‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 379 sur 549 · VIII, f · texte numérisé non relu

VIII, f

2. Résumé du Procès-verbal Bailly-Duveyrier, 1. 1, p. 307-363.

PARIS LE iMATIN DU i4 JUILLET. u23

de délibération générale; Duveyrier, avec l'échevin Sageret, s'installent dans une autre salle, pour s'occuper de la police.

Mais les citoyens ne veulent avoir affaire qu'au Comité permanent. En grand nombre, ils viennent lui annoncer que les canons de la Bastille sont braqués sur le faubourg, que des coups de feu en sont partis et qu'il y a déjà des blessés.

Le Comité est sans nouvelles des commissaires Bellon, Billefod et Chaton, qu'il a délégués depuis plus de deux heures au gouverneur de Launey.

Mais voici deux députés du district de Saint-Louis-la-Culture, Boucheron et l'avocat Thuriot de la Rosière, électeur, qui font savoir qu'ils ont une mission très importante à remplir auprès du Comité ^ Ils ne peuvent pénétrer jusqu'à lui; quelques membres vont les rejoindre dans une salle voisine, où Thuriot rapporte * :

« Le district, sur la nouvelle que la direction des canons de la Bastille menaçait la Capitale, et que les citoyens furieux se préparaient à commencer le siège de cette forteresse, avait décidé d'envoyer une députation composée de lui Thuriot, avec Bourlier et Toulouse, soldats citoyens du même district, pour engager de Launey à faire retirer ses canons et à se rendre

(( Le passage était encore assez libre; quoique le peuple fût assemblé déjà autour de la Bastille; il était parvenu avec ses deux collègues jusqu'au pont-levis, où il les avait placés en les engageant à ne pas quitter leur poste.

« Il avait été introduit et conduit par un invalide auprès du gouverneur, dans le moment où M. Bellon, officier de l'Arquebuse, chargé d'une autre mission, se retirait.

« Il avait sommé le gouverneur de changer la direction de ses canons et de se rendre.

« La réponse n'avait pas été aussi favorable qu'il le désirait, et alors il avait demandé à passer dans la seconde cour, ce qu'il n'avait

obtenu qu'avec une grande difficulté Il y avait vu trois canons

disposés et servis par deux canonniers, trente-six Petits-Suisses et douze invalides environ, tous sous les armes et commandés par quatre officiers; les officiers d'état-major du château y étaient aussi rassemblés.

« Il les avait sommés tous au nom de l'honneur, de la Nation et de la Patrie, de faire changer la direction des canons et de se rendre.

« Sur la provocation même du gouverneur, tous les officiers et

\. Au rapport du procès-verbal comparez les récits de Boucheron et de Thuriot de la Rivière, publiés quelques jours après en brochure (In-S°, Bibl. nat., Lb^» 1944 et 7372).

soldats avaient juré qu'ils ne feraient pas feu et qu'ils ne se serviraient point de leurs armes, si on ne les attaquait.

« Cette promesse lui ayant paru insuffisante, il avait demandé à monter sur les tours pour voir la position des canons.

« Le gouverneur avait d'abord refusé, mais ensuite il s'était rendu aux instances de tous les officiers, et il avait consenti à l'accompagner sur les tours.

« Au même instant la sentinelle qui était sur l'une des tours s'apercevant qu'on se préparait à attaquer le gouvernement, l'avait invité à se montrer; qu'il s'était montré, et qu'il avait été applaudi par tous ceux qui remplissaient le jardin de l'Arsenal.

« Jetant un coup d'œil rapide sur les canons, il s'était aperçu que, quoiqu'ils fussent en direction, ils avaient été retirés d'environ quatre pieds des embrasures, et que des jantes avaient été mises dans les embrasures pour empêcher qu'on ne les vît.

« Il était descendu avec le gouverneur, réitérant son invitation de se rendre.

« Les officiers et soldats paraissaient disposés à céder, mais le gouverneur était trop affecté du mouvement extérieur et n'était malheureusement plus à lui »

Sur ce rapport de Thuriot de la Rosière, le Comité permanent décide de faire proclamer sur la place de l'Hôtel de Ville :

« Que M. de Laitney avait promis de ne point tirer, si on ne Vatlaquait pas ».

La promesse du gouverneur est confirmée par le rapport que viennent faire deux des trois commissaires du Comité, Billefod et Chaton :

« Ils avaient été introduits dans la Bastille sans difficultés, et avaient rendu compte à de Launey de ce qui se passait à l'Hôtel de Ville.

« De Launey les avait assurés qu'il ne ferait aucun mal, et que, quoiqu'on eût incendié les barrières, il espérait bien qu'on ne viendrait pas brûler ses ponts.

« Il les a reçus avec une grande politesse, il leur a fait servir î\ déjeuner, il a bu et mangé avec eux.

« Il a donné devant eux l'ordre de retirer les canons, et un moment après, on est venu, toujours en leur présence, lui dire que les canons étaient retirés.

« Au moment où ils prenaient congé de lui, on introduisait dans la

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