LA CROIX ANSEE. LE DAD
montre que toutes sont la représentation identique de l'image de l'honmie. Le mot annamite anh nous l'indique d'ailleurs nettement : anli, ombre, figure, effigie, ressemblance. Image, « médaille, croix, statues bénites ou indulgentiées », dit le dictionnaire annamite. Anh a encore d'autres significations qui se rapporteraient à la question qui nous occupe.
Quant au /./) égyptien, c'est le khi, souffle, air, vapeur, âme, ressemblance, etc., etc., des Annamites. Khi-am, obscurité, dans cette langue, nous donne la signification de ce que les Egyptologues désignent sous le nom de crible. Le cercle désigne un objet, kha (lune), qui est dans l'ombre, caché, c'està-dire l'astre obscurci à son déclin, image du crépuscule de la vie, de la mort. Nous nous bornerons, à l'appui de ce que nous avançons, à nous en référer aux rites funéraires annamites, h' âme en soie (fig. 2) se dit en amamite, hôn, âme; bach, blanc, soie, argent, etc., ou bien linh hôn, âme du défunt. Dans cette langue, hôm qui se prononce, en chinois, kh-om, signifie crépuscule du soir, soleil obscurci, soirée, fin. En langage figuré, ce sont les ténèbres, c'est la mort. Hon theu signifie : âme du défunt qui pénètre sous son propre lit (dans ce cas, le cercle figure la terre ombrée, ténébreuse), d'où elle sort au bout de trois jours pour habiter les airs. Cette expression donne en même temps l'explication du premier acte des rites funéraires des Annamites. En effet, dès que l'on a constaté que la vie a cessé, on étend une natte sur la terre, dans Vomhre, sous le lit même du défunt, et on y fait descendre le mort un instant. C'est
78 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES également là l'explication du hiéroglyphe ankh.
La croix ansée est ainsi une amulette, image du défunt, dans laquelle son àme a été enfermée : c'est une forme de son double.
FiG. 7. — Le dad égyptien.
Les Egyptologues déclarent que : « le dad ou tal est un objet sur lequel on a été réduit jusqu'à ce jour à des conjectures quant à sa forme et quant à son sens religieux » ; que le ta, ou plus exactement, le ta-t est souvent représenté, avec le dad, dans la main des figurines de grande dimension; que ce dad est l'insigne de Ptah; qu'on a vu primitivement en lui un nilomètre puis un autel à quatre degrés.
Les langues et les caractères chinois et annamites nous donnent la clef de cette sorte de rébus. Le dad, insigne de Ptah (lune), nous indique d'abord qu'il s'agit du culte d'un dieu lunaire intéressant la race des Ta. A ce culte de l'astre nocturne se rattachent les rites funéraires et tout ce qui se rapporte à l'existence de l'être, avant comme après la mort : culte des ancêtres, séjour aux enfers [ta, en annamite), nuit, ténèbres, etc.
Un nombre considérable d'idées se trouvent associées, dans les croyances de tous les peuples, à ce qui se rapporte au culte des ancêtres et, d'après notre doctrine, tous les vocables qui expriment ces idées doivent comprendre la phonétique d ou t. Passons en revue quelques-unes de ces idées.
C'est d'abord l'idée de fin, de terme de la vie, de mort. Nous savons que le double est représenté par deux avant-bras, et le dad par deux mains; que le