‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 344 sur 549 · SÉANCES DES ÉLECTEURS DE PARIS · texte numérisé non relu

SÉANCES DES ÉLECTEURS DE PARIS

Du \0 et du U juillet.

Une omission très remarquable des Cahiers généraux de Paris, et même des Cahiers primitifs, ainsi que des Cahiers particuliers, c'est celle d'un article quelconque sur la force armée de la capitale formée par les Parisiens eux-mêmes. Ici et là, on parle de la police confiée à la municipalité élue, de la garde de Paris unifiée et militairement mise sur le pied de la maréchaussée. Mais personne encore ne s'était avisé de proposer l'armement des citoyens, lorsque le 25 juin, sur le bureau des électeurs, assemblés dans la salle du Musée, un littérateur, déjà un peu connu par des publications historiques et littéraires et qui, par une série de brochures, préparait, comme Rrissot et comme Condorcet, un journal indépendant, le Tribundu, pcu^^^e, Nicolas de Ronneville, électeur du district des Carmes déchaussés, présenta une Motion sur la garde bourgeoise, qui ne fut consignée au procèsverbal que le 10 juillet, avec mention, réclamée par l'auteur, de la date exacte de son dépôt* :

a Citoyens! Dans ces jours d'espérances et d'alarmes, où s'agitent les destinées de la France, et peut-être celles de l'espèce humaine, avilie et dégradée par l'esclavage, il nous semble que le premier de nos devoirs est de protéger, par notre prudence et par nos armes, les représentants du peuple français qui, dans les étranges persécutions qu'ils éprouvent, viennent de mettre leurs personnes et les droits de tous les peuples sous la sauvegarde de la Nation française. Je vous admire ! Vous croyez avoir rempli votre devoir d'électeurs et de citoyens en adressant des vœux à l'Assemblée nationale! Pensez-vous donc que les Représentants du peuple français n'ont sollicité de vous que des regards de protection, d'adhésion, et des adresses de félicitation ?

« Citoyens, vos assemblées, aujourd'hui si importantes, ne doivent pas être des assemblées de parade

« Les représentants du peuple conjurent le peuple français de les prendre sous sa garde. Aux armes, citoyens, aux armes !

« Voyez ce qu'il nous en a coûté pour avoir renoncé, par la plus indigne bassesse, au droit de nous garder nous-mêmes ! La sûreté de nos personnes, la propriété de nos biens, et la liberté, qui

console de tout, qui donne tout, qui est tout! Puisque des ministres

armés nous dépouillent de nos droits, et joignent les affronts à la tyrannie, citoyens, soyons tous armés !

1. La motion de BonuevlUe se trouve parmi les documents annexés au Procès-verbal Bailly-Duveyrier, t. III, p, 146-150.

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