MISE EN LIBERTÉ DE L'ABBÉ ROY. H
tique la liberté du préau, et j'ai remis dimanche à M. de Crosne un ordre pour son entière liberté; je le suppose exécuté. » Il l'était le lendemain.
On lit dans le Journal d'événements du libraire Hardy * :
« Le jeudi 14 mai, on distribuait de toutes parts, et l'on s'empressait de lire un « Exposé justificatif pour le sieur « Réveillon, entrepre- « neur de la manufacture royale de papiers peints du faubourg Saint- « Antoine », en 12 pages in-4", rédigé et signé par lui-môme, au sein de la retraite qui lui avait été indiquée comme la plus sûre contre les entreprises de ses ennemis. On était fort content de la manière dont il avait conçu cet Exposé dans lequel il avait jugé devoir rendre compte tout franchement de ce qu'il était originairement, de la manière dont il avait édifié sa fortune, observant d'y insérer de plus un tableau ou état des principaux articles qui constituaient la perte considérable qu'il' venait de faire entre autres ceux-ci, savoir : 1° sa médaille d'or; 2° cinq cents louis en or, beaucoup d'argent blanc; 3° une somme de huit mille livres en billets; de l'argenterie; k" pour quinze mille livres de glaces et pour cinquante mille livres de meubles, sans compter une grande quantité de papiers prêts à vendre; 5" tous ses titres de propriété : ajoutant à ces articles que, s'il voulait rétablir sa maison dans l'état où elle était avant son affreux désastre, il lui en coûterait au moins cinquante mille écus; 6° dix à douze mille livres de dessins précieux et d'estampes choisies; 1° quarante mille livres, dont trente mille livres environ de papiers de la manufacture de Gourtalin, et plus de dix mille livres en rouleaux de son magasin en carmins ou papiers peints; jusqu'aux volailles qu'il nourrissait, et en outre pour cinquante à soixante mille livres de répara tions à faire indispensablement.
« On distribuait en même temps un Mémoire pour le sieur Réveillon, entrepreneur de la manufacture royale de papiers peints, faubourg Saint-Antoine, plaignant en faux principal contre Pabbé Roy, censeur royal et accusé, à Paris, de l'imprimerie de Baudouin, rue du Foin-Saint-Jacques, n"31, 1789, suivi d'une consultation délibérée à Paris le 6 avril dernier, signé Tronson duCoudray, avocat, de Fromcnim, procureur, le tout formant 41 pages in-4°; le mémoire signé Réveillon Ce mémoire suivi de consultation était fait à l'occasion de l'appel interjeté au Parlement par Yabbé Roy, sorti réellement du Châtelet et que j'avais vu la veille au soir à sa fenêtre, rue d'Enfer-Saint-Michel, du décret d'ajournement