‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 299 sur 549 · NTUI(3UES CONTRE LES COMMUNES · texte numérisé non relu

NTUI(3UES CONTRE LES COMMUNES

retirer places et pensions à quelques autres; et je réponds qu'on les verra bientôt à genoux.

(( Je sais bien que ce premier résultat de l'Assemblée, sanctionné par le Roi, les Parlements refuseront de l'enregistrer. Tant mieux, on les cassera, et on mettra des commissaires à leur place. Le Roi, appuyé sur la Nation, fera tout ce qu'il voudra; il reprendra une autorité bien plus réelle et bien plus utile que celle qu'il a eue jusqu'à présent. La Nation se trouvera heureuse de n'avoir qu'un maître et d'être délivrée de cette horrible théo-aristo-robinocratie, qui veut dévorer les peuples et le Monarque. »

Versailles, le 9 juin.

« Des gens malintentionnés et sans doute mal instruits ont

fait courir le bruit qu'il paraîtrait demain un Arrêt du Conseil d'État pour dissoudre les États généraux et fixer l'époque de leur réunion au 1" octobre prochain.

" Cette nouvelle, tout absurde qu'elle est, a fait beaucoup de sensation »

Versailles, le 10 juin.

« Le procès-verbal de clôture des conférences (entre les trois

Ordres) a été signé par les commissaires du Clergé et par ceux du Tiers; la Noblesse n'a pas voulu signer. Cette pièce, vraiment curieuse et rédigée de manière à tourner en ridicule les deux premiers Ordres, va être imprimée et distribuée dans toutes les provinces, avec des réflexions et des remarques capables d'opérer une révolution dangereuse et d'allumer le feu dans toutes les parties du royaume.

« Nous pensons, avec tous les gens sages qui observent et suivent Ja marche de l'Assemblée nationale, que l'État est en péril, et que ce péfil est trop imminent pour que le Roi reste indifférent. Il est temps ou jamais que le gouvernement reprenne son ancienne influence sur

toutes les parties de l'administra tion Nous sommes menacés de

toutes parts. Tous les Ordres sont divisés, et tous, en particulier, peuvent amener une révolution plus ou moins funeste »

Versailles, le 12 juin.

« On s'attend que presque tous les curés et même des évêques

léserteront leur Ordre pour se réunir au Tiers et que la Noblesse

)ersistera dans ses principes.

« Aux Communes on se propose de finir demain la vérification des )ouvoirs et de prononcer la constitution active de la Chambre. Cette )pération faite, et ceci mérite la plus grande attention, on veut annon-

cer à la Nation et déclarer que tous les arrêtés qui n'émaneront pas directement de la Chambre nationale doivent être considérés comme nuls et

n'ayant aucune autorité Les membres du Tiers État ou la plus grande

partie d'entre eux sont intimement persuadés que leur conduite est conforme aux intentions du Roi et de ses ministres, et particulièrement de M. le comte de Montmorin et de M. Necker. Si c'est une erreur, on ne saurait trop se hâter de la détruire »

Du 13 juin.

H La réponse du Roi a paru sèche à bien des gens. D'autres l'ont trouvée très satisfaisante, et voici les réflexions qu'ils ont faites :

« Le Roi nous a toujours recommandé l'ordre, la paix et l'activité; Cl notre conduite ne saurait lui déplaire, elle est en tout conforme à (( ses intentions bienfaisantes et aux principes connus de M. Necker. » '

Paris, le 15 juin.

« L'opinion publique est toujours la même. Les grands, le

Clergé et les parlementaires déclament contre M. Necker avec fureur. Le peuple le défend et le porte aux nues. Le haut Tiers ne s'explique pas ouvertement et, si j'en juge d'après mes observations, sa force et ses dispositions se divisent entre les deux partis, qui cherchent à le gagner réciproquement.

« On parle publiquement de la retraite de M. Necker. Les rentiers redoutent ce moment, ils sont dans les plus vives alarmes »

Versailles, le 17 juin.

« L'opinion publique est partagée sur la résolution du Tiers État. Les deux partis se disputent avec un acharnement qui tient de la fureur On s'attend que les Nobles monteront à cheval, prendront un

parti vigoureux pour soutenir leurs droits

« Dans ce moment de crise la Nation entière attend une décision du Monarque. Il faut qu'il la prononce »

Versailles, le 20 juin.

(( Pendant cette séance, qui sera à jamais mémorable, le

peuple s'était réuni en foule à la porte du Jeu de Paume. Quoique le concours fût prodigieux, il y régnait le plus grand silence. On écoutait attentivement, et chaque motion relative à l'Arrêté était applaudie à tout rompre

« Les esprits, vivement pressés entre la crainte et l'espoir, fermentent plus violemment que jamais; ils paraissent disposés à se porter aux dernières extrémités.

1. V. p. 567-570 de notre tome II la partie de ces Notes secrètes c.ncernant Necker et les accaparements de blé.

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