LE DIEU KHONS
S"* Pour ce qui est de la troisième personne de la triade, le dieu Skhons ou Khons, Khonsou, le Fils, disent les textes, l'Effet, et qui est représenté souvent avec une tresse de cheveux pendante sur l'épaule, comme « symbole de jeunesse », « symbole de filiation », dirons-nous de préférence, toute personne ayant la moindre connaissance de la langue annamite sera frappée de la synonymie absolue de ce mot avec le mot Co7i ou Kon, qui signifie enfant (fils ou fille), les affixes seu ou sou étant le mot annamite, seu, chose, cela, être '.
Nous n'avons point encore fourni la signification du mot Ra, qui doit, toujours, d'après les textes, accompagner le mot Ammon, déterminant ainsi la qualité d' « Etre Suprême, Créateur de l'Univers », attribuée à ce dieu.
En annamite, va signifie sortir et produire, émettre.
1. Signalons, à ce propos, Tanalogie qui existe entre le sens des mots annamites con ou kon, enfant; con, aîné; co, antique, ancien (comme les échassiers, oiseaux sacrés, co, en ann.); conheun, les anciens, nos pères, nos aïeux, etc., et les mots : breton, coz, vieux; malgache, Koay, vieux; persan, Kohnah, vieux; breton et saxon, Koiiif: espagnol, conejo; latin, couniconlous : lièvre ou lapin, animal idenlilié avec la lune, son produit, son fils et, aussi Konig, royal, divin, etc. Nous retrouvons le radical Ko, Kho, dans un certain nombre d'autres mots annamites tels que : Khoc, supérieur, fort, valide et, aussi, susceptible de servir dV/y*//»/, de soutien; Khoi, chef, grand, premier, le numéro un; et dans les mots chinois C'ot'i', sceptre ; cannelier (arbre consacré au roi et, sans doute aussi, à la lune, comme le cassicr). Et, en elTet, dans les caractères annamites et chinois représentant ces phonétiques Khoà, Kocï, nous croyons encore reconnaître le tai égyptien qui aurait eu ainsi pour objet de figurer, dans les rites funéraires de ce peuple, l'arbre généalogique d'une famille ou d'une race *. Ne serait-ce point là une nouvelle explication plausible, non différente toutefois des précédentes, quant au principe, de la présence du tat dans les tombeaux égyptiens*.
28 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES Précédé du mot sanh, senh, sinh, vie, engendrer, il donne une force particulière à la signification de ces variantes du même vocable, sanh, et exprime alors l'idée de « créer, engendrer, produire » par excellence. On a, de même deueung-ra, créer,, deiieung étant le principe mâle dont il a été plus haut question. La signification de « soleil » donnée, en Egypte, au mot ra, se rapporte ainsi à la propriété attribuée de tout temps et par tous les peuples au soleil, d'être « l'une des sources de vie des êtres de la création ». Enfin, Phra, Pra-ra, CIicmyi, etc., est le nom de Dieu en plusieurs langues.
Le dictionnaire annamite nous signalant que le mot am, le principe femelle, est synonyme du vocable orhn, qui a deux significations principales : griller, macérer (pour réduire en farine ou faire germer) ; Am-(moun)-Ra pourra s'écrire Ràm-{moun)-Ra et donnerait encore un terme analogue à celui de sanhra ou de deneung-ra : créer, par excellence.
Il n'est point question, il est vrai, du soleil dans ces significations des mots annamites comprenant le vocable ra. Mais remarquons que le soleil, dans les figurines égyptiennes des divinités solaires, est toujours représenté avec un serpent. Or, nous croyons avoir suffisamment démontré, dans Annamites et Extrême-Occidentaux, la synonymie des mots annamites, et aussi des mots de toutes les langues, désignant le soleil et le serpent. Le mot annamite ran, serpent, n'est, par exemple, qu'une Avariante de ce radical égyptien ra, soleil ; les significations des autres mots annamites suivants sont toutes dérivées