‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 141 sur 549 · MAISON DU ROI ET DES PRINCES · texte numérisé non relu

MAISON DU ROI ET DES PRINCES

« Obtenir la suppression de la loterie royale

« Faire réduire les frais d'administration du mont-de-piété de sorte à fixer à six pour cent l'intérêt du prêt, et faire admettre une société qui propose de prêter à quatre pour cent »

Sous la signature « Deffara » est déposé un plan de Cahier général, dans lequel seraient fondues toutes les plaintes et réclamations des bailliages de la France entière.

L'auteur anonyme d'un modèle de Cahier assez développé \ qui a pour devise Deo, Patrix et Régi, est on ne peut plus royaliste et très inquiet de la révolution qui se prépare, si l'on aborde à la fois aux États généraux tous les sujets traités dans les Cahiers des provinces et dans la multitude des écrits qui s'impriment tous les jours. Il estime qu'on devrait s'occuper exclusivement, dans la tenue prochaine des États, de la question des finances. Il se prononce en faveur de l'égalité des contributions, car « l'impôt étant pour le bien de tous doit porter sur tous indistinctement ». Il propose une taxe sur les domestiques, 3 livres le premier, 8 le second, 200 le dixième et ceux au delà; kOO livres sur les voitures, le double sur celles venant de l'étranger. Puis il indique de notables économies sur la Maison du Roi et sur celle des princes, après avoir réclamé, en particulier, « la réduction des pensions énormes accordées à quelques gens de lettres, artistes, musiciens et autres histrions » :

« Le nombre des officiers, domestiques de Leurs Majestés et des princes est immense. Le Roi, la Reine, les princes, les princesses seraient mieux servis et par des gens qui leur seraient plus affectionnés, s'ils étaient toujours auprès d'eux, qu'ils ne peuvent l'être par des gens qu'ils ne voient que trois mois de l'année et qui ne veulent pas être moins bien traités que si leur service était continuel. Au lieu d'un officier de chaque espèce, d'une femme, il y en a quatre qui tourmentent les ministres pour des récompenses, et malheureusement au moins moitié qui réussissent. On pouvait se dispenser de faire une maison à madame Elisabeth. Elle aurait été si bien avec ses dignes et respectables tantes! Rien de mieux que de réunir des princesses aussi recommandables par leur religion, leur piété, leur modestie, leur charité et l'exercice de toutes les autres vertus propres à leur sexe.

« Pourquoi une si grande quantité d'officiers à N. N. S. S. les princes? Ne sont-ils pas assez grands par eux-mêmes pour n'avoir pas besoin de ce vain étalage? Dans les occasions d'éclat le service auprès de leurs personnes pourrait être fait par les gardes de Sa Majesté ; une

i Lo manuscrit a 22 pages de grand papier.

légère augmentation de quelques gardes par brigade suffirait et coûterait dix fois moins que leurs compagnies des gardes.

tt Cette augmentation mettrait les gardes du corps en état de servir plus utilement en cas de guerre et de conserver la gloire acquise à leur corps par leurs prédécesseurs aux batailles de Fontenoy, Malplaquet et dans toutes les autres occasions où leur petit nombre a permis de les employer »

Un Cahier en trente-sept articles est présenté Ad maxîmam patrix tt régis gloriam. On y demande :

« Une distribution plus égale du district de chaque paroisse

les cimetières et les tueries rejetés hors la ville; la suppression de

la loterie, impôt qui ruine les malheureux par l'espoir du gain, et, sous des peines corporelles, défense d'établir aucun bureau ou entrepôt

do loteries étrangères; suppression de la capitation d'industrie,

qui frappe le malheureux qui n'a d'autre industrie que ses bras et sa

force; établissement d'une chambre de commerce; en attendant la

réforme si désirée de la jurisprudence civile et criminelle, supprimer le supplice barbare de la roue, appliquer un seul genre de mort à tous les coupables indistinctement, donner aux accusés un conseil qui prendra communication de toute la procédure, ne faire le rapport des

affaires civiles qu'en présence des procureurs des parties; démolir

les murs de clôture de la ville, ce monument du génie fiscal, affligeant, humiliant pour les habitants, et employer les matériaux en provenant à construire des hôpitaux. »

Parmi les « Dispositions d'un Cahaie à presanter » (sic), avec épigraphe: Mens sana in corpore sano, on lit (nous ne reproduisons pas les fautes d'orthographe, qui paraissent voulues) :

« Le premier des bienfaits est de prévenir l'infortune et la sédition populaire en diminuant le prix des grains à l'ouverture de l'Assemblée

« Le Roi élu par la Nation et qu'il soit le premier citoyen, le premier prêtre, le premier magistrat, comme le premier noble

« Supprimer les moines Remettre le Clergé dans sa modestie

primitive en le débarrassant du superflu des biens temporels

« Rendre à la Noblesse son antique splendeur en l'accordant au mérite et non à la naissance, et la mettre en émulation avec l'agriculture, le commerce, les sciences et les arts. Donner à tous les états des marques distinctives pour les soustraire au malheur de l'infortune cachée dessous le luxe. »

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