MARIAGE DES PRINCES, DES PRÊTRES
« Exclusion absolue des ministres des autels des affaires temporelles, surtout de l'administration, du ministère (d'État)
« Liberté absolue de la presse sans aucune restriction
« Liberté de conscience et tolérance absolue; l'humanité, les lumières et la plus saine politique militent en faveur de cette loi
« La Nation jouissant d'une constitution, l'inutilité de nous agrandir, la force naturelle de notre position, doivent nous faire peu rechercher des alliances; on a cru longtemps que les mariages de nos rois et de nos princes avec des princesses filles des monarques les plus puissants rendraient indissolubles les liens désirés par la politique, et ainsi, d'après ces vues, nos rois sont privés du droit le plus doux à l'homme, celui de disposer de son cœur; la politique décide ces alliances, la politique fait mépriser tout ce qu'on devrait en attendre; les exemples les plus récents sont sous nos yeux. Les États généraux, vu l'inutilité desdites alliances, délibéreront donc si, soit pour rendre à nos rois et à nos princes du sang la liberté de suivre leur inclination dans l'acte qui doit constituer le bonheur de leur vie, soit pour ramener des mœurs universellement regrettées et enfin remédier à mille autres dangers, il ne convient pas de faire une loi qui porte que les prétendants à la couronne devront choisir leurs compagnes en France et jamais ailleurs
« Suppression des lois et coutumes qui, dans certaines provinces, donnent tout aux aînés, peu ou rien aux autres enfants, lois ou coutumes destructives du doux nœud que l'amitié fraternelle devrait entretenir
« Nul prêtre ne pourra devenir vicaire ou curé ni prétendre aux
dignités de l'Église, s'il n'est marié pour rendre le respect qui est
dû à leur ministère et les mettre à l'abri de la censure et des faiblesses que la nature humaine peut quelquefois entraîner et motiver
« Abolition absolue de l'espionnage
a Déclarer l'argent marchandise et laisser le possesseur maître d'en disposer à sa volonté, de le prêter à intérêt contre reconnaissance ou sur dépôts et déroger par conséquent à toute loi civile et religieuse contraire à cela
<!. Pour Paris : la province érigée en pays d'États l'administration des revenus confiée aux citoyens; abolition du Corps de ville, établissement d'une municipalité légale, choisie librement par les
citoyens La police confiée à la municipalité Élection d'une
chambre haute de commerce, jugeant en dernier ressort »
Le Cahier du Solitaire, Patrise utUitati *, commence par les chapitses
Religion et clergé :
« Plus d'évêques ; — abolition du Concordat, plus de recours à l'évêque de Rome ; — érection d'un patriarche pour les dispenses
« Mariage des prêtres et faculté à leurs veuves de jouir des revenus de leurs bénéfices pour la subsistance d'elles et de leurs enfants, â condition de faire desservir par des ecclésiastiques
« Divorce réciproque dans les cas de dartres, d'humeurs froides, de folie, de mal caduc, etc., de manie processive constatée par dix demandes sans succès
« Suppression des chanoines, à la réserve uniquement des chapitres des cathédrales; — suppression des bénéfices simples et chapellenies; de tous les Ordres réguliers, sauf les franciscains, à charge de
pensions viagères Vente des bâtiments au profit de l'État pour
l'extinction de ses dettes
u La classe des célibataires est aujourd'hui innombrable. Que ceux parvenus à l'âge de trente ans, non infirmes, restent dans cette
classe...., ou lâches ou libertins ou égoïstes, soit! mais qu'ils payent
à peu près ce qu'ils supporteraient, s'ils avaient l'honneur d'exister civilement, rejetés de toute charge ou emploi public, imposés au
quintuple de ce qu'ils payeraient mariés
« Quiconque prend la cause du luxe est infailliblement ou ladre de jugement ou impudique. Le luxe est le plus rapide destructeur des
empires Il est temps, sinon de l'abolir, au moins de le réfréner
Pour cela il faut une loi qui impose une taxe graduée sur les domestiques mâles, sur chaque roue de carrosse, doublée pour les cabriolets... et le prix des places doublé à tous les spectacles quelconques
« Qu'à l'avenir il ne soit plus pris de ministres parmi les prêtres, ni parmi les étrangers, à moins que reconnus probes et transcendants par une longue expérience parmi nous. »
Le citoyen qui offre ses Idées vagues ^, dans « le seul désir de voir son Roi heureux du bonheur de son peuple », conclut en demandant : des poursuites c utiles et exemplaires contre les auteurs des maux de la France, Calonne, l'archevêque de Sens, Lamoignon, leurs comphces et adhérents »; deux monuments « à la gloire de Louis XVI, surnommé le bon Roi, et à celle de M. Necker, surnommé le restaurateur delà France oa le bon ministre ».
i. Manuscrit de 15 pages sur petit papier. 2. 46 articles manuscrits.