES ÉGLISES DE PARIS

Avant la RévoliUion, la cure de Sainte-Marguerite rapportait plus de lo, 000 livres. La caisse des pauvres avait un revenu de 35,3^3 livres.

Yocanson avait été enterré a Sainte-Marguerite : il n'en reste pas trace.

C'est dans le cimetière attenant à celte église que, le 10 juin 1793, fut enterré le jeune fils de Louis XVI, mort au Temple l'avant-veille. Les recherches faites par de fervents royalistes ont à peu près établi que le lieu de cette sépulture est aujourd'hui réuni à la rue Saint-Bernard.

Derrière le maître-autel, décoration du tombeau de (jiirardon, provenant de Icglise Saint- Landry, et exécutée par de Lorrain et Nourrisson, sur les dessins de Girardon lui-même.

Sculptures : Martyre de Sainte-Marguerile^ groupe, par Maindron (plâtre); — Sainte-EUsabelh, groupe; — Tombeau du curé Fay et (163i). Peintures : Adam et Eve chassés du Paradis, Mort des Patriarches, par Brunctti; — Massacre des Innocents (XlIP siècle); — Descente de Croix (XVr siècle], provenant de Saint-Landry; — tableaux de Galloche, Restout. SLisac, dans une chapelle latérale de droite ; — tableaux de Baptiste, Galloche, Restout et Wafïlard dans

une chapelle latérale de gauche; — Suinte Isabelle, atlribué à Philippe de Champaigne (avec une vue de l'Abbaye de Longchamp; — Crucifiement, provenant de la chapelle de la Bastille;

— Christ au jardin des Olives. parEug. Delacroix;

— Serpent d'aij-ain, par Smilh; — Grisailles de la coupolle : Clovis, Charlemugne, Robert, Saint- Louis ; — Le Christ au milieu des enfants, fresque par Valbrun (chapelle des catéchismes); — Peinture du dôme par Abel de Pujol.

Sainte-Marie des Batignolles , place de l'Église (XVir arrondissement), construite un peu à l'imitation d'un temple grec, en 1829, était la paroisse de la commune de Batignolles, réunie à Paris en 1860.

La cure est de première classe.

Saint-Martin, rue des Marais, est une construction sans style qui a été commise en 1855.

Saint-Médard, rue Mouffetard, la plus pauvre, peut-être, des églises parisiennes; existait déjà au Xir siècle et relevait de l'Abbaye Sainte- Geneviève; elle a été agrandie en 1561, 1586 et 1 655 ,

En 1561, il s'y livra un combat sanglant enlre les catholiques et les protestants (voir Temples proleslanls^ page 750).

Dans le XVlir siècle, le cimetière de Saint- Médard situé rue d'Orléans (aujourd'hui rue Daubenton\ fut quelque temps célèbre par les miracles qui s'opéraient sur le tombeau du diacre Paris et qui firent naître la secte des convulsionnaires. Louis XV ordonna la fermeture du cimetière; on écrivit sur la porte ceie vers si connus :

De par le roi défense à Dieu De faire miracle en ce lieu.

Ce cimetière n'est plus aujourd'hui qu'un jardinet bien oublié.

Derrière la chapelle de la Vierge ont été enterrés Olivier Patru et Pierre Nicole.

En 1790, le curé avait un revenu de 2,840 livres, sur lequel il payait à son clergé 100 livres. Le revenu de la fabrique montait à 16,014 livres 14 sous 1 denier, avec des charges de 12,927 livres 40 sous 4 deniers.

En 1795, Saint-Médard fut livré aux Théophilanlhropes et devint le temple du Travail.

Cette modeste église, deuxième succursale de

Saint-Étienne-du-Mont, ne possède qu'un très petit nombre d'objets d'art, parmi lesquels on remarque une Samte-Geneviève de Watteau, et un Mariage de la Viet'ge, de Caminade.

Saint-Médard est cure de deuxième classe.

Saint-Merri ou Merry , rue Saint-Martin , était, au VHP siècle, une chapelle, bâtie à une époque inconnue, qui prit le nom de Saint- Médéric (par abréviation Merri), mort près de là le 29 août 700, et enterré dans cette chapelle, dédiée jusque-là à Saint-Pierre.

La chapelle, érigée en collégiale, étant devenue trop petite, Odon, ou Eudes, le Fauconnier fit construire une nouvelle église, sous le titre de Saint-Merri, dans laquelle il fut enterré. Au XVP siècle, une reconstruction fut nécessaire.

L'église actuelle fut commencée en 1520 et terminée seulement en 1612.

Une crypte a été ménagée à la place du caveau où se trouvait le tombeau de saint Merri.

Cette église possédait de magnifiques vitraux de Pinaigrier, Parray et Nogase, qui furent enlevés dans le courant du XYTIP siècle, lorsque la fabrique fit exécuter des embellissements par lesquels l'édifice a perdu, en plusieurs parties,

son caractère primitif; on y a fait dernièrement des restaurations mieux ordonnées.

Sainl-Merri contenait un grand nombre de sépultures, enlre autre celle du poète Chapelain et celle du ministre Pomponne.

Saint-Merri était une des quatre églises appelées les Filles de Notre-Dame.

En 4790, le chapitre de Saint-Merri, composé de sept chanoines, avait un revenu de 31,013 livres 44 sous 6 deniers, et une dépense de 7,226 livres 18 sous. Le curé avait 0,042 livres de revenus, grevé d'une charge de 1,186 livres 9 sous.

De 1797 à 1803, Saint-Merri fut affecté au culte des Théophilanthropes sous le nom de Temple du Coynmerre.

Sculptures : Savit Sebastien, parDehay ; Piefa, et la chaire, par Stndtz.

