‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 148 sur 549 · In-8" de 36 pages · texte numérisé non relu

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gées, sous les peines les plus graves, de veiller à l'exact emploi des deniers. » Ils expliquent ensuite que « les élus ou députés, le malheur des temps ayant multiplié et perpétué les impôts, devinrent officiers du Roi » ; que les « pouvoirs exorbitants des intendants ou commissaires départis », ainsi que les « usurpations de diverses commissions illégales », ont introduit une foule d'abus, et altéré le principe de leur institution. Ils prétendent ne pas mériter les attaques dont on les accable dans beaucoup de Cahiers des provinces, et ils s'offrent à participer à la réforme de l'impôt, « qui n'a pas été bien entreprise par les Assemblées provinciales ».

Le second des imprimés retirés de l'armoire de la chapelle du Parc civil était daté du 20 avril 1789 et intitulé :

<( MÉMOIRE AU Roi sur un moyen facile et infaillible de faire remonter le patriotisme en France, dans toutes les classes de citoyens, comme dans les deux sexes, et d'assurer U remboursement des dettes de l'État, sans nouveaux impôts, sans emprunt et sans faire éprouver aucune réduction, par m.r. d.b., citoyen français, associé de l'Académie des belles-lettres de Marseille, honoraire de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts d^ Amiens, censeur royal *.»

Sur le titre même se lit cette définition :

c< Le véritable patriote est celui qui met son bonheur et sa gloire à servir sa patrie de tout son pouvoir, et à la secourir avec zèle, suivant son état, ses moyens et ses facultés. »

L'auteur propose :

1" L'institution d'un Ordre du Mérite patriotique, «qui serait accordé à tous les bons citoyens dont le généreux dévouement aurait mérité cette éclatante récompense »;

2° L'établissement d'une Caisse patriotique, où seraient versées «les sommes librement accordées par les bons patriotes, conformément a ce qui serait réglé pour l'admission dans ce nouvel Ordre, afin d'y être successivement et invariablement employées au remboursement des dettes de l'État».

L'Ordre du Mérite patriotique doit comprendre trois classes : les grand'croix, les commandeurs, les chevaliers.

La croix porterait, d'un côté, l'image de saint Denis, patron de la France, et, de l'autre, deux mains, l'une tenant l'autre, symbole de l'union, et autour, pour légende : Prix de patriotisme.

« Le ruban serait bleu, un peu plus foncé que le bleu céleste; il serait porté :

« Pour les grand'croix, en écharpe, de gauche à droite, avec une plaque en broderie sur le côté gauche de la poitrine;

« Pour les commandeurs; en sautoir, avec une plaque de moitié moins grande;

« Et, pour les chevaliers, à la boutonnière. »

La distinction n'eût pu s'obtenir par la faveur; elle ne se fût don-

1. In-8o de 102 pages, à Amsterdam, et se trouve à Paris, au Palais-Royal (chez trois libraires).

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