MISE EN LIBERTÉ DE LABBÉ ROY
nous le jour d'hier, sommé de déclarer s'il reconnaît les sept pièces pour être écrites de sa main,
u A répondu qu'il les reconnaît pour être écrites de sa main, à l'exception de partie de la vingtième, laquelle partie est du sieur Buisson, libraire, et que ce sont des compilations d'ouvrages déjà imprimés et dont il a profité pour en faire une instruction sur les objets de réformes à faire et que, si les articles paraissaient libres, il a cru pouvoir se permettre de parler librement, d'après l'intention expresse du Roi et la liberté effective, dont jouissent depuis quelque temps les auteurs, d'imprimer tout ce qu'ils jugent utile relativement à la grande affaire des États généraux.
« Observe le répondant sur les six dernières pièces des trente-deux que nous avons distinguées de ses papiers, et qu'il a paraphées avec nous, qui sont six reconnaissances du mont-de-piété, que depuis plusieurs années il a fait des pertes considérables avec des libraires, qu'il a dépensé beaucoup pour se meubler, pour aider sa famille; qu'indépendamment de l'engagement de ses effets les plus précieux au montde-piété, il a trouvé plusieurs sommes dans la bourse de ses amis, notamment dans celle de M. Clément de Boissy, lequel magistrat, connaissant parfaitement ses bonnes vie et mœurs, ses peines, ses travaux et son zèle, vient encore, depuis deux ou trois mois, de le cautionner chez M. Boulard, notaire, pour une somme de douze cents livres; qu'il lui reste encore plusieurs dettes criardes, dont nous avons vu les poursuites, sans parler de plusieurs autres pour lesquelles il craint encore d'être poursuivi. D'après cette position prouvée incontestablement, peut-on le soupçonner d'avoir pu dépenser même un sol pour soudoyer une vile populace, avec laquelle il défie qu'on puisse prouver qu'il ait jamais eu la moindre relation, directe ou indirecte?
« Lecture à lui faite du présent interrogatoire et de ses réponses, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé.
« Signe, : l'abbé Roy, "Ghesnon. »
Le 7 mai, Necker et Villedeuil recevaient cette lettre du procureur du Roi au Ghâtelet^
« Monsieur,
« ... L'instruction de l'affaire de l'attroupement se continue avec la plus grande activité. Il y a plus de cent quarante témoins d'entendus.