‹ Les Égyptiens préhistoriques identifiés avec les Annamites d'après les inscriptions hiéroglyphiquesChapitre 40 sur 43 · Les Grands Inities, par Edouard Scliuré · texte numérisé non relu

Les Grands Inities, par Edouard Scliuré

88 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES Bonté, la Beauté, la Vérité, par excellence {Ihé, thêt, tat, tôt, en ann.,) le dieu primordial de l'antique Thébah, la ville thinite, divine, lunaire {thé, tlio, thin, en ann.). En effet :

« Jupiter est l'Epoux et l'Epouse divine. Homme et Femme, Père et Mère. Voilà le premier mystère », proclamait Orphée.

« L'unité, le Père, la grande Monade agissant en Dyade créatrice, à la fois prijicipe masculin actif,animateur, et principe féminin passif. La Triade (le père, la mère, l'effet) et la Dyade s'enveloppant dans la sombre profondeur de la Monade, la monade élémentaire qui existe dans l'animal le plus inférieur » ; ainsi s'exprimait Pythagore.

Précédant ces deux initiateurs, 3 000 ans avant Jésus-Christ, Khrisma déclarait devoir sa naissance à une Vierge-Mère, Dévaki.

D'autre part, au xii* siècle avant notre ère. Moïse avait dit : « Dieu créa l'homme à son image ; il le créa mâle et femelle ; « Adam-Eve » ont, en effet, la signification de « Homme-Femme ».

Astaroth As-tu, Istar, Sao-tho : Saturne), l'Ashéra de la Bible, comme Thanit la Punique, fut également conçue et engendrée par une divinité astrale, lunaire, comme elle mâle et femelle, mère et vierge.

La « Nuit-Mère » ou la « Grande Rénovation » de Rama n'avait été, de son côté, qu'un emprunt fait au même mythe que celui d'où est sortie la conception de Tha-Mouth.

DÉVAKI. DÉMÉTER. GYBÈLE. 89

Le voile d'Isis, le manteau de Cybèle, dans lequel sont tissés tous les êtres, le principe capital du fluide cosmique de Zoroastre, de Pythagore, des Kabbalistes, etc., tous ces symboles peuvent encore être rapportés à ce mythe, c'est-à-dire au travail de perpétuel mouvement et enfantement, que semblaient présenter les révolutions de l'astre lunaire. Ecoutez, en effet, ces évocations à Cybèle, lors de la fête dionysiaque qui avait lieu, chaque année, dans la vallée de Tempe, par la pleine lune et aux cris de « Evohé! » : « Cybèle! Cybèle! Grande Mère, entends-moi ! Lumière originelle, flamme agile, éthérée et toujours bondissante à travers les espaces, qui renfermes les échos et les images de toutes choses!... lumière subtile, cachée, invisible aux yeux de chair; grande mère des Mondes et des Dieux, toi qui renfermes les types éternels! antique Cybèle, à moi! à moi! Je t'évoque, Epouse multiforme, etc., etc. »

C'est du même ordre d'idées que procède encore, à notre avis, l'hymne à Déméter (Dieu-Mère, par excellence, et « Lune » plutôt que Terre-Mère), les mystères d'Eleusis n'étant qu'une nouvelle forme des idées philosophiques égyptiennes et annamites de r « Ara-Deueung » et des rites symbolisés par la croix ansée.

L'idée maîtresse qui se dégage de tous ces mystères est une ferme croyance à l'immortalité de l'âme, essence céleste, divine, principe actif, extraordinairement lumineux, venant, du monde des esprits, vivifier des germes ou éléments terrestres infiniment

■90 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES petits, s'incarnant dans des existences progressives, à la suite de chacune desquelles l'enveloppe qui contient l'àme, c'est-à-dire le corps, retourne à la terre, et l'esprit, vers le monde des âmes d'où il est sorti*, résurrection ayant lieu trois jours après la mort, en Annam.

Cette phase de la vie de l'àme, où celle-ci s'échappe du corps pour monter vers les régions astrales, et qui porte les noms de Horeb, chez 3Ioïse; Erèbe, chez Orphée; vallée de l'ombre de la mort, chez les Chrétiens; gouffre d'Hécate, ou cône d'ombre qui va de la terre à la lune, chez les Grecs, nous l'avons retrouvée, ainsi qu'on l'a vu, sous le symbole de la sphère ombrée des Egyptiens et, comme origine, dans les rites actuels des Annamites.

L'idée qui a donné naissance à la double existence des somnambules, à la double vue des hallucinés, des spirites, etc., est contenue dans le rôle du double égyptien et de celui de la figuration de Vàme en soie des Annamites.

1. Comment ne pas rapprocher de celle conception de la création des êtres et des choses, la théorie d'Herbert Spencer, d'après laquelle toute matière vivante provient nécessairement d'une matière inerte, à l'état de cellule, et, aussi, le principe d'une découverte récente dont les résultats ne sont point encore confirmés, il est vrai, mais dont l'objet prouve que, comme dans le « Am-Deueung •■, tout, ici-bas, n'est qu'un perpétuel recommencement; nous voulons parler de la découverte de M. Burke, du laboratoire Cavendish, à Cambridge, ■d'après laquelle le radium pourrait jouer, dans l'origine de la vie, le rôle de cet élément « la matière active forte, essentiellement lumineuse, fluide toujours en mouvement » qui, chez les grands philosophes de l'Asie comme chez ceux de l'Occident, fut la base de toutes leurs doctrines sur la création des êtres et des choses. Et. enfin, quelle opinion se former de ces penseurs qui, plusieurs centaines de siècles sans doute avant notre ère, avaient pu être les initiateurs à de pareilles doctrines!

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