OUVERTURE DE L'ARMOIRE ET DU COFFRE
Ville les papiers et brochures trouvés dans le coffre placé en l'Hôtelde-Viile,
« Lesquels reconnaissent que nous, greffier en chef soussigné, leur avons remis à l'instant les quatorze liasses de manuscrits et les trenteneuf brochures
« Promettant les réintégrer dans notre greffe, après que MM. les électeurs du Tiers en auront fait usage pour la rédaction de leurs Cahiers, afin de pouvoir exécuter les articles X et XI du Règlement du 13avrilI789;
« Promettant aussi de les communiquer à MM. les commissaires de la Noblesse et du Clergé, toutefois si ces derniers témoignent le désir de les avoir à MM. les commissaires du Tiers, Signé : Gibert, de la Frenaye ;
BUFFAULT, SaGERET, VeRGNE, RoUEN.
« Et le 8 mai 1789, au greffe de l'Hôtel-de-Ville,
« M. de la Frenaye a rapporté et rétabli les quatorze liasses et
trente-neuf brochures qui lui avaient été remises suivant l'acte du 1" mai
« Veytard. »
Les Archives nationales ont conservé, dans le carton 64 de la série Ba, la majeure partie des pièces tirées du coffre de l'Hôtel-de-Ville, et de l'armoire du Châtelet, subdivisées en « signées » et en « anonymes », sans autre classification. Si l'on ne fait que les remuer, et si l'on a la mauvaise chance d'apercevoir d'abord celles d'écriture difficile à déchiffrer, diverses sans orthographe, plusieurs sans raison et quelques-unes enfantines, on comprend que l'archiviste Camus et ses sérieux collaborateurs aient dédaigné d'en prendre copie et d'en remplir plusieur registres de la Collection générale des actes relatifs aux assemblées de Paris\ Mais se donne-t-on la peine de les lire une à une et de les ranger en ordre méthodique, on y relève une foule de choses intéressantes, aux titres les plus différents, et qui, sous « les idées dominantes » au prélude pacifique de la Révolution, révèlent les germes de certaines autres idées politiques et sociales qui prendront corps et grandiront au milieu des tempêtes.
Nous avons déjà extrait de ce dossier un certain nombre de pièces, soit pour combler quelques vides dans les procès-verbaux et Cahiers des assemblées électorales des districts, soit surtout pour présenter les plaintes et les vœux, forcément anonymes, du Clergé inférieur*. Nous en réservons quelques-unes, spéciales à l'administration
1. Voir l'avertissement de Camus en tète de la partie de la collection, Bill, relative à Paris, 101* à 115. L'illustre archiviste prétend que les Cahiers qu'il a réunis « sont plus que suffisants pour faire connaître les idées dominantes alors dans la Ville et aux environs. »