‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 370 sur 549 · Ibid., l · texte numérisé non relu

Ibid., l

Après avoir déposé sur le bureau une expédition authentique de la délibération de l'Assemblée nationale du 13 juillet 1789, signée du yice-président La Fayette, Delavigne reprit :

« Tous les députés nous ont témoigné leur joie sur yos dispositions courageuses, dont nous leur avons fait part ; ils ne sont pas moins décidés que vous à tout faire pour la liberté publique.

« Nous avons vu avec la plus vive satisfaction que les événements actuels sont un nouvel aliment au patriotisme qui les anime; lorsque l'on a lu dans l'Assemblée nationale la partie de l'Arrêté que vous venez d'entendre, où il est dit que l'Assemblée nationale déclare qu'elle persiste dans ses précédents Arrêtés, et notamment dans ceux des 17, 20 et 23 juin dernier, nous avons été témoins du généreux empressement avec lequel un grand nombre de députés nobles se sont élancés de leurs sièges vers le bureau, et ont déclaré à toute l'Assemblée que si, dans le principe, les conditions impérieuses de leurs mandats avaient gêné les sentiments patriotiques qui les portaient à l'union des Ordres, tout les pressait, tout les portait, dans la circonstance actuelle, à se désister de toutes oppositions, de toutes protestations : ils ont déclaré que l'amour du bien public les déterminait à ad/iérer à ces Arrêtés pris dans l'Assemblée avant la réunion. Il est impossible, Messieurs, de se défendre et de n'être pas attendri, en voyant s'éteindre pour toujours les étincelles de la division que nos ennemis voulaient entretenir entre les différents Ordres : tout est maintenant décidé; leur force, comme la nôtre, résultera de leur union.

« Nos Députés à l'Assemblée nationale ne doutent pas plus que vous qu'il faut des gardes bourgeoises pour ramener l'ordre et maintenir la sûreté. Les ministres qui obsèdent et qui trompent le meilleur des Rois montrent encore une opposition bien marquée à l'établissement de ces milices; mais le vœu de l'Assemblée nationale, consigné dans ses Arrêtés, n'en est pas moins décidé pour que les milices bourgeoises soient établies. En douterez-vous encore, Messieurs, lorsque je vous dirai qu'un des Députés m'a remis avant de partir la note que voici, écrite de sa main : 31. Dupont, conseiller d'État, chevalier de l'Ordre de Vasa, et son /ils, âgé de dix-huit ans, demeurantrue du Petit-Musc, n° 17, demandent à être compris au rôle de la milice bourgeoise, si elle est établie^

« Les membres de l'Assemblée (nationale) ont donné une attention et ont fait des démarches toutes particulières et très pressantes pour la sûreté et la tranquillité de cette capitale. C'est à nous à ne rien faire

1. Ce Dupont n'est autre que le célèbre économiste Dupont (de Nemours).

Page 1