Sab, Scb, S(W ou Sei
2. Lp mo est un instrument de bois évidé, en forme de grelot, quelquefois en forme de poisson, ou, aussi, de cloche sur lequel on frappe au moyen d"un petit bâton de bois dur. C'est le prototype du tam-tam, du tambour et de la cloche. Habitants, bonzes, sorciers, tous les Annamites en font un grand usage : ces derniers s'en servent surtout dans leurs évocations, pjur réunir les démons. Le ino ost iirincipalcnicnt un instrument de nuit.
34 LES ÉGYPTIEXS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES mite : « Phach. corps, matière, forme, figure. Principe vital. Force d'inertie; sentiment chez les brutes. Principe grossier. Aine imparfaite qui tire son origine du principe femelle dm. Dans certaines circonstances, ce mot phach peut signifier : une ombre, un revenant, un fantôme. »
On sait que la déesse égyptienne Pascht, à tête de chat ou de lionne, a donné naissance à la déesse lunaire Diane, sous l'invocation de laquelle se rangent les Scythes {Scij-tho) de la Tauride. Diane a pour surnom Orthia (o, être; lia, père, vénéré); l'ortie (même sens : chose sacrée), lui est consacrée. A Delphes, Diane s'appelait Callisto (la blanche) ou l'Ourse : elle avait ainsi toujours le félin pour totem'. Elle avait reçu la qualification de « Vierge blanche », blanche comme la lune ; de « Vierge cygne » , blanche comme le cygne (en vieux germain, sican : seu, être; ouan, blanc, divin, sacré, comme tout ce qui se rapportait à la lune-).
1. La statue de Diane, en lonie, avait pour blason : une couronne de ionrs, des tètes de laiircaii.r (mots révélant l'origine ethni(|ue des Ioniens), et des lions, féline personnification de la déesse lunaire.
2. En annamite, la phonétique qui correspond le mieux au vocable diaiia est gia et ca (na, la, signifiant cela, être). On a. dans cette langue :
gia, froid, neige (allusion à un habitat glaciaire);
gia, famille, dynastie (allusion à la généalogie de la race contemporaine des êtres (jui sont représentés dans la lune) ;
gia, exceller, très; teck, le chêne des Indes (arbre généalogicjue et idée de puissance): royal, divin, antique, pur, sans alliage, vierge (comme tout métal pur), autant de qualités qui ont été attribuées à iho, ta, la lune, et qui peuvent s'appliquer à Diane et à la race (jue celle-ci symbolise :
giai, même signification que gia : parfait, très beau, belle. Le caractère annamite de celte phonéti(jue rappelle le dad aux (|uatre branches ou degrés*. Giai sert encore à désigner la caille cjui. ainsi que son autre nom {th'oii-an) l'indique, et comme nous le démontrerons
PASGHT, SAPHEK, BÈS 35
Ajoutons que la première syllabe du mot Pascht signifie, en égyptien : ancien, ancêtre (comme pa et ba, père, en nombre de langues), canard et, en général, volatile. Dans cette signification de pa, l'idée de pâleur de la lune est associée à une idée de blancheur {pha7i, blanc; bac et m/an, blanc, argent, en annamite) qui se rapporte spécialement à la couleur des gallinacés, du lièvre et du chat, dans les régions boréales'; animaux lunaires par excellence, de couleur astrale, et qui sont désignés par les phonétiques ga, nga, clia, kha..., ngo, ngou, gàt, etc. Ainsi, Foie {sa, blanche, en égyptien) se dit, en annamite, ngong; en taï, ngou, comme le serpent, comme l'argent ngon, dans cette même langue. Quant à la poule, elle se dit ga, kha, ca..., blanc, en presque toutes les langues.
plus loin, est l'un des nnimaux divins, parfaits, eti\, consacrt's à la lune; gia, c'est encore la croix, le principe du dad;
(jia ou ra (à rapprocher d'Hécate la ténébreuse, la Lune) est le nom d'une idole ou divinité boudhiste. (De même que les Grecs et les Latins prolongeaient ainsi le culte de la lune, en Occident, les Indiens l'adaptaient, en Orient, à la théogonie boudhiste.)
La phonéti([ue gin a d'autres significations qui nous intéressent. On a : ha, giai, région inférieure; giai daoi. Enfers : rayons obliques du Soleil créant l'ombre, la nuit (comme les rayons obliques tracés sur le |)etit cercle (|ue les égyptologues appellent un crible et qui n'est autre que la région ombrée, obscure, ténébreuse : les Enfers);
gianh et giang, géant; allusion à une race de géants (les Gigas et VOgyghs, des Grecs, le Gilganies des Chaldéens, etc.); de gens armés d'arcs et de lances (giang); de gens irascibles, disposés à la révolte, à la guerre ((//ac) ; adorateurs, et de la couleur de la lune; giang, dit, en effet, le dictionnaire annamite, comme trang, signifie blanc et lune; il a le même sens i[ue diiong ou deueiing, la lune des Taï, le principe mâle, le mêiue que celui que nous avons rencontré dans le symbolisme de Thn-Moulh.
1. Il faut encore comprendre dans cette énumération un certain nombre d'autres animaux ayant sans doute habité les régions glaciaires en même temps que les tribus dont ils sont les totems; tels sont, entre autres : l'ours, gaou, en annamite, la panthère, gain, au pelage nga, blanc, etc.
Les Egyptiens nommaient la déesse des lettres et des livres, Safek, qui peut s'écrire Safech et Saphech. Dans les figurines la représentant, cette déesse tient à la main le pinceau de l'écrivain. Au-dessus de sa tête, comme une auréole, brille une étoile. Cette grande clarté, cette éclatante lumière, attribuée à Saphech, n'a d'autre objet que de manifester par un symbole l'effet produit par la diffusion de l'instruction, de la science, dans le monde, que cette dernière éclaire, comme le ferait un flambeau pour d'épaisses ténèbres. Ce caractère de vive lumière est nettement donné, en annamite, par le mot (rang-phéch, ou par son synonyme sa-phéch, très blanc, lumineux par excellence. De plus, on a, dans cette langue : phêl et phiêt, pinceau, donner un trait de pinceau, de plume ; phieiî, arrêté, lettre, rapport; enfin, pho, livre, ouvrage en plusieurs volumes, et, aussi, le numéral qui désigne spécialement les œuvres littéraires.
Le dieu grotesque Bès, dont les Egyptologues déclarent ignorer la provenance, dieu guerrier, et qui a, entre autres caractères, celui d'être le dieu de la musique et le dieu de la danse, « attributs, disent-ils, difficiles à concilier avec le précédent », n'est point en effet d'origine annamite. Les mots ouolofs bès, her, bet, le jour, bir, clarté ; ben, dent et sable blanc, et l'unité; biril, point du jour, nous indiquent que c'est le Dieu du jour naissant (en annamite, bë, nouveau, récent). Dans une figurine, Bès est, en effet, en adoration devant le soleil levant.