MOTIONS DIVERSES. — LA BIBLIOTHÈQUE, LE TABAC, LES VOITURES
des conduits d'eau de haut en bas, dans lesquels conduits se rendra aussi l'eau de tous les auvents des boutiques et des maisons ».
Les « Observalions, qu'une citoyenne prie MM. les électeurs et députés du Tiers de prendre en considération », sont en majeure partie consacrées aux dangers de la circulation dans Paris, « aux accidents sans nombre que causent tous les jours les voitures en général, et en particulier les voitures légères, à deux roues, connues sous le nom de cabriolets, wiskys, phaétons et autres ». On y demande que ces voitures soient interdites à Tintérieur et reléguées « aux extrémités, pour en jouir à la campagne »; que «( les carrosses bourgeois de remise, les fiacres et les personnes à cheval » soient tenus « d'aller d'un pas beaucoup plus modéré, sans courir au galop pour vouloir se surpasser les uns les autres » ; qu'il soit défendu « de faire courir des chiens devant les voitures »; que les charretiers soient forcés « d'être toujours à la tête de leurs chevaux, sans qu'ils puissent monter dans leurs charrettes ou sur leurs chevaux pour les conduire »; le tout sous peine « de fortes amendes « et avec «responsabilité des accidents causés par brutalité ou négligence »; qu'on interdise aussi « à tous les jeunes gens du peuple, apprentis, commissionnaires et autres de s'attrouper dans les rues, places et boulevards de la Ville et des faubourgs pour jouer, ce qui les rend paresseux, provoque la licence et le libertinage, et nuit au passage du public ».
Dans une Pétition signée « Regnault, intéressé dans les affaires du Roi, commis au Trésor royal », est également traitée la question de la « sûreté des rues » : obligation aux voitures « de n'aller qu'au pas des chevaux »; obligation aux propriétaires « d'établir des bornes à quelque distance des maisons, comme il y en a rue de Tournon, pour tenir lieu de trottoirs », en attendant qu'il y en ait dans toutes les rues ; suppression du privilège des messageries, de celui des voitures de place, ainsi que des voitures de' la cour et de la banlieue ; « liberté à tous voituriers indistinctement, de recevoir et conduire tous voyageurs »; abolition de droit de pavé, et en conséquence diminution du prix des courses, etc. — Le même réclame l'extinction de « tous droits sur les denrées de première nécessité, du droit de rivière sur le poisson, de tous droits de péage sur les ponts et pataches, des droits de voirie ; l'extension de la juridiction des consuls (juges de commerce), tenant de plus fréquentes et plus longues audiences, et que tous billets souscrits par des nobles, par des particuliers de telle condition qu'ils soient, soient acquittés dans l'année, selon la rigueur des ordonnances, les signataires actionnés devant la justice consulaire, sans distinction de rang ni de qualité. — Le même encore demande « la suppression totale des cimetières dans l'enceinte de Paris, et l'établissement de deux cimetières généraux, l'un au nord, l'autre au midi, hors des murs formant la nouvelle enceinte de ladite ville, et assez éloignés pour ne nuire à aucun habitant. »
« Des trottoirs dans toutes les rues qui en seront susceptibles, — le passage des voitures interdit dans toutes celles qui n'ont pas neuf pieds de large, — les contre-allées des boulevards entièrement libres, et supprimer le large fossé qui intercepte le boulevard Montmartre, en
face de l'hôtel de Montmorency, — interdire à tout particulier, de quelque condition qu'il soit, de faire aucune entreprise sur la voie publique; — défendre aux Savoyards de se tenir au coin des rues, où ils deviennent paresseux et mauvais sujets, et établir, comme en Hollande, des dépôts où l'on trouve toujours des commissionnaires ouvriers ; — ne permettre aux tombereaux qui ramassent les boues, aux voitures chargées de pierre, de bois, ainsi qu'aux bestiaux, de circuler dans Paris, si ce n'est entre quatre et dix heures du matin ; — reléguer hors la ville tous les ateliers qui emploient des matières combustibles », — demande un anonyme, dans ses Observalions sur la rédaction des Cahiei^s de Paris. — Il propose encore : qu'il soit défendu « aux hommes d'exercer les professions qui conviennent aux femmes; de procurer à celles-ci des moyens de subsistance pour les empêcher de se livrer à la débauche » ; d'empêcher « les filles de raccrocher dans les rues, et de leur assigner des lieux publics où elles puissent étaler librement leurs charmes, puisque cela est devenu malheureusement nécessaire à Paris. » — Il s'élève contre les droits d'entrée, dont on pourrait u affranchir les objets de consommation en augmentant l'impôt sur les cartes »; contre les droits sur le café, le tabac, les cuirs, contre tous les privilèges exclusifs. Il demande des taxes sur « les domestiques mâles, les chevaux, les voilures, surtout les cabriolets des jeunes étourdis », qui nedevraientpa^payermoinsdeôOOlivresparan. — Partisan «des juges de paix, comme en Prusse », il voudrait que nul ne pût « se pourvoir devant la justice royale, avant de s'être présenté devant le juge conciliateur, et que les tribunaux fussent « obligés déjuger dans l'année toutes les affaires commencées avant le 1" avril ». — Il lui semble indispensable « d'obliger tous les ministres et conseillers d'État à ouvrir au moins deux jours d'audience publique par semaine »; et les commis, « qui se donnent aussi les airs d'avoir des audiences publiques », de recevoir chaque matin tout le monde avant l'heure du travail des bureaux, et de « ne pas recevoir de visites particulières ». — Il ne ne manque pas de protester contre « l'absurdité de faire payer le vin de Vaugirard autant que le vin de Bourgogne ». Il désirerait que le titre de bourgeois de Paris ne s'acquît que moyennant « une certaine finance », qu'on éloignât les intrigants et les fripons » en obligeant tous les individus venant s'établir dans la capitale à faire « preuve d'une fortune suffisante pour soutenir leur commerce et leur état. »
Des Articles à ajouter aux Cahiers de Paris contiennent ce qui suit :
« Il ne suffit pas dans l'Assemblée des États généraux de s'occuper seulement des intérêts pécuniaires, il faut encore s'occuper de la partie des mœurs. En conséquence on doit arrêter ce qui suit :
« Toutes les filles de joie doivent être chassées de Paris ou, si on croit en devoir conserver quelques-unes, en ce cas, il faut leur assigner des rues et des maisons particulières, leur prescrire des lois dont elles ne pourront s'écarter à peine d'être punies rigoureusement et les assu-