Tableaux : Saint Pien'e , de Restout ; — Réparation d'un sac?'ilc'ge, de Belle; — Saisit Mer7'i, de Simon Youet ; — Viei'ge et enfant Jésus, Saint Charles Burromée, de G. Yanloo ; — Scènes de la vie de Marie yilacoque, par S. Cornu ; — Saint Vincent de Paul, esclave, opérant des conversions, par Lepaulle ; — Scènes de la vie de sainte Marie Éqyjttienne, par Chassériau ; chapelle

Scv'nte Philimiène, par Duval; — Descente du Saint-Esprit, par Lehmann.

Saint-Merri est cure de deuxième classe. Ses revenus dépassent 53,000 francs.

Saint-Michel-des-Batignolles, rue Saint-Jean (XYII arrondissenirnt), est encore une église récente sans caractère et sans style, où le visiteur n'a rien à chercher.

Missions-Étrangèues. — Voir ci-dessus Saint- Françuis-Xavier.

Saint-Nicolas (chapelle), rue du Faubourg- Saint-Honoré, a été construite vers 1780, sur les dessins de Girardin, aux frais du financier Beaujon, qui la dédia à son patron.

Saint-Nicolas-des-Ciiamps, rue Saint-Martin, à l'angle de la rue de Turbigo, était originairement une chapelle, datant du XIP siècle, bâtie pour les gens de service du prieuré Saint-Martindes-Champs et pour les habitants qui étaient venus s'installer dans le voisinage.

La chapelle fut réparée et agrandie en 1390,

1420, 1489 et 1576. Le portail méridional est une œuvre élégante du style Renaissance. L'architecture intérieure a été gravement altérée par les restaurations successives.

Sculptures : Anges consolateurs, par Sarazin.

Tableaux : Assomption, de Simon Vouet; — Descente de croix„ Sébastien Bourdon ; — Saint Charles Borromée^ Dieu le Père, par Godefroy;

— Jésus bénit les enfants, par Sébastien Bourdon ;

— Sainte Cécile, par Landelle; — Saint Etienne visitant les malades, Martyre de Saint Etienne, par L. Gogniet; — Peintures de Gaminade et Delestre dans la chapelle de la Vierge ; — orgues par Gliquot.

En 1797, Saint-Nicolas devint un temple des Théophilanthropes, dédié à VHijmen.

En 1790, l'église avait environ 50,000 livres de revenus et 40,000 livres de charges. Le curé avait 10,000 livres de revenus, charges déduites.

Saint-Nicolas-des-Champs contenait de nombreuses sépultures. Les chapelles sont pavées, en grande partie , de pierres tombales avec épilaphes.

Saint-Nicolas-des-Ghamps est cure de première classe.

Saint-Nicolas-du-Chardonnet, rue Saint-Victor, tire son surnom des chardons qui poussaient dans le terrain où cette église est construite, et non pas des Chardonnerets, confime le croient et le disent beaucoup de gens.

La première église bâtie en ce lieu datait du XIIP siècle et vécut jusqu'en 1636, époque oîi il fallut l'abattre pour l'empêcher de tomber d'ellemême. On construisit alors l'église actuelle, à laquelle manque encore le portail. On va probablement lui en faire un, maintenant qu'elle se trouve en bordure d'une large voie.

Dans cette église furent enterrés Santeuil, Jérôme Bignon et ses deux fils, Paulmy et Marc- René d'Argenson, et la mère de Lebrun dont on voit encore le tombeau, exécuté sur les dessins de Lebrun par Colignon et Tuby, et placé dans une chapelle qui contient aussi , outre un tableau de Lebrun {Saint Chat-Ies Bo)T07née), une pyramide élevée à la mémoire de ce peintre célèbre, accompagnée de figures allégoriques et surmontée du buste de Lebrun par Coyzevox.

Le tombeau des Bignon, encore subsistant, est l'œuvre d'Anguier et de Girardon.

Peintures : Martyre de saint Sébastien, par Dupuy ; — Jésus aie jardin des Olives, par Des-

^2o0 LES EGLISES DE PARIS

touches; — La Vierge et le C/n-ist mort, attribué à Valenlin; — Mù-ocle de Moïse, par Lebrun; Saint Bernard, par Le Sueur; — la fille de Jarre; — La manne, par Ch. Coypel ; — Baptême du Christ, par Corot; — Le Christ au tombeau, par Mignard ; — Mariage de la Vierge, Bepos en Egypte, attribués à ce môme peintre.

NoTRF. - Dame - d'Auteuil , place de l'Eglise (XVr arrondissement), était, comme son nom l'indique, la paroisse du village d'Auleuil, réuni à Paris en 1800. La tour date du XT ou XIT siècle, ce qui ferait remonler à celte époque l'origine de l'église, reconstruite au XVIP siècle.

La place qui s'étend en avant est formée, en partie, de l'ancien cimetière. On y voit une espèce d'obélisque en marbre rouge, avec socle en marbre bl.inc. C'est le tombeau du chancelier d'Aguesseau et de sa femme Anne Lofèvrc d'Ormesson. Une inscription gravée sur le socle constate que ce monument fut restauré par ordre du gouvernement, en l'an LX.

Notre -Dame -DE -Bercy, rue du Commerce (XII* arrondissement\ édifice sans style, construit il y a une quarantaine d'années, était

ISO TES Kl l'.E.NSEIGNE.MENTS 2.^1

l'église de la commune de Bercy, réunie à Paiis en 1860.

La cure est de première classe.

