‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 153 sur 549 · In-i" de 36 pages. Bibl. nat. Lb · texte numérisé non relu

In-i" de 36 pages. Bibl. nat. Lb

Les taxes sur le luxe,* sur le plaisir, afin de dégrever l'agriculture €t le commerce, étaient fort à la mode. D'autres ont proposé d'imposer les voitures, les domestiques et jusqu'à la poudre des nobles chevelures. Celui-ci, en un long traité de la Caninomanie \ fait assez spirituellement demander par le « très politique et très preux César, chien de haute lignée, au service de M. le chevalier de Trévigny fils, de Falaise », un impôt sur la race canine, soit qu'on l'emploie aux nobles dévastations de la chasse, soit qu'elle ne serve qu'aux plaisirs des grandes et petites dames. Cet impôt « canino-patriotique » se lèverait sur tous les chiens des villes, à /t8 livres par tête, avec mention de l'acquittement sur les colliers; mais les chiens utiles des cultivateurs seraient non seulement exemptés de la contribution, mais libérés des « jarrets rompus ?> et des a billots au cou », auxquels ils étaient condamnés par les atroces règlements des capitaineries. L'auteur s'élève, dans ses notes finales, contre « la manie générale poussée à l'extravagance de porter des chiens partout »; il s'émeut des accidents mortels qu'ils peuvent causer, et s'indigne « que de nos jours l'on en trouve tant dans les églises, quoiqu'ils soient des animaux immondes que toutes les lois bannissent des temples ! »

Le Plan de régénération de la Nation et de la monarchie française"^ est écrit par « un citoyen isolé qui n'a aucun espoir de faire entendre sa voix dans l'auguste Assemblée de la Nation, mais que l'amour de la patrie a excité à proposer une forme d'administration qui écartera les malheurs dont elle est menacée. » C'est, en 41 arrêtés, le programme des décisions à prendre par les États généraux pour « rédiger, avec le Roi et ses ministres, la grande Charte dans laquelle ils établiront de la manière la plus précise les droits et les prérogatives du Monarque, ceux de la Nation et de chacun des Ordres ». La partie relative à la division du royaume en quinze provinces, avec des droits égaux et une administration uniforme est assez remarquable. Tout à fait intéressante est celle sur l'administration ecclésiastique, où il est offert au Clergé une participation de 120 millions sur le budget général de l'État, au heu et place de ses biens, par lui-même avantageusement abandonnés:

« Aux États généraux de 1560 et à ceux de Pontoise, qui en furent la suite, la Noblesse prétendit que, les biens ecclésiastiques provenant des libéralités des Rois et des anciens barons, le Roi et la Noblesse avaient le droit de les appliquer à des objets d'utilité publique, et elle demanda la vente d'une partie de ces biens, pour en employer le produit au payement de la dette nationale. Le Tiers-État fut plus loin; il proposa de mettre entre les mains du Roi tous les biens du Clergé, à

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