DESMOULINS ET LA COCARDE VERTE
a Citoyens, il n'y a pas un moment à perdre. J'arrive de Versailles : M. Necker est renvoyé, ce renvoi est le tocsin d'une Saint-Barthélémy de patriotes. Ce soir tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ de Mars pour nous égorger. Il ne nous reste qu'une ressource, c'est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnaître, »
L'émotion de Paris avait été prévue. Avant même qn'on y pût connaître la nouvelle du renvoi et du départ de Necker, il avait été placardé sur les murs, rapporte Dusaulx\ « une affiche insidieuse pour apprendre que le rassemblement des troupes dans les environs de Paris et de Versailles n'était qu'une simple précaution contre les brigands ->.
Le retentissement du cri : Aux armes! poussé au Palais-Royal embrase Paris entier. Sans ordres du maréchal duc de Broglie, qui venait d'être nommé généralissime, le baron de BesenvaP, trouvant les détachements de l'intérieur de la capitale trop exposés aux séductions et aux fureurs populaires, concentre les régiments étrangers au Champ de Mars et aux Champs-Elysées.
A VERSAILLES Séance de l'Assemblée nationale du 13 jicillel '.
L'Assemblée nationale, présidée par l'archevêque de Vienne, Le Franc de Pompignan, au commencement de sa séance du lundi 13 juillet, était avertie par l'un de ses membres du renvoi et de l'exil de Necker, ainsi que des troubles qui agitaient Paris. Mounier propose une députation au Roi « pour le supplier de rappeler MM. Necker, de Montmorin, de La Luzerne, de Saint-Priest, et lui déclarer que l'Assemblée nationale ne consentira jamais à une honteuse banqueroute et qu'elle prendra la précaution nécessaire pour y parvenir quand elle aura terminé ses travaux relatifs à la Constitution du royaume ». Target appuie cette motion. Lally-Tolendal déclare « qu'il la signerait de son sang »; il réclame une manifestation solennelle « d'estime et de regret à M. Necker et aux trois ministres qui se sont généreusement dévoués pour les intérêts du Roi et de la Nation ». Le comte de Virieux demande que, dans l'Adresse au Roi, on dénonce « les dangers que font courir à la France des conseillers pervers, qui ont abusé de son nom pour adopter des mesures si fatales h la paix publique » ; d'autre part, que l'on ne cesse pas de travailler à la Constitution, que l'on « renouvelle, confirme et consacre les glorieux Arrêtés pris le 17 juin, qu'on s'unisse à la célèbre Résolution du 20, et que tous, tous es
\. OEuvre des sept jours, l. c, p. 272, 273.