Xotre-Dame-de-Bonne-Nouyelle , située rue du même nom, fut originairement bâtie, en loo2, pour les paroissiens de Saint-Laurent, qui demeuraient trop loin de celte dernière église. Mais il ne fut permis de lui donner que 13 toises de long sur 4 de large; elle était alors dédiée à saint Louis et à sainte Barbe (Une rue voisine s'appelle encore rue Suinte-Barbe). Cette première église fut détruite, en 139-4, avec le bourg Bonne-Nouvelle, lors du siège de Paris par Henri IV. On la reconstruisit, en 1624, sous le vocable actuel. Devenue trop petite, elle fut démolie de nouveau, puis reconstruite de 1823 à 1828, sur les plans de M. Godde.

Cette église porte aussi le nom de !Solre-Daniede-Recouv7wnce.

Notre-Dame-de-Bonne-Xouvelle n'olfre rien de curieux, pas plus à l'intérieur qu'à l'extérieur.

En 1790, la cure rapportait 2,310 livres avec 330 livres de charges.

Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux , rue des Blancs-Manleaux, devait, ainsi que la rue, ce nom aux religieux dits Serfs de la Vierge Marie, que Louis IX établit dans ce lieu en 1238 et qui portaient des manteaux blancs. La désignation populaire s'est perpétuée, bien que les Serfs de la Vierge, supprimés en 1274, aient été remplacés par des Ermites de Saint-Guillaume ou Guillemites, vêtus de noir, lesquels, en 1648 se réunirent à la congrégation des Bénédictins de Saint- Maur. Le monastère fut reconstruit en 1683, et le chancelier Le Tellier posa la première pierre de l'église actuelle.

Le 21 novembre 1407, le corps du duc d'Orléans, assassiné rue Vieille-du-Temple, fut déposé dans l'église des Blancs-Manteaux, et Jeansans-Peur, l'assassin, vint s'agenouiller près de sa victime en maudissant les meurtriers.

C'est dans ce monastère qu'ont été composés, ou tout au moins commencés, les beaux travaux historiques qui ont illustrés la congrégation de Saint-Maur et le nom des bénédictins, travaux que continue, de nos jours, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

En 1790, le couvent des Blancs-Manteaux possédait 31 ,773 livres 2 sous 9 deniers de revenu

et avait 12,300 livres 10 sous de charges; ses propriétés immobilières étaient considérables à Paris et dans les environs. (On en trouve le détail dans VHistoire du diocèse de Paris de l'abbé Lebeuf, édition Cocheris, tome I, page 374). La bibliothèque se composait de 13,000 volumes.

Lors de la fermeture du couvent, les commissaires de l'Assemblée constituante autorisèrent les bénédictins dom Clément, dom Brial et dom Labbat à emporter les ouvrages dont ils avaient besoin pour leurs travaux historiques.

Les bâtiments conventuels ont été démolis, et l'emplacement à servi à ouvrir la rue des Guillemites, dont le nom rappelle les anciens habitants de ce monastère.

L'église, récemment restaurée, a été dotée, mais non pas décorée, du portail de l'ancienne église des Barnabites de la Cité.

Notre-Dame-des-Champs, rue de Rennes, n'est encore qu'une église provisoire, bâtie en 1856, en attendant la construction d'une église définitive qui doit être élevée sur le boulevard du Montparnasse.

L'édifice actuel est tout en bois.

-2bi LES EGLISES DE PARIS

Le titre de Notre-Dame-des-Champs rappelle un ancien prieuré, silué rue d'Enfer, où vinrent s'établir, plus tard, les Carmélites.

Notre-Dami::-de-Clignancol"rt, rue des Portes- Blanches (XVIIP arrondissement) a été construite de 1859 à 1865, sur les plans de M. Lequeux, pour le quartier de Clignancourt, qui faisait partie de la commune de Montmartre, annexée à Paris en 1860. Rien à voir dans cette église.

Notre-Dame-de-la-Croix, chaussée de Ménilmontant (XX' arrondissement), n'est qu'une église provisoire à cùLé de laquelle on en construit une assez vaste.

Notre-Dame-de-la-Gare, place Jeanne-Darc (Xlir arrondissement), est aussi une église construile dans ces dernières années pour le quartier d'il de la Gcwe.

Notre-Dame-de-Loreïte (voir page 700) était autiefois une petite chapelle, dite aussi Nolre- Dame-des-Porclierons, bâtie en 1645 et située rue Coquenard (aujourd'hui rue Lamartine) sur

iNOTES ET RENSEIGNEMENTS 2oo

l'emplacement qu'occupe la maison n° 54. Elle relevait de l'abbaye de Montmartre.

Vendue en 1796, elle fut démolie. Les orgues en subsistent encore, transportées à l'église Saint-Pierre de Montmartre.

Lors du rétablissement des paroisses, le titre de Notre-Dame-de-Lorette fut transféré à une autre chapelle dite de Sa{nt-Jean-Po7'te- Latine, située dans la rue du Faubourg-Montmartre, bàlie vers 1780, et remplacée par des écoles communales. C'est là qu'eurent lieu les obsèques du général Foy.

Cette chapelle était insuflisante; la construction d'une église fut alors décidée. On fit choix d'un terrain placé en face de la rue d'Artois (rue Lattitte) et les travaux commencèrent en 1824 sur les plans et sous la direction de M. H. Lebas. L'église ne fut achevée qu'en 1836 ; elle a la forme d'une basilique romaine.

L'extérieur en est sévère et même un peu nu. Le fronton, sculpté par Nanteuil, porle les slalues des trois vertus théologales par Foyatier, Lemaire et Laitié.

A l'intérieur, Notre-Dame-de-Loretle est la plus mondaine des églises de Paris. Tout est stuc, marbre, dorure, peintures : c'est la vraie

paroisse du demi-monde, auquel elle a donné son nom de Lorette.

Nolre-Dame-de-Lorette a un revenu qui excède 80,000 francs. La cure est de 1" classe.

