ARBRES GÉNÉALOGIQUES
lunaire, Thanit, au pouvoir si redouté, venaient suspendre des statuettes en faïence, affectant la forme de cette divinité. En outre, des offrandes votives, des cierges de résine, etc. , jonchaient le sol autour de l'arbre sacré.
La doctrine du cercle des générations, de la combinaison des quatre éléments pour la formation des êtres animés, révélée par les philosophes grecs auxquels elle avait été confiée par des prêtres égyptiens, n'estelle pas celle du cercle de 1' « Am deueung », qui était jalousement conservée par ces derniers dans les sanctuaires de leurs temples, ouverts aux seuls initiés?
Les cornes de bélier qui ornent la coiffure des personnages des monuments égyptiens, les deux cornes de la tiare papale, le croissant de Mahomet, la forme du bonnet des prêtres asiatiques, etc., sont également autant de symboles destinés à rappeler l'origine antique et blanche (allusion au culte lunaire), des races qui avaient adopté ces insignes.
La légende, datant de 3 000 ans av. Jésus-Christ de la lutte de Khrisma contre les démons, n'est-elle pas elle-même tirée du principe de cet « Am-deueung? » Elle symbolise la protestation, les assauts d'une tribu ou d'un clan, relégué au second plan (le principe inerte, atn), et qui prend le soleil et le feu comme emblèmes, voulant arracher des mains de l'élément représenté par la lune (le principe actif, primordial, mâle), la domination sur le peuple, la puissance exercées par les prêtresses du culte lunaire K Ce principe de la prépondérance du rôle de la femme dans
1. Il faut voir, pensons-nous, à la fois, dans ce symbole, la lutte entre deux pouvoirs, le pouvoir spirituel (les prêtres) et le pouvoir
94 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES le mystère de la génération', du premier rang qui doit en résulter pour elle dans tout culte religieux, a été également celui de la Grèce antique. La divinité suprême y avait le sexe féminin; elle symbolisait la lune; les dieux solaires étaient éclipsés par elle. Les panthères et les lions apprivoisés par les Bacchantes thraces ^ et montrés au public, étaient les totems des déesses égyptiennes lunaires. Les Druidesses celtiques, la Voluspa des Scandinaves, la Pythie de Delphes étaient, de même, les prêtresses du culte voué à la Lune. Nous compléterons ce qui a trait à cette dualité des deux principes mâle et femelle, lunaire et solaire par une dernière remarque. Dans notre chapitre sur la Triade ihébaine, nous avons défini le rôle joué par chacun des trois éléments de la Triade : Am, le prin-
temporel (les rois); entre le monothéisme et le polythéisme; et, aussi, entre le pouvoir des adorateurs du soleil ou du feu et celui des prétresses de la religion lunaire; et, enfin, la lutte, poursuivie, sans répit et de tout temps, entre les races blanche et noire. La légende du Bélier, totem créé par Rama, pour être opposé à Thor, le Taureau, l'antique totem des Scythes et au dieu Tliot, dieu lunaire, est un des épisodes de celte lutte. Rania, Amon-ra ont le même totem, le bélier.
1. L'attribution au principe femelle, dans les conceptions religieuses des races préhistoriques dont nous nous occupons, d'un rôle prépondérant par rapport à celui du principe mâle, paraît constituer à la fois un trait physiologique, par lequel ces races auraient voulu spécifier que, dans le travail de la génération, le rôle principal est dévolu à la femme; et un trait ethnique, commun à toutes les races blanches ou lunaires, stipulant que la femme doit occuper dans la famille un rang considérable, sinon la première place, ce qui a lieu, en particulier, chez les Taï.
Ajoutons que, en raison de la nature affinée de ses sens, de l'excessive imprcssionnabilité de son système nerveux, de l'exaltation extatique, allant jusqu'au sacrifice, (jue peut jtrovoquer, chez la femme, la conception d'un profond sentiment mystique, les vierges de l'antiquité étaient essentiellement aptes à recevoir l'initiation et l'inspiration religieuses, et à remplir excellemment ce rôle de « voyante », de pythonisse dont était doublée toute prêtresse d'un culte divin.