ARBRES GÉNÉALOGIQUES
L'image en bois des divinités emportées par les prêtres grecs dans leurs pérégrinations maritimes, précieusement cachée au fond des barques , et à laquelle, ainsi que le fait remarquer M. E. Schuré, les matelots d'alors vouaient le même culte que nos marins à la « Madone »; le palladium, les statues qui ornaient la proue des navires des Grecs et des Romains; l'œil symbolique du Dragon, peint à l'avant des jonques annamites chinoises, celui que portent, dans certains hiéroglyphes, des barques égyptiennes; la poule que les Annamites nourrissent, avec un soin religieux, sur leurs sampans, en vue de conjurer les mauvais sorts, les coqs qui surmontent les clochers de nos villages, les statues, ici, des Saints et des Saintes; là-bas, des divinités et des Génies ; les blasons des villes et des particuliers, les emblèmes patriotiques, etc., survivances de la religion des totems et du double, constituent autant de liens qui établissent d'une manière irréfutable la communauté originelle des races de toutes les parties du monde et, en particulier, delà race égyptienne et de la race taï-annamite. D'autre part, la lyre aux sept cordes d'Orphée, les sept modes sacrés, les sept couleurs de la lumière, les sept modes d'existence, de la doctrine occulte de Pythagore, etc., étaient un symbole rappelant, comme les idées se rattachant à la Grande Ourse, chez les Annamites, l'origine hyperboréenne de ces races supérieures. L'arbre Parijata de Krisma, symbole de la « science divine et de l'initiation » ; le Laurier sacré, au tronc antique et vigoureux, de la vallée de Tempe, dont les prêtres de Delphes allaient cueillir chaque année les
92 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES rameaux; le Chêne sacré, aux branches duquel, à la clarté de la lune, les Druidesses venaient couper le gui ; l'arbre sacré de Rama qui fut surnommé le génie de la médecine (comme le Vieux de la Lune); les arbres de vie, de la science du bien et du mal des différentes religions, etc., sont des symboles analogues à ceux du dad égyptien et de V « Arbre de la Lune », des Asiatiques, c'est-à-dire les arbres généalogiques de ces races. Il en est de même de notre arhre de Noël. Signalons encore, au sujet de ces arbres, un fait que toute personne ayant fait un séjour au Tonkin a été à même d'observer. Chez les Annamites et chez les Taï, dans le voisinage des pagodes ou, parfois, isolés, dans des lieux écartés, certains arbres consacrés à des Génies, sont A'énérés d'une manière particulière par les populations de la contrée. Des objets divers, ordinairement des ustensiles de ménage hors d'usage, en terre ou en porcelaine, des vases portant des bâtonnets d'encens, prototypes de nos cierges, quelquefois aussi des statuettes, sorte de petites poupées grossièrement taillées, gisent à terre, au pied de l'arbre, ou bien sont suspendus à ses branches. C'est encore là une survivance de l'arbre généalogique des Ta, de cet arbre de la Lune. L'analogie du rôle de soutien, rempli par les branches, en cette circonstance, avec celui des plateaux du dad, qui supportent les images ou statuettes des divinités égyptiennes, se trouve ainsi nettement établie. En Grèce, à Carthage, un culte similaire était également pratiqué. La description a été, en effet, maintes fois donnée de l'olivier vénérable aux rameaux duquel les fidèles de la déesse