CAHIER DU CLERGÉ.— MENDICITÉ, APPROVISIONNEMENT, OCTROI
la classe des pauvres à leur pays natal que des familles entières et très nombreuses n'aient aucun intérêt à venir chercher, à Paris, un sort incertain et augmenter le nombre infini des malheureux pour lesquels il n'y a pas de secours suffisants.
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« Que la mendicité soit extirpée, comme étant le fléau des villes et plus encore celui des campagnes; que, pour y parvenir, on établisse des ateliers de charité, qu'on prenne d'autres moyens, qu'une administration sage et éclairée est plus à portée de connaître, mais jamais celui d'enfermer les mendiants dans d'affreuses maisons de dépôt, où les traitements qu'ils éprouvent révoltent l'humanité.
Que l'agiotage soit réprimé et, s'il est possible, entièrement détruit, comme tarissant la source des véritables richesses que la France pourrait tirer de la culture des terres et du commerce.
« Qu'il soit pourvu par les moyens les plus efficaces à tous les approvisionnements de farine, viande, etc., pour la Ville de Paris, afin que ces denrées de première nécessité n'excèdent jamais un prix raisonnable et qui soit à la portée du pauvre.
« Que tous les octrois sur le bois, charbon, etc., qui se sont accrus depuis quelque temps à un point excessif, soient examinés; qu'on en recherche l'origine, le motif qui les a fait accorder, l'époque où ils devaient ou doivent finir, afin de les supprimer ou modérer, s'il y a lieu.
« Que tout changement relatif aux embellissements de la Ville de Paris ne puisse être effectué que lorsqu'il y aura un plan publié, contre lequel les personnes intéressées auront pu réclamer une discussion, en présence du ministère public et des magistrats; et que, ces changements une fois déterminés, les dédommagements soient arbitrés par les mêmes magistrats, et payés avant qu'on procède à la destruction des maisons, etc.
« Telles sont les doléances du Clergé de Paris, telles sont ses demandes. Il les confie à la fidélité de ses députés aux États généraux. Elles attesteront à la Nation assemblée ses véritables sentiments. Puis-
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sent-ils être auprès d'elle le témoignage public de son zèle inaltérable pour la Religion, de son dévouement au bien de l'État, et de sa respectueuse confiance en son Roi !
« Et a, ledit Clergé, donné à ses députés tous pouvoirs de proposer, aviser et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l'État, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité générale du royaume et le bien de tous et chacun des sujets de Sa Majesté, s'en rapportant à leur honneur et à leur conscience, n'entendant limiter autrement leurs pouvoirs, lesquels sont expressément énoncés par l'acte même de nomination desdits députés aux États généraux, lequel acte fait partie du procès-verbal du Clergé de Paris intra muros.
« Fait et arrêté en l'assemblée générale du Clergé de la Ville de Paris, le 18 mai 1789.
« Signé : f Antoine E.-L., archevêque de Paris, président; Benière, curé de Saint-Pierre de Chaillot; Dumou- CHEL, recteur de l'Université; dom Prescheur, bénédictin, procureur général de la congrégation de Saint-Vanne, secrétaires de l'assemblée. »
CAHIER