Peintures: Cène, Résurrection du Christ, et autres sujets, par Perrin (chapelle du Saint- Sacrement) ; — Conversion et Martyre de saint Hippoli/te, par Hesse ; Funérailles du même saint, par Coutand, et Portrait, par Bézard; — Saint Hyacinthe, par M'" Varcollier, et deux tableaux par A. Johannot; — Vœu et Extase de sainte Thérèse, parLanglois; Mort de sainte Thérèse, par Gaminade ; Portrait, par Decaisne ; — Sainte Geneviève guérit sa mère, Apothéose, par E. Devéria ; Portrait, par M""' Dehérain; Saint Germain bénit sainte Geneviève, par Dejuinne; — Chapelle Saint- Philibert, par Schnetz; Portrait, par Étex jeune; — Saint Etienne faisant l'aumône. Saint Etienne traîné au supplice, par Champmartin ; Martyre de saint Etienne, par Couderc; Portrait, par Goyet; — Chapelle des Fonts, par Roger; — Chapelle de la Vierge, par M. Orsel ; — Chapelle des Morts, par M. Blondel.

Dans la nef : Naissance de la Vierge, par Monvoisin ; Consécration, par Vinchon ; Mariage, par Langlois; Annonciation, par Dubois, Visitation,

NOTES ET RENSEIGNEMEiNTS 257

par Goatand ; Nativité, par Hesse; Adoration des Mages, par Granger ; Assomption, par Dejuinne ; — Présentation au temple, par Heim ; Jésus avec les Docteu7^s, par DroUing ; — Évangélistes, par Delorme ; — Couronnement de la Vierge, par Picot. Une œuvre signée Gavarni manque à cette église, métropole du demi-monde.

Notre-Dame-de-Plaisakce (XIV ' arrondissement), bâtie nouvellement pour le village de Plaisance, réuni à Paris en 1860.

Notre-Dame-des-Victoires, appelée vulgairement les Petits-Pères, est l'ancienne église du couvent des Augustins réformés dits Petits- Pères. Ces Augustins, appelés à Paris, en 1607, par la reine Marguerite, qui leur donna un terrain au Pré-aux-Clercs, expulsés quelques années après, revinrent en 1619, se logèrent d'abord rue Montmartre, près Saint-Joseph, puis, en 1628, achetèrent, rue du Mail, un terrain où ils bâtirent leur monastère. Louis XIII posa la première pierre de l'église le 9 décembre 1629 et lui donna le nom de Notre-Damedes-Victoires, en souvenir de ses victoires sur les protestants. La construction en fut longue

et dispendieuse, car elle dura jusqu'en JT40 et coûta 1,200,000 livres.

Il est vrai que, dans ce laps de temps, on changea les proportions de l'édifice et qu'on l'agrandit de telle façon que l'église primitive est devenue la sacristie de l'église actuelle. Celle-ci est l'œuvre de Libéral Bruant et de Gabriel Leduc; le portrait est de Cartault.

Le couvent des Petits-Pères était vaste et riche; il s'étendait jusqu'à la place actuelle de la Bourse, et ce sont ces religieux qui ont fait bâtir, pour les louer, les maisons encore subsistantes entre les rues Notre-Dame-des-Yictoires et de la Banque.

En 171)0, le monastère comptait cinquante religieux et dix serviteurs. Ses revenus montaient à 51,116 livres; ses dépenses n'étaient que de 29,180 livres 13 sous 9 deniers. Ses biensfonds et son mobilier représentaient un capital de 2,994,895 livres 13 sous 4 deniers. Il possédait une bibliothèque de 40,000 volumes, des tableaux, des médailles, des antiquités, un cabinet d'histoire naturelle.

L'église Notre-Dame-des-Vicloires servit de Bourse pendant quelques années et fut rendue au culte en 1809.

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Mémorandum

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NOTES ET RENSEIGNEMENTS 2oU

On voit dans celte église les tombeaux de Lulii et de Jean Vassal, par Colton.

Au-dessus du bénitier est gravée cette inscription, renouvelée de Sainte-Sophie de Constantinople :

Ntiov a voiJLr, iji.aTa [at; 'j.ov otvod'.v

qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche et signifie : Lavez vos péchés et non pas seulement votre visage.

Tableaux (autour du chœur) par Vanloo : Actions de grâces pour la prise de la Rochelle; — Baptême de saint Augustin; — Sacre de saint Augustin; Mort de saint Augustin; — Saint Augustin prêchant à Hippone ; — Saint Augustin et les Donatistes ; — Translation des reliques de saint Augustin.

Statue de Saint Augustin, par Pigalle.

Notre-Dame-des-Yictoires est le centre de la dévotion à l'Immaculée-Conception. C'est une cure de 1" classe.

Les bâtiments du couvent furent longtemps affectés, partie à la mairie du lir arrondissement, partie à une caserne. Sur le terrain qu'ils occupaient on a ouvert les rues de la Banque et Paul-Lelong, construit la mairie du nouveau

-im LES EGLISES DE PARIS

IIP arrondissement et reconstruit la caserne de la garde de Paris.

Saint-Philippe-du-Roule, dans la partie de la rue du Faubourg-Saint-Honoré qui s'appelait Faubourg du Roule, existait déjà au Xlir siècle, comme chapelle d'une léproserie dite Hostel du bas Rolle. Érigée en paroisse au XVIIP siècle, elle a été reconstruite, sur les plans de Chalgrin, de 4760 à 1784, et agrandie récemment.

La coupole de l'hémicycle a été peinte par Ghassériau [Descente de Croix), la chapelle de la Vierge par Jacquand {Assomption). On y voit, en outre, un tableau par Degeorges (Martyre de saint Jacques).

