‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 151 sur 549 · Bibl. nat. Lb»» 1333, in-S» de 14 pages · texte numérisé non relu

Bibl. nat. Lb»» 1333, in-S» de 14 pages

draient le sang d'une province, sans craindre que leurs coups portassent sur aucun des leurs. Quelles armes dangereuses entre les mains d'un despote que celles que nulle considération ne peut arrêter! Il est de la sagesse des États généraux d'éviter ce danger. C'est aux militaires qui y siégeront à s'en occuper principalement

« L'histoire a dû apprendre que, dans une guerre longue, l'État qui a le plus employé de troupes étrangères a toujours été vaincu ;

c'est au soldat citoyen seul qu'il appartient de défendre ses foyers

Tout citoyen doit son sang à la défense de sa patrie

« Permettez-moi, en finissant, de vous faire part d'une idée qui me paraît faite pour inspirer les sentiments de citoyen à tout militaire et le lier à la pairie. Le grade le plus éminent est celui de maréchal de France. Il serait digne des guerriers français de ne le recevoir que de l'aveu unanime de la Nation assemblée; jamais cette dignité si distinguée ne devrait être le prix de la faveur. Le respect qu'on doit lui porter en serait plus profond, l'obéissance plus douce

« Nous reconnaissons les maréchaux de France pour juges de l'honneur : un peuple à qui il fut toujours plus cher que la vie ne peut abandonner le choix d'un tel juge au hasard ou à l'intrigue. »

Parmi les trente-neuf mémoires imprimés, déposés dans le coffre de l'Hôtel de Ville, plus de douze sont consacrés aux finances : Projet pour libérer l'État sans emprunt^; Projet cF emprunt national; De la nature et du choix de l'impôt; l'Impôt simplifié; l'Impôt abonné, etc.

Quelques-unes de ces pièces remontent aux années précédentes, comme un Projet d'administration^-, « remis à M. Turgot quand il fut nommé contrôleur général des finances, et présenté de nouveau à l'Assemblée des notables en 1787 ». On y indiquait la nécessité de réduire, sinon d'abolir la vénalité des charges de finances, et de confier « la collecte des impôts, avec leur répartition, à chaque communauté d'habitants, nommant tous les ans un collecteur, auquel il pourrait être attribué un ou deux deniers par livre ». On y faisait resssorlir ce que coûtait au Roi et à la Nation l'organisation de cinq grosses Fermes réalisant d'immenses bénéfices pour les seuls Fermiers généraux. On proposait le plus possible de suppressions de maisons religieuses inutiles, et la vente de leurs biens « en petites parcelles ». On rappelait l'idée de Sully, qui rapporta tant de ressources à Henri IV, « de taxer les personnes aisées, avec rente à k 0/0 du capital versé ». On conseillait, pour combler le déficit, de faire retomber une taxe de ce genre

1. C'est la motion, précédemment analysée, sur la vente des décorations.

2. N" 14 des imprimés déposés; in-S" de 16 pages. Bibl. nat. Lb^» 344.

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