N0TRE-DAME-DE-L(3RETTE
Après cette tentative dont le résultat ne remplissait que médiocrement les données d'une église catholique et qui était singulièrement dispendieuse, on voulut se rattacher à d'autres traditions. Les architectes qui avaient visité l'Italie se dirent qu'après tout, cette contrée des arts avait élevé des églises catholiques, et qu'imiter pour imiter, peut-être était-il plus sensé de copier une basilique chrétienne qu'une salle de thermes ou un temple païen. Ainsi fit-on. Notrc- Dame-de-Lorette s'éleva sur le plan d'une basilique chrétienne de Rome, mais au lieu du narthex au portique bas et protecteur qui s'élève devant la basilique romaine, comme pour rendre hommage à l'antiquité qu'on allait laisser de côté, un portique co-
riiitliien avec fronton qui n'abrite les fidèles ni contre le soleil, ni contre la pluie, se dressa devant la nef catholique. Il faut dire que le monument fut mis au concours et que le portique corinthien était une concession au sentiment des juges, qui regardaient alors comme une hardiesse cet abandon de l'antique forme romaine. Des projets qui entraient plus radicalement dans l'imitation de la basilique chrétienne furent mis de côté, et l'on peut dire de l'église Notre-Dame-de- Lorette aux personnes assez indiscrètes pour demander ce que fait là ce portique corinthien avec fronton, que c'est grâce à cet accessoire antique que la basilique chrétienne a pu passer. L'intérieur de cette église est d'une jolie proportion, et s'il n'élève beaucoup Tesprit, du moins est-il confortable et d'un aspect plaisant. Les peintures s'harmonisent avec ce vaisseau d'une dimension restreinte et n'ont rien de la physionomie farouche des arts primitifs.