Saint-Philippe-du-Roule est la seconde succursale de la Madeleine.

Saint PiERRii-DE-CnAiLLOT, rue de Chaillot , existait déjà au XV siècle et dépendait alors de Saint-Martin -des -Champs. Rebâtie dans la suite, mais encore selon le style ogival, elle subit, aux XVIP et XVIIP siècles, des réparations qui l'ont dénaturée.

Cette église» troisième succursale de la Madeleine, ne possède aucun objet d'art. La cure est de première classe.

NOTES ET UENSEIGÎVEMENTS '■261

Saint-Pierre-du-Gros-Gaillou, rue Saint-Dominique, 170. — Le quartier qu'on appelait la G)'enoi(/'llère , parce qu'il s'étendait jusqu'aux bords marécageux de la Seine, puis du Gi^os- Caillou, à cause d'un bloc de pierre, ancienne borne de propriété, appartenait à la paroisse Saint-Sulpice, mais se trouvait fort éloigné de l'église. En 1652, on y bâtit une petite cbapelle, qui dura fort peu de temps. En 1738, on construisit une église plus grande; enfin, en 1763, on posa la première pierre d'une troisième église, qui n'était pas achevée lors de la Révolution et fut démolie en 1798.

En 1822 , l'emplacement de cette église fut racheté par la ville, qui fit construire l'édifice actuel sur les pians de M. Godde,

Rien à voir dans cette église.

Saint - Pierre - de - Montmartre , Petite - Rue - Saint-Denis (XVIir arrondissement), est la plus ancienne église des territoires annexés en 1860, et une des plus anciennes du Paris actuel.

Dès les premiers temps du christianisme en Gaule, il y eut sur le sommet de Montmartre une église qui paraît avoir eu de l'importance, et qui fut détruite par les Normands. A la place

fut bâtie une chapelle qui appartenait, au XII' siècle, au monastère de Saint-Martin-des- Champs. A la prière de sa femme Alix, le roi Louis VI Tacheta en 1133 et fit construire l'église actuelle, qui fut bénie par le pape Eugène III. Louis YI construisit, en outre, un monastère, qu'il dota largement et où il installa des bénédictines. Ce monastère prospéra, s'enrichit; les mœurs, primitivement très austères, se corrompirent si bien qu'au XV° siècle l'évèquc de Paris dut essayer de les réformer en adjoignant aux bénédictines des religieuses de Fontcvrault. En 1539, le monastère fut presque détruit par un incendie, mais restauré aussitôt. Les guerres de religion amenèrent de nouvelles causes de désordre. Henri IV, assiégeant Paris, établit des batteries à Montmartre, logea de sa personne à l'abbaye et devint l'amant de l'abbesse Claude de Beauvilliers. Marie de lieauvilliers, nièce et successeur de Claude, résolut de rétablir l'ordre dans le monastère, mais ce ne fut pas sans risquer plusieurs fois de périr par le poison. Sa vie, du moins, en fut abrégée, et, poursuivie jusque dans la mort, elle passa pour avoir joué près du roi le rôle (jui ftil celui de sa tante.

Montmartre devint abbaye royale, c'est-à-dire que les abbesses, au lieu d'être élues par les religieuses, étaient nommées par le roi. On compta alors parmi elles des femmes appartenant aux plus hautes familles et même des princesses de sang royal. Plusieurs ont laissé leur nom à des rues ouvertes sur les dépendances de l'abbaye : rue La Rochefoucauld, Laval (Montmorency), Bellefonds, La Tour-d'Auvergne, Rochechouart.

Louis XIV fit construire, à mi-côte de la montagne, de nouveaux bâtiments pour remplacer ceux du sommet qui tombaient en ruines et où il faisait trop froid. L'église de Louis VI fut alors affectée au service paroissial du village de Montmartre.

Des bâtiments du XIP siècle et de ceux de Louis XIV il ne reste pas vestige. La vieille église est seule debout. Sur l'abside on éleva, pendant la Révolution, une tour, au sommet de laquelle fut placé un télégraphe. Le télégraphe a disparu ; la tour subsiste encore, inutile et dénaturant l'abside, curieux morceau d'architecture qui n'a d'égal à Paris que l'abside de Saint-Martin-dcs-Champs.

Bien que défigurée intérieurement par d'ab-

26i LES ÉGLISES DE PARIS

sur des réparations, déshonorée au siècle dernier par un portail ridicule et un clocher barbare, l'église Saint-Pierre mérite la visite attentive des archéologues.

Deux colonnes de marbre noir placées audessous des orgues, deux autres semblables dans l'abside, plusieurs chapiteaux de marbre blanc surmontant des colonnes de la nef, proviennent de l'église primitive de Montmartie, peut-être même du temple païen de Mars qui existait, du temps des Romains, sur la montagne, et dont Sauvai voyait encore quelques vestiges.

Au midi de l'église se trouve une sorte de jardin appelé le Calvan-e, où l'on voit quelques débris provenant de l'ancien monastère, entre autres une belle pierre tombale d'abbesse , du XIP siècle, portant, gravée en creux, l'eftigie de l'abbesse revêtue du costume de sa dignité et tenant la crosse. Cette pierre, après avoir servi, pendant près de quarante ans, de margelle à la fontaine du But, située sur le versant nord de la montagne, est encore exposée aux injures de l'air...

Au nord de l'église est le vieux cimetière de Montmartre, contenant encore quelques tombes abandonnées, dont l'une est celle deUougainville.

Les orgues de l'église viennent de l'ancienne église Notre-Dame-de-Lorette.

La cuve baptismale est du XVP siècle.

La reine Alix était enterrée dans cette église, ainsi que plusieurs abbesses. Rien n'indique plus leurs sépultures. Rien cependant ne témoigne que les tombes aient été violées à la Révolution.

