RÉPONSE DU CLERGÉ
2 mai, soir.
« ...On s'est occupé de la rôponse à faire au vœu de la Noblesse, remis par écrit sur le bureau, par M. le marquis de Clermont-d'Amboise, lors de la dernière députation dudit Ordre.
« Après avoir entendu alternativement plusieurs membres de l'Assemblée qui tous ont répandu beaucoup de lumières sur la matière mise en délibération, il a été résolu de la concevoir en ces termes :
« L'Ordre du Clergé,
« Animé d'un zèle sincère pour tout ce qui peut resserrer les liens « de l'union et de la fraternité, a délibéré de faire part à l'Ordre de la « Noblesse de son vœu constant pour le bien et la prospérité de la Ville « de Paris et de charger ses députés aux États généraux d'employer « tous leurs soins pour obtenir une Constitution par laquelle tous les « intérêts de la Ville et de ses citoyens soient parfaitement conservés « sans blesser les droits d'aucun des trois Ordres.
« Il prie l'Ordre de la Noblesse d'agréer ses remerciements d'avoir « autorisé MM. ses commissaires à donner à l'Ordre du Clergé toutes « les communications qui leur seront demandées et de compter sur « toute la confiance et les égards réciproques de la part du Clergé, et il u a chargé ses députés de porter aux États généraux le vœux exprimé « par sa délibération du 27 avril, de concourir proportionnellement à (i ses revenus à l'acquittement des charges publiques librement con- (t senties par les trois Ordres « dans les États généraux. »
« MM. de Montesquiou, de Lorgne, de Launay, de Bannond, Parent, Lagrenée, Povpart, Desprès et Boulogne ont été désignés pour présenter (cette réponse) à MM. de l'Ordre de la Noblesse au premier jour où ledit Ordre sera assemblé...
5 mai, soir.
« ...M. de Montesquiou a rendu compte de la réponse de la Noblesse... Ledit Ordre a déclaré que tous les moyens de rapprochement, qui leur seraient proposés par le Clergé, leur seraient toujours précieux et qu'ils se trouveraient heureux de prouver au Clergé la sincérité de leurs sentiments. »
NOBLESSE 5 mai.
« ...Deux députations ont été reçues, l'une des citoyens du Clergé et l'autre des citoyens du Tiers.
« La première, composée de huit députés, M. l'abbé de Montesquiou portant la parole, a annoncé, lu et laissé sur le bureau une délibération de la Chambre... datée de ce jour et signée de l'archevêque de Paris, président, et de M. Benière, secrétaire...
« M. le président a répondu :
« La Noblesse reçoit avec reconnaissance la nouvelle communica- « tion que vous voulez bien lui faire. L'union entre les trois Ordres « sera toujours le premier de ses vœux et le principe de toutes ses « démarches. »
u La députation des citoyens du Tiers composée de MM. Suard, de Fourcroy, Guillard, Anson, Ducloz du Fresnoy, Brochant, Desprez, Croizard et Hion^ M. Anson, portant la parole, a dit :
« Messieurs, les citoyens du Tiers État de la ville de Paris nous ont « chargés d'une mission honorable et flatteuse; celle de vous porter (i l'expression de leur sensibilité et de leur reconnaissance.
« Ils applaudissent aux déclarations que vous a dictées votre « justice.
(( Ils sont infiniment touchés des sentiments d'afTection et de fra- « ternité dont vous leur donnez l'assurance; ils vous remercient des (i ojffres que vous leur faites.
« Lorsque leurs cahiers auront été arrêtés par l'Assemblée, ils vous « en offriront également la communication et, si le temps ne leur « manquait pas, ils vous auraient demandé les vôtres pour les prendre a en considération dans le désir de perfectionner les leurs.
« Animés comme vous, Messieurs, des sentiments de l'honneur, du « patriotisme et de la concorde universelle, ils sentent combien l'union « est nécessaire pour opérer l'heureuse révolution qui se prépare et « donner une Constitution à la France.
« Mais, pour que cette union soit utile et vraiment efficace, il faut « sans doute qu'elle soit générale; la Patrie est la mère commune, nous « sommes tous des frères appelés à son secours.
« Le vœu le plus ardent du Tiers État, et il ne doute pas que ce « ne soit le vôtre, est de ne trouver dans l'Assemblée de la Nation que « des citoyens réunis par ce titre unique, agissant par ce droit unique « et n'ayant qu'un but unique, celui de poser des bases constitution- « nelles, et, en assurant la prospérité de. la Patrie, de faire le bonheur « de tous les individus qui la composent. »
1. Il y a un nom oublié au procès-verbal de la Noblesse, celui de l'illustre Fourcroy. Nous l'avons rétabli et nous avons rectifié les autres d'après le procès-verbal Bailly-Duveyrier, t. I, p. 31-32.