‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 355 sur 549 · Archives parlementaires, VIII · texte numérisé non relu

Archives parlementaires, VIII

Ordres réunis, l'on jure d'être fidèles à ces illustres Arrêtés, qui seuls peuvent aujourd'hui sauver le royaume ». Glermont-Tonnerre s'écrie :

« La Constitution sera ou nous ne serons plus! Paris est dans une

affreuse fermentation, on s'y égorge, et les troupes y présentent deux spectacles également effrayants : des Français indisciplinés, qui ne sont dans la main de personne; et des Français disciplinés, qui sont dans la

main du despotisme On doit voter une Adresse de remerciements

à ceux qui sont les victimes du despotisme. »

Guillotin lit l'adresse des électeurs de Paris adjurant l'Assemblée nationale de « procurer le rétablissement de la garde bourgeoise, unique moyen de faire cesser les troubles qui déchirent celte capitale ».

Divers membres rapportent ce qu'ils ont vu ou ce qu'on leur mande de Paris : « Tous les citoyens ont pris les armes Des troupes étrangères n'attendent que le premier ordre pour faire un carnage affreux

Le sang des citoyens a déjà coulé »

« Tous les députés doivent se réunir pour sauver la patrie! » s'écrie-t-on. Diverses propositions s'entrecroisent : l'Adresse au Roi, « pour lui représenter la nécessité de faire retirer les troupes, dont la présence est un aliment à la fermentation du peuple »; une députation c( vers la Ville de Paris, pour lui porter des paroles de consolation et de paix ».

Le comte de Custine insiste afin que l'on s'occupe de la Constitution sans désemparer. Biauzat est du même avis, il lui paraît urgent que la responsabilité des ministres soit établie. L'abbé Grégoire réclame l'organisation immédiate d'un comité « pour dénoncer tous les ministres coupables, tous les conseillers perfides du Roi ».

Gouy d'Arsy, qui a « entendu le canon tonner et vu le sang couler », appuie la motion de Mounier. Castellane voudrait qu'on votât l'Adresse au Roi et qu'on décidât sur la Déclaration des Droits proposée par La Fayette.

Guillotin relit la délibération des électeurs de Paris relative à la garde bourgeoise, adjure l'Assemblée nationale de décider.

Une discussion confuse s'engage. Le Peletier Saint-Fargeau presse l'Assemblée d'intervenir, de faire mention du principe de la responsabilité des ministres et de l'arrêté lu par Guillotin dans l'Adresse au Roi. Car, dit-il, « lorsque personne ne représente le peuple, il se représente lui-même, et c'est alors qu'il se porte à des excès terribles, qu'on aurait évités en prenant ses intérêts et en allant à son secours ».

Le Chapelier, constate que la garde bourgeoise est seule capable d'arrêter les excès « des troupes étrangères qui assiègent un peuple bon et fidèle », car « c'est le peuple qui doit garder le peuple. »

Le discours du député de Rennes en faveur de Paris est interrompu par un courrier du commandant de la capitale, le duc du Ghâtelet, qui annonce que 10,000 hommes sont armés au Palais-Royal, prêts à « attaquer les troupes des Champs-Elysées, à aller ensuite à Saint- Denis se joindre aux régiments et se rendre à Versailles. Toutes les barrières du côté nord ont été saccagées, celle du Trône est en feu. Les armuriers sont pillés, chacun prend la cocarde verte. Ils disent qu'ils vont ouvrir toutes les prisons,.... »

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