‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 152 sur 549 · SUR LES FINANCES · texte numérisé non relu

SUR LES FINANCES

sur les gens de finance et de fortune ayant acquis des richesses très supérieures à leur état ».

Dans une Lettre a M. ***parM. C***, suivie d'un plan produisant 100 millions en circulation ^ », on calcule que, sur 2k millions de Français, il y en a bien au moins 2 millions capables de placer 50 livres par an, dans une loterie du commerce, sur un billet, que les buralistes pourraient même subdiviser en parts de 10 à 40 livres. La loterie, proposet-on, aurait son bureau central à Paris, et des bureaux dans les principales villes, tous administrés par un certain nombre de notables commerçants élus ; 15 millions seraient employés en lots, 60 millions serviraient à acheter des produits nationaux qui seraient exportés dans les colonies et à l'étranger, pour entretenir l'activité des fabriques du pays et ouvrir sans cesse de nombreux débouchés au commerce français; 25 millions seraient réservés pour les frais de transport et d'administration. L'idée ne pouvait avoir aucun succès, puisque dans la majeure partie des Cahiers on réclamait l'abolition de la loterie royale et la suppression de l'agiotage.

Vidée d'un citoyen^ « pour acquitter toutes les dettes de l'État et abolir l'agiotage sans faire aucun emprunt, » c'est, les dettes exigibles, les rentes perpétuelles et les finances à rembourser évaluées à h millions, « de créer jusqu'à concurrence de cette somme des effets nationaux, consentis et garantis par la Nation, depuis 50, 100, 200, 300 livres, jusqu'à 2,000, qui se donneraient comme argent comptant dans tout le royaume Une Caisse nationale serait chargée d'acquitter et rembourser tous les ans 200 millions de ce papier national, et dans vingt ans l'État serait entièrement libéré. »

Sous le titre de Projet pour le bien de VÈtat et le soulagement des citoyens ', est exposé un plan financier entraînant la suppression des Fermiers généraux, des receveurs généraux des finances, des receveurs des tailles, des vingtièmes et de la capitation, ainsi que de ces impositions elles-mêmes, de la loterie royale de France et de la caisse de Poissy, ne laissant subsister que la ferme générale des postes, la régie des domaines du Roi et des forêts; procurant, par cotisations proportionnelles des citoyens, subdivisés en diverses classes d'après leurs propriétés ou leurs revenus, un peu plus de 689 millions de livres par an. Cette somme, l'auteur l'estime suffisante pour acquitter les dettes de l'État évaluées à 3 ou 4 milliards, ouvrir des canaux et des routes, protéger l'agriculture, exciter au défrichement, remplir des magasins à blé dans les principales villes, et « embellir Paris sous les auspices de la gaîté nationale : les ponts découverts, halles nouvelles, nouveaux hôpitaux, démolition du grand Châtelet, construction d'un nouvel Hôtel-de- Ville digne de la majesté de la capitale du plus beau royaume ».

1. Et d'un discours sur l'administration de M. Necker, brochure de 45 pages in-S". Bibl. nat. Lb»9 896.

2. Brochure de 7 pages in-8°. Bibl. rcv. du Louvre. — (Signée Noirot.) '

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