ENVOI DE L'ARRÊTÉ AU CLERGÉ ET AU TIERS
« Ce projet d'addition, longtemps discuté, a été rejeté à la pluralité de 136 voix contre kS.
(( L'auteur de la motion a dit qu'il pourrait demander que les autres articles qu'elle renfermait fussent mis également en délibération; mais que, la Chambre paraissant ne pas vouloir s'en occuper dans le moment, et partageant lui-même l'impatience qu'elle témoignait de donner aux autres Ordres la communication arrêtée le matin, il consentait à retirer sa motion pour l'instant, pourvu qu'elle restât entière et fut portée comme telle devant MM. les commissaires. L'assurance lui en ayant été donnée au nom de la Chambre par M. le président, il a retiré sa motion.
« M. le président a nommé alors les deux députations qui doivent porter aux deux Ordres l'arrêté pris par la Noblesse :
« MM. le marquis de Clermont-d'Amboise, le duc d'/4yeH, le comte de Chabrillant, le comte de Vauhecourt, le marquis de Thomé, Duport, de Malartic et Savalette de Lange, ont été nommés députés vers le Clergé ;
MM. le duc de Liancourt, le duc de Fitz-James, le marquis d'/4rs, du Prcde Saint-iVaur, de BougaUiville, le marquis de Beauharnais, le vicomte de Valence, Hocquarl, l'ont été vers le Tiers.
« La première députation envoyée étant rentrée, a rendu compte par l'organe de M. le marquis de Clermont-d'Amboise de la réponse du Clergé. M. l'archevêque de Paris avait dit que déjà l'Ordre du Clergé avait voté pour les sacrifices pécuniaires; qu'il allait délibérer sur l'objet de la Commune et qu'il remerciait la Noblesse de ses témoignages de confiance.
« La seconde députation n'a pas pu remplir soù objet parce qu'on est venu dire à la Chambre que le Tiers Uitra muros n'était pas assemblé aujourd'hui... »
La députation des citoyens nobles fut reçue le 3 mai par le Tiers. Déposant l'arrêté du l*"" mai en sou nom, « le duc de Liancourt fit un discours où il exposa les sentiments de fraternité de la Noblesse pour ses concitoyens du Tiers État, et le désir que ces sentiments de concorde et d'union animassent tous les représentants de la Nation. »
Le président, Camus, répondit que « l'Assemblée était pénétrée des mêmes sentiments d'union, d'honneur et de patriotisme ^ »
Le duc de Liancourt rapportait, le 5 2, à la Noblesse « qu'il avait rempli sa mission au milieu des acclamations du Tiers, qui avait prié les députés de transmettre à la Chambre les témoignages de sa gratitude et de sa sensibilité*. »