‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 99 sur 549 · INTERROGATOIRE DE L'ABBÉ ROY. H · texte numérisé non relu

INTERROGATOIRE DE L'ABBÉ ROY. H

rArclievôché, depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures après midi, heure à laquelle il alla dîner chez lui, revint encore à la même assemblée à cinq heures et ne rentra le soir chez lui qu'à dix heures.

u Les vendredi et samedi suivants, le répondant ût la même chose. C'est dans ces trois derniers jours que le répondant s'entendit plusieurs fois saluer des bruits qui couraient contre lui, au point que, le vendredi, rentrant après dîner à l'Archevêché, accompagné du sieur Beauvais, il rencontra le sieur Giroux, avocat, qui lui dît avoir appris la même chose contre lui ; plus loin, un ecclésiastique de l'assemblée parut étonné de rencontrer le répondant, d'après le bruit qui courait qu'il était déjà arrêté, et finit cependant par lui dire qu'il avait détourné cette accusation, en assurant aux personnes qui l'avaient répandue en sa présence, que le répondant n'avait pas désemparé de l'assemblée depuis le commencement. Le répondant, qui n'avait dans le moment qu'à paraître à l'assemblée pour jeter son scrutin dans le vase au moment où Userait appelé, sortit peu de temps après avec le sieur abbé Lefebvre, chapelain de l'Église de Paris, électeur de l'assemblée, qui se trouve en nom dans la liste imprimée des électeurs immédiatement après le nom du répondant ; tous deux allèrent dans l'église de Notre-Dame, joindre le sieur Beauvais qui attendait le répondant, et tous trois, d'après les représentations du sieur abbé Lefebvre, qu'il fallait, pour détruire les bruits odieux, que le répondant se montrât; ils allèrent, en effet, d'abord au Palais où le sieur abbé Lefebvre confirma à plusieurs marchandes que mal à propos accusait-on le répondant et encore plus faussement disait-on qu'il était arrêté puisque lui, abbé Lefebvre, n'avait cessé de le voir tous les jours dans l'assemblée, et montra le répondant. Il en fit de même au Palais-Royal, où ils furent ensuite, et le sieur Beauvais assurait savoir mieux que personne tous les détails de la conduite du répondant, puisque depuis très longtemps il le voyait sans cesse et très assidûment.

« Observe le répondant que, s'il eût conçu la plus légère inquiétude sur ces bruits, dont il était informé depuis trois jours, il n'aurait pas manqué de se mettre en garde ; le dimanche 3 mai, il cheminait tranquillement et avec son assurance ordinaire pour se rendre à l'assemblée de l'Archevêché, indiquée pour ce jour-là à onze heures, lorsqu'il a été arrêté dans le Marché Neuf.

(( Interrogé s'il n'est pas vrai que, dans la rue Saint-Sé vérin, il a fait une espèce de harangue à une troupe d'ouvriers pour les exciter à l'émeute,

« A répondu qu'il se réfère à ce qu'il vient de dire à ce sujet.

« Interrogé s'il n'est pas vrai qu'il a été vu dans le faubourg Saint-

Antoine, haranguant la populace et distribuant même de l'argent,

« A répondu qu'il n'était allé à la porte Saint-Antoine, et de là par le boulevard au Palais-Royal, que le mercredi, comme il l'a dit ci-dessus et que personne n'a pu le Toir dans le faubourg, dont il n'a pas outrepassé la porte, et, n'ayant jamais parlé à aucun ouvrier, ni autre personne que celles qu'il a nommées ci-dessus. Le contraire serait une calomnie affreuse.

« Interrogé s'il n'a pas encore été vu dans un autre quartier de Paris, entouré d'ouvriers et de gagne-deniers, dont il échauffait les esprits par ses propos,

« A répondu qu'il vient de rendre un compte exact et sans exception de ce qu'il a fait jour par jour et y persiste.

« Interrogé s'il n'a pas été vu chez un épicier de son quartier, payan t de l'eau-de-vie à un groupe d'ouvriers et de gagne-deniers, auxquels il a donné douze francs et son cachet d'or qu'il a détaché de sa montre,

« A répondu qu'il ne connaît d'autre épicier à la place Saint-Michel que le sieur nommé Depille, qui est en même temps apothicaire, qu'il le défie, ainsi que tous autres, de soutenir une allégation aussi calomnieuse; quant aux douze francs, a répondu que le mardi, comme il l'a déjà dit, il avait emprunté vingt-quatre livres du sieur Genest- Dormès ; que, de cette somme, il a donné le même jour six livres à sa domestique ; le samedi, encore six livres à la même et six livres à la blanchisseuse, comme on peut le voir par le registre de sa gouvernante; que le dimanche, jour qu'il a été arrêté, ayant changé de culotte, il a laissé dans celle de la veille le dernier écu de six francs et il jure que c'est là tout l'argent qui existait chez lui ; on peut juger par là de son embarras dans la prison où il est détenu et de celui où se trouve sa malheureuse gouvernante en son absence. Quant au cachet, il offre de représenter et nous a effectivement représenté, attaché à sa montre, un cachet agate, gravé de son chiffre, monté en or, qu'il assure être le seul cachet qu'il ait eu depuis longtemps.

Interrogé si, en haine qu'il peut avoir conçue contre le sieur Réveillon, d'après le procès que ce dernier lui a intenté, il n'a pas excité l'émeute, ou au moins profité de la circonstance pour se venger de lui,

« A répondu qu'effectivement il est la partie adverse du sieur Réveillon dans l'affaire pendante en Parlement, mais qu'il est loin d'être son ennemi ; qu'il l'a plaint sincèrement dans la circonstance présente, comme peuvent l'attester le sieur Beauvais, le père Chevalier, augustin, et autres personnes que le répondant pourrait citer.

« Lui avons représenté les pièces cotées 17, 18, 19, 20, 21, 22 et 2/j faisant partie des papiers trouvés chez lui et qu'il a paraphés avec

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