‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 104 sur 549 · MÉMOIRES JUSTIFICATIFS DE RÉVEILLON ET HENRIOT · texte numérisé non relu

MÉMOIRES JUSTIFICATIFS DE RÉVEILLON ET HENRIOT

« 3" La même grâce en faveur de la manufacture de Courtalin dont la propriété vous est due;

« U° La remise des dix mille livres dont vous êtes caution;

'( 5" Une indemnité de trente mille livres.

« Enfin Sa Majesté a bien voulu permettre, selon la teneur de l'arrêt du Conseil du 28 décembre 1777, que vous puissiez profiter de la faveur, promise par le Roi aux citoyens qui auraient obtenu la médaille d'industrie, et qu'à l'époque où elle vous sera rendue, je puisse prendre les ordres de Sa Majesté pour vous présenter à Elle, puisque vous navez pas joui de cet honneur.

« Je désire que ces différentes dispositions, et surtout l'assurance des bontés du Roi, vous rendent au calme d'une vie que vous avez honorée par vos talents et l'honnêteté de votre conduite.

« Je suis, etc.

« Signé: Necker^ »

Une indemnité dut être aussi accordée au « salpêtrier du Roi » Ilenriot, qui avait fait dresser le procès-verbal et l'estimation de ses pertes par les commissaires de police de son quartier et par l'huissierpriseur Raffy. Le total montait à 71,73/t livres, sur lesquelles le réclamant déclarait « ne pouvoir espérer recouvrer qu'environ 6,000 livres, qui lui étaient dues par des gens honnêtes », ses registres et papiers constatant les créances de sa maison de commerce ayant totalement disparu avec sa caisse, ses ustensiles, et jusqu'au linge ds ses enfants. Il fit, à son tour, paraître un Exposé justificatif ^ dont voici quelques extraits :

« Je suis une des deux victimes de la sédition, et je suis, j'ose le dire la plus malheureuse, puisqu'il ne me reste rien au monde, et que ma femme, mes enfants et moi, nous sommes sans pain, comme sans asile On dit que je me suis attiré mes malheurs par des indiscré-

1. Cette lettre a été publiée dans le n° 247 du Journalj.de Paris, p. 1117. Il n'existe pas, pour la correspondance du Directeur général des finances, eu 1788-1789, un registre équivalant à celui du Ministre de la maison du ^Roi (O^ 500). Cette correspondance, comprenant plutôt des lettres, rapports et notes adressés à Necker que des lettres de Necker lui-même, forme de volumineux et très désordonnés dossiers dans la série H des Archives nationales.

Les liasses loi, 419, 1444, que nous avons parcourues, contiennent des documents importants et peu connus sur le canal du Charolais de 1781 à 1790, sur les États et les élections de Bretagne en 1789, sur les octrois municipaux, les communautés et les biens des religionnaires fugitifs, les châteaux, hôtels, maisons, échoppes, etc., appartenant au Roi dans Paris, les charités de M'"" Necker, les dons et aumônes du Roi aux maisons religieuses, hôpitaux, collèges, etc., les subsistances, les maréchaussées, la population du royaume ; mais rien concernant les élections et les événements de Paris d'avril à juillet 1789.

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