‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 277 sur 549 · RÉFORMES PARISIENNES · texte numérisé non relu

RÉFORMES PARISIENNES

certains articles trahissant un esprit aristocratique tout à fait opposé aux sentiments généraux des Parisiens de 1789, y compris les citoyens nobles K II reproduit, sous une forme souvent spirituelle, les motions émises ailleurs sur les trottoirs, les cabriolets, les maisons trop hautes, les filles « divagantes, à reléguer dans un quartier séparé »; les marchands de vin, épiciers et « autres chimistes obscurs, à livrer à la rigueur des tribunaux comme empoisonneurs publics »; sur les notaires, la loterie royale, le mont-de-piété, etc. De brèves citations suffiront pour que ce Cahier d'un original inconnu serve, au même titre que celui du marquis de Villette, par exemple, à compléter les idées émises sur Paris par les Parisiens juste au moment où commença la Révolution française :

« 1. — Que la Ville soit réintégrée dans son ancien droit naturel d'élire elle-même son Prévôt des marchands; que ce premier magistrat municipal soit pris indistinctement dans la noblesse, la robe et la bourgeoisie; que son nom soit changé en celui de 3Iaire de Paris

« h' — Supplier le Roi de passer les hivers dans sa bonne Ville de Paris, réellement bonne et très bonne pour Sa Majesté....

« 9. — Abroger l'usage féroce et absurde de promener un malheureux blessé de commissaire en commissaire; que ces messieurs soient obligés de rester chez eux, et que les premiers soins donnés aux blessés soient ceux du chirurgien

« 12. — Réduire le nombre incroyable de ces petits assassins qui, à l'aide d'une perruque et d'un privilège, et n'ayant souvent manié que le rasoir, s'ingèrent de traiter les maladies les plus compliquées, et à qui l'on semble avoir abandonné le sang du peuple

« 15. — Mettre des bornes à la cherté extravagante des loyers, et que le petit bourgeois ne soit pas obligé d'employer la moitié de son revenu pour mettre lui et sa famille à l'abri des injures de l'air

« 22. — Défendre expressément aux grands et petits préposés à la police de recevoir aucuns présents ou pots-de-vin

« 23. — Que les entrepreneurs de l'illumination de la Capitale ne calculent plus leurs bénéfices sur les quartiers de lune

« 27. — Permettre à toute personne d'établir des petits spectacles,

1. « Ce Cahier, tiré de la Bibliothèque du Corps législatif », se retrouve à la Bibliothèque nationale, Lb^a 7092. Il forme 16 pages in-S" et a pour épigraphe : « Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux ». L'article auquel nous faisons allusion est le 34*, l'unique des modèles de Cahiers et des Cahiers délibérés, où l'on demande de diminuer les écoles gratuites de dessin et les bourses dans les collèges; « ce qui dépeuple journellement les campagnes et les ateliers » pour faire « cette foule de bateleurs, d'abbés, de clercs, de commis sans place, d'écrivassiers qui, n'ayant pour tout bien que leur plume et leur pinceau, traînent partout leur indigence et leur ignorance orgueilleuse,.. »

afin qu'à la longue leur multiplicité en dégoûte les spectateurs et les entrepreneurs.

H 28. — Interdire ces tavernes et tabagies, où le peuple, dégoûté de cette eau teinte que l'on nomme vin, va se gorger d'une eau-de-vie meurtrière

« 37. — Qu'il soit créé un conseil de santé pour surveiller la nourriture du peuple inspecter toutes les denrées qu'on étale dans les

marchés et dans les boutiques

« /i8. — Que le sublime projet de rendre la rivière navigable, et de restituer à la Ville de Paris son ancien port, soit réalisé; qu'on y établisse un commerce maritime, qui sera une nouvelle source de richesses pour la France et fournira à la marine un plus grand nombre de matelots. Le Roi et les États généraux seront suppliés d'assigner les fonds nécessaires à cette grande et utile entreprise, qui mettra le comble à la gloire de la Nation

« /i9. — Le dernier vœu des citoyens de la Ville de Paris est que les États généraux, constitutionnellement convoqués tous les trois ans, soient tenus dorénavant dans la capitale, où Sa Majesté peut, tout aussi bien qu'à Versailles, s'environner de l'amour de ses sujets. »

Dans Mes Cahiers pour Paris i, on demande :

« La revision de la Coutume de Paris

« La suppression de tous les privilèges aux entrées de Paris et des droits de franc-salé, sans distinction quelconque, même au profit des hôpitaux, sauf dédommagement à ces derniers

« Établir des commis chimisles, chargés de la décomposition et inspection des vins et liqueurs; peine majeure dans les cas de contravention...

Journaux périodiques.

M Supprimer tous les privilèges des gazettes, journaux, affiches et autres ouvrages périodiques, rendre à ce sujet la liberté de la presse, exiger que toute feuille périodique soit assujettie à un droit de timbre au profit du Roi, et signée de l'imprimeur

Voitures.

« Condamner à 3,000 livres d'amende, sohdairement avec son maître, le cocher qui aura tué un homme; défendre en outre au cocher de jamais conduire des chevaux dans Paris sous peine des ga-

1. Attribués au marquis de Villette, d'après une note manuscrite de l'exemplaire que possédait la Bibliothèque du Louvre; se retrouvent à la Bibl. nat. Lb^» 1554, 27 p. in-8".

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