‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 275 sur 549 · LES PROMENADES ET SPECTACLES · texte numérisé non relu

LES PROMENADES ET SPECTACLES

« L'honnête homme né sans fortune, après avoir travaillé une partie de la journée pour se procurer de quoi subsister et élever sa famille, h besoin de prendre quelques délassements; il n'en est pas de plus décent et de plus salutaire en même temps que la promenade; après avoir été longtemps emprisonné dans son étroite habitation, on désire respirer

un airplus libreet plus pur que celui des rues Eh bien, il faut faire

une lieue de chemin au milieu de ces rues sales et infectées avant de trouver une promenade ; nos boulevards ne sont plus qu'une rue, et l'on ne peut plus y jouir de cet aspect de la campagne qui réjouit et délasse; à la honte de notre siècle on a mesquinement rétréci, défiguré le jardin du Luxembourg

(( C'est ainsi qu'au lieu d'agrandir, de multiplier les promenades, on les diminue : au centre de la Ville, on ne trouve pas un carré de terrain assez vaste pour aller s'y délasser un instant pour y promener les enfants qui, dans cet âge tendre, ont tant besoin d'exercice, de récréation, et surtout d'un bon air

« Ce n'est point aux extrémités de la Ville qu'il faut élever les places consacrées à nos Rois : c'est au centre même de la cité, au milieu de tout son peuple Il faut en élever une à la gloire immortelle de Louis XVI, qui de tous nos Rois est celui qui aura le mieux mérité les honneurs de l'apothéose, parce qu'il aura fait le plus de bien à

la France Qu'on lise seulement au pied de sa statue : Au Rof citoyen.

Ce titre, simple comme son cœur, est aussi beau sans doute que celui de Peuple Roi que les Romains s'étaient donné.

« A défaut de promenades, veut-on aller se délasser aux spectacles, tout est vendu d'avance aux gens à grande fortune, et surtout aux catins ; pas une un peu huppée qui n'ait sa loge; et l'honnête bourgeois, après beaucoup de chemin au milieu des crottes, ou après la dépense d'une voiture pour s'y transporter, est souvent obligé de s'en retourner comme il est venu, s'il ne se résigne à prendre des places dont le prix est exorbitant.

« Supprimez donc toutes les petites loges à l'année Que chacun soit assis sur le même rang et sans aucune séparation, afin d'y ramener l'égalité, la fraternité, et surtout la décence; et que qui que ce soit ne puisse retenir et louer d'avance des places,

« Que le droit d'avoir des loges particulières et à l'année, mais dans l'endroit le plus marquant de la salle, ne soit accordé qu'aux princes du sang ; ayez des places d'honneur pour les citoyens, de telle classe qu'ils soient, qui auront bien mérité de la Patrie ; c'est ainsi

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