Saint-Pierre-de-Montmartre est cure de première classe.

Saint-Pierre-du-Petit-Montrouge , carrefour des Quatre-Chemins (XI V arrondissement), a été construite tout récemment pour le quartier formé au Petit-Montrouge, détaché de la commune de Montrouge et réuni à Paris en 1860.

La cure est de première classe.

Saint-Roch , rue Saint-Honoré , a été précédé par deux chapelles : l'une dite de Sainte- Suzanne, dont l'origine n'est pas connue; l'autre, des Cinq-Plaies, fondée, en 1521, par Jean Dinocheau.

Ces deux chapelles furent remplacées , en 1587, par une église qui devint paroisse en

1633. Celle-ci ne suffisant plus, on résolut d'en construire une nouvelle, dont Louis XIV et sa mère Anne d'Autriche posèrent la première pierre, le 28 mars 1633. Le portail est de Robert de Cotte. La construction de cet édilice dura longtemps et ne fut terminée qu'au XVIIP siècle par le moyen d'une loterie.

En 171)0, la cure de Saint-Roch rapportait 8,703 livres avec 6,742 livres de charges. La communauté des prêtres avait un revenu de 12,300 livres et 12,530 livres de dépense.

La paroisse actuelle jouit d'un revenu de plus 100,000 francs.

Saint-Roch contenait de nombreuses sépultures, entre autres celles de Pierre Corneille, de M"" Deshouliôres, de Mignard, de Régnier Desmarets, de M'" de La Yallière, etc.

En 17'.3o, cette église fut donnée aux Théophilanlhropes et devint le temple du Génie.

Celte même année, dans la journée du 13 vendémiaire, les sections insurgées se portant vers la Convention, un de leurs détachements occupa le perron de Saint-Roch. Bonaparte fit d'abord tirer sur eux à mitraille, puis lança à l'assaut un bataillon de volontaires patriotes qui délogea les royalistes. La façade de l'église a

longtemps gardé la marque de la mitraille et des balles.

Après la Restauration, Saint-Roch recul divers objets d'art provenant du Musée des monuments français, notamment des groupes et statues d'Anguier, de Falconet, d'Adam, de J,-B. Lemoine, les mausolées de Maupertuis, du cardinal Dubois, de Mignard. De ce dernier on a détaché la statue de sa fille , M"' de Feuquières, que l'on a placée, sous le nom de la Madeleine, au pied de la croix dans le Calvaire. La décoration de ce Calvaire a été exécutée sur les dessins de Falconet, qui a fait les sculptures de la chapelle de la Vierge, dont le plafond a été peint par Pierre. Ce même peintre a fait le plafond de la chapelle de la Communion, dont les sculptures sont de Paul Slodtz.

Le portail de Saint-Roch a été restauré dans ces dernières années.

La cure est de deuxième classe.

Sculptures : Nativité du Christ, par Fr. Anguier ; — Christ en croix, par Michel Anguier ; — Madeleine, saint Joachim et sainte Anne, Baplê)ne du Christ, par Lemoine; — Saint Roch, par Coustou; — Les Pères de lt'<iJise latine, Christ

agonisant, Y)arYA\cone\.: — Bw^le de le Nos tfe, parCoyzevox; — Cardinal Dabois, parG. Coustou; — Médaillons du Maréchal de Lesdiguières, par Couslou, de Madame Lalive de Sully, par Falconet; — Statue de Créqui, tombeau de MauperUiis, par d'Huez; — Crucifiement, par Duseigneur; — Christ au tombeau, par Deseine; — Vierge, par Bogino; — Tombeau de l'Abbé de VÉpée, par Préault; — Mignard, par Desjardins.

Tableaux : Triomphe de Mardochée, par Jouvenet; — Circoncision, par Restout: — Résurrection de Lazare, Christ et les enfants, Prédication de saint Denis, par Vien ; — Miracle des Ardents, par Doyen; — Jésus chassant du temple les vendeurs, par Thomas; — Fille de Jaïre, par Delorme ; — Saint Sébastien, par Rémy ; — Capucins faisant lownéme, par Ogier; — Saint Jean da)is le désert, par Champmarlin; — Vœu à la Madone, par Schnelz ; — Christ en croix, par Abcl de Pujol; — t Eunuque baptisé, par Ghasscriau.

Ghapelles : des Fonts, par Durcau ; — de l'Enfant-Prodigue, par Guantin ; — des Saintes- Femmes, par Charpentier; — de Saint-É tienne, par Roux; — du Purgatoire, par Boulanger; —

iNOTES ET RENSEIGNEMENTS 269

de Saint- Vincent-de-Paul, par Porion ; — de Saint- François-de- Paille, par Ary Scheffer et Loyer; — de Saint-Charles-Borromée, par Raymond Balze ; — de Sainte-Clotilde, parDevéria; — de Sainte- Madeleine, par Brisset; — de Sainte-Thérèse, par Bohn; — de Sainte-Catherine, par Bniiu.

Saint-Séverin, rue Saint-Séverin, doit son origine à un oratoire, appelé d'abord Saint-Clément, et qui prit le nom du solitaire saint Séverin lorsque celui-ci, après y avoir vécu, y mourut et y fut enterré au YP siècle. Le roi Henri I" donna, en 1031, cet oratoire à l'évêque de Paris. L'église actuelle fut commencée vers la fin du Xl^ siècle, réédifiée au XYP, agrandie et dénaturée au XVIP.

Autrefois l'église Saint-Séverin distribuait, chaque année, un prix de vertu aux cinq tilles les plus sages de la paroisse. En trouverait-elle aujourd'hui le placement dans ce quartier d'étudiantes'*

C'est à Saint-Séverin que furent placées les premières orgues que l'on ait entendues à Paris. Le buffet actuel est du XVIIP siècle.

