‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 375 sur 549 · PREMIÈRE DÉPUTATION A LA BASTILLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DÉPUTATION A LA BASTILLE

« En môme temps il a fait rassembler le plus grand nombre possible de gardes françaises et de citoyens armés, pour les opposer aux ennemis qui dévastaient, disait-on, le faubourg Saint-Antoine »

Par les courriers envoyés dans les faubourgs, on sait bientôt que l'alarme était fausse. On est beaucoup rassuré par le nombre considérable de soldats des environs u qui se présentent aux barrières avec armes et bagages, en déclarant leur intention décidée de servir la Nation ». Le Comité les fait distribuer dans la garde nationale « avec des précautions suffisantes pour s'assurer de leurs dispositions »,

Sur l'avis que des brigands dispersés pourraient attaquer et piller le Trésor royal et la Caisse d'escompte, le Comité permanent fait « garder ces établissements par un nombre égal de gardes françaises et de citoyens armés ».

Une foule d'enfants amène un garçon de treize à quatorze ans qui vendait un écu des cocardes qui ne valaient pas 24 sois; on l'envoie en prison.

On apporte la caisse de Poissy, saisie par une patrouille ; on la met sous la garde de deux fusiliers, jusqu'à ce qu'elle puisse être rendue aux propriétaires et intéressés.

Sur les huit heures du matin, quelques particuliers annoncent que la rue Saint-Antoine est menacée d'un côté par les hussards et de l'autre par les canons de la Bastille.

« Le Comité permanent a voulu prévenir le carnage que ces dispositions hostiles paraissaient annoncer, et sur-le-champ il a chargé MM. Bellon, officier de l'Arquebuse; Billefod, sergent-major d'artillerie, pensionnaire du Roi; et Chaton, ancien sergent des gardes françaises, aussi pensionnaire du Roi, de se rendre à la Bastille pour parler à M. de Launey, commandant de cette forteresse, l'engager à retirer ses canons, et à donner sa parole de ne commettre aucune hostilité, l'assurant de leur côté que le peuple du faubourg Saint-Antoine et des environs ne se porterait à aucune entreprise funeste contre lui et contre la place qu'il commandait. »

Sur le bruit que les théâtres ont reçu du baron de Breteuil l'ordre de rouvrir, le Comité permanent fait imprimer et afficher cette proclamation :

« Défenses sont faites à tous spectacles quelconques d'ouvrir jus- « qu'à nouvel ordre de la Ville. »

Deux sacs de 1,200 livres chacun sont apportés au nom de « la communauté des procureurs de la Chambre des comptes, « persuadée que l'Hôtel de Ville, dans ce moment d'embarras, de fermentation et de danger, a besoin de secours extraordinaires ». Les remerciements les plus chaleureux sont adressés aux auteurs de ce « premier don pa-

triotique », que l'éclievin Buffault se charge de verser dans la Caisse de la Commune.

Le marquis de la Salle réclamait la proclamation par acte authentique du commandement de la milice parisienne ^

« Le Comité permanent de la milice parisienne, nomme et institue, savoir :

« M. le duc d'Aumont, commandant général de la milice parisienne, et autres corps militaires y réunis ;

« M. le marquis de la Salle, commandant en second ;

« Et M. le chevalier de la Gaussidière, major, pour diriger ladite milice sous les ordres et instructions du Comité.

« Fait à l'Hôtel de Ville de Paris, le U juillet 1789.

« Signe : de Flesselles, le Grand de Saint-René, Fauchet, Bancal des Issarts, Duveyrier, Vergne, Ghignard, Rouen, Grêlé, Tassin, Boucher, Hion, Pérignon. »

Comme le duc d'Aumont réclamait vingt-quatre heures pour se décider, le Comité « à qui vingt-quatre minutes paraissent un délai dangereux », donne le commandement en chef à la Salle, qui « ne l'accepte que pour prouver sa soumission et son dévouement aux ordres de la Commune »•

De Saudray, « chevalier de Saint-Louis, connu par ses longs services dans les cours étrangères, ci-devant major et aide-maréchaldes-logis du Roi », reçoit un brevet de « commandant général en second de la milice nationale parisienne et de toutes les troupes qui s'y joindront ».

Un autre chevalier de Saint-Louis, Souet d'Ermigny, « heureux de faire à sa patrie le sacrifice de sa vie », est institué major suppléant u pour diriger la milice parisienne sous les ordres et instructions du Comité ».

Tous les actes de nomination sont signés par le Prévôt des marchands, en môme temps que par le président des électeurs, Delavigne, et les membres présents du Comité permanent.

Les quatre officiers supérieurs prêtent aussitôt serment « de remplir leurs fonctions avec honneur et fidélité et de n'employer les forces qui leur sont confiées sous les ordres de la municipalité, que pour la défense de la Commune et de la liberté publique ».

Quatre membres du Comité permanent les conduisent sur le perron de l'Hôtel de Ville, les proclament en présence du peuple, et les font reconnaître par les citoyens armés.

Par arrêté pris ensuite, l'état-major de la milice forme à l'Hôtel de Ville un Bureau militaire, « auquel seront renvoyés tous les objets rela-

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