‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 356 sur 549 · RÉSOLUTION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Sur quoi Ton décide de députer immédiatement vers le Roi, « pour représenter à Sa Majesté tous les dangers qui menacent la capitale et le royaume; la nécessité de renvoyer les troupes dont la présence irrite le désespoir du peuple et de confier la garde de la Ville à la milice bourgeoise ». On tire au sort dans les diverses provinces vingt membres du Clergé et de la Noblesse et vingt membres des Communes. Les représentants de la Ville de Paris réclament et obtiennent de se joindre tous à la députation.

Le président, rouvrant peu après la séance, rapporte celte réponse royale :

(( Je vous ai fait déjà connaître mes intentions sur les mesures « que les désordres de Paris m'ont forcé de prendre; c'est à moi seul <i de juger de leur nécessité, et je ne puis à cet égard apporter aucun « changement »

De violents murmures éclatent. Plusieurs membres « témoignent leur indignation de la tranquillité apparente du Roi au milieu du désordre général, et du peu de condescendance qu'il a pour les demandes de l'Assemblée nationale ».

Comme on ne peut s'entendre, on charge des commissaires de préparer une Résolution, qui est peu après rapportée et unanimement approuvé :

« L'Assemblée, interprète de la Nation, déclare que M. Necker, ainsi que les autres ministres qui viennent d'être éloignés, emportent avec eux son estime et ses regrets ;

« Déclare, qu'effrayée des suites funestes que peut entraîner la réponse du Roi, elle ne cessera d'insister sur l'éloignement des troupes extraordinairement rassemblées près de Paris et de Versailles et sur rétablissement des gardes bourgeoises

« Déclare que les ministres actuels et les conseils de Sa Majesté, de quelque rang et état qu'ils puissent être, sont personnellement responsables des malheurs présents et de tous ceux qui peuvent suivre

« Enfin, l'Assemblée déclare qu'elle persiste dans ses précédents Arrêtés, et notamment dans ceux du 17, du 20 et du 23 juin dernier »

Le président demandant, vu la longueur des séances, qu'un viceprésident lui fût adjoint, le scrutin était ouvert, et le marquis de La Fayette élu vice-président au milieu des acclamations.

L'archevêque de Vienne alla à dix heures du soir, au château, porter la Résolution de l'Assemblée nationale. Mais il ne fut pas reçu, « le Roi étant passé chez la Reine ». Il se représenta le lendemain matin, fut admis, et Sa Majesté répondit au président, « qui lui remettait l'Arrêté en main propre, qn'EUe en examinerait le contenu ».

Dans son compte rendu de la journée du 13 juillet à Versailles, l'agent de Montmorin rapporte ' :

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