OPTION DU DUC D'ORLÉANS
tin et qui avait réuni 61 voix, a été reconnu et proclamé député à la place de M. le duc d'Orléans.
« Une motion s'est faite pour que le procès-verbal de l'assemblée fût porté dans un dépôt quelconque où il pût être conservé à jamais. Un de Messieurs a dit que le Parlement avait refusé de recevoir le procès- verbal de l'assemblée d'un département et que ce dépôt, en conséquence, avait été fait à l'Hôtel de Ville.
« Arrêté unanimement que des copies du procès-verbal seraient remises dans tous les dépôts publics par une dôputation qui en prendrait acte. La députation a été formée sur-le-champ de MM. le comte de Bourbon-Busset, le prince de Léon, Le Marié d'Aubigny, Morel de Vindé.
« Les dix députés nommés pour les États généraux ont été appelés. Ceux qui étaient présents ont déclaré et il a été déclaré au nom des autres qu'ils acceptaient.
« Le scrutin pour la nomination des suppléants, ouvert aussitôt après, a été continué le soir, w
NOMINATION DES SUPPLÉANTS Du vendredi H 5 maij 9 heures du matin.
« Le scrutin vérifié pendant la journée entière, toutes les formalités remplies, il a été reconnu et proclamé que les dix suppléants étaient :
« MM. le marquis de Beauharnais, qui réunit 75 voix.
le vicomte de Ségur 70 —
le duc de Piennes 68 —
de SÉMONVILLE 64 - -
le comte Archambaud de Périgord. . . 64 —
de MoNTHOLON, procureur général . . 60 - -
le comte de Barbantane 58 —
de Malartig de Fondai 58 —
le vicomte de Valence 57 —
le prince de Léon 55 —
Du samedi, \ 6 mai, 5 heures et demie du soir.
« M. le président a annoncé qu'avant la lecture du procès-verbal plusieurs membres de l'assemblée avaient demandé la parole.
« Deux de Messieurs du nombre des députés qui n'avaient pas encore pu exprimer par eux-mêmes à l'assemblée leur acceptation et leur reconnaissance ont rempli ce devoir.
PROPOSITION d'un magistrat DU CHATELET *
« Un de Messieurs s'est levé et a prononcé le discours suivant :
« Messieurs, Il est enfin arrivé le moment où celui qui n'a été dirigé « dans toute sa conduite et dans toutes ses opinions que par le plus « pur et le plus noble patriotisme, et qui n'en a contenu les efforts « que dans la crainte de manifester une ambition exagérée, peut donner « un libre cours au zèle qui l'anime.
« Mais, messieurs, j'essayerais inutilement de le dissimuler, « membre des deux Chambres de la Noblesse % j'ai osé aspirer à être « choisi dans l'une ou l'autre pour un de vos représentants aux États « généraux. Je n'ai ignoré aucun des obstacles qui pouvaient s'y oppo- (( ser. J'ai vu cette foule d'illustres rivaux qui briguaient le même « honneur. J'ai calculé quelle prépondérance leur donnaient tant de « dignités, de vertus et de talents; et cependant, isolé et presque « inconnu dans cette auguste assemblée, je n'ai point éloigné de mon « cœur un espoir qui m'était cher. Je le fondais exclusivement, mes- « sieurs, sur l'avantage que j'avais d'être parmi vous le seul membre « d'un tribunal qui jusqu'en 1651 a toujours eu la prérogative d'avoir « un de ses magistrats aux États généraux, d'un tribunal qui depuis « plus de dix siècles distribue à une partie considérable de la Nation « une justice prompte, exacte et gratuite, d'un tribunal qui s'est tou- « jours montré supérieur à toutes les craintes comme à toutes les « séductions, d'un tribunal, en un mot, qui il y a un an, à l'époque et « au jour auquel nous nous trouvons, tenait dans sa balance les des- « tins de la France, et j'oserais presque le dire, le droit de rendre la « Nation libre ou de n'en faire qu'un peuple d'esclaves. Oui, mes- « sieurs, c'était à pareil jour que le Châtelet, ce tribunal inférieur, « moins estimé peut-être qu'il n'est estimable, environné de tous les « agents du pouvoir arbitraire, assiégé par des satellites armés et prêts u à attenter au moindre signal à la liberté des seuls magistrats qui « restassent à la capitale, jugeait ce divan si redoutable à tous les « Français, repoussait avec horreur ce fantôme d'élévation qu'on lui « proposait et, malgré la présence d'un commissaire du Roi, refusant (( courageusement l'eoregistrement de la Cour plénière et des grands « bailliages, donnait à tous les juges de la France l'exemple et le « signal d'une défection d'où dépendaient la liberté publique et le <« salut de l'État.