L'église Saint-Séverin possédait autrefois de nombreuses sépultures, parmi lesquelles celles

d'Etienne Pasquier, Scévole de Sainte-Marthe, Louis Moréri, etc.; on voit encore une assez grande quantité d'inscriptions funéraires.

L'église a conservé de beaux vitraux des XY' et XVI' siècles.

En 1790, la cure de Saint-Séverin rapportait environ 5,000 livres et avait près de 1,900 livres de charges.

Peintures : Prédicalioii de saint Jean-Baplisle^ Baptême du Christ^ la Cène, Saint Jea)i à Pat/tnivs, Saint Jean plongé dans l'huile bouillante, Vocation de saint Jean et de saint Jacques, par Hipp. Flandrin ; — Xaissance de la Vierge, Présentation, par Heim; — Mariage de la Vierge, Fuite en Egypte, par Signol ; — Prédication de saint Pierre, Martyre de saint André, ^av Schnelz ; — Repentir de saint Pierre, Saint Pierre et saint Paul en prison, Conversion de saint Paul, Glorification des deux apôtres, par Biennoury; — Le Christ chez Marthe et Marie, Madeleine aux pieds de Jésus, Madeleine au désert , par Murât ; — Sainte Geneviève faisant r aumône, la Peste à Paris, Communion de sainte Geneviève, Sainte Geneviève bergère, par Alex. Hesse; — Scènes de la vie des deux saints Séverin, par Cornu ; — Jhdzunce à Marseille, Conununinn de saint Gérôini', \)av

Gérôme; — Sain/ Louis porlaiH la couroane d'épines, Mort de saint Louis, par Leloir; — Saint Charles Borromée à Milan, Mort de saint Charles Borromée, par Jobbé Duval; — Scènes de la vie de saint François de Sales, par Steiiibell.

Entre les charniers de Saint-Séverin se trouve le jardin du presbytère autrefois cimetière de l'église, où fut pratiquée pour la première fois l'opération de la pierre, en janvier 1374, sur un voleur condamné à mort, qui obtint sa grâce.

Saint-Séverin est une des églises de Paris qui méritent le plus d'être visitées.

La cure est de deuxième classe.

Saint-Sulpice s'élève sur le même emplacement où existait précédemment une église du Xlir siècle dédiée à saint Pierre, qui avait été construite pour suppléer à l'insuffisance de la chapelle portant le même vocable, mais qu'on appelait par contraction Saint-Père, et qui a laissé son nom, singulièrement altéré, à la rue où elle était située (rue des Saints-Pères).

Dès le XIV siècle, Téglise Saint -Pierre portait généralement le titre de Saint-Sulpice. Devenue, à son tour, insuffisante, elle fut abba-

tue au XVIP siècle pour faire place à une église plus vaste, dont Anne d'Autriche posa la première pierre le 20 février 1646, et dont la construction fut dirigée par Christophe Gamart, qui en avait dressé les plans. Les travaux durèrent longtemps. Levau, puis Gittard, succédèrent à Gamart. En 1678, on s'arrêta, faute de fonds. Le curé Languet de Gergy sollicita le zèle des paroissiens, obtint du roi une loterie, et l'on se remit à l'œuvre. Gittard fils, secondé par Oppanord, éleva le portail de la rue Palatine. Celui de la façade fut construit en 1733, par Servandoni. Après cet architecte, Chalgrin entreprit, en 1777, de modifier le plan de la partie supérieure et des tours. Il refit la tour du nord, mais la Révolution l'empêcha de toucher ci celle du sud, qui, commencée en 1749 par Maclaurin, resta et est encore inachevée. C'est pour cette raison que les deux tours sont dissemblables et d'inégale hauteur, et non pas, comme le prétend une erreur populaire, parce que les cathédrales seraient seules en droit d'avoir des tours égales.

La galerie du portail principal présente quatre socles destinés à recevoir autant de statues. Les statues sont faites depuis longues années et

attendent, dans la galerie même, qu'on se décide à les mettre en place.

A l'intérieur, on remarque surtout la chapelle de la Vierge ; sur la coupole François Lemoine a peint une Assomption d'un bel effet; les sculptures sont des frères Slodtz. La statue de la Vierge est de Pigalle ; elle est éclairée par un jour venant d'en haut. Les panneaux sont de Vanloo.

Si l'architecture de l'église est un peu massive, la grandeur des dimensions permet de donner aux cérémonies religieuses une pompe très développée.

Saint-Sulpice était, avant la Révolution, une des paroisses les plus étendues et les plus riches de Paris. En 1790, le curé déclarait un revenu de plus de lo,000 livres pour la cure, mais aussi des charges montant à plus de 20,000 livres. La communauté des prêtres possédait 42,813 livres de revenu, celui des pauvres montait à 10,961 livres. La paroisse possédait depuis peu un hospice fondé par Louis XVI en 1778, et qui est devenu l'hôpital Necker.

En 1785, Saint-Sulpice fut concédé aux Théophilanthropes, qui en firent le temple de la Victoire. C'est là que, le 5 novembre 1799, fut

r>-6 LES ÉGLISES DE PARIS

donné un grand banquet au général Bonaparte. L'église Saint-Sulpice renferme un grand nombre de tableaux et de statues généralement assez médiocres. Dans le nombre on distingue : dans la chapelle des Saints-Anges, Saint Michel vainqueur de Satan (plafond), Héliodore battu de verges, Jacob luttant avec l'Ange, par Eugène Delacroix; — les Ames du Purgatoire, par Heim:

— Saint Bach, par Abel de Pujol ; — Saint J/au- ?7ce, parVinchon; — Saint François Xavier, par Lafon ; — Saint François de Sales, par Hesse ; — Saint Paul, parDrolling; — Saint Vincent de Paul, par Guillemot; — Saint Jean, par Gîeize;

— Saint Denis, par Jobbé Duval.

La cuve baptismale est du XVr siècle, la chaire est du XVlir. Le buffet d'orgues est de Cliquot; il a été restauré en 1861, par M. Cavaillé-Coll.

Les bénitiers sont formés de deux gigantesques conques marines données par François P", qui les avait reçues en cadeau de la République de Venise; elles sont placées sur des supports figurant des rochers, sculptés par Pigalle.

Saint-Sulpice contenait un assez grand nombre de sépultures, entre autres celles du maréchal de Lowendal, de la duchesse de Lauraguais, de Claude Dupuy, de Jouvenet, de Baluze, etc. On

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voit encore dans l'église le tombeau du curé Languet de Gergy, œuvre de Michel Slodlz, et celui d'un autre curé, M. Pierre.

Dans le transsept, on remarque une méridienne, tracée sur les dalles de l'église par une ligne de cuivre qui se prolonge du bas en haut d'un obélisque en marbre blanc oij sont figurés les signes du zodiaque. Celte méridienne a été exécutée, de 1723 à 1748, par H. Sully et Lemonnier, pour indiquer Téquinoxe de printemps et le jour de Pâques. Au moment du midi, vrai, un rayon de soleil, pénétrant (si le jour est serein) par une ouverture circulaire ménagée dans la fenêtre du transsept méridional, à une hauteur de 25 mètres, suit la ligne de cuivre et monte le long de l'obélisque, qui a 18 mètres de haut.

Saint-Sulpice est renommé pour l'éclat des cérémonies, surtout aux fêtes solennelles.

La fête de saint Fiacre, patron des jardiniers (30 août), y est célébrée avec un grand luxe d'arbustes en fleurs.

Saint-Sulpice est cure de r° classe. Les revenus de la paroisse dépassent 100,000 francs.

Saint-Thomas-d'Aquin était l'église du Noviciat des Dominicains ou Jacobins, fondé en 1631, par

la protection de Richelieu, au faubourg Saint- Germain, dans la rue des A^aches, à laquelle ils obtinrent l'autorisation de donner le nom de Saint-Doiitiniqiie, fondateur de leur ordre, nom qui existe encore. Leur installation fut d'abord modeste. Devenus plus riches, ils résolurent de faire construire une église assortie à leur fortune. Pierre Bullet en donna les plans, et la première pierre en fut posée, le 5 mars 1683, par l'archevêque d'Albi et la duchesse deLuynes, Anne de Rohan Montbazon. L'église était achevée l'année suivante. Le plafond du chœur a été peint par Lemoine en 1724.

Les bâtiments conventuels furent construits de 1682 à 1740.

L'église contenait, entre autres sépultures, celle du maréchal de Navailles et celle de François Romain, religieux de la maison, qui a construit le pont Royal.

En I7î)0, le couvent avait un revenu de 90,078 livres et des charges de 44,207 livres. Il possédait une bibliothèque do douze à treize mille volumes.

En 1795, l'église concédée aux Théophilanthropes devint le temple de la Vnix. Ce titre ne fut pas une vérité, car c'est dans ce temple (juc

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naquirent les dissidences qui amenèrent la ruine de la nouvelle secte.

L'église fut rendue au culte en 1803.

Les bâtiments conventuels sont affectés au Musée (F artillerie.

Saint-Thomas-d'Aquin possède une Descente de Croix, de Guillemot, et Saint Thomas apaisant une tempête, par AryScheffer. Lespeintures des transsepts et de la coupole du rond-point sont de Blondel.

Saint-Thomas est cure de 2' classe.

La Trinité fut d'abord une petite chapelle située rue de Calais et construite en 1840. Bientôt insuffisante, cette église fut transférée dans un édifice bâli en 1834 vers le bas de la rue de Clichy et dépourvue de toute valeur artistique. Enfin, un décret du 23 décembre 1860 prescrivit la construction d'une église définitive sur des terrains compris entre les rues de Clichy, Blanche et Saint-Lazare, dans l'axe de la rue de la Chaussée-d'Antin. Les travaux ont été commencés en juin 1861, sur les plans et sous la direction de M. Ballu, architecte.

La façade, très richement sculptée, a un porche à trois arcades, où l'on peut arriver

en voilure par 'ûenx rampes douces. Au-dessus règne un étage élégant avec une galerie, une à jour et deux fenêtres géminées, comme on en voit dans les nombreuses églises d'Italie qui datent du XVP siècle. Le tout est surmonté d'un joli clocher, haut de 03 mètres, terminé par doux dômes superposés. Quant aux piliers de la façade, ils sont^décorés de statues de Pères de l'Eglise et de quatre groupes représentant les vertus cardinales. Enfin, pour compléter cet ensemble gracieux, deux lanternes placées de chaque côté de la nef accompagnent le clocher.

Une pléiade d'artistes est venue rivaliser de zèle et de goût pour rendre l'intérieur digne de l'extérieur. En entrant, c'est d'abord Gumery, dont on voit les statues en marbre de l'Innocence et de la Pureté surmonter d'élégants bénitiers; puis Lévy et Delauney dont les peintures, avec les vitraux à'Oudinot, concourent à orner la grande chapelle de l'abside. Dans la nef, c'est Jobhé-Duval, dans les chapelles de droite, Brisset. Lecomle-Dunoy , Bcu'i'ias et Langée, dans les autres, en revenant, J'/ttrion, Cazes, Dumas et Français qui, tous, ont donné libre carrière h leur puissante verve.

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