LA TRINITE
De belles colonnes en pierre du Jura séparent les deux bas côtés de la grande nef, et alternent avec des piliers décorés de statues des apôtres et surmontés de tribunes.
La grande nef est coupée par quatre travées à doubles arcades auxquelles correspondent de chaque côté des chapelles également à doubles arcades. Le chœur, dans lequel fait saillie la galerie formant les bas côtés, est exhaussé audessus d'une crypte. Le dais du maître-autel est une vraie merveiUe, et les colonnes en stuc vert qui soutiennent les tribunes dans cet endroit reposent l'œil d'une façon agréable.
En somme, la Trinité est une église' gracieuse, riche et élégante.
A''AL-nE-GRACi-: (Église du). — Voir page 72.
Saint -Vincent -DE- Paul , rue et place Lafayette , a été construit sur les plans de M. Lepère, continués, après lui, par M. Hittorf, pour remplacer une chapelle provisoire située rue Montholon. Les travaux de cette église, commencés en 1824, n'ont été achevés qu'en i8i4.
281 LES EGLISES DE PAlilS
Le bas-relief du fronton est de M. Lemaire; les statues des Evangélistes sont de MM. Barre, Brion, Foyatier et Valois. Les portes en bronze ont été exécutées sur les modèles de M. Eugène Farochon, qui, pour représenter les Apôtres, s'est inspiré des documents du temps et non des traditions admises.
Le maître-autel est surmonté d'un Calvaire de Rude,
Sur la façade, statues de Saùil Pierre et de SaùH Paul, par Ramey.
Les peintures de Flandrin, dans la nef, ont pour sujet VEvangile précité aux nations leur ouvre les parles du ciel.
Coupole du chœur, Saint Vincent de Paul au pied du trône de Jésus-Christ, par Picot, qui a peint aussi sur la frise les Sept Sacrements.
Dans le chœur et le sanctuaire, statues par lierre, rei)résentant les patrons des princes de la famille do Louis-tMiilippe.
Les bas-reliefs de la chaire : la Foi, l'Espérance, la Charité, la Prédication de saint Jean- Baptiste, la Prédication de Jésus-Christ, sont de J. Duseigneur.
Yilraux de MM. Maréchal et Grignon.
iN'OTES ET RENSEIGNEMENTS ;287
Le Pantuéon. L'édifice dontSoufflot fut chargé de diriger la construction était destiné à remplacer l'église de l'abbaye Sainte-Geneviève, qui menaçait ruine au milieu du XVIIP siècle et qui ne fut démolie que vers 1806. (Voir Lycée Napoléon.)
Les travaux furent commencés en 1758. Dès le début, on rencontra au-dessous du sol de nombreuses excavations que l'on n'avait pas soupçonnées et qu'il fallut combler. En 1763, l'église souterraine était achevée. En 1764. Louis XV posa la première pierre du dôme.
L'œuvre achevée excita une grande admiration que vint, presque aussitôt troubler une grande crainte. Le poids de l'édifice fit tasser les remblais et l'on redouta un écroulement général. L'envie ne manqua pas d'accuser Souftlot, et ce fut à un autre, l'architecte Rondelet, que fut confié le soin de consolider l'édifice. 11 suffit de remplacer par des piliers pleins les colonnes séparées qui surmontaient le dôme. Justice a été plus tard, rendue à Soufflot, et il eut sa tombe dans l'église qu'il avait bâtie , mais il l'eut cinquante ans après sa mort, en 1829.
Cette église n'était pas encore consacrée au culte lorsque l'Assemblée constituante l'affecta
i>S8 LES KGtlSES DE PAPxIS
à la destination que M. Quinet vient d'expliquer et de commenter si éloquemment.
Outre Mirabeau et Marat, Voltaire et Rousseau , les honneurs do Panthéon furent décernes, pendant la Révolution, à Lepelletier de Sainl- Fargeau, aux jeunes Barra et Yiala.
Remplaçant une croix rayonnante, sculptée par Goustou, Moitte représenta, sur le fronton, la Patrie distribuant des récompenses, motif dont s'est inspiré David, en le transformant dans la belle composition qui décore aujourd'hui le tympan du fronton. D'autres groupes sculptés étaient placés sous le vestibule. Une statue de la Renommée devait surmonter la coupole. I! fallut modifier pour cela le sommet de la lanterne. On voit encore la trace des travaux commencés à cet effet et qui ne furent point achevés : d'ignorants cicérones disaient et disent peut-être encore, en montrant ces traces aux curieux, que la Révolution avait déciété la démolition du monument et l'avait môme commencée !
Napoléon, après avoir fait mettre le maréchal Lannes au Panthéon, redevenu l'église Sainte- Geneviève, affecta cette église à la sépulture des sénateurs et autres dignitaires.
La Restauration fît dérober nuitamment les restes de Voltaire et de Rousseau, qui furent jetés dans un trou près de la Bièvre. Elle fît aussi détruire le fronton de Moitte et enlever les groupes et bas-reliefs républicains, qui furent relégués longtemps sous un hangar dans une cour du collège Henri IV. La Restauration du moins, atténua ces actes de vandalisme royal en chargeant le peintre Gros de représenter, sur la voûte de la seconde coupole, l'apothéose de sainte Geneviève.
La Révolution de Juillet faisant revivre la loi de 1791, rendit le Panthéon à la destination que la Constituante lui avait donnée et y rétablit la dédicace révolutionnaire. Mais aucun grand homme n'y a reçu la sépulture. Le magnifique fronton de David garde seul le souvenir de cette restitution, car les tables de bronze où étaient gravés les noms des citoyens tués dans les journées de Juillet 1830 ont disparu. Le gouvernement du roi Louis-Philippe a fait aussi remettre en place les groupes et bas-reliefs de la Révolution, et y a ajouté un groupe de Sainte- Geneviève arrêtant Attila, par Maindron.
La République de 1848 n'eut rien à changer au Panthéon. Le célèbre physicien M. Foucaux
disposa au milieu de l'édifice un appareil qui démontrait, d'une manière visible, le mouvement de rotation de la terre.
En décembre 1851, un décret contresigné Fourtoul, rapporta l'ordonnance royale de 1830, c'est-à-dire enleva le Panthéon aux grands hommes et le rendit, une seconde fois, au culte catholique, pour le service duquel fut, un peu plus tard, instituée une communauté de chapelains avec un doyen.
Le Panthéon (la voix populaire lui conserve ce nom), bâti en forme de croix grecque, mesure 113 mètres de longueur, y compris le péristyle, sur 84™, 50 de largeur. Le dôme qui a 23'",15 de diamètre, s'élève à 83"" 11 au-dessus du pavé de la nef. Le sommet de la lanterne domine de HT", 60 le niveau moyen de la Seine, et de 143™, 36 celui de la mer. Chaque colonne du péristyle est haute de 18™,92 et a r,80 de diamètre.