KAP, LE DOUBLE ÉGYPTIEN
gner, dire adieu; de mauvais, erroné, pervers, rebelle à l'autorité; qui s'écarte de la A'oie droite; religion fausse, doctrine perverse, ce qui est le cas de toute religion nouvelle par rapport à celle qui est pratiquée par la masse; et, sans doute par extension, diable, démon. Ta signifie encore : aide, secours, dans le sens de l'assistance donnée par un serviteur.
Ce caractère de double, représenté avec autant d'insistance par le mot qui, à l'aurore de la première dynastie, est employé pour marquer en quelque sorte la fondation d'une nouvelle nation, celle de la terre d'Egypte, n'indiquerait-il pas que la tribu visée par ce mot était la doublure ou plutôt un dédoublement, c'est-à-dire un rejeton, une colonie, la fraction d'un autre peuple, duquel cette tribu (nomade, sans doute, car les mots ta et ton, ont, en Indo-Chine, la signification de : partir, aller, et sont, ainsi, des racines de mouvement) ' avait été obligée de se détacher par suite par exemple de graves dissensions, d'une révolution intérieure, ou encore d'un schisme, parce que cette tribu s'était écartée de la voie droite, etc.?
Cette fondation d'empire se rattacherait ainsi à l'une des grandes migrations des époques préhistoriques, antérieures, on le voit, à 8 000 années. La parenté de la langue égyptienne et de la langue de la nation qui borde aujourd'hui les côtes de l'Indo- Chine pourrait avoir été le résultat d'une migration effectuée par mer; mais le dédoublement a pu, d'un
1. En mandé, on a de même : ta, partir, aller; tara, voyager: tari, rapide, se disperser.
En taï, tou signilie partir, aller.
40 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES autre côté, s'être effectué sur un point de l'intérieur du continent asiatique, et les races dédoublées prendre des directions différentes. L'une d'elles vint sur la terre d'Egypte, peuplée par des essaims successivement fournis, depuis de longs siècles, par la race-mère. De là, l'origine de quelques-uns de ces nouveaux dieux choisis, selon les traditions importées, parmi les animaux du continent africain, et dont les mots annamites ne nous donnent pas la traduction. C'étaient de nouveaux totems, enseignes, emblèmes de reconnaissance et de ralliement, correspondant aux différentes divisions territoriales égyptiennes, aux Nomes.
Il pourrait se faire également que la cause de ce dédoublement ait été quelque cataclysme entraînant par exemple la disparition d'un continent (Lémurie) '. Le mot ta, tha en annamite signifiant « gémir, se plaindre », les premiers Égyptiens auraient ainsi voulu, dans leurs hiéroglyphes, et les Annamites, dans leur langue, conserver le souvenir de l'affliction occasionnée par cette séparation ou dispersion résultant d'un pareil fléau ou de toute autre cause.
Examinons la dernière syllabe du mot Ha-Gap-ta. Les Egyptiens, dans certains textes, désignaient le dieu Ptah ou. Phtlia parles mots : dieu Té, dieu To ou Tho-. (On pourrait reconnaître dans ce dernier mot, disent quelques auteurs, V Univers personnifié ou le Monde désigné, en langue égyptienne, par le mot to.)