LES COMMUNES DE PARIS
Il demande :
« 1" Qu'une députation de vingt-quatre membres soit envoyée au Roi, « pour lui peindre les inquiétudes, les alarmes et la consternation « des habitants de la Ville de Paris, en voyant ces terribles appareils « de guerre, dans un moment où la Nation s'occupe, de concert avec
« le Roi, de la restauration du bonheur public; pour supplier Sa
« Majesté de vouloir bien ordonner l'éloignement de ces troupes, aux « offres que fait l'Assemblée de demander à la Ville de Paris, par l'or- « gane de ses districts, le rétablissement de la Garde bourgeoise, dont « l'usage subsiste encore dans quelques provinces de France, et d'em- « ployer tout son zèle et ses soins à maintenir la tranquillité pu- « blique
« 2" Qu'il soit voté une Adresse à l'Assemblée nationale, afin de lui exprimer le vœu du rétablissement de la Commune de Paris et de la Garde bourgeoise, et qu'il en soit délibéré dans les districts, lesquels seront incessamment assemblés à cet effet;
« 3" Qu'il soit nommé un Comité de vingt-quatre membres pour s'occuper sans délai de rechercher les meilleurs moyens d'opérer la sûreté publique et faire son rapport le lendemain, attendu l'urgence des circonstances;
« 4" Que la délibération de l'Assemblée soit imprimée et envoyée à toutes les Municipalités du royaume, avec invitation de joindre leurs justes réclamations à celles de la Ville de Paris. »
Carra, employé à la Bibliothèque du Roi, électeur du district des Filles-Saint-Thomas, donne pour base à sa motion sur « la Constitution des Communes de Paris » les origines mêmes de « l'association civile et politique »; il remonte « aux notions primitives de l'ordre social, à la première idée d'association entre les premiers habitants des campagnes et des villes, qui n'a pu se présenter que sous le régime dénominatif de Communes, qui a pris chez tous les peuples, dans tous les temps, à peu près le même caractère et mérité la même dénomination '.»
« L'histoire nous apprend que la plupart des villes du royaume ont joui autrefois du droit de Commune; mais quand elles n'en auraient jamais joui, mais quand leurs habitants n'auraient jamais formé entre eux l'association que nous désignons sous ce nom, serait-ce une raison pour nous empêcher aujourd'hui de former cette association? N'est-ce pas dans les temps de crise, n'est-ce pas au moment où les peuples luttent contre ^esclavage et l'oppression